
Le scanner ou lâimagerie par rĂ©sonance magnĂ©tique (IRM) peuvent ĂȘtre
proposés en cas de suspicion de lésion ostéochondrale isolée. Ces examens
peuvent revĂȘtir ultĂ©rieurement une valeur mĂ©dicolĂ©gale dans les rares cas de
fracture ostĂ©ochondrale isolĂ©e. Lâarthroscopie nâa pas sa place Ă titre
diagnostique, hormis Ă©ventuellement dans le cas des fractures
ostĂ©ochondrales isolĂ©es de lâadulte ou de lâenfant (ïŹg 7)
[58]
.
Diagnostic différentiel
Autres ruptures du systĂšme extenseur
Elles sont toutes caractérisées par le signe capital qui est la présence du
ïŹessum actif. Chez lâenfant, il peut sâagir du simple dĂ©calottement
quadricipital ou dâune sleeve fracture. Chez lâadulte, il sâagit, soit de la
rupture du tendon rotulien, Ă un niveau variable, soit dâune rupture du tendon
quadricipital. Câest essentiellement la palpation prĂ©coce mais surtout la
radiographie et lâĂ©chographie qui redresseront le diagnostic.
Patella bipartita
Letraitradiographique séparant lefragment,engénéralsupéroexterne, est un
traitrégulieretlasurfacearticulairepostérieuredelarotuleestnormale.Cette
particularitĂ© morphologique est le plus souvent bilatĂ©rale, dâoĂč lâintĂ©rĂȘt dâun
cliché radiographique comparatif.
Ostéochondrite de la rotule
Il sâagit dâune lĂ©sion rare qui est le plus souvent confondue avec une fracture
ostéochondrale.
Traitement
Historique
Les fractures de la rotule Ă©taient traitĂ©es, jusquâĂ la ïŹn du XIX
e
siĂšcle, par une
immobilisation plĂątrĂ©e, genou en extension et hanche en ïŹexion, aïŹn
dâĂ©liminer la tension du quadriceps. Ainsi, ces fractures gardaient une
rĂ©putation de gravitĂ© Ă partir du moment oĂč elles Ă©taient initialement
déplacées.
En 1877, Lister rĂ©alise une ostĂ©osuture au ïŹl dâargent. En 1893, Berger dĂ©crit
le cerclage rotulien circonférentiel prenant appui sur le tendon rotulien et le
tendon quadricipital. En 1889, Vallas préconise la seule réparation des
aileronsrotuliens.AudébutduXX
e
siĂšcle,lespremiĂšrespatellectomiestotales
sont rĂ©alisĂ©es et Heineck, en 1936, en discute les indications par rapport Ă
lâostĂ©osynthĂšse. Il met lâaccent sur la fonction de la rotule dans la puissance
dâextension du quadriceps et propose la patellectomie dans les fractures
compliquées.
Ainsi, la patellectomie sera vite adoptée dans les pays anglo-saxons alors
quâen France, ce nâest quâen 1947 que Lagrot la propose Ă lâAcadĂ©mie de
chirurgie. Ă la mĂȘme Ă©poque, Thomson publie la technique moderne de la
patellectomie partielle.
ParallÚlement au débat qui oppose les défenseurs de la patellectomie à ses
dĂ©tracteurs, de multiples techniques dâostĂ©osynthĂšse se dĂ©veloppent,
encouragĂ©es par les progrĂšs de lâasepsie : Lord propose la transïŹxation
transversale, Pauwells décrit une technique de cerclage qui utilise le principe
duhauban ; Smillie,Cauchoix, Duparcquant à eux, ont proposéle vissage,et
Lamarque le boulonnage. Lâobjectif de tous ces auteurs est la recherche dâun
montage suffisamment résistant pour permettre une mobilisation précoce de
lâarticulation.
Traitement orthopédique
MĂ©thode
Il comprend classiquement une pĂ©riode dâimmobilisation stricte de 4 Ă
6semaines.Destravauxrécents
[10, 37, 49]
préconisentunemobilisationprécoce
et dĂ©ïŹnissent un schĂ©ma thĂ©rapeutique comprenant :
â une courte pĂ©riode dâimmobilisation stricte de 3 ou 4 jours jusquâĂ
lâextinction des phĂ©nomĂšnes algiques ;
â la ponction dâune hĂ©marthrose importante dont on connaĂźt lâaction nocive
sur le cartilage ;
â une mobilisation passive prĂ©coce dĂšs le quatriĂšme jour avec mobilisation
doucedelarotule,rĂ©veilduquadriceps.LetravaildelaïŹexionsefaitenpassif
pur, soit de façon manuelle, soit sur attelle motorisée et ne dépasse pas 90°
jusquâĂ la sixiĂšme semaine. Ăventuellement, une radiographie de proïŹl
dynamique en ïŹexion Ă 30 ou 40° permet de juger de la stabilitĂ© du foyer
fracturaire et dâadapter les modalitĂ©s de la mobilisation ;
â la verticalisation avec appui partiel est autorisĂ©e sous couvert dâune attelle
dâextension et avec deux cannes de protection jusquâĂ la sixiĂšme semaine.
Entre les séances de mobilisation et de verticalisation, une attelle de repos
inguinomallĂ©olaire est confectionnĂ©e Ă 25-30° de ïŹexion aïŹn dâĂ©viter les
rotules basses. Un contrÎle radiographique régulier tous les 15 jours est
effectuĂ© pour sâassurer de lâabsence de diastasis secondaire. LâĂ©volution se
fait vers la consolidation, le plus souvent obtenue vers le 45
e
jour.
Indications
Avant dâopter pour un traitement orthopĂ©dique, il faut sâassurer du caractĂšre
stable de la fracture, câest-Ă -dire du respect des ailerons rotuliens et du tissu
ïŹbreux prĂ©rotulien ; il faut Ă©ventuellement complĂ©ter le bilan par une
radiographie dynamique. Par ailleurs, il faut ĂȘtre sĂ»r de lâabsence de
dĂ©placementinterfragmentaire,câest-Ă -direquâilnâexistepasdâincongruence
articulaire. Ces critĂšres Ă©tant respectĂ©s, les indications dâun traitement
orthopédique sont actuellement les suivantes :
â les fractures longitudinales avec Ă©cart interfragmentaire infĂ©rieur Ă 1 mm ;
â lesfractures transversalessansretentissement articulaire,câest-Ă -direavec
un diastasis infĂ©rieur Ă 1 mm et une marche dâescalier Ă©galement infĂ©rieure Ă
1mm;
â les fractures en « Ă©toile », non dĂ©placĂ©es.
RĂ©sultats
Lorsque les critĂšres de lâindication sont respectĂ©s, le traitement orthopĂ©dique
donne des résultats tout à fait satisfaisants.Ainsi, Bostrom
[8]
, dans une série
de 422 fractures traitées orthopédiquement, retrouve 89 % de patients avec
un genou peu ou non douloureux : dans 91 % des cas, la fonction articulaire
est normale ou peu altérée et dans plus de 90 % des cas, les amplitudes
articulaires sont comprises entre 0 et 120°.
Traitement chirurgical
Voie dâabord
Le traitement chirurgical impose une anesthésie générale ou locorégionale,
lâutilisationdâun garrot pneumatiqueet un contrĂŽleperopĂ©ratoire de labonne
rĂ©duction des diffĂ©rents fragments, ce contrĂŽle pouvant ĂȘtre visuel ou par
lâintermĂ©diaire dâun examen radioscopique selon les techniques utilisĂ©es. Le
contrĂŽle arthroscopique peut ĂȘtre utile Ă cette Ă©tape.
La voie dâabord est en gĂ©nĂ©ral mĂ©diane, verticale ou lĂ©gĂšrement dĂ©calĂ©e en
dedans. Le plus souvent, elle est imposée par la localisation des lésions
cutanĂ©es. Lâarthrotomie permet de contrĂŽler la qualitĂ© de la rĂ©duction de la
surface articulaire postĂ©rieure avant la mise en place dâune ostĂ©osynthĂšse
dĂ©ïŹnitive. Les ailerons rotuliens seront suturĂ©s en ïŹn dâintervention. Des
lambeaux locaux, voire locorégionaux, sont parfois nécessaires en cas de
perte de substance cutanée associée.
Lorsque la fracture de la rotule rentre dans le cadre dâun polytraumatisme, la
« tactique opĂ©ratoire » vise Ă traiter lâensemble des lĂ©sions du membre
inférieur en un seul temps.
MĂ©thodes
âąMĂ©thode conservatrice
â RĂ©duction Ă ciel ouvert et ïŹxation interne : les mĂ©thodes dâostĂ©osynthĂšse
de la rotule sont nombreuses et de qualité biomécanique variable
[75]
:
7Fracture ostéochondrale de la rotule chez un adolescent de 16 ans (vue arthroscopi-
que).1.FractureostĂ©ochondrale de lacrĂȘterotulienneet de lafacemĂ©dialede la rotule ;2.
trochlée fémorale.
RUPTURES DE LâAPPAREIL EXTENSEUR DU GENOUAppareil locomoteur 14-081-A-10
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