L’imaginaire colonial éclaté ou la division des milieux
d’affaires marseillais face à l’instauration de la politique de la
préférence impériale dans les échanges entre la France et l’AOF
(1931-1939)
Xavier Daumalin, Université de Provence (UMR TELEMME)
Au lendemain de la Première Guerre mondiale, les élus et les milieux
économiques marseillais réaffirment avec force la vocation coloniale du port de
Marseille. Reprenant le projet d’exposition initialement prévu pour 1916, ils confient
à l’un d’entre eux, Adrien Artaud, le soin de mener à bien l’opération. Député des
Bouches-du-Rhône, ancien président de la Société pour la défense du commerce et de
l’industrie de Marseille (1902-1904), président en exercice de la Chambre de
commerce depuis 1913, très impliqué dans les échanges coloniaux avec sa société de
négoce en vins et ses engagements dans les conseils d’administrations de plusieurs
maisons de commerce, Artaud réussit bien au-delà de ce qu’espéraient les
promoteurs de l’opération : plus de 3 millions de visiteurs se pressent à l’exposition
coloniale trois fois plus qu’en 1906 – pour découvrir les représentations exotiques
des colonies françaises, leurs produits et les productions des industriels marseillais
obtenues, en partie, grâce aux matières premières coloniales. Dans la foulée de ce
succès, Artaud organise une grande conférence sur les perspectives de la politique
économique coloniale de la France et déclare : « Il faut savoir nous faire pardonner
l’acquisition d’un domaine colonial magnifique, et nous faire pardonner par les
colonies de les avoir conquises. Comme ce n’est pas elles qui nous ont demandé de
faire cette conquête, le seul moyen de légitimer notre intervention est de leur assurer
plus de prospérité qu’elles n’en auraient eu si nous n’étions pas allés chez elles. »
1
Favorable aux nombreux investissements prévus par le projet de loi Sarraut toujours
en discussion au sein de la Commission coloniale du Parlement, il ajoute : « La
colonisation paie et nous avons donc le plus grand intérêt à faire pour les colonies ce
qui doit être fait. »
2
Plus que jamais, Marseille se revendique comme la métropole
coloniale de la France.
Douze ans plus tard, la tonalité n’est plus tout à fait la même. En 1934,
Edouard Rastoin, descendant d’une famille d’huiliers marseillais très en vue son
père, Emile Rastoin, a été successivement président des deux grandes instances
patronales locales , se montre nettement moins optimiste
3
. Dans un rapport
consacré à l’évolution du commerce franco-colonial document publié avec l’aval de
la Société pour la défense du commerce et de l’industrie de Marseille –, il s’interroge
ouvertement sur le bien fondé de la politique coloniale française : « Parce que nous
payons un tiers en trop, soit de 800 à 900 millions de plus par an, les ventes que
nous font nos colonies, parce que le tonnage des objets qu’elles nous achètent reste
stationnaire depuis de nombreuses années, certains pourraient être tentés de
s’écrier – ils ont eu dans l’histoire de nombreux devanciers : « Abandonnons donc
des colonies qui nous rapportent si peu et nous coûtent si cher. »
4
Une dizaine
d’années après l’unanimisme affiché lors de l’exposition coloniale de 1922, l’évolution
est de taille. Autrefois favorables à la colonisation, certains entrepreneurs marseillais
en sont désormais venus à douter de l’utilité des colonies et à suggérer qu’elles
constituent un handicap pour l’économie nationale. Comment en est-on arrivé à un
2
tel désenchantement ? C’est l’objet de cette communication, un sujet qui sera abor
non pas dans sa globalité mais à travers l’exemple particulier des échanges entre
Marseille et l’Ouest africain.
1. Un marché d’appoint sinistré la récession des années 1930
Que représentent, à la veille de la récession des années 1930, les échanges
entre Marseille et l’Ouest africain ? En volume, cela constitue un commerce de 271
000 tonnes dont les ¾ sont réalisés avec la seule A.O.F. : 167 000 tonnes, pour les
importations ; 104 000 tonnes pour les exportations. Les oléagineux arachides,
palmistes et huile de palme représentent 87 % du total des importations
5
. Comme
au XIXe siècle, le marché ouest africain demeure avant tout une source
d’approvisionnement en matières grasses pour les besoins des huileries, des
savonneries et des stéarineries marseillaises, un complexe industriel rassemblant
près de 70 usines et employant 10 000 personnes
6
. La production de cet ensemble
s’élève alors à 270 000 tonnes d’huiles de graines, 178 000 tonnes de savons, 55 000
tonnes de graisses végétales et une quarantaine de millions de paquets de bougies.
Les principales unités de production sont alors celles des sociétés Rocca, Tassy & de
Roux, Verminck, Fournier, Ferrier, Régis, Magnan, Darier de Rouffio, l’Huilerie
nouvelle (famille Rastoin) etc. L’importance du marché ouest africain est cependant
relative : en 1929, il ne représente que 22 % du total des approvisionnements des
huileries marseillaises, ce qui le situe au troisième rang seulement derrière l’Inde (37
%) et les îles indonésiennes (27 %). Pour le complexe oléagineux marseillais, l’Ouest
africain n’est finalement qu’un marché d’appoint. Autre caractéristique de ces
échanges, ils s’effectuent dans un cadre douanier relativement libéral contrairement à
d’autres domaines coloniaux comme l’Algérie, l’Indochine ou Madagascar. La loi de
1892, confirmée en 1910, a en effet classé l’AOF dans la catégorie des colonies non
assimilées au tarif douanier métropolitain, tout en garantissant la libre entrée de ses
oléagineux sur le territoire national. Par ailleurs, la convention franco-anglaise du
Niger, signée le 14 juin 1898, assure aux deux puissances coloniales une réciprocité
commerciale en Côte d’Ivoire, en Gold Coast, au Dahomey et au Nigeria. Ces marchés
coloniaux sont donc relativement ouverts à la concurrence.
Deux maisons de commerce dominent ces échanges : la CFAO (Compagnie
française de l’Afrique occidentale) et la CICA (société Commerciale et industrielle de
la Côte d’Afrique). Avec 74 millions de capitaux propres, un chiffre d’affaires de 142
millions de francs, un bénéfice net de 21,1 millions de francs et une action donnant un
rapport de 36 %, la CFAO est, en 1928, la plus importante de toutes les sociétés
françaises installées dans l’Ouest africain, bien loin devant la SCOA, sa principale
rivale. C’est aussi l’une des plus anciennes. Elle possède des comptoirs dans presque
toutes les colonies de la Côte occidentale et transporte elle-même une partie de ses
oléagineux. Depuis 1919, la CFAO vend la quasi-totalité de ses achats d’arachides à
une des plus modernes huilerie-savonnerie de Marseille, gérée par Paul Cyprien-
Fabre, les nouveaux Etablissements Verminck. La CICA est une entreprise beaucoup
plus modeste. Fondée en 1917 sur les décombres de l’ancienne maison Armandon &
Cie (1905-1916), elle est dirigée par l’armateur Jean Fraissinet. Ses comptoirs sont
implantés au Dahomey, en Côte d’Ivoire et au Togo. Avec 16,7 millions de francs de
capitaux propres, l’entreprise réalise un chiffre d’affaires de plus de 20 millions de
francs, dégage un bénéfice net de 1,5 million de francs et son action donne un taux de
rentabilité de 7 %. La CICA est contrôlée par l’armement Fraissinet et l’industriel Paul
Fournier. Les premiers assurent le transport des oléagineux jusqu’à Marseille tandis
3
que le second fabrique des bougies et des savons avec les cargaisons de palmistes et
d’huile de palme achetées par les agents de la C.I.C.A.
Ces maisons de commerce ont en commun d’être très liées aux milieux
bancaires internationaux. Pour financer ses achats de produits et de marchandises, la
seule C.I.C.A., société marseillaise d’import-export relativement modeste, possède
des lignes de crédit dans près de dix banques différentes : la Société marseillaise de
crédit, la Société générale, le Crédit lyonnais, la Banque de France, la Manchester &
Liverpool District Banking Corp., la Bank of British West Africa, la Banque de
l’Afrique occidentale, la Dredsner Bank et Monneron & Guye
7
. Certaines de ces
banques accordent leur caution sans pouvoir exercer le moindre contrôle sur
l’utilisation des fonds ainsi débloqués : « Les crédits de campagne se réalisent au
Sénégal par l’escompte de traites qui expriment généralement des échéances de 90 à
120 jours. Les agents des factoreries émettent ces tirages sur le siège social ou
administratif de leur firme (...). Pour permettre la négociation de ce papier et
fournir la seconde signature qu’exigent les statuts de la Banque d’Afrique
occidentale, des banques françaises ou étrangères l’avalisent par lettre séparée.
L’obtention d’un crédit de campagne reste donc subordonnée à la caution préalable
de banques françaises ou étrangères dont la plupart ne possèdent actuellement en
Afrique aucun organisme de représentation ou de contrôle (...). Ce système ne
permet pas la surveillance directe des crédits mis à la disposition du négoce. »
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Ces
pratiques dangereuses sont aggravées par le fait que ces mêmes maisons de
commerce se livrent une concurrence permanente pour placer des crédits de
campagnes auprès des intermédiaires qui acheminent les récoltes d’arachides depuis
les lieux de production jusqu'à leurs comptoirs. Afin d’obtenir les plus gros tonnages
possibles d’oléagineux, elles avancent des sommes considérables qui ne sont pas
toujours remboursées à l’issue des récoltes et qui se traduisent, le plus souvent, par
des reports d’échéances sur la « traite » à venir. En somme, depuis les grandes
banques européennes jusqu’aux producteurs africains, ces échanges coloniaux
reposent sur une cascade de crédits et sur des comportements très spéculatifs.
C’est dans ce contexte qu’éclate la crise de 1929. L'onde de choc du krach
boursier est considérable. Sans nous attarder sur des phénomènes déjà largement
analysés krach de la bourse à Wall Street, retrait précipité des capitaux américains
engagés en Europe, effondrement du crédit international, de la consommation, de la
production, multiplication des faillites et forte augmentation du chômage , il faut
néanmoins insister sur la rapidité avec laquelle les effets du krach atteignent le
secteur des oléagineux et les échanges entre Marseille et l'Ouest africain. Dans ce
marché déjà très internationalisé, le retournement de la conjoncture est précoce. Dès
la fin du mois d'octobre 1929, la baisse du cours des matières grasses est générale sur
la place de Marseille. Entre 1929 et 1930, les arachides en coques de Rufisque et les
palmistes du Dahomey passent respectivement de 184 à 124 francs et de 221 à 169
francs le quintal. La chute des cours se poursuit sans discontinuer jusqu'en 1934. A
cette date, les arachides et les palmistes ne valent plus que 69 et 57 francs le quintal.
En francs constants, les prix de 1934 sont les plus bas jamais enregistrés depuis
1894 ! Pour autant, l’huilerie marseillaise profite peu de cette baisse des cours dans la
mesure où la diminution du prix de vente de l’huile est à peu près aussi forte : 58 %,
entre 1929 et 1934, contre 62 % pour les arachides.
En Afrique occidentale, la situation économique est plus grave. Dès juillet
1930, la Banque française d'Afrique ferme ses guichets et cesse ses paiements, juste
4
un mois avant l'ouverture de la campagne d'arachides. Trois mois plus tard, alors que
la récolte bat son plein, c'est au tour de la Banque commerciale africaine de subir le
même sort. Des rumeurs commencent même à circuler sur une éventuelle défaillance
de la principale banque de l'AOF, la Banque d'Afrique occidentale
9
. Le système de
crédit, poutre maîtresse et fragile de l'économie ouest africaine, est touché : « Les
embarras financier de la Banque française d’Afrique ont été, sinon la cause, du
moins le signal d’un brusque revirement dans la politique des banques qui jusque-là
prêtaient largement. A la veille du début de la traite on a assisté à une restriction
des crédits bancaires portant principalement sous la forme d’avances, connues sous
le nom de crédits de campagne. Ce resserrement brutal a entraîné un mouvement de
panique (…). Nous ne pouvons plus donner au producteur l’assurance qu’il vendra
ses récoltes à un prix qui paie son labeur (…). L’appât du gain, une des plus
puissants leviers de notre action colonisatrice, nous échappe. »
10
Les négociants sont
pris de court, la panique devient générale
11
. Sans ces crédits de campagne, seules les
maisons de commerce disposant de réserves financières suffisantes peuvent
continuer à acheter des marchandises ou des produits. Les autres maisons, c'est-à-
dire toutes celles qui depuis des années fondaient leur prospérité sur une course sans
fin entre la creusement de l’endettement et l’augmentation du chiffre d'affaires, sont
brusquement obligées de réduire leurs activités de façon drastique et de fermer
nombre de factoreries. Entre 1930 et 1931, le chiffre d'affaires de la CICA chute ainsi
de 50 % et la société accuse une perte de 5,6 millions de francs ; l'année suivante, le
déficit est encore de 5 millions. Après avoir un instant envisagé la liquidation de la
société, les administrateurs décident finalement d'envoyer un de leurs
administrateurs en Afrique pour fermer les factoreries les moins rentables. L'exemple
de la CICA n'est pas isolé. En 1931, la Nouvelle compagnie française de Kong dépose
son bilan, l'United Africa Company annonce une perte de 1,2 million de livres (soit
140 millions de francs environ) tandis que la SCOA affiche un déficit de 9,7 millions ;
en 1932, c'est au tour de Maurel frères et de Louis Vézia & Cie de subir des pertes
tandis que la société Assemat & Guiraud est mise en liquidation
12
. Certaines maisons
sont contraintes de réduire leurs fonds propres : en 1932, la SCOA diminue ainsi son
capital social de 157 à 68 millions et les Etablissements Peyrissac de 50 à 25 millions
de francs. A l'inverse, la CFAO résiste mieux. Les bénéfices de la société diminuent
bien de 60 % entre 1930 et 1931, mais grâce à un mode de gestion prudent qui lui a
permis de constituer d'importantes réserves pendant que la plupart des autres
entreprises s'endettaient, elle reste bénéficiaire. C'est même une des rares maisons à
continuer à verser des dividendes à ses actionnaires pendant toute la durée de la
dépression.
La baisse des cours est néanmoins si importante et la restriction des affaires si
sévère que l'Afrique occidentale est bientôt plongée dans une des plus graves crises
sociales de son histoire. Certains producteurs africains, complètement ruinés,
refusent de continuer à cultiver des produits ne valant presque plus rien. Depuis des
décennies les Européens les avaient incités à délaisser les cultures vivrières au profit
des cultures d'exportation en leur faisant espérer des revenus plus importants. Pour
faciliter l’abandon des cultures vivrières, les négociants en étaient même venus à leur
vendre du riz indochinois bon marché importé via le port de Marseille. Or, en 1931, il
faut 500 kg d’arachides pour obtenir 100 kg de riz indochinois alors que le rapport
était de 1 pour 1, ou de 1 pour 2 seulement avant la crise. De la même manière, en
1929 les paysans africains pouvaient acheter 35 kg de cotonnades pour la vente de
100 kg d'arachides ; le rapport n'est déjà plus que de 31/100 kg en 1931. L’enquête
réalisée au Sénégal en 1932 par l’huilier Emile Régis, achève de révéler aux
5
industriels marseillais l’ampleur de la crise sociale : « L’indigène souffre-t-il de cette
situation ? Sur ce point, les avis sont partagés. Selon les uns, c’est la famine, selon
les autres l’abondance des cultures vivrières qui lui assurent une existence
suffisante. La vérité me paraît être que l’indigène souffre de cette crise, mais sa
misère est moins apparente qu’elle le serait dans un autre pays. Le prix normal
d’une journée de travail à Dakar ou à Kaolack est de 10 à 12 francs. Par suite de
l’abondance de l’offre, ce prix est tombé actuellement à 7 francs et même à 5 francs à
Kaolack. Le travailleur me paraît sous alimenté et, à l’intérieur, la misère de
certains foyers indigènes a été particulièrement marquée. »
13
couragés par la
détérioration des termes de l'échange et par la baisse de leur pouvoir d'achat, les
agriculteurs réduisent peu à peu les cultures destinées à l'exportation : entre 1929 et
1932, les exportations d'arachides de l'Ouest africain chutent ainsi de 620 000 à 428
000 tonnes. Sur ce total, Marseille n'en reçoit plus que 109 000 tonnes. Le système
colonial mis en place depuis le début du XIXe siècle est complètement bloqué. Les
tensions sociales s’exacerbent et, comme le redoute le gouverneur général Brévié,
elles risquent de déboucher, à plus ou moins brève échéance, sur des revendications
politiques remettant en cause la présence de la France dans cette partie du monde : «
Je ne saurais trop insister sur les conséquences sociales et politiques éventuelles de
la crise. L'attitude des indigènes, jusqu'à présent, n'a pas varié. La propagande
communiste qui s'est exercée depuis quelques années n'a pas eu de prise sur la
masse. Cette résistance se maintiendra-t-elle devant l'amoindrissement du revenu
de la production agricole ? Les colonies anglaises traversent actuellement une
période de tension critique. En Gold Coast, les coopératives indigènes de vente du
cacao se sont regroupées sous le nom de "Cocoa federation". Ce groupement
organise des campagnes pour maintenir les cours du cacao, reçoit l'appui des chefs
indigènes et boycotte les maisons de commerce lorsqu'elles refusent de payer le prix.
Certes, les chefs indigènes nous sont dévoués, mais il peut arriver qu'ils soient
débordés. »
14
Inquiétudes justifiées : en mars 1932, des troubles éclatent à Abidjan
15
.
2. Vers la politique de la préférence impériale
Dès l'instant où l'Ouest africain est plongé dans une des plus graves crises
sociales de son histoire, et dès lors que le rôle colonial de la France commence à être
contesté, une évolution très nette se dessine au sein de l'administration coloniale.
Pour lutter contre la paupérisation grandissante des paysans africains, le gouverneur
général Jules Brévié lance un appel au gouvernement Laval pour qu’il modifie
radicalement sa politique commerciale vis-à-vis de l'Afrique occidentale. Sensible aux
thèses keynésiennes, Brévié suggère de ne plus suivre à la baisse les prix du marché,
d’augmenter artificiellement le prix d'achat des récoltes d’oléagineux et de faciliter
leur vente sur le sol français en instaurant une taxe sur les importations d’oléagineux
étrangers. Une partie du produit de cette taxe serait ensuite ristournée aux colonies
africaines pour qu'elles puissent moderniser leurs structures économiques
16
. Protégé,
mieux payé, l'agriculteur africain recommencerait ainsi à produire des arachides,
consommerait davantage de marchandises européennes et deviendrait moins
sensible à la propagande anticoloniale. Devant l’urgence de la situation, son appel est
entendu : les échanges entre la France et l’Ouest africain sont ainsi à la veille d’une
réorganisation complète de leurs structures, une restructuration qui va se traduire
par l’abandon de l’économie de traite issue du XIXe siècle au profit d’une véritable «
économie dirigée », pour reprendre la formule utilisée en 1932 par le ministre des
Colonies Albert Sarraut : « Que nous le voulions ou non, aujourd’hui, la réalité est
; le destin de l’Europe est bâti sur des pilotis coloniaux et le destin de la France
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