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FICHE PAYS
- 3 - © 2015 – Business France
Pour l’exercice 2015, la croissance devrait être tirée principalement par la consommation des ménages, dans le sillage
de 2014, exercice pour lequel la contribution de la consommation des ménages à la croissance a été la plus forte
depuis 2006. Elle demeure encore fragilisée tant par les contraintes d’endettement que par des conditions de crédit
restrictives, notamment dans le domaine des prêts immobiliers. Toutefois, les ménages bénéficient d’une hausse de
leur revenu disponible réel, à la faveur d’une forte baisse des prix à la consommation, qui ont atteint leur plancher
historique en janvier 2015 (-1,4% par rapport à 0% en 2014), ce qui s’explique surtout par des baisses discrétionnaires
des prix administrés pratiqués par les pouvoirs publics. La consommation est encore loin de retrouver son niveau
d’avant crise, mais elle devrait progresser fortement en 2015, en liaison avec la poursuite d’un environnement
désinflationniste.
Sur le plan financier, compte tenu de la baisse de la vulnérabilité externe de la Hongrie, les agences de notation
rehaussent leurs notes ; S&P a fait passer la Hongrie en BB+ à la fin du mois de Mars 2015.
En ce qui concerne les IDE (Investissements Directs à l’Etranger), la Hongrie détient un stock d’IDE par habitant parmi
les plus élevés d’Europe centrale et orientale. Le stock d’investissements directs étrangers en Hongrie a atteint 80,6
Mds EUR à la fin de 2013, ce qui en fait le plus élevé en pourcentage du PIB, et le deuxième plus haut par habitant en
Europe centrale. En revanche, les flux d’IDE restent bas et même si le gouvernement vise à encourager leur
développement en proposant des mesures de financement, des aides aux collectivités territoriales et un taux de base
très bas, les entreprises hongroises restent privilégiées. De même, les craintes que font peser les nombreux dérapages
autoritaristes du gouvernement continuent à freiner le processus d’amélioration des flux.
Emploi : entre dégradation et flexibilité du marché du travail
Si le contexte économique est très défavorable à l’emploi, sa dégradation a été limitée par la flexibilité du marché du
travail et par les dispositifs étatiques en faveur de l’emploi. Le taux de chômage à la fin 2014 est descendu à 7,2%
contre un taux avoisinant les 11% entre 2012 et 2013. A noter cependant que le taux de chômage d’avant la crise de
2008 était de 7%. Le taux de chômage s’inscrit à 7,1% au T4 2014 et probablement à une moyenne de 7,7% sur
l’ensemble de 2014, contre 10,2% en moyenne en 2013.
Plusieurs problèmes majeurs touchent l’emploi en Hongrie. La baisse du taux de chômage est liée à la mise en place
d’emplois publics et d’intérêt général imposés aux chômeurs. Les créations d’emplois ont concerné avant tout les
salariés à temps partiel et intérimaires, les entreprises recourant aux contrats de travail les plus souples. Le nouveau
code du travail, entré en vigueur le 1er juillet 2012, assouplit encore davantage les conditions d’embauche. Enfin,
comme dans les autres Etats d’Europe centrale et balte, le chômage de longue durée reste un problème majeur.
Le salaire moyen mensuel net s’élevait en 2014 à 156 214 HUF, soit environ 512 EUR.
Secteur bancaire
Le système bancaire hongrois a subi plusieurs impositions spécifiques, imposées par le Gouvernement, qui ont
impacté ses conditions d’exploitation et ses résultats : taxe de solidarité, taxe de crise, dispositif de remboursement
anticipé des prêts hypothécaires en devises, puis d’autres mécanismes d’aide aux endettés en devises étrangères.
La profitabilité des banques s’est donc fortement dégradée entre 2009 et 2012, passant de 0,6% à 0,3% pour la
rentabilité des actifs et de 8,3% à 3,1% pour la rentabilité des fonds propres. Le secteur bancaire hongrois, enregistre
donc des pertes depuis 2010, avec un modeste retour aux profits en 2013 : le secteur a réalisé 67,6 Mds HUF (225,3 M
EUR) de bénéfice après impôts contre une perte après impôts de 173,5 Mds HUF (578,3 M EUR) en 2012. Sur 2014,
conséquence d’un provisionnement massif pour faire face au règlement du dossier des crédits en devises, les pertes
du secteur financier après impôts ont atteint -450 Mds HUF, soit environ -1,5 Md EUR.
L’endettement des ménages hongrois en devises étrangères est également un problème systémique pour l’économie
nationale. Depuis 2011, le gouvernement a proposé plusieurs schémas pour résoudre ce problème dont le
remboursement anticipé à taux fixe préférentiel des prêts hypothécaires libellés en devises étrangères ou leur
conversion partielle en forint. Cependant, les prêts libellés en devises étrangères représentent encore 52,6% de
l’ensemble. Si les mesures ont permis d’aider les 140 000 ménages en situation de défaut de paiement, ce sont
davantage les personnes les plus aisées qui en ont été les principaux bénéficiaires. La qualité du portefeuille en a été