Préface
Pour n’importe lequel d’entre nous, parler de la mort
et de la n de vie requiert beaucoup d’humilité. Parce que
par formation et par culture, ils sont souvent plus attachés
à une médecine technique conquérante qu’au « prendre
soin », l’exercice n’est pas plus facile pour les professionnels
de santé. Faire le choix exclusif d’une rhétorique lyrique,
loin de la réalité et des gestes quotidiens du soin ne saurait
correspondre aux attentes des patients et de leurs proches.
S’abriter derrière un discours fondé sur la seule compétence
et l’expérience professionnelle, pas davantage.
Dans son essai à la fois brillant, synthétique et
pédagogique, intitulé Choisir sa mort ?, le docteur Bernard
Devalois, responsable de l’unité de soins palliatifs de
l’hôpital de Puteaux et président de la Société française de
soins palliatifs de 2005 à 2007, sait surmonter ces obstacles.
En ayant le ton juste et en nous faisant partager une vision
humaniste du soin, il nous invite à la réexion, face à des
situations souvent complexes, toujours personnelles, ne
s’accommodant pas de raisonnements simplistes. Qu’il
s’agisse de l’obstination déraisonnable, du double eet, de
l’arrêt de l’alimentation ou de l’hydratation et du recours à
la sédation, il inscrit sa démarche dans le sillon des bonnes
pratiques professionnelles, et aronte les questions
médicales sans esquiver les interrogations éthiques. Il
rappelle qu’au terme d’une longue maturation, la loi du
22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la n de
vie a tenté de trouver une réponse sage et mesurée aux
décisions de limitation ou d’arrêt de traitement et a récusé
l’ouverture d’un droit à la mort dont on peut mesurer les
dérives dans les pays qui ont choisi cette voie.
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