LA CRISE DE 1929

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LA CRISE DE 1929
En 1929, une crise économique éclate alors que le monde est persuadé que la prospérité est
durable. Elle se manifeste aux États-Unis par un krach boursier qui déclenche des crises,
bancaire puis industrielle et sociale, qui s'étendent rapidement à tous les pays.
Après la reconversion de leur économie de guerre
en économie de paix, les États-Unis entrent dans
une période de prospérité économique dont a
bénéficié l'Europe à partir du milieu des années
1920.
Stimulée par ce que l'on a parfois appelé la
(fondée sur le pétrole et non plus sur le charbon),
l'économie entame une nouvelle étape dans son
évolution, marquée par la production de masse de
biens de consommation. Un nouveau style de vie
apparaît, baptisé american way of life : il est
caractérisé par le culte de la consommation et permet notamment le développement de la
vente à crédit.
I. Les Causes :Une prospérité fragile
Cependant, au plus fort de la prospérité américaine, les traits d'une surproduction liée à une
consommation insuffisante se dessinent. En outre, depuis 1925, une série de bonnes récoltes a
entraîné un excédent et par conséquent une baisse des prix des produits agricoles, réduisant
très fortement le pouvoir d'achat des agriculteurs. Les marchés urbains sont saturés malgré les
ventes à crédit et les hauts salaires. Le léger fléchissement des affaires, qui s'esquisse en 1927,
est étouffé par des mesures visant à assouplir artificiellement les conditions de crédit.
En revanche, les profits des sociétés et des détenteurs d'actions ne cessent de croître.
Encouragée, la spéculation boursière atteint un chiffre record en 1929, d'autant que les agents
de change (les brokers) négocient l'achat d'actions à crédit en exigeant seulement un acompte
de 10% de leur valeur.
De 1925 à 1929, l'indice général des valeurs cotées à Wall Street monte deux fois plus vite
que celui de la production industrielle; et celle-ci augmente, sans que ne lui corresponde un
réel accroissement de la consommation.
II. Le krach boursier
Vers le milieu d'octobre 1929, divers indices économiques (la diminution des bénéfices
industriels notamment) incitent les spéculateurs à vendre leurs titres lorsque les cours sont
encore élevés. Cette tendance à la vente traduit une inquiétude quant à la valeur réelle des
actions, c'est-à-dire des entreprises. Le jeudi 24 octobre, , le cours des actions, qui avait triplé
en un an, s'effondre. En quelques heures, treize millions de titres sont mis en vente à des prix
très bas sans trouver preneur. La chute s'accélère les jours suivants, et au début du mois de
novembre, les actions industrielles ont perdu le tiers de leur valeur. L'effondrement des cours
se poursuit jusqu'en 1932, ruinant des milliers de petits actionnaires.
La crise boursière est très vite devenue une crise bancaire. La plupart des banques avaient
utilisé l'argent des épargnants pour spéculer ou pour prêter aux entreprises. Elles eurent du
mal à couvrir les retraits massifs de leurs clients et certaines furent acculées à la faillite. Les
chèques n'étaient plus honorés et les entreprises, ne disposant plus de crédit, cessèrent
d'investir. Elles durent réduire leur production, licencier du personnel, voire déposer le bilan.
Le nombre de chômeurs croissant engendra, avec la chute du crédit, une baisse de la
consommation; cette dernière entraîna une baisse de la production, et donc d'autres
licenciements illustrant parfaitement l'expression :
III. Une crise mondiale
En raison de la prédominance des États-Unis et de la dépendance économique entre les
nations, la crise gagne le reste du monde. Banquiers et hommes d'affaires américains, qui ont
besoin de liquidités pour assurer leurs paiements, cessent d'accorder des crédits à l'étranger où
rapatrient leurs capitaux. Ce retrait de capitaux accélère la crise, frappant en premier lieu les
pays qui bénéficient le plus des prêts américains.
En mai 1931, la faillite de la grande banque autrichienne, la de la famille Rothschild,
provoque une série de krachs bancaires qui se répercutent en Europe centrale, en Allemagne,
puis en Grande-Bretagne.
Le 21 septembre 1931, le gouvernement britannique dévalue la livre (abandon de l'étalon-or),
entraînant dans son sillage la chute d'une trentaine de monnaies. Les États-Unis et la France
dévaluent leur monnaie en 1934 et en 1936. Les paiements internationaux sont désorganisés,
ce qui aggrave les difficultés du commerce mondial et des transferts de capitaux déjà mis à
mal par les réactions protectionnistes. En 1932, la crise a atteint tous les pays, à l'exception de
l'URSS, qui n'a alors pas encore d'économie de marché.
La crise provoque une contraction rapide et violente de la production industrielle mondiale :
en juillet 1932, son niveau général est inférieur de 38% à celui de juin 1929. Ce fléchissement
est moins sensible en France, où le développement industriel avait été plus lent, et en GrandeBretagne, dont l'économie ne s'était pas assainie depuis la guerre.
La progression du chômage est considérable. Évalué à moins de 10 millions en 1929, le
nombre de chômeurs dans le monde dépasse 30 millions en 1932 (dont 15 millions aux ÉtatsUnis, 6 en Allemagne et 3 en Grande-Bretagne).Et les statistiques ne prennent pas en compte
les Asiatiques et Sud-Américains victimes d'un sous-emploi impossible à recenser.
Pour beaucoup, l'ampleur de la crise constitue une condamnation de l'économie de libreéchange. De nombreux hommes politiques se tournent vers l'État pour trouver une issue à ce
qui est perçu comme une catastrophe.
IV. La relance par les armes
Aux États-Unis, Franklin Roosevelt, élu à la présidence en 1932, influencé par l’économiste
Keynes qui a fait le premier une analyse précise des mécanismes de cette crise, entreprend de
ranimer l'économie par une politique de grands travaux financée par des dépenses publiques
pour augmenter l'emploi et donc la consommation, pour provoquer une relance de la
production.
En Italie, en Allemagne et au Japon, les régimes fascistes ou militaristes relancent l'économie
par la course à l'armement et par une politique de grands travaux orientée vers un effort de
guerre.
La crise de 1929 a accru les tensions
internationales. En 1931, l'Allemagne s'oppose au
paiement des réparations de guerre promises à la
France.
La plupart des pays refusent alors de s'acquitter de
leurs dettes de guerre envers les États-Unis, dont ils
renforcent ainsi l'isolement.
La limitation des échanges commerciaux va
croissant, aggravant la méfiance et les disparités
entre les États. Ne disposant pas d'un empire ou
d'une zone d'influence sur laquelle elles peuvent compter, l'Allemagne et l'Italie, très
endettées, entament une politique d'expansion territoriale.
Keynes
À partir de 1935, la course aux armements devient un moyen de lutte contre le chômage et le
marasme industriel. À cet égard, la crise de 1929 est une étape décisive vers la Seconde
Guerre mondiale.
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