
Les caractères crâniens des Australopithèques semblent à première vue les rapprocher des Chimpanzés.
Cependant, certains caractères du squelette montrent incontestablement que ces espèces sont bipèdes :
– le trou occipital est centré, ce qui traduit une station verticale ;
– le bassin est court et large ;
– l’articulation des fémurs avec le bassin est telle que les fémurs sont convergents.
Même si la bipédie des Australopithèques diffère de celle des hommes actuels, on peut penser que ces
caractères anatomiques dérivés, communs aux Australopithèques et aux Hommes, ont été hérité d’un ancêtre
commun qui n’est pas ancêtre des Chimpanzés. Les Australopithèques appartiennent donc incontestablement à la
lignée humaine.
c- L’émergence du genre Homo (doc. 2 p. 95 Bordas)
Le genre Homo regroupe l'homme actuel (Homo sapiens) et quelques fossiles (Homo habilis, Homo erectus, Homo
neanderthalensis, etc..).
Les plus vieux fossiles du genre Homo sont âgés de – 2,5 Ma en Afrique et – 1,78 Ma en Eurasie. A partir de cette
date et surtout vers – 1 Ma, les représentants du genre Homo connaissent une expansion rapide en Europe et en
Asie. A une époque donnée, plusieurs espèces d'Homo ont cohabité (comme Homo neanderthalensis et Homo
sapiens).
Les plus vieux Homo sapiens connus datent de – 195 000 ans en Afrique et – 35 000 ans en Europe
Les différences essentielles entre le genre Australopithecus et le genre Homo sont de plusieurs natures.
Si les deux groupes sont bipèdes, le style de bipédie est différent : marche « chaloupée » chez les
Australopithèques, bipédie plus accomplie et même aptitude à la course dans le genre Homo (comme en témoigne
par exemple la longueur des membres inférieurs).
Les espèces appartenant au genre Homo possèdent un crâne qui traduit un processus d’encéphalisation important,
se manifestant par un volume cérébral sensiblement plus élevé et par une réduction nette du prognathisme. Le
développement cérébral des espèces appartenant au genre Homo est à mettre en relation avec l’utilisation
systématique d’outils en pierre taillée. À ce jour, aucune activité de ce type n’est connue chez les
Australopithèques.
Plusieurs caractères attestent de l’acquisition du langage articulé chez les espèces du genre Homo.
On relève enfin une modification de la denture : réduction des canines (dimorphisme sexuel moins marqué),
mâchoire moins puissantes.
d- Une phylogénie controversée
La construction précise de l’arbre phylogénétique du genre Homo est controversée dans le détail en raison du
fait que le rattachement de nombreux fossiles à une espèce donnée est problématique, faute de caractères
morphologiques non ambigus et de fossiles suffisamment complets