LES ÉCO AFRIQUE MARDI 7 OCTOBRE 2014
NEWS
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Les économies afri-
caines sont plus per-
formantes et beau-
coup plus riches qu’on
ne le croit. Et oui ! Après le Ni-
géria il y a quelques mois,
c’est au tour du Kenya de re-
voir le système de calcul de
son PIB. Contrairement au
géant nigérian, le Kenya n’a
pas pu décrocher la place de
première puissance écono-
mique africaine, mais réussi
tout de même à se hisser
dans le top 10 des économies
du continent. Nairobi passe
ainsi du 12e au 9e rang, de-
vançant des pays aussi dyna-
miques que le Ghana ou en-
core la très éprouvée Tunisie.
En même temps, son PIB
passe de 42,6 milliards de dol-
lars à plus de 53 milliards, soit
un bond de 25%. Cette per-
formance s’explique par le
passage de 2001, à 2009
comme année de calcul du
produit intérieur brut. Cette
«avancée sur le papier» a au
moins le mérite de rendre en-
core plus attractif ce pays an-
glophone de l’Afrique de l’Est.
«Avancée sur le papier»,
avons-nous dit, car la crois-
sance du PIB est bien loin d’il-
lustrer les réalités vécues par
une bonne partie de la popu-
lation. Cela nous renvoie à la
rhétorique de l’Afrique qui
réalise un fort taux de crois-
sance, alors que dans nom-
bre de pays, la paupérisation
continue son petit bon-
homme de chemin. Dans un
continent où l’économie for-
melle n’est tirée que par une
poignée d’acteurs face à une
grande majorité qui essaie de
survivre, parlons d’abord de
«développement humain»,
ensuite de «PIB»! ●
PIB trompeur
Oumar Baldé
BILLET
Nedbank s’ore 20%
d’Ecobank
Nedbank Group Limited acquiert 20%
d’Ecobank. L’annonce a été faite en fin
de semaine par les deux établisse-
ments. «Cette prise de participation re-
présente une étape importante dans le
processus de consolidation et d’appro-
fondissement du partenariat stratégique
et technique que nous avons avec Eco-
bank», indique Nedbank. Les deux
groupes comptent offrir une expertise
de «banque unique» à leurs clients à tra-
vers le plus grand réseau bancaire en
Afrique, comprenant plus de 2.000
agences et bureaux dans 39 pays.
La BAD active
sa «riposte»
contre Ébola
Alors que l’épidémie d’Ébola a fait plus
de 3.000 morts et que le virus s'est pro-
pagé hors d’Afrique, la BAD décide d’ac-
corder un prêt et un don d'un montant
de 152 millions de dollars à quatre pays
ouest-africains. Il s’agit du Liberia, de la
Sierra Leone, de la Guinée et de la Côte
d'Ivoire. L’objectif est d’aider ces États à
faire face à cette maladie qui impacte
négativement sur leurs économies.
La Côte d’Ivoire veut
valoriser son cacao
Le Conseil ivoirien du café-cacao a or-
ganisé les 2 et 3 octobre les journées
nationales du cacao et du chocolat.
Objectif, mobiliser la nation ivoirienne
autour du cacao, mais surtout confor-
ter la place de la Côte d'Ivoire en tant
que producteur mondial du cacao.
Du côté d’Abidjan, on vise également
à valoriser la production locale, dont
les parts de marché au niveau mon-
dial sont estimées à 40%. La transfor-
mation sur place afin de lui donner
plus de valeur ajoutée semble être
une des pistes à privilégier pour
mieux faire profiter les populations de
cette richesse naturelle.
Nigéria. Plus
de 2 MUSD mobilisés
par les banques
Selon un rapport de FBN Capital Ltd,
la filiale investissement du groupe
First Bank of Nigeria Holdings, le vo-
lume global des fonds mobilisés par
les banques au Nigéria a atteint 340
milliards de nairas (2,1 milliards de
dollars) depuis le début de 2014. Il
est à préciser que ces fonds ont été
affectés pour les besoins de confor-
mité avec les exigences du régula-
teur du secteur en matière de ratio
prudentiel. Les besoins de finance-
ment des banques nigérianes en
dollars, destinés au soutien des in-
vestissements se sont accrus dans
un contexte marqué par l'implication
Kenya. 10.000 km de routes à construire en 3 ans
Le gouvernement kenyan a élaboré un ambitieux programme de construc-
tion de 10.000 km de routes à l'échelle du pays au cours des trois pro-
chaines années. Le programme, dont l'investissement global est estimé à
260 milliards de shillings (environ 2,9 milliards de dollars), s'étale sur trois
phases. La première qui sera lancée prochainement, porte sur la réalisation
de 2.000 kilomètres pour un coût de 40 milliards de shillings. La deuxième
phase (2015-2016) concerne la construction de 3.000 km pour une enve-
loppe budgétaire de 60 milliards de shillings alors que la troisième prévoit
la construction de 5.000 kilomètres (2016-2017) pour un investissement
de 160 milliards de shillings
AGENDA
SIM 2014
(4-6 novembre, Dakar)
La 3eédition du Salon international des mines du Sénégal, SIM
2014, aura lieu à l’Hôtel King Fahd Palace (ex Méridien Prési-
dent) de Dakar, au Sénégal les 4, 5 et 6 Novembre 2014. Cet im-
portant évènement économique biannuel, est organisé par le
ministère de l’Industrie et des mines du Sénégal en partenariat
avec AME Trade Ltd. Il s’agit d’une conférence et d’une exposition de trois jours et des
visites guidées sur des sites-clés de l’industrie minière du Sénégal.
Fonds Afrique verte
(27-30 octobre, Kinshasa)
La République Démocratique du Congo accueille, du 27 au 30 octobre, la Confé-
rence des ministres sur le Fonds fiduciaire pour l’économie verte en Afrique cen-
trale. Le thème retenu est «Diplomatie, intégration, gouvernance et nouvelle éco-
nomie du bois». Cette conférence s’inscrit aussi bien dans le cadre des activités du
programme Ecosystèmes fragilisés d’Afrique centrale (ECOFAC) que dans celui de
la Cellule FLEGT régionale ou du Système de l’économie verte en Afrique centrale,
initié depuis 2010 par le Secrétariat général de la CEEAC.
des banques dans le financement
des projets énergétiques, pétroliers et
gaziers.
Sénégal. Moins de 4%
de croissance en 2014 ?
La croissance économique du Séné-
gal pourrait se situer en deçà de 4% en
2014. Telles sont les mises en garde du
Centre d'études pour le financement
du développement local (CEFDL)
basé à Dakar. Les autorités peuvent at-
teindre ce seuil si elles réussissent à at-
teindre leurs objectifs de réduction du
déficit budgétaire. On estime en effet
que les performances de l'économie
sénégalaise continuent d'être faibles
par rapport aux ambitions affichées
par le pays. Il est à rappeler qu’un pro-
gramme de développement dé-
nommé Plan Sénégal émergent (PSE)
est en cours d’exécution.