
traitements puisque le système d’imposition belge est progressif : les taux d’imposition sont
croissants avec le revenu. Le tableau 31 reprend sur une base simplifiée un calcul de salaire et
de coût salarial, qui correspond environ à un salaire d’un premier assistant à l’université
Tableau 31
Salaire brut, cotisations et salaire net
Salaire brut 3000 3000
Cotisations
Employeurs
Salariés
35%
13.07%
1050
392
Précompte professionnel 30% (sur 3000-392) 782
Salaire net 1826
Coût salarial employeur 4050
On le voit, la différence entre le salaire perçu et le coût salarial est énorme, puisque le coût
salarial représente le double de ce que le salarié perçoit. C’est en faisant référence à cet écart
que l’on entend évoquer la notion de charges pesant sur le travail, souvent accompagnée de
l’adjectif « excessives ». Cette présentation n’est pas correcte parce qu’elle ignore le caractère
des cotisations sociales d’une part, et des impôts, de l’autre.
2.1.2. Salaire direct et indirect
L’ensemble des cotisations sociales, employeurs et salariés, constituent en fait un salaire
indirect :
Salaires indirects (Wind) = cotisations employeurs + cotisations salariés
Elles sont versées à l’ONSS (Office national de sécurité sociale) créé en 1948, qui a pour
mission, sur la base des cotisations sociales (parafiscalité) et du financement de l’Etat
(fiscalité), de redistribuer aux différents organismes de gestion de la sécurité sociale les
montants leur permettant d’octroyer aux assurés sociaux les indemnités auxquelles ils ont
droit : allocations maladie et remboursement des soins de santé (INAMI, Institut national
d’assurances maladie-invalidité), allocations de chômage (ONEM, Office national de
l’emploi), pensions de retraite et de survie (ONP, Office national des pensions), allocations
familiales (ONAFTS, Office national d’allocations familiales pour travailleurs salariés)…
C’est la concrétisation d’un principe de solidarité sociale entre les actifs occupés et les
chômeurs, entre les biens portants et les malades, entre les jeunes et les personnes âgées, entre
ceux qui ont des enfants et ceux qui n’en ont pas. Historiquement, la terminologie salaire
direct/indirect se comprend aisément. Lorsque l’industrialisation est née et s’est développée,
généralement au début du XIXe siècle, il n’existait aucun système de protection sociale. Tout
aléa, qu’il soit de nature accidentelle (maladie, accidents de travail), prévisible (retraite) ou de
nature économique (licenciements, fermeture d’entreprise, récession), laissait le salarié privé
généralement de toute rémunération. Les embryons de ce qui allait devenir les systèmes de
protection sociale se sont développés à partir de systèmes de solidarité, au sein de caisses de
secours et de prévoyance alimentées par des cotisations volontaires payées par les salariés. Il
s’agit donc bien d’une partie du salaire à laquelle les salariés renoncent pour assurer une
assurance collective. Le financement de certaines de ces caisses par les employeurs apparut
ensuite, mais ici encore on peut considérer ce financement comme une partie du salaire qui est
indirectement destinée à l’ensemble des salariés d’une entreprise, d’un secteur ou d’un pays.
Dans ce sens, toute diminution des cotisations de sécurité sociale constitue une diminution de
la rémunération des salariés : soit le financement du salaire indirect devra être assuré par des