
DU CALCUL À LA COLIQUE NÉPHRÉTIQUE
Les jeunes patients peuvent aussi être affectés d’une
toute autre maladie urinaire: les calculs. Le rein étant
le filtre de l’organisme, les urines recueillent tous
les produits toxiques circulant dans le sang. Si ces
substances sont trop concentrées, elles forment
dans les reins des cristaux qui, en s’accumulant,
donnent naissance à des calculs urinaires.
Quand ces calculs restent dans le rein, ils créent
rarement des symptômes et ils sont d’ailleurs
souvent découverts de manière fortuite. Mais il en
va tout autrement lorsqu’ils se déplacent et se
logent dans l’uretère. Ils bouchent alors ce con-
duit et les urines, qui ne peuvent plus s’écouler
correctement, exercent une pression sur la vessie.
Cela entraîne des douleurs appelées crises de
colique néphrétique.
Ces douleurs sont très intenses – au point qu’on
les compare souvent, lorsqu’elles affectent les
hommes, à celles qui accompagnent l’accouche-
ment. Elles sont localisées dans le milieu du dos et
se projettent vers le pli de l’aine et les organes
génitaux chez les hommes et ne se calment pas,
même lorsqu’on change de position. Ce sont les
principaux symptômes des calculs urétéraux qui
peuvent aussi conduire à la présence de sang
dans les urines et à des brûlures urinaires.
Les calculs peuvent toucher l’ensemble de la
population, mais ils affectent surtout les hommes
jeunes. En tant que tels, ils ne présentent aucune
gravité. En revanche, s’ils s’accompagnent d’une
infection ou entraînent une insuffisance rénale, ils
peuvent avoir de sérieuses complications.
Lorsque les calculs, notamment lorsqu’ils sont
trop gros, ne s’évacuent pas spontanément, des
médicaments – antalgiques, mais aussi anti-
inflammatoires et alpha-bloquants – permettent,
dans la plupart des cas, de les éliminer.
En cas d’échec de ces traitements médicaux, il reste
la chirurgie qui fait le plus souvent appel à des
interventions peu invasives. Tel est le cas de la
lithotritie extracorporelle, qui envoie des ondes de
choc sur les calculs afin de les fragmenter et de
favoriser leur élimination. Ou encore de l’urétéros-
copie, qui consiste à introduire, par les voies
naturelles, une petite caméra dans l’uretère et à
attraper les calculs avec des pinces. En urgence, ou
lorsque l’on ne peut pas avoir recours aux autres
méthodes, on peut aussi être amené à placer, entre
les reins et la vessie, une petite sonde en plastique
(nommée sonde JJ) qui permet d’évacuer les urines.
Comme c’est le cas pour les infections urinaires, il
est nécessaire de beaucoup boire pour prévenir les
récidives. Les urines abondantes permettent en
effet de diluer les particules qui ne pourront donc
plus s’accumuler pour former des calculs. Outre
l’eau, les jus d’agrumes – citrons et oranges – sont
recommandés, car ils renferment des citrates qui
empêchent la cristallisation, et donc la formation
des calculs dans le rein. Il est aussi fortement
conseillé de ne pas trop saler les plats – car un trop
grand apport de sel favorise la formation des calculs
– et d’éviter de consommer trop de protéines
animales. En revanche, il faut manger une portion de
produit laitier par repas. Contrairement à une idée
reçue, le calcium n’est pas le seul responsable de la
formation des calculs. Au contraire il aide le rein à
éliminer les protéines animales et le sel qui se
trouvent dans les urines. Si l’alimentation n’apporte
pas suffisamment de calcium, l’organisme ira le puiser
dans les os, ce qui peut conduire à l’ostéoporose.
En cas de colique néphrétique, il est très impor-
tant de surveiller la fièvre. Celle-ci témoigne en
effet d’une infection qui doit conduire à aller
immédiatement chez un médecin. Par ailleurs,
lorsqu’un calcul est découvert fortuitement ou,
une fois calmée la douleur de la colique néphré-
tique, il est recommandé de consulter un urologue
pour qu’il fasse un bilan et qu’il vérifie qu’il n’y a
pas d’autres calculs, afin d’éviter les récidives.
Echographie mettant
en évidence un calcul
du rein.
Volumineux calcul du bas uretère gauche
(image de droite) vu à la radiographie et
entraînant une dilatation du rein gauche
image de droite à l’urographieAppareil urinaire et genital de l’homme
Appareil urinaire et genital de la femme