
Plus que jamais actif, le modèle coopératif a été dopé, ces derniers temps, par une hausse des reprises d’entreprises
sous forme de Scop. Comme chez Créalabo, un fabricant de mobilier de laboratoires, situé dans la Sarthe et repris
en 2008 par 17 de ses salariés après un dépôt de bilan. Entre l’apport du personnel, celui d’actionnaires extérieurs
et les banques, Créalabo a réuni en quatre mois 200 000 euros afin de relancer l’activité. «La forme Scop a été
choisie parce qu’elle nous offrait une solution concrète, témoigne Stéphane Poupard, son directeur commercial et
cogérant. Cela collait aussi avec nos valeurs. Plusieurs d’entre nous viennent de grands groupes, et on en avait
assez du modèle de valorisation financière de l’entreprise, réduction des coûts, licenciements et revente au profit
de l’actionnaire. Les gens sont motivés et savent qu’ils travaillent pour eux. Mais attention, ce n’est pas de
l’autogestion. La hiérarchie existe et chacun reste dans son rôle même si tout le monde est actionnaire.»
Cette stricte définition des rôles explique la stabilité des dirigeants de Scop à l’image du groupe Chèque Déjeuner,
la plus célèbre des Scop (lire ci-contre) qui n’a connu que deux patrons en quarante-cinq ans d’existence.
Démocratie d’entreprise dans laquelle le PDG remet en cause son mandat tous les ans, la Scop doit pratiquer une
gestion d’autant plus rigoureuse qu’elle doit essentiellement compter sur ses fonds propres et bénéficie de sources
de financement plus limitées. Une contrainte vertueuse si l’on en croît les chiffres de la CG Scop : 55 % des Scop
existent toujours cinq ans après leur création (contre 51 % des entreprises selon l’Insee) et 79 % d’entre elles sont
bénéficiaires.
Si le manque de capitaux et le partage du pouvoir restent les principaux freins à cette forme de «développement
durable des entreprises», Patrick Lenancker est sûr que leur développement pourrait être plus important en
procédant à un toilettage de fond d’un statut qui a peu évolué depuis l’après-guerre. «Les obstacles ne sont pas que
culturels, dit-il, nous avons besoin d’une loi-cadre. Il faudrait que les Scop puissent bénéficier d’un accès au crédit
dans les mêmes conditions que les entreprises classiques et faciliter la constitution de groupes coopératifs.» Un
dossier qui, d’après lui, rencontre un écho croissant auprès du gouvernement.
Finalement, qu’est-ce qu’une coopérative ?
Les coopératives sont présentes dans tous les domaines de l'économie : l'agriculture, l'artisanat, la pêche artisanale ou
industrielle, le commerce, l'éducation, l'immobilier, les services, les transports, la banque et la finance.
On distingue quatre grandes familles coopératives :
- les coopératives d'usagers (de consommateurs, d'HLM, de copropriété),
- les coopératives d'entrepreneurs et d'entreprises (coopératives agricoles, artisanales, maritimes, les coopératives de
commerçants, de transporteurs),
- les coopératives de salariés,
- les banques coopératives.
Une dynamique de groupe
Les entreprises coopératives favorisent le dynamisme des secteurs d'activités où elles sont présentes du fait de l'implication
des membres dans le fonctionnement de l'entreprise.
L'entreprise coopérative : l'union fait sa force
Dès qu'un projet commun d'entreprise naît, avec la volonté de mutualiser moyens humains, techniques et financiers de
façon démocratique, la forme coopérative offre une réponse adéquate, adaptée, tournée vers l'avenir.
Les coopératives : des entreprises ancrées dans leur territoire
Par l'origine de leurs capitaux et de leur projet économique et social, les coopératives sont profondément enracinées dans le
tissu économique local, contribuant ainsi à faire obstacle aux délocalisations et à leurs conséquences en termes d'emplois et
d'activités.
Les coopératives : des entreprises qui travaillent dans la durée
Pour la coopérative, le temps est un allié. Grâce à l'impartageabilité de leurs réserves, les coopératives assurent leur
pérennité et investissent pour les générations futures.
Les entreprises coopératives au cœur de l'innovation
Loin d'être figé, le panorama coopératif s'enrichit toujours de nouvelles entreprises coopératives. Elles accompagnent les
nouveaux entrepreneurs et soutiennent de nouvelles activités et de nouvelles initiatives collectives, principalement dans les
TPE et les PME.
Cf. le site internet du Groupement national de la Coopération : www.entreprises.coop