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Avant-propos
La mondialisation est un sujet brûlant d’actualité. Pas un jour ne
passe sans que nous soyons envahis de nouvelles accablantes résultant
de cette intégration tous azimuts : délocalisation d’emplois vers des
pays où les conditions de travail sont trop souvent inacceptables,
fermetures d’entreprises pour cause de concurrence mondiale trop vive,
détérioration de l’environnement résultant d’une production débridée,
etc. S’ajoutent aussi les inquiétudes des travailleurs et des travailleuses
pour ce qui est des conséquences de la croissance chinoise dans le
monde du travail.
En cette ère où la finance est reine et dicte les comportements des
dirigeants d’entreprises, où les entreprises ferment leurs portes même
si leurs affaires vont bien, où des champions nationaux se font acheter
sans que les gouvernements ne lèvent le petit doigt, où des épargnants
se font détrousser par des acteurs financiers sans scrupules qui
demeurent impunis… le monde apparaît plus incertain que jamais.
La mondialisation est l’affaire de tous. La FTQ vous invite donc,
dirigeants et dirigeantes des syndicats locaux, militantes et militants
syndicaux et tous les membres, à relever les défis posés notamment
par la mondialisation financière. Ce document de référence peut vous
y aider. Il vise deux objectifs : comprendre la mondialisation pour que
vous puissiez en débattre dans les milieux de travail et bâtir l’action
syndicale locale tout en y intégrant la dimension internationale.
La première partie du document s’attache particulièrement à
démystifier la financiarisation de l’économie et à mieux cerner les
rouages de la logique financière sur l’économie réelle afin de pouvoir y
apporter des solutions syndicales.
La deuxième partie permet d’identifier les différents moyens que nous
pouvons mettre en œuvre pour atteindre nos objectifs à partir de
l’expérience de différents syndicats qui ont commencé à intégrer la
dimension internationale à leur travail syndical.
C’est ainsi que nous pourrons, tous ensemble, travailler à créer un
monde meilleur où règne justice et équité. Notre implication à l’échelon
international n’est pas une question de mode. C’est une façon concrète
d’augmenter notre rapport de force et de conserver une emprise sur
notre quotidien.
Au XIXe siècle, le mouvement syndical a réussi à domestiquer le
capitalisme sauvage né de la révolution industrielle. Aujourd’hui, le
capitalisme se distingue de celui du passé par son adhésion quasi
sans borne à la logique financière. Ses conséquences sur les milieux de
travail sont graves. C’est encore par l’action vigoureuse des syndicats
qu’on réussira à le mater à nouveau.
Le président Le secrétaire-général
Michel Arsenault René Roy