La mucoviscidose
Aujourd’hui, le fait que la mucoviscidose soit une maladie héréditaire, et plus précisément une
maladie monogénique due aux mutations du gène CFTR situé sur le chromosome 7, ne fait pas de
doute. Mais il n’en a pas toujours été ainsi.
La mucoviscidose a été définie à la fin des années 1930 par Dorothy Andersen qui a réuni dans sa
diagnose les manifestations respiratoires et pancréatiques. Trois hypothèses ont été émises en ce
qui concerne l’origine de la maladie : un déficit nutritionnel, notamment en vitamine A durant la
grossesse ou la jeune enfance, une origine infectieuse, une origine héréditaire. Cette dernière
hypothèse repose sur le constat de la présence de plusieurs enfants atteints de mucoviscidose
dans quelques familles. Mais cela pouvait aussi s’expliquer par les autres hypothèses. En 1946,
Andersen et Hodges publient les résultats d’une étude épidémiologique qui validait l’hypothèse
génétique.
Des données épidémiologiques : mise en évidence d’une origine génétique
Les chercheurs sont partis des enfants qui sont venus en consultation à l’hôpital des enfants
malades de New York entre 1938 et 1945 et chez lesquels on a diagnostiqué une mucoviscidose. A
partir de là, ils ont fait une étude familiale pour chacun des enfants atteints en déterminant
exactement l’état des sœurs et frères de ces enfants : atteints de mucoviscidose ou pas. On dit
que l’enfant malade est le proposant à partir duquel est conduite l’étude familiale. Les familles
avec un seul enfant (l’enfant malade), non informatives, n’ont pas été prises en compte.
Sur 31 familles ainsi sélectionnées, il y a eu en tout 58 frères et sœurs des enfants malades, et
parmi ceux-ci 13 atteints de mucoviscidose. Bien entendu dans toutes ces familles, les parents
n’étaient pas malades.
Pour exploiter ces données, on peut utiliser le calcul du risque relatif qui est le rapport de la
prévalence chez les apparentés (ici frères et sœurs) des proposants sur la prévalence de la
mucoviscidose dans la population générale.
A l’époque, dans l’état de New-York, la prévalence de la mucoviscidose à la naissance était de
1/2500. La prévalence de la mucoviscidose chez les apparentés des proposants est de 13/58.
Le risque relatif est donc de 13/58 / 1/2500 soit environ 560.
Un risque relatif aussi élevé indique une maladie à forte composante génétique.
La mucoviscidose : maladie monogénique
Il s’agit ensuite de trouver le modèle génétique qui rend compte des données. Le modèle
génétique le plus simple est celui où la maladie est due aux allèles morbides d’un seul gène. On se
place dans le cadre de ce modèle. Puisque les parents des enfants malades ne sont pas atteints
cela signifie qu’il s’agit d’une maladie récessive, donc que les allèles à l’origine de la mucoviscidose
sont récessifs. Les élèves doivent alors pouvoir indiquer les génotypes des parents et préciser que
la descendance de nombreux couples d’hétérozygotes doit comprendre 25% d’enfants atteints de
mucoviscidose. Les données de l’étude précédemment citées indiquent 13 enfants atteints sur 58
soit 22,4% ce qui est proche de 25%. Le modèle monogénique est validé par cette étude familiale.
Génotypes d’une famille
Le gène en cause a été identifié et séquencé en 1989. Situé sur le chromosome 7, il a été appelé
CFTR en raison du rôle joué par la protéine qu’il code (Cystic Fibrosis Transmembrane
conductance Regulator).
Avec les informations et vos savoirs faires, proposez une argumentation détaillée en
faveur d'une origine génétique de la maladie.
(Un fichier numérique me sera envoyer à la fin de la séance)