N°6 | PRINTEMPS 2016
Le magazine de l’audition
Reportage
Les dégâts du bruit
au travail
Interview
Hervé VILLOIS
La santé auditive,
indispensable au
bien-être des séniors
iD blog&blag
Focus
La Journée Nationale
de l’Audition
Garder
le contact
c’est essentiel
Une étude scientifique, réalisée depuis
le début des années 90 par une équipe
française du Centre de Recherche
INSERM U 897, a prouvé le rôle essentiel
du port des prothèses auditives pour
« mieux vieillir », nous y revenons dans
ce numéro de 5/5.
Il faut donc se faire appareiller le plus tôt
possible et porter ses appareils.
Mais se faire appareiller ne se limite
pas à faire l’acquisition d’appareils
correcteurs de la surdité car c’est la
qualité de la prestation qui garantit
l’efficacité du service rendu.
Depuis plus de 30 ans, chez Audilab,
nous mettons tout en œuvre pour
satisfaire nos clients et ce n’est pas un
hasard si plus de 98% de nos patients
appareillés recommandent Audilab, et si
nous sommes le seul réseau certifié par
l’AFNOR, NF service audioprothésistes,
Iso 9001 et Iso 14001.
Notre réseau continue son expansion,
notamment grâce à l’arrivée de nouveaux
audioprothésistes qui veulent s’inscrire
dans cette démarche de qualité
et permettre à leurs patients de
bénéficier de tous les outils que nous
avons développés.
Les services recherche et développement
des industriels du secteur sont à l’origine
d’innovations technologiques qui
rendent les aides auditives de plus en
plus performantes dans les conditions
d’écoute les plus difficiles, le comité
scientifique du réseau Audilab travaille à
l’amélioration continue des méthodes de
mesures et de réglages, nous analysons
les retours d’informations de nos
patients, ainsi nous progressons sans
cesse pour la plus grande satisfaction
de nos patients.
Si vous rencontrez des difficultés à
bien comprendre, que vous soyez déjà
appareillé(e) ou non, rencontrez-nous car
nous pouvons probablement améliorer
votre situation.
Je vous souhaite une bonne lecture.
Beno
i
t ROY
Audioprothésiste
Président du Groupe Audilab
Cette fois c’est prouvé, le port d’aides
auditives évite l’accélération du déclin
cognitif chez les personnes âgées
malentendantes.
edito
2
Le magazine de l’audition
LES DÉGÂTS DU
BRUIT AU TRAVAIL
Être soumis au bruit sur son lieu de
travail est une réalité qui incommode
67 % des actifs français selon un récent
sondage de l’Agence européenne pour
la sécurité et la santé au travail. Tous les
salariés ne sont pas soumis à la même
gêne. L’étude Sumer 2010 évalue à 4,8 %
le nombre de salariés particulièrement
exposés, c’est-à-dire exposés plus de
20 heures par semaine à une intensité
supérieure à 85 décibels.
Surdité irréversible
Les professionnels de la sécurité au
travail estiment que travailler 8 heures par
jour dans un environnement qui dégage
80 décibels soit l’équivalent d’un bruit de
tondeuse à gazon, c’est mettre son ouïe
en danger. Cette exposition au bruit peut
générer non seulement du stress, de la
fatigue, des troubles du sommeil mais
aussi une surdité irréversible. L’excès
de bruit est d’ailleurs non seulement
considéré comme un facteur de pénibilité
donnant droit à une retraite anticipée mais
il peut aussi être reconnu comme étant à
l’origine d’une surdité reconnue comme
maladie professionnelle. Les troubles
auditifs sont même devenus la troisième
maladie professionnelle en France.
Mesures de prévention
Des politiques de prévention ont été mises
en place. C’est le sens du décret du 19
juillet 2006, qui traduit en droit français
la directive européenne du 6 février 2003.
Les employeurs sont tenus de prévenir les
risques à travers le traitement acoustique
des locaux ou encore l’encoffrement
des machines bruyantes. Ils doivent
aussi évaluer les risques et mettre en
place des mesures de protection : port
obligatoire de casques anti-bruits,
bouchons d’oreille, etc. Au-delà du
bruit, l’exposition à certains solvants
dits ototoxiques amplifie la destruction
progressive des cellules ciliées de
l’oreille interne et donc l’installation de
la surdité. La nécessité d’élever la voix
pour s’adresser à un collègue situé
à un mètre de soi, la sensation de
bourdonnements en fin de journée et
la difficulté à suivre une conversation à
plusieurs doivent alerter les salariés.
Risques secondaires
Un environnement professionnel
trop bruyant peut générer aussi des
accidents du travail. Dans les entreprises
de plus de 50 salariés, le Comité
d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions
de Travail (CHSCT) représente un
interlocuteur privilégié pour aborder ces
problématiques. Sans oublier la Médecine
du travail qui est aussi là pour ça.
Alexandra DA ROCHA
3
Travailler dans un environnement
professionnel bruyant, c’est mettre en
péril sa santé auditive. Les entreprises
sont légalement tenues de tout mettre
en oeuvre pour prévenir ces risques.
REPORTAGE
Comment s’explique
la baisse de l’audition
avec le vieillissement ?
La perte ou la baisse de
l’audition qui apparaît
progressivement avec l’âge
s’appelle la presbyacousie.
Elle concerne 40 % des
60-70 ans, et plus de la
moitié des plus de 80 ans
(enquête JNA-IPSOS de 2013).
C’est un phénomène
normal du vieillissement.
Elle évolue à des rythmes
différents selon les sujets,
en fonction de facteurs
génétiques mais aussi
environnementaux. Des
troubles du métabolisme
peuvent être également,
un facteur aggravant.
Cette perte d’audition
résulte de la dégradation
des structures du système
auditif lui-même mais
aussi du système nerveux
central. Elle s’accompagne
à plus ou moins long
terme par un déclin des
capacités dites cognitives :
mémoire, attention, calcul,
expression… Les chercheurs
s’intéressent de plus en
plus aux liens entre la perte
auditive et la perte de
ces capacités cognitives,
notamment dans le cadre
de la maladie d’Alzheimer.
Quelles sont
les conséquences de
la presbyacousie dans
la vie quotidienne ?
La première réaction des
personnes concernées
par la perte d’audition est
d’augmenter le volume de
la radio et de la télévision.
Mais cela va plus loin.
Les sujets touchés
par la presbyacousie
rencontrent des difficultés
à comprendre ce que
disent les autres et
font répéter. Jusqu’à se
lasser. Cette situation les
conduit progressivement
à s’enfermer dans le repli
sur soi. Cet isolement peut
être à l’origine de graves
dépressions.
Que sait-on du lien
entre perte auditive
et déclin cognitif ?
Une vaste étude de
l’Inserm, basée sur un
suivi de personnes âgées
pendant 25 ans, montre
que le déclin cognitif est
majoré chez celles en perte
d’audition (Étude Paquid-
Pr Amieva-Université de Bordeaux
et épidémiologiste à l’Inserm).
L’Inserm a constaté, à
partir des résultats de
tests visant à évaluer les
fonctions cognitives et des
questions posées pour
mesurer leurs capacités
d’orientation dans l’espace
et dans le temps, que
les personnes, ayant
un trouble de l’audition
et non appareillées,
présentaient un déclin
cognitif significativement
plus important que
les personnes sans
trouble auditif. Nous
savons également que le
vieillissement se traduit
au niveau physiologique
par un rétrécissement
du cerveau. Mais des
chercheurs sont allés
plus loin. Ils ont comparé
l’évolution du cerveau
d’adultes sans problème
d’audition et celle d’adultes
malentendants.
INTERVIEW
Hervé VILLOIS
Audioprothésiste associé, co-responsable de 5 centres
dans le Loir-et-Cher, membre du groupe scientifique
au sein du réseau Audilab.
La santé auditive,
indispensable au bien-être des séniors
4
Le magazine de l’audition
Ils ont constaté que les
personnes en situation
de perte auditive avaient
perdu davantage de
tissu cérébral que
les personnes dites
normo-entendantes, de
l’ordre d’un centimètre
cube en moins ! Ce
rétrécissement touche
notamment les zones du
cerveau responsables du
traitement du son et de
la parole. L’explication la
plus probable est l’absence
de stimulation du cortex
auditif. Ces zones affectées
par la perte auditive sont
aussi impliquées dans
le fonctionnement de
la mémoire et altérées
dans les cas de maladie
d’Alzheimer
(Étude du Pr Lin-
Johns Hopkins Hospital USA).
Quels rôles peuvent
alors jouer les appareils
auditifs ?
Certains chercheurs
préconisent vivement une
prise en charge précoce
de la perte auditive afin
de stimuler le cerveau.
Porter un appareil auditif
permet de restaurer les
sensations sonores mais
pas seulement. Le cerveau,
qui n’est plus autant privé
d’informations clés, accède
à nouveau par exemple
aux éléments faibles de
la parole que sont les
consonnes. La qualité
de l’ouïe est améliorée
et le fonctionnement du
cerveau réorganisé. Par
ailleurs, l’étude Inserm
déjà citée montre que
les personnes, qui sont
appareillées, ont un
niveau cognitif identique
à celui des personnes sans
problème d’audition.
Les patients frappés
par une démence ou
la maladie d’Alzheimer
sont-ils plus difficiles
à appareiller ?
Ces patients ne sont pas
en mesure d’apprécier
eux-mêmes l’opportunité
de porter une aide auditive.
C’est la famille, ou l’équipe
pluri disciplinaire (médecin,
ORL, neurologue,
orthophoniste…) qui met
en œuvre cette démarche.
Il n’empêche que nous
devons, dans la mesure
du possible, essayer
d’établir un lien avec ces
patients. Leurs capacités
de compréhension étant
souvent limitées par les
troubles de l’attention
et de la mémoire, nous
devons essayer de les
impliquer, en expliquant
par des phrases simples
et courtes, ce que nous
faisons. Même chez
des sujets très altérés,
le port d’une aide
auditive est important.
Il permet d’améliorer
la communication. C’est
souvent l’entourage qui
en perçoit, en premier lieu,
le bénéfice immédiat.
Quel est le protocole
de prise en charge
d’Audilab des patients
les plus âgés ?
Au cours d’un premier
rendez-vous, nous
proposons, après des
tests auditifs adaptés,
de compréhension et de
mémorisation, le choix
d’un appareillage. Pour
valider l’opportunité de
ce choix, nous évaluons
la compréhension de
séries de mots avec et
sans appareil. Dans le
mois qui suit, nous fixons
plusieurs rendez-vous
pour affiner les réglages.
Ensuite, nous proposons
des rendez-vous réguliers
pour vérifier que le niveau
de correction demeure
efficace et confortable.
Hervé VILLOIS
Audioprothésiste associé, co-responsable de 5 centres
dans le Loir-et-Cher, membre du groupe scientifique
au sein du réseau Audilab.
La santé auditive,
indispensable au bien-être des séniors
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