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Préambule
Les troubles nutritionnels touchent 25 à 50 % des patients adultes et enfants accueillis dans les
établissements de santé, qu’il s’agisse des établissements de court séjour de médecine, chirurgie et
obstétrique mais également des établissements de soins de suite et de longue durée. De même, 14,5 %
de la population adulte et près de 20% de la population pédiatrique française souffre d’obésité et
sollicite notre système de soins pour des raisons médico-chirurgicales directement liées ou non à cette
maladie.
Les impacts délétères des troubles nutritionnels sont clairement reconnus. Facteurs indépendants de
la morbi-mortalité, ils sont sources de très nombreuses complications ayant des conséquences médico-
économiques avérées, représentant ainsi un problème de santé publique majeur.
En 1997, les Professeurs Guy-Grand et Ricour ont produit une mission d’évaluation des besoins dans le
domaine de la nutrition en milieu hospitalier et d’élaboration de recommandations destinées à faciliter
et renforcer la prise en compte des aspects nutritionnels dans l’offre de soins tant à l’hôpital que dans les
suites de l’hospitalisation [1]. Les réflexions et propositions contenues dans le rapport « Alimentation en
milieu Hospitalier » ont été à l’origine de la prise de conscience des enjeux médico-sociaux liés aux
troubles nutritionnels. Elles ont conduit à des changements de l’offre de soins nutritionnels en milieu
hospitalier [2] dont la mise en œuvre a été progressive et soutenue par les trois Programmes Nationaux
Nutrition-Santé (PNNS).
La circulaire du 29 mars 2002 relative à l’alimentation et à la nutrition dans les établissements de santé
appelait de ses vœux l’organisation, au sein des centres hospitaliers régionaux, d’une activité de
nutrition clinique, autour d’un médecin nutritionniste reconnu et animateur d’une unité transversale de
nutrition clinique (UTNC) [3]. Cette structure devait avoir comme missions principales le dépistage et la
prise en charge des troubles nutritionnels auxquels s’ajoutaient des missions de recherche [6]. Elle
regroupait des moyens humains et techniques individualisés au sein desquels s’exprime une pluralité de
compétences. Ces UTNC existent dans des pays anglo-saxons depuis les années 1975 environ, en
Allemagne, en Suisse, au Portugal ainsi qu’aux Etats Unis [4].
En 2007 et à l’incitation du Programme National Nutrition Santé 2006-2010, la Direction de
l’Hospitalisation et de l’Organisation des Soins, sur la base d’un appel à projets, a confié à un comité de
pilotage la sélection de huit UTNC expérimentales. Elles ont été crées en mars 2008 aux CHU de Caen,
Lille, Lyon, Nancy, Paris (Joffre-Dupuytren et Necker), Rouen et Toulouse.
A la suite du bilan des expérimentations conduit en juin 2011, la directrice générale de l’offre de soins a
missionné les membres du comité de pilotage (Composition en annexe) pour la production d’une
synthèse pédagogique à destination des ARS, des directeurs d’établissements mais aussi des
professionnels de santé impliqués dans la prise en charge de ces troubles nutritionnels.