
productions se sont diversifiées et toute la gamme industrielle est représentée. Le déclin de l’agriculture se
confirme même en Chine où cette activité ne représente plus que 15% du PIB contre 35% il y a 15 ans.
Le système est intégré: le Japon, qui est le pays le plus riche et le plus anciennement industrialisé et développé,
assure les activités de recherche et de conception des éléments sophistiqués, alors que les autres Etats sont
devenus des bases arrières, assurant la fabrication de composants simples et l’assemblage des pièces. Le Japon
est donc le pôle principal qui organise la production et les échanges au sein de cet ensemble régional.
Les entreprises japonaises sont présentes en Asie orientale par le biais des délocalisations, lorsque celles-ci sont
trop polluantes ou pour bénéficier de meilleures conditions (salaires, législations sociales ou fiscales) ou bien
par les parts prises dans le capital des entreprises étrangères. Selon les secteurs le Japon possède de 20 à 50%
des parts de marché dans les NPI. Il est le 1er investisseur de la région.
Mais la situation est en pleine évolution et les pays d’Asie orientale investissent également de plus en plus au
Japon: la Chine est le 4ème investisseur étranger au Japon.
Les pays d’Asie orientale sont devenus des puissances financières. La région représente 1/3 de la capitalisation
boursière internationale. Le Japon et la Chine sont les deux premiers investisseurs étrangers dans les bons du
Trésor américain (financent 48 % de la dette américaine). Les marchés boursiers de Tokyo, Singapour et Hong
Kong comptent parmi les places financières les plus actives de la planète.
II Le Japon, moteur du développement de l’Asie orientale
A La stratégie japonaise du développement industriel
Le Japon a été un précurseur, il est le 1er pays de la région à avoir élaboré une économie moderne fondée sur la
production industrielle. Il a servi de modèle aux pays d’Asie orientale et il a entraîné dans son sillage les autres
pays de la région à partir des années 70.
Plusieurs générations d’industries se sont succédées dans un processus de « montée en gamme »: d’abord des
industries de faible technicité, mais exigeant un main d’oeuvre abondante et bon marché (1ère génération :
textile, montage, cycles, jouets) en même temps que le marché intérieur se développe. Dans un 2d temps se
mettent en place des industries à fort coefficient de capital (industries lourdes et de biens d’équipement qui
exigent de gros investissements et des savoir-faire plus élaborés: 2de génération avec métallurgie, sidérurgie,
pétrochimie, construction navale, automobile). On copie des produits importés puis on innove. Dans un 3ème
temps grâce à un gros effort de Recherche-Développement (3,6% du PIB) des industries à fort coefficient de
matière grise se développent : industries de pointe (informatique, nucléaire, électronique, aérospatiale) en même
temps que les services se développent en parallèle. L’industrialisation s’est accompagnée d’un large
rayonnement commercial.
L’industrie s’est développée comme un “vol d’oies sauvages”: 1: le produit est importé, 2: industrialisation par
substitution aux importations et développement du marché intérieur, 3: exportations et conquête des marchés
extérieurs, 4: délocalisation de la production à l’étranger pour rester compétitif au niveau de la fabrication et
contourner le protectionnisme.
Dans les années 70 le Japon a continué sa progression en dépit d’un contexte international de crise, mais les
années 90 sont devenues plus difficiles et on évoque la crise du modèle japonais.
Sa puissance s’est fondée sur l’action commune des firmes et de l’Etat qui agit par l’intermédiaire du MITI. Les
entreprises ont mis au point des stratégies efficaces: robotisation, toyotisme, flux tendus, elles sont très créatives
et s’adaptent à la demande en même temps qu’elles veillent à la qualité pour assurer le succès commercial de
leurs produits.
Le Japon est un centre d’impulsion et une locomotive pour l’ensemble de l’Asie orientale. Le Japon a été le
moteur de la croissance économique des NPI d’Asie par son commerce extérieur (achat de matières 1ères et
vente de biens d’équipement) par ses investissements massifs ( 1/3 des IDE du Japon vont en Asie orientale) et
par son soutien au développement (coopération scientifique et technique, accueil d’étudiants asiatiques dans les
universités nippones, aide publique au développement) “ Learn from Japan” était le mot d’ordre à Singapour à la
fin des années 70.
Les FMN ont conservé au Japon leurs sièges sociaux, les laboratoires de recherche et de conception, certaines
unités de fabrication, mais elles ont délocalisé les ateliers d’assemblage dans les pays voisins, privilégiant ainsi
la proximité géographique.
Décrire les relations de partenariat et de complémentarité entre Japon et pays voisins.
B La diffusion du modèle japonais à l’Asie orientale
L’Asie orientale est devenue peu à peu un emboîtement de cercles concentriques: le 1er cercle est constitué par
les “4Dragons” (les plus proches géographiquement): Corée du Sud, Taïwan, Hong Kong et Singapour qui se
sont industrialisés dans les années 70, le 2d est formé par les “Bébés tigres” (Thaïlande, Malaisie, Philippines,
Vietnam) qui ont connu leur décollage dans les années 80 et le 3ème cercle est formé de la Chine littorale qui a
rejoint l’aire de puissance depuis les années 90.
Il faut distinguer les NPI 1 ou “4 Dragons” avec lesquelles les relations du Japon sont anciennes et intenses et