
sur la base de la stricte et incompressible vérité. J’ai instruit les services
compétents de l’Etat de diligenter rapidement des investigations et de
rendre compte, dans la transparence, de leurs conclusions. J’ai indiqué
aussi clairement que ceux qui seraient identifiés comme responsables
de ces décès seraient traduits devant la justice. Car le Burkina Faso est
un Etat de droit et l’Etat a la responsabilité de protéger toutes les vies
humaines, et ceci quelles que soient les opinions politiques des citoyens.
D’ailleurs, des décisions fermes ont été immédiatement prises pour
sanctionner le dysfonctionnement apparent ou avéré imputable à
certains hauts responsables. Ainsi, le Gouverneur de la Région du
Centre Ouest a été relevé de ses fonctions, de même que le Directeur
Régional de la police. Tous les agents de police suspectés ont été mis
aux arrêts. De la part du gouvernement, c’était un premier message clair
aux fonctionnaires et autorités de l’Etat, que nul ne saurait être considéré
comme étant au-dessus des lois de la République.
Je me réjouis que la Cour de Cassation, dans l’intérêt d’une bonne
administration de la justice et d’une saine application de la loi pénale, a
désigné en date du 09 mars 2011, la juridiction d’instruction et celle de
jugement de même que le juge d’instruction avec une compétence
nationale aux fins d’associer toute personne ayant connaissance de
l’affaire à l’enquête pour la manifestation de la vérité. Les auditions ont
commencé et les agents de police suspectés ont été inculpés et placés
sous mandat de dépôt.
Il se trouve malheureusement que tout le monde n’a pas fait preuve de
retenue et de responsabilité devant ces malheureux événements malgré
les appels incessants du Gouvernement, des autorités locales,
coutumières et religieuses. Animés par une colère tout à fait
compréhensible mais qui aurait dû être contenue, certains ont
transformé les manifestations pacifiques de désapprobation des bavures
successives en actes de vandalisme et de destruction de biens publics et
privés, délégitimant de ce fait leur indignation.