Hommage
Ce Bayonnais qui nous quittait le 1
er
février fut le prési-
dent emblématique des Amis du Vieux Bayonne, com-
mission de la Société des Sciences, Lettres et Arts.
Professeur agrégé, doté d’un pouvoir naturel de com-
munication avec les jeunes, il avait une vision très
vivante du patrimoine de la ville. Plutôt que de laisser
dormir les pierres de la Porte du Réduit, dont la recons-
truction sur site était devenue impossible, il a milité
pour sa reconstitution à la poterne du Château-Vieux.
Si l’orthodoxie historique a pu souffrir de cette opéra-
tion, André Pintat a eu le plaisir de voir cette porte
monumentale renaître de ses cendres dans l’intérêt
des Bayonnais, fiers aujourd’hui de sa mise en lumière.
Cet expert en arts plastiques plaçait la beauté de sa
ville au premier chef de ses objectifs, avec la volonté
souriante mais tenace de la partager avec le plus grand
nombre. Et quoi de plus efficace, pour que les
Bayonnais s’approprient l’histoire architecturale de
leur cité que le lancement, dès les années 70, des pre-
mières visites guidées ou la publication d’un plan his-
torique de Bayonne, illustré et ponctué de haltes. Le
dessin accompagnait toutes ses communications ; il ne
cessait de tracer l’Histoire pour la faire vivre au-delà des
simples dates, tel un vivier de formes, d’ambiances et
de couleurs.
André Pintat cherchait dans l’histoire plus ou moins
proche de Bayonne les raisons authentiques du plaisir
d’y vivre aujourd’hui. Et incontestablement, il fut un
artisan convaincant de ce retour en force du passé dans
le présent de notre belle ville.
André Pintat : un pionnier
CAPITALE
Bayonne Mag 05
Vous avez récemment déposé à l’Assemblée Nationale un
amendement concernant les secteurs sauvegardés. Pouvez-
vous nous parler des motivations qui vous ont poussé à agir ?
Suite à ce colloque sur les 40 ans de la loi Malraux, un consensus s’est
dégagé pour regretter la rigidité du règlement des secteurs sauvegar-
dés qui « figent » la situation une fois publié, sans possibilité de modi-
fication et avec une procédure de révision d’une lourdeur dissuasive. De
nos jours, tout se développe vite dans nos villes, qu’il s’agisse des
contraintes sociales, des contraintes économiques. Dans ce contexte, et
pour ne pas effrayer les maires responsables, éventuels candidats au
label secteur sauvegardé, il fallait donner du « mou » à cette rigueur
réglementaire excessive. D’ailleurs, tous les règlements d’urbanisme
peuvent être modifiés : POS, PLU… pourquoi seul le secteur sauvegar-
dé, ne peut-il pas l’être ? J’ai donc déposé à l’Assemblée Nationale, un
amendement après l’avoir présenté au Ministère de la Culture et au
Ministre du Logement qui ont donné leur accord. J’ai eu la satisfaction que
cet amendement, que j’avais défendu, soit pris en compte et voté par
l’Assemblée Nationale. C’était, je crois, l’attente de tous.
Il faut maintenant obtenir un agrément préalable des services fiscaux
afin d’éviter certains redressements qui ont eu le don de faire fuir un
certain nombre d’investisseurs. Il faut également que les aides attri-
buées aux propriétaires bailleurs le soient également aux propriétaires
occupants dont on sait aujourd’hui qu’ils sont le plus souvent peu for-
tunés et ne sont donc en aucune manière les « nantis » que l’on pré-
tendait jadis.
Toutes ces mesures vont dans le sens d’une plus grande efficacité du dis-
positif pour accélérer la requalification de nos centres anciens.
Aujourd’hui, la pression foncière sur notre agglomération ne cesse de
croître. Nos jeunes qui travaillent ici et souhaitent y vivre éprouvent de
plus en plus de difficultés à se loger. Pourquoi dès lors, ne pas faire le
choix de vivre en ville, dans des appartements anciens parfaitement
rénovés et dotés de tout le confort nécessaire avec des prix raison-
nables, la plupart des loyers étant plafonnés par convention ? C’est un
choix ! Il est très encourageant, pour l’avenir de notre centre ancien, de
savoir que ce choix, de plus en plus de jeunes ménages le font. Ce
constat nous rassure et objective le bien-fondé de notre démarche, il est
le meilleur garant de la mixité sociale indispensable au bon équilibre de
nos secteurs sauvegardés requalifiés.
Remise de la médaille d’or de la Ville à Nicole Pery
1 - OPAH : opération programmée d’amélioration de l’habitat
2 - A.N.A.H. : Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat