Conférence Questions de santé urologie 23.01.13

QUESTIONS D’UROLOGIE:
JEUNES ET MOINS
JEUNES, TOUTES ET
TOUS CONCERNÉ(E)S!
Hirslanden Lausanne
Clinique Bois-Cerf
Clinique Cecil
EN COLLABORATION AVEC LE JOURNAL 24HEURES,
HIRSLANDEN LAUSANNE ORGANISE
DES CONFÉRENCES PUBLIQUES
«QUESTIONS DE SANTÉ». LE 23 JANVIER 2013
À L’HÔTEL ALPHA PALMIER, LES UROLOGUES
DRESSE LAURENCE BASTIEN POURNARAS,
DR CÉDRIC TREUTHARDT ET
DR JULIEN SCHWARTZ ONT
PARLÉ DES TROUBLES
UROLOGIQUES.
Dresse Laurence Bastien Pournaras
Urologue FMH
Lappareil urinaire regroupe lensemble des
organes qui interviennent dans la sécrétion et
lexcrétion de l’urine. Il sagit des reins, de la
vessie, des uretères (canaux qui les relient), de
l’urètre et aussi, chez l’homme, de la prostate et
des organes génitaux externes. L’urologie s’inté-
resse aux pathologies qui les affectent.
Les personnes jeunes – entre 20 et 40 ans – sont
les principales cibles de deux pathologies, les
infections urinaires et les calculs rénaux.
INFECTIONS:
L’EAU RESTE LE MEILLEUR MÉDICAMENT
Les infections urinaires se caractérisent par la
présence de bactéries ou de germes dans les
urines, qui ne provoquent pas de fièvre, mais se
manifestent par différents symptômes: des brû-
lures à la miction, un besoin fréquent daller aux
toilettes, ainsi que des douleurs au bas ventre, une
difficulté à retenir ses urines, lesquelles peuvent
aussi contenir du sang ou être malodorantes.
Ces pathologies touchent principalement les jeunes
femmes, notamment au début de leur activité
sexuelle. Elles sont certes gênantes, mais elles ne sont
pas graves. Toutefois, si les infections de la vessie
(dites «basses») ne sont pas traitées, elles peuvent
conduire à une infection des reins («hautes»).
La clé de vte du traitement est la prescription
dantibiotiques – dont certains qui peuvent être pris
en une seule dose – auxquels on associe parfois des
antalgiques pour diminuer la douleur et des
antispasmodiques pour soulager les spasmes. Il faut
aussi boire abondamment, même si lon répugne à le
faire quand on est déjà obligé de courir sans cesse
aux toilettes. Cela reste pourtant indispensable, car
plus la quantité d’urine filtrée par le rein est
importante, meilleure sera lélimination des bactéries.
Les apports de liquides sont aussi au centre de la
prévention. Il faut boire plus de 2 litres par jour,
notamment de leau, qui est le médicament le
moins cher et le plus efficace en la matière. Les
cranberries (airelles) peuvent aussi être utiles,
notamment sous forme de jus qui augmentent
lapport hydrique.
Quelques règles hygiéno-diététiques simples
permettent aussi déviter les épisodes infectieux. Il
est conseillé daller uriner souvent, afin déviter les
urines stagnantes qui sont plus sujettes aux infec-
tions et de bien vider sa vessie en adoptant, pour
les femmes, une position assise et confortable.
Lorsque les infections sont liées aux relations
sexuelles, il faut uriner et se laver après les rap-
ports et avoir éventuellement recours à une
toilette intime. En outre, mieux vaut privilégier les
vêtements amples, surtout lété, et les sous-
vêtements en coton. Enfin, éviter les tampons ou,
si lon en porte, les changer souvent.
Lorsque lon souffre d’infections à répétition (de 4 à
6 par an), que la maladie persiste pendant plusieurs
semaines malgré les traitements, quelle apparaît
peu avant la ménopause (à 40-50 ans), ou encore
quelle saccompagne dautres symptômes (fièvre,
perte de poids, persistance de sang dans les urines
bien après l’infection), il est recommandé den parler
à son médecin ou à son gynécologue et éventuel-
lement de consulter un spécialiste.
LES TROUBLES UROLOGIQUES NAFFECTENT PAS SEULEMENT LES HOMMES DE PLUS DE 50 ANS. ILS
PEUVENT SE MANIFESTER À TOUT ÂGE DANS LA POPULATION MASCULINE ET ILS AFFECTENT AUSSI
LES FEMMES. LES PATHOLOGIES NE SONT TOUTEFOIS PAS DE MÊME NATURE SELON LÂGE ET LE
SEXE. LES INFECTIONS ET LES CALCULS RÉNAUX TOUCHENT MAJORITAIREMENT LES JEUNES
PATIENT(E)S, ALORS QUE L’HYPERPLASIE DE LA PROSTATE AFFECTE LES HOMMES DÂGE MÛR.
QUANT À L’INCONTINENCE URINAIRE, ELLE CONCERNE PRINCIPALEMENT LES PERSONNES ÂGÉES.
TROUBLES UROLOGIQUES
CHEZ LES JEUNES PATIENT(E)S
Calcul du bas uretère gauche vu au scanner sans injection.
DU CALCUL À LA COLIQUE NÉPHRÉTIQUE
Les jeunes patients peuvent aussi être affectés d’une
toute autre maladie urinaire: les calculs. Le rein étant
le filtre de lorganisme, les urines recueillent tous
les produits toxiques circulant dans le sang. Si ces
substances sont trop concentrées, elles forment
dans les reins des cristaux qui, en saccumulant,
donnent naissance à des calculs urinaires.
Quand ces calculs restent dans le rein, ils créent
rarement des symptômes et ils sont dailleurs
souvent découverts de manière fortuite. Mais il en
va tout autrement lorsqu’ils se déplacent et se
logent dans l’uretère. Ils bouchent alors ce con-
duit et les urines, qui ne peuvent plus sécouler
correctement, exercent une pression sur la vessie.
Cela entraîne des douleurs appelées crises de
colique néphrétique.
Ces douleurs sont très intenses – au point quon
les compare souvent, lorsquelles affectent les
hommes, à celles qui accompagnent laccouche-
ment. Elles sont localisées dans le milieu du dos et
se projettent vers le pli de laine et les organes
génitaux chez les hommes et ne se calment pas,
même lorsquon change de position. Ce sont les
principaux symptômes des calculs urétéraux qui
peuvent aussi conduire à la présence de sang
dans les urines et à des brûlures urinaires.
Les calculs peuvent toucher lensemble de la
population, mais ils affectent surtout les hommes
jeunes. En tant que tels, ils ne présentent aucune
gravité. En revanche, s’ils saccompagnent d’une
infection ou entraînent une insuffisance rénale, ils
peuvent avoir de sérieuses complications.
Lorsque les calculs, notamment lorsqu’ils sont
trop gros, ne sévacuent pas spontanément, des
médicaments – antalgiques, mais aussi anti-
inflammatoires et alpha-bloquants – permettent,
dans la plupart des cas, de les éliminer.
En cas déchec de ces traitements médicaux, il reste
la chirurgie qui fait le plus souvent appel à des
interventions peu invasives. Tel est le cas de la
lithotritie extracorporelle, qui envoie des ondes de
choc sur les calculs afin de les fragmenter et de
favoriser leur élimination. Ou encore de l’urétéros-
copie, qui consiste à introduire, par les voies
naturelles, une petite caméra dans l’uretère et à
attraper les calculs avec des pinces. En urgence, ou
lorsque lon ne peut pas avoir recours aux autres
méthodes, on peut aussi être amené à placer, entre
les reins et la vessie, une petite sonde en plastique
(nommée sonde JJ) qui permet dévacuer les urines.
Comme cest le cas pour les infections urinaires, il
est nécessaire de beaucoup boire pour prévenir les
récidives. Les urines abondantes permettent en
effet de diluer les particules qui ne pourront donc
plus saccumuler pour former des calculs. Outre
leau, les jus dagrumes – citrons et oranges – sont
recommandés, car ils renferment des citrates qui
empêchent la cristallisation, et donc la formation
des calculs dans le rein. Il est aussi fortement
conseillé de ne pas trop saler les plats – car un trop
grand apport de sel favorise la formation des calculs
– et déviter de consommer trop de protéines
animales. En revanche, il faut manger une portion de
produit laitier par repas. Contrairement à une idée
reçue, le calcium nest pas le seul responsable de la
formation des calculs. Au contraire il aide le rein à
éliminer les protéines animales et le sel qui se
trouvent dans les urines. Si lalimentation napporte
pas suffisamment de calcium, lorganisme ira le puiser
dans les os, ce qui peut conduire à lostéoporose.
En cas de colique néphrétique, il est très impor-
tant de surveiller la fièvre. Celle-ci témoigne en
effet d’une infection qui doit conduire à aller
immédiatement chez un médecin. Par ailleurs,
lorsqu’un calcul est découvert fortuitement ou,
une fois calmée la douleur de la colique néphré-
tique, il est recommandé de consulter un urologue
pour qu’il fasse un bilan et qu’il vérifie qu’il n’y a
pas dautres calculs, afin déviter les récidives.
Echographie mettant
en évidence un calcul
du rein.
Volumineux calcul du bas uretère gauche
(image de droite) vu à la radiographie et
entraînant une dilatation du rein gauche
image de droite à l’urographieAppareil urinaire et genital de l’homme
Appareil urinaire et genital de la femme
Dr Cédric Treuthardt
Urologue FMH
Lhyperplasie bénigne de la prostate, en dautres
termes laugmentation du volume de la glande,
touche une grande partie de la population mas-
culine après 50 ans.
Située sous la vessie, la prostate a pour fonction
de contribuer, par la sécrétion du liquide prostat-
ique, à la formation du sperme. Sous leffet
notamment des bouleversements hormonaux qui
surviennent avec lâge chez les hommes, la glande
sagrandit progressivement. De ce fait, le jet uri-
naire a tendance à diminuer et la vessie, soumise à
une forte pression, tente de compenser en se
musclant. Peu à peu, cet organe saffaiblit et nar-
rive plus à se contracter, ce qui entrave lévacua-
tion de l’urine et peut conduire à une insuffisance
rénale.
Ce trouble de la miction, dont la fréquence aug-
mente avec lâge, se traduit par divers symp-
tômes: nécessité daller fréquemment uriner, le
jour et la nuit, sentiment d’urgence daller au
toilettes, temps de latence avant de parvenir à
uriner, diminution du jet, présence de gouttes
retardataires et enfin, besoin de pousser pour
vidanger la vessie qui malgré cela à du mal à se
vider.
LE DÉPISTAGE CONSEILLÉ
Le dépistage de l’hyperplasie de la prostate est
conseillé après 50 ans ou dès 45 ans chez les
hommes dont un proche parent a été affecté par
la pathologie, ainsi que dans la population Afro-
américaine qui est plus à risque. Ce dépistage
nest pas obligatoire, mais il est recommandé par
les Sociétés suisse et européenne d’urologie. Il
doit faire lobjet d’une consultation entre le
patient et son médecin.
Lexamen consiste en un toucher rectal qui donne
une indication de la taille de la prostate et qui
permet de détecter une infection ou une
inflammation ainsi que dapprécier le tonus du
sphincter. Il passe aussi par un dosage du PSA,
une protéine exclusivement produite par la
prostate qui est normalement indétectable dans le
sang. Lorsque son taux est supérieur à 4, cest un
signal dalarme qui nécessite la consultation d’un
spécialiste. Il est possible den préciser alors la
nature à laide dexamens complémentaires:
mesure du débit de l’urine, ultrasons permettant
de voir le résidu dans la vessie, par cytoscopie –
insertion d’une caméra dans l’urètre – ou par un
examen urodynamique qui consiste à introduire
des sondes urinaire et anale, reliées à un ordina-
teur, afin danalyser la fonction neurologique de la
vessie et de l’urètre.
Un PSA élevé peut aussi être le reflet d’une
prostatite ou d’un cancer de la prostate qui ne
peut être dépisté que par biopsies.
DEUX CLASSES DE MÉDICAMENTS
Les produits phytothérapeutiques à base de
graines de courges, de fleurs de palmiers et
dortie peuvent être utiles, surtout au début de la
maladie, car il permettent de stabiliser la situation
pendant quelques mois, voire quelques années.
Toutefois, pour traiter l’hyperplasie bénigne de la
prostate, il faut avoir recours à des médicaments
qui sont principalement de deux types. Les alpha-
bloquants relâchent les muscles du col de la
vessie et de l’urètre qui assurent ainsi un meilleur
passage de l’urine. Quant à l’inhibiteur 5 alpha
réductase, il bloque laction d’un précurseur de la
testostérone (la DHT) et agit ainsi sur les tissus de
la prostate. Ce dernier médicament, utilisé seul ou
en association avec un alpha-bloquant, est indiqué
lorsque la prostate fait plus de 40 grammes. Il agit
très lentement: son efficacité est maximale après 6
mois de traitement, mais elle persiste pendant 5 à
10 ans. Toutefois, il provoque des effets secondaires,
notamment une baisse de la libido et de lérection.
HYPERPLASIE
BÉNIGNE
DE LA PROSTATE
Schéma
de la prostate
en coupe
CHIRURGIE:
LABLATION DU CENTRE DE LA GLANDE
Lorsque les médicaments nagissent plus, on peut
avoir recours à la chirurgie. La plus utilisée est
lendoscopie, technique peu invasive. Elle consiste
à introduire dans la prostate, par les voies
naturelles, un instrument rigide qui racle l’intérieur
de la glande. Ainsi dégagé, le canal urinaire peut
souvrir pour permettre le passage de l’urine.
Le même type d’intervention peut aussi se faire à
laide d’un laser qui vaporise le centre de la
prostate. Cette méthode a l’avantage de pouvoir
être utilisée même si les patients prennent des
anticoagulants; en outre, elle réduit la durée
d’hospitalisation. Mais à long terme, il semble
quelle soit moins efficace que la résection
classique. En outre, elle irrite la prostate et peut
provoquer des brûlures à la miction.
Pour des raisons de sécurité, ces deux types
d’interventions ne doivent pas durer plus d’une
heure. Lorsque la prostate est trop volumineuse, il
est donc nécessaire d’avoir recours à la chirurgie
par voie haute qui consiste à pratiquer une petite
incision au-dessus du pubis et une ouverture de la
vessie pour pouvoir ôter la partie centrale de la
prostate.
Dire, comme on le fait couramment, que lon «a
été opéré de la prostate», recouvre en fait deux
situations très différentes. Les interventions
mentionnées ci-dessus ne font quéliminer le
centre de la prostate et laissent en place la zone
périphérique. Tel nest pas le cas des opérations
du cancer de la prostate qui saccompagnent
donc deffets secondaires plus importants comme
l’incontinence et l’impuissance.
Technique de résection endoscopique
de la prostate
Dr Julien Schwartz
Urologue FMH
De tout temps, lêtre humain a souffert d’inconti-
nence urinaire, mais laugmentation de la longé-
vité a augmenté la fréquence de ce trouble. Il
touche actuellement jusquà un tiers de femmes
de 70 à 75 ans et entre 43 et 72 % de celles qui
vivent en institution. Quant aux hommes, ils ne
sont pas épargnés puisqu’un peu moins de 10 %
des plus de 65 ans et un tiers des plus de 90 ans
en sont affectés.
Ce trouble a un impact important sur la qualité de
la vie. Pourtant, il nest pas toujours pris en charge
car les patient(e)s – par pudeur, fatalisme ou non
reconnaissance de la maladie – hésitent souvent à
consulter un médecin ou un urologue et préfèrent
utiliser des protections. Le problème peut toute-
fois être traité, même si la prise en charge des
gens âgés est plus difficile que celle des person-
nes jeunes car lenvironnement, la présence dau-
tres maladies ou des modifications métaboliques
entrent en jeu.
L’INCONTINENCE
URINAIRE CHEZ
LA PERSONNE ÂGÉE
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