
2
LIMINAIRE
par
le
0'
E.
VASSEUR
(*)
Les
derniers instants de la vie de certains malades sont encore de
nos jours marqués par une douleur sévère et de grands incônforts.
Les
progrès de nos techniques de soins, s'ils ont laissé quelques temps
l'espoir de réduire
les
maux de l'humanité, laissent maintenant perce-
voir
les
limites de leur action.
L'accompagnement médical des malades en fin de vie est un soin
qui requiert de la part des soignants une technicité spécifique, une for-
mation psychologique et un effort personnel quotidien, car la rencontre
avec ces malades oblige
les
soignants à assumer leurs limites avec une
maturité affective suffisante.
Une inquiétude justifiée
face
aux propositions de lois visant à légi-
timer l'euthanasie incite
le
médecin chrétien à répondre avec compé-
tence à
ces
interrogations.
Ce
numéro de la revue Médecine de
l'Homme rassemble un certain nombre d'éléments de réponse.
L'impression de vide qui étreint
le
soignant quand il
ne
peut guérir
pourra faire place à un sentiment d'utilité
si
le
soignant a appris
les
trai-
tements symptômatiques du patient en phase terminale.
Ce
premier
article de la revue donnera au lecteur les moyens simples de soulager
son malade avec autant d'attention et de compétence qu'il développait
lorsqu'il avait encore l'espoir de
le
guérir.
Dans bon nombre de situations
les
traitements de confort et
les
traitements de survie ne s'opposent pas ; cependant la décision de privi-
légier
les
premiers requiert l'adhésion du patient dans la mesure du
possible et son information.
Le
Docteur Maurice ABIVEN nous exprime
en termes simples
ses
convictions tirés de son expérience.
Il
n'a pas
observé deux phases, une première où
le
malade serait tenu dans l'igno-
rance une seconde où il serait « assommé » par une vérité imposée et
insupportable, au contraire il a observé une progression dans la
connaissance que
le
malade acquiert de sa maladie à condition que l'on
respecte son rythme.
Le
malade n'est pas isolé,
sa
famille peut jouer près de lui un rôle
facilitant ou néfaste ;
ce
rôle sera d'autant plus positif que
le
travail de
deuil sera respecté et aidé. Madame
HoEGEL
nous décrit
le
pourquoi et
(*) Centre Régional
de
Réadaptation Fonctionnelle pour personnes âgées.