
d’Aix-Marseille et conseiller scientifique au CAE. Le rythme de croissance
estimé par les auteurs du rapport pour réduire le chômage d’un point par an
paraît sous-estimé à Edmond Malinvaud qui l’évalue plutôt aux environs de
4.%. Or, un tel rythme de croissance lui semble à la fois difficile à atteindre
et présenter des risques de tensions inflationnistes, même dans l’hypothèse
d’un redémarrage rapide de l’investissement. Gilbert Cette partage la même
analyse et rappelle l’épisode du haut de cycle de la fin des années quatre-
vingt, où la reprise s’est accompagnée de tensions sur les capacités de
production et de difficultés de recrutement des entreprises.
Le rapport initial a été présenté à la séance du 4 octobre 1997 du Conseil
d’Analyse Économique. Il a été ensuite présenté et discuté en présence du
Premier Ministre à la séance du 11 décembre 1997. Le Premier Ministre
ayant souhaité voir approfondie la question du lien entre croissance, emploi
et chômage, la discussion sur ce thème s’est poursuivie à la séance du
22 janvier 1998 présidée par le Premier Ministre.
La seconde partie de cet ouvrage est consacrée aux réponses apportées
par les administrations économiques et par les auteurs du rapport aux
questions du Premier Ministre concernant, le rythme de croissance néces-
saire pour commencer à réduire le chômage, les perpectives de croissance
et d’emploi à moyen terme et l’impact des allégements de charges sociales
sur le contenu en emploi de la croissance. Paul Champsaur, directeur général
de l’INSEE, analyse l’évolution de la population active et de la productivité,
ainsi que la relation entre croissance, emploi et chômage sur longue période,
en soulignant le rôle du temps partiel et de l’allégement du coût du travail
peu qualifié dans l’augmentation du contenu en emploi de la croissance.
Claude Seibel, directeur de la DARES, évalue l’enrichissement récent du
contenu en emploi de la croissance à 0,5 point par an se décomposant pour
2/3 en réduction du temps de travail résultant du développement du temps
partiel et 1/3 en effet de la baisse du coût du travail peu qualifié. Jean-Phi-
lippe Cotis, directeur de la Prévision, évoque l’écart entre la croissance
potentielle et la croissance effective et en déduit que, compte tenu d’un
déficit de demande proche de 4.% du PIB en 1996, la France pourrait
soutenir sans accélération de l’inflation une croissance de 3.% l’an pendant
4 ou 5 ans.
En conclusion, Jean-Paul Fitoussi évoque la complémentarité entre la
croissance et la réduction du temps de travail, d’une part parce qu’à long
terme la croissance rend solvable la demande de loisirs, d’autre part parce
que la réduction du temps de travail permet, en terme d’emploi, d’éco-
nomiser l’équivalent de deux points de croissance. Par rapport aux
évaluations du rapport, il «.suffirait.» alors que le taux de croissance
s’établisse entre 3,2 et 3,4.% en moyenne pour revenir en 5 ans à un taux
de chômage de 7,5.%.
6
CONSEIL D’ANALYSE ÉCONOMIQUE