
Dans ce contexte, il ne faut pas oublier la Russie et sa dynamique économique, laquelle
s’appuie, certes, sur ses dotations en ressources naturelles. Si, pour asseoir sa croissance, elle
a su faire fructifier ses ressources avec beaucoup d’efficacité au cours de la décennie 2000,
selon toute vraisemblance, elle poursuivra dans cette voie dans les années à venir.
À côté de ces grandes tendances, plusieurs autres facteurs méritent d’être soulignés : le
double processus en œuvre fait de mondialisation et de fragmentation, la montée des risques
multipolaires de toute nature et les perspectives incertaines de l’Union européenne.
Commerce mondial de marchandises
Les échanges se font d’abord entre trois zones : l’Accord de libre-échange nord-américain
(Alena) emmené par l’Amérique du Nord ; l’Asie emmenée d’abord par le Japon, puis par les
quatre dragons, enfin par les nouveaux pays émergents ; l’Union européenne.
À côté des échanges entre ces trois zones, les échanges internationaux dans leur ensemble,
s’accroissent d’année en année. Toutefois, vu le contexte, une question se pose concernant la
Chine : qu’adviendra-t-il de sa croissance, qui a largement reposé sur les exportations au cours
des dernières années, dès lors que son premier client – les États-Unis − traverse une crise qui
se traduit pour l’instant par une baisse des importations. Sera-t-elle capable de stimuler sa
demande intérieure et, plus généralement la demande de la zone Asie.
Une autre interrogation concerne la crise actuelle : dans quelle mesure est-elle de nature
à entraîner une pause dans le processus de mondialisation ou, plus précisément, de « gloca-
lisation », pour employer un terme répandu aux États-Unis, qui résulte de l’association de
globalisation et de localisation. Il est en effet saisissant de voir que, malgré le coca-cola et les
blue jeans, les revendications identitaires de toute nature – religieuse, culturelle ou autre – se
développent très fortement au niveau local, ce qui se traduit par un renouveau des langues et
des cultures locales, par un essor des produits du terroir, par les enjeux de plus en plus forts
liés aux questions de traçabilité.
Contexte économique et géopolitique international
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fiche 3
CONTEXTE INTERNATIONAL
Tableau 1 – PIB et population : projections à l’horizon 2025
Source : Goldman Sachs/CEPII.
Chine États-Unis Inde Inde*France Allemagne Japon Brésil Monde
PIB (en millions de dollars)
2005 2 300 11 100 671 671 1 400 1 840 5 190 615 36 294
2025 8 257 19 287 1 890 2 772 1 833 2 692 7 113 602 60 902
PIB/habitant (en dollars)
2005 1 748 37 222 608 608 22 951 22 169 40 563 3 366 5 614
2025 5 749 55 091 1 354 1 986 29 097 33 647 58 486 2 644 7 704
Population (en millions d’habitants)
2005 1 316 298 1 103 1 103 61 83 128 187 6 465
2025 1 441 350 1 395 1 395 63 80 122 229 7 905
PIB (en % du PIB mondial)
2005 6,3 30,6 1,8 1,8 3,9 5,1 14,3 1,7 100
2025 13,6 31,7 3,1 4,6 3,0 4,4 11,7 1,0 100
PIB/habitant (États-Unis = 100 %)
2005 5 100 2262 60 109 9 15
2025 10 100 2453 61 106 5 14
Population (en % de la population mondiale)
2005 20 5 17 17 1123100
2025 18 4 18 18 1123100
Croissance
val/an (en %) 6,6 2,8 5,3 7,4 1,4 1,9 1,6 – 0,1
* Scénario en volume Goldman Sachs et valorisation
CEPII
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