Magali AUTET I.F.S.I. Neufchâteau
Psychologue clinicienne oct-nov 2010
Sciences humaines : Le développement psycho-affectif et intellectuel
de l’enfant et de l’adolescent.
1- Introduction à la psychologie de l’enfant :
1-1 Les deux courants fondamentaux :
a - L’approche psychanalytique : le développement psycho-affectif de l’enfant.
b - La psychologie génétique : le développement intellectuel de l’enfant.
2- L’enfant de la naissance à 2-3 ans :
2-1 De sa conception à sa naissance :
2-2 Son développement psycho-affectif :
2-3 Son développement intellectuel et moteur :
3- L’enfant de deux-trois ans à 6-7 ans :
3-1 Son développement psycho-affectif de 3 à 6 ans.
3-2 Son développement intellectuel de 2 à 7 ans.
4- L’enfant de 6 à 12 ans :
4-1 Son développement psycho-affectif de 6 à 12 ans :
4-2 Son développement intellectuel de 6 à 12 ans :
5- La période pubertaire et l’adolescence :
5-1 Le développement psycho-affectif de l’adolescent :
5-2 Le développement intellectuel de l’adolescent.
6- Conclusion :
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1-Introduction :
Pour parler et introduire les maladies mentales et les troubles psychiques, il faut avant
tout parler du fonctionnement mental, du psychisme en dehors de la pathologie, à
savoir : comment se construit-il ? Comment naît-il et se développe -t- il ?
Psychisme = structure psychique qui définit les mécanismes privilégiés de l’activité
psychique d’un individu, sa manière d’établir les relations et d’appréhender les
conflits.
La psychologie de l’enfant est née au départ pour répondre aux besoins de l’adulte et
non à ceux de l’enfant.
Sigmund FREUD (né en Autriche, 1856-1939) qui est dans ce domaine un précurseur
a commencé à s’intéresser à l’enfance et à la petite enfance parce-que ses patients s’y
référaient.
Par la suite, J. PIAGET (né en Suisse, 1896-1980) s’intéresse à l’enfant non pour
lui-même mais pour expliquer la formation de la pensée, les origines et l’évolution
des connaissances de l’être humain.
1-1 les deux courants fondamentaux :
a- L’approche psychanalytique : le développement psycho affectif (et sexuel) de
l’enfant :
L’approche Freudienne permet de comprendre comment l’enfant éprouve et ressent.
Sa théorie est basée sur la théorie des pulsions. Comment l’énergie psychique
s’organise selon des stades appelés stades de la libido.
b- La psychologie génétique :
La démarche de Piaget se veut épistémologique (analyse du développement de la
connaissance chez l‘enfant), c’est une théorie constructiviste qui implique donc une
évolution.
2- L’enfant de la naissance à 2-3ans :
2-1 De sa conception à sa naissance :
« Tout passage de la vie fœtale à la vie aérienne est en soi un traumatisme »
L’adulte ne conserve aucune trace consciente de ses neuf mois de vie prénatale, ni de
sa naissance. Cela amène un certain nombre de scientifiques à penser que cette
période n’a pas d’effet sur le développement de l’individu mais en psychologie, elle
est prise en considération.
Ainsi, plusieurs méthodes se basent sur les aspects psycho-affectifs de la vie prénatale
et de la naissance comme l’haptonomie, le rebirth, la théorie du lien télépathique
entre la mère et le fœtus de Françoise Dolto…
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2-2 Son développement psycho-affectif :
L’enfant naît inachevé, il est immature physiquement, psychiquement et se situe dans
une symbiose affective qui le contraint à dépendre de son entourage et surtout de sa
maman. Pour des raisons naturelles (la gestation), le bébé s’attache en premier lieu à
sa génitrice. La fonction de la mère est vitale pour lui (elle le nourrit quand il faut, le
met à l’abri des agressions extérieures, l’enveloppe d’une présence, d’une protection,
d’une attention, elle est comme « une double peau », une enveloppe provisoire qui
forme « un écran » pour l’enfant. La mère suffisamment bonne est en adéquation avec
les besoins de son enfant et sert de transition entre son enfant et le monde. C’est-ce
qui peut faire défaut chez une maman psychotique.
La première année de la vie est très riche de transformations, elle est primordiale au
niveau de la structuration de la personnalité et de la structuration du Moi, et du non-
Moi.
A l’origine, le nourrisson n’a pas de Moi (siège des identifications et du
narcissisme), c’est-à-dire qu’il ne distingue pas sa mère de lui-même, qu’ils sont pour
lui, confondus. C’est par les sensations corporelles (entre les tensions et les
apaisements) que l’enfant va apprendre à connaître le monde.
- Entre 0 et 5 mois, lorsque sa mère ( ou sa figure principale d’attachement) n’est pas
là, c’est qu’elle n’existe plus et cela génère des angoisses terrifiantes. D’où
l’importance de ne pas exposer un nourrisson de moins de 6 mois à une absence
prolongée (plusieurs jours) avec sa figure d’attachement.
- De 5-6 mois à environ un an : période de dépendance relative. L’enfant apprend à se
séparer psychiquement de sa mère, progressivement.
Se sentant sécurisé affectivement, il est confiant et plus à l’aise pour s’ouvrir
socialement et explorer le monde.
Selon la théorie Freudienne, la première année de l’enfant est caractérisée par le stade
oral.
C’est en explorant avec sa bouche que le bébé entre en communication avec le monde
et les autres.
La région buccale est surinvestie et surstimulée, définie comme zone érogène. La
succion est d’abord un réflexe qui permet d’apaiser la faim puis peu à peu se constitue
un plaisir oral qui deviendra indépendant du fait de se nourrir.
Quand la mère parle, caresse, regarde, embrasse son enfant en le nourrissant, elle
apporte une dimension affective à l’acte nutritif.
Les pulsions orales ne disparaissent pas entièrement à la fin de la 1ère année. L’enfant
entre progressivement dans le stade suivant mais ne renonce pas entièrement aux
plaisirs oraux, ils deviennent seulement secondaires.
Selon Jacques Lacan la relation entre l’enfant et son reflet dans le miroir a contribué
à comprendre la formation de l’identité chez l’enfant. Le stade du miroir renvoie ainsi
au processus d’individuation. Il commence vers 6 mois et se termine vers 18 mois.
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Le second stade selon Freud qui caractérise la période de 1 à 3 ans chez l’enfant est
le stade anal .
A ce stade l’enfant investi progressivement la région anale de son corps.
Ainsi à la fin de la première année, il va s’intéresser davantage à son autonomie
motrice. Il apprend à marcher, veut explorer le monde mais prend aussi conscience du
fonctionnement de son corps et de sa capacité à retenir ou à expulser ses fèces, son
urine. Il passe ainsi de la passivité à l’activité en ce qui concerne le contrôle des
sphincters.
Ce stade est souvent appelé stade sadique-anal car à cette période émerge les pulsions
sadiques avec tendances destructrices particulièrement marquées entre 2 et 3 ans.
L’apprentissage de la propreté est pour Freud l’élément le plus déterminant pour la
structuration psychique.
2-3 Son développement intellectuel et moteur :
Pour Piaget la période qui s’étend de la naissance à 2 ans est marquée par un
développement mental impressionnant mais que l’on évalue mal du fait qu’il y a
encore peu de langage.
- De 0 à 2 ans, le stade sensori-moteur : Cette intelligence sensori-motrice permet la
résolution de problèmes pratiques. Elle est sans représentation mentale donc sans
concept et sans véritable langage. Le tout petit va apprendre par essais-erreurs et c’est
la répétition des actes qui va permettre progressivement à l’enfant de faire un lien
entre une cause et un effet.
Les principales acquisitions du stade sensori-moteur sont :
- L’objet, le bébé passe d’une activité centrée sur lui-même à une activité dirigée vers
des objets « autres que lui ». Reconnaître l’objet comme autonome et ayant une
existence propre en dehors du sujet constitue un progrès énorme ayant des
implications intellectuelles considérables. L’individuation est bien amorcée.
- L’espace, entre la naissance à 2 ans, l’enfant passe d’une perception morcellée à une
perception unifiée. Ses impressions sensorielles qui sont au départ séparées les unes
des autres, se coordonnent progressivement. Il peut ainsi, associer plusieurs ressentis.
- La causalité, chez l’enfant de moins de 12 mois. Piaget parle de causalité magique
car l’enfant croit que son action produit à distance, un résultat.
3- L’enfant de 2-3 ans à 6-7 ans :
3-1 Son développement psycho affectif de 3 à 6-7 ans :
A cette période, le champ relationnel de l’enfant s’élargit considérablement. A partir
de là, le rôle du père devient plus important en ce qui concerne sa structuration
psychique et sa socialisation. C’est la période des complexes (d’Œdipe, d’Electre), le
renoncement définitif à la toute-puissance avec l’intégration des limites.
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Le stade phallique (de 3 ans à environ 7 ans) :
Durant ce stade, les organes génitaux deviennent les zones érogènes prédominantes.
La caractéristique principale ici est la curiosité sur la notion sexuelle manifestée par
l’enfant. Si l’enfant n’a pas les réponses à ses questionnements, il élabore lui-même
des explications. Même quand il en a, l’enfant n’a pas encore complètement les
capacités psychiques et intellectuelles pour intégrer correctement les réponses.
L’autre caractéristique essentielle est la différence des sexes. Jusqu’à environ 3-4 ans,
l’enfant ne réalise pas la différence des sexes, lorsqu’il s’en rend compte, il est
perturbé par cette découverte. Il s’aperçoit de la différence anatomique avant cet âge
mais ne la reconnaît pas. C’est au cours de ce stade qu’il l’intègre et renonce à la
toute- puissance puisqu’il ne peut être à la fois une fille et un garçon mais une fille
ou un garçon
En acceptant son identité sexuelle, l’enfant parvient aussi au complexe de castration
(crainte d’être châtrée chez le garçon et envie d’avoir un pénis chez la fille).
A ce stade, la mère apparaît pour son enfant comme un « objet d’amour», il y a une
véritable relation à l’autre, « d’être à être érotisé » entre mère et enfant alors qu’avant
il n’y avait que « autoérotisme » .
L’enfant va connaître ensuite le complexe d’Œdipe. Sa situation duelle mère/enfant va
devenir triangulaire (dans la mythologie grecque, il est prédit à Jocaste et Laïos que
leur enfant devenu adulte tuera son père et épousera sa mère. Ils décident donc de
l’abandonner pour contrer la prophétie. Œdipe grandit et apprend la prédiction, il
quitte alors ses parents adoptifs qu’il pense être de véritables géniteurs. Sur son
chemin il croise Laïos, ils ont une altercation. Œdipe le tue en ignorant qu’il est son
père. Il continue son voyage et rencontre Jocaste une veuve et l’épouse).
Le complexe d’Œdipe résume 2 points : le désir inconscient de l’enfant pour son
parent de sexe opposé, le désir conjugué à l’hostilité pour le parent de même sexe. Il
s’agit d’un symbole qui vient signifier le conflit entre parents et enfants, basé sur un
désir interdit (l’enfant éprouve du désir pour le parent de sexe opposé et ressent de la
rivalité pour le parent de même sexe). Les désirs Oedipiens doivent rester des désirs,
il ne doit pas y avoir satisfaction et c’est ainsi que l’enfant intègre l’interdit de
l’inceste.
Il découvre ainsi la complexité des sentiments et des choses, il aime et déteste ses
parents et découvre que pour vivre, il faut composer avec son désir, savoir parfois y
renoncer, attendre et tenir compte des autres et des circonstances.
En intégrant l’interdit de l’inceste, l’enfant intègre qu’il doit chercher un objet
d’amour ailleurs que dans la sphère familiale.
La faillite de la résolution du complexe d’Œdipe se produit quand il y a une séduction
réelle vis-à-vis de l’enfant laissant entrevoir qu’il peut être l’objet de désir sexuel pour
l’adulte et concrétiser son désir ou quand il y a interdiction familiale de tout désir,
tabou de la sexualité, du plaisir amenant à un surmoi (siège des interdits) trop
exigeant, angoisse et culpabilité vis-à-vis des désirs sexuels.
Selon Freud, c’est à partir de l’interdit de l’inceste que l’enfant intègre tous les autres
interdits. L’enfant se rend compte que son désir n’est pas tout-puissant. A ce moment,
il accède à la véritable dimension du désir (tout ce qui va vers l’élan de vie), celle qui
est structurée par le manque. C’est le manque, l’absence de plénitude qui fait désirer.
C’est le père en tant que tiers séparateur dans la relation mère/enfant qui fait barrage
au désir tout-puissant et introduit l’enfant dans l’ordre du social et de la loi.
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3-2 Son développement intellectuel de 2 à 7 ans :
A cette période 3 étapes pour affirmer son identité : La période d’opposition, vers 3-4
ans, la période de séduction vers 4-5 ans, la période d’imitation vers 5-6 ans.
La pensée pré-opératoire :
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