Christèle LAFAYE - fiche de lecture L’audace des entrepreneurs sociaux, Seghers et Allemand – 09/10/08 4/9
été éducateur spécialisé avait été conseiller de ministre des affaires sociales. Parfois ils
combinent plusieurs métiers, comme Jean-Pierre Clair. Educateur spécialisé de formation, il
a tenu un bar avant d’animer une bibliothèque pour devenir enfin directeur d’AIL 46, une
association qui mets des véhicules à disposition de personnes en recherche d‘emploi.
Un projet un peu fou
Personne ne parie sur les chances du projet de l’entrepreneur social au départ, « vous êtes
fous : vous n’y arriverez jamais ! ». Chacun de ces entrepreneurs sociaux a reçu des
réactions négatives lorsqu’il parlait de son idée au début. Jean-Michel Quéquigner, directeur
de Bretagne Alteliers explique que « Personne ne pariait sur les chances de survie de cette
entreprise 30 ans plus tôt ». Son entreprise adaptée, crée en 1975, emploie en 2007, 710
salariés dont plus de 500 travailleurs handicapés. Jean-Guy Henckel raconte que, lorsqu’il
s’adresse aux collectivités territoriales pour demander des financements et lancer un premier
jardin d’insertion, ces interlocuteurs lui font des yeux effarés.
Une rencontre déterminante
Souvent l’idée est présente depuis quelques temps et c’est une rencontre décisive qui va
déclencher la mise en route de l’entreprise sociale. C’est par exemple la rencontre entre
Rachel Liu et Antoinnette Giorgi, fondatrices d’Idéo qui propose des marques de vêtements
équitables et bio. La première cherchait une styliste pour la suivre dans cette aventure,
tandis que la deuxième voulait s’associer avec un profil commercial. Elles étaient faites pour
se rencontrer. C’est encore une personne de la FNARS qui révèle au fondateur des Jardins
de Cocagne sa fibre d’entrepreneur social.
Un entrepreneur qui fait preuve de patience et de ténacité
Ce sont souvent des hommes ou femmes de conviction. Pour que le projet prenne vie, que
l’entreprise sociale survive à ses difficultés, pour obtenir des financements, pour convaincre
de l’intérêt du projet, l’entrepreneur social doit être tenace car il s’agit d’un parcours du
combattant. Pour Jean-Marc Borello, il faut être obstiné. Pendant un an et demi, Caroline
Simonds, Présidente et fondatrice du Rire Médecin, a essuyé les refus des institutions et des
services hospitaliers, pour intervenir auprès des enfants en milieu hospitalier.
Un gestionnaire, un manager d’hommes
Ces entrepreneurs, qui prennent des risques, ont le souci du management efficace pour la
pérennité de l’entreprise sociale. Ils combinent des ressources humaines et financières
diverses. Ils ont des difficultés à trouver des financements car souvent ils doivent d’abord
faire leurs preuves pour convaincre qu’il est possible de répondre à un besoin non couvert.
Selon Anne-Claire Paque, cofondatrice d’Unis Cité, ils doivent nécessairement mettre des
outils entrepreneuriaux au service d’une cause sociale. Ils recherchent efficacité et
professionnalisme et ne perdent jamais de vue le sens, l’approche sociale.
Des soutiens
Des soutiens financiers, institutionnels, des partenariats, des mécènes sont quasiment
toujours présents en appui à ces porteurs de projets. C’est le cas pour le Rire Médecin qui
reçoit le soutien du Ministère de la culture, de la fondation Florence Gould et de la Fondation
Crédit Lyonnais qui lui a versé 600 000 francs par an pendant 3 ans. De même, une bourse
de la fondation Macif a été versée pour l’engagement d’une personne à temps plein dans le
projet d’Unis Cité.
Le terrain, l’expérimentation et l’innovation sociales
Les entrepreneurs sont novateurs, ainsi l’administration rétorque aux fondateurs de Ciel Bleu
qu’ils arrivent 10 ans trop tôt, alors qu’ils proposent des activités sportives aux personnes
âgées. Proximité, bonne connaissance des besoins sociaux, du contexte local les
caractérisent. Ils peuvent de cette façon répondre à des besoins qu’ils révèlent et qui ne sont
pas pris en compte par le marché ou le secteur public. L’homme reste au cœur de leur projet
.