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ALLERGIE A ANISAKIS SIMPLEX :
MISE AU POINT
INTRODUCTION
Anisakis simplex est un ver rond (nématode)
de la famille des Anisakidae qui comprend plusieurs
genres parmi lesquels le genre Anisakis (9 espèces)
et Pseudoterranova (6 espèces), tous deux respon-
sables chez l’Homme de la même maladie : l’anisa-
kiose (et non anisakiase : anglicisme). La prévalence
de l’anisakiose est faible en Europe, sauf dans cer-
tains pays à forte consommation de poissons marinés
ou crus (pays nordiques et Europe du Sud) [1]. Ani-
sakis est le seul organisme pouvant être un parasite
lorsqu’il est ingéré vivant et un allergène alimentaire
masqué.
L’Anisakis simplex est aussi responsable d’al-
lergies à manifestations cutanées, respiratoires et
d’anaphylaxie. Dix allergènes somatiques ou sécré-
tés/excrétés ont été décrits. Plusieurs allergènes ont
été clonés et leurs structures et fonctions biologiques
identiées [2].
Les allergies à Anisakis s. sont peu fréquentes
en Europe, touchant plus particulièrement les pays à
forte consommation de poisson. Les connaissances
de cette allergie ont beaucoup progressé grâce aux
travaux espagnols, italiens [2-4]. Le but de cette mise
au point est de rappeler les connaissances actuelles
sur l’anisakiose et l’allergie à Anisakis s. et les circons-
tances devant lesquelles il est utile de les évoquer.
L’ANISAKIOSE
C’est une parasitose interne cosmopolite touchant
plus particulièrement certaines populations en raison
des habitudes alimentaires. Les Anisakidae sont pré-
sents dans toutes les mers et océans, mais ne sur-
vivent pas en eau douce. Selon les espèces entre
15 et 100% des poissons de mer sont infestés. Les
poissons migrateurs (saumon, aiguille, éperlan) sont
touchés. D’autres espèces marines sont touchées,
comme les céphalopodes (calamars, seiches) avec
une infestation plus faible de 20-35%. Les poissons
d’élevage sont nettement moins touchés [1].
C’est en 1960 que remonte la description du pre-
mier cas d’anisakiose rapporté par van Thiel et al. en
Hollande [in 5]. Le Japon est le pays le plus touché
avec environ 2500 nouveaux cas/an. En Europe la
prévalence varie de 10 cas/an dans les pays à faible
consommation de poissons crus à 30 cas/an (Es-
pagne, Italie, Norvège, Pays-Bas) [1, 5-7].
L’infestation de l’homme se fait par voie orale en
ingérant des poissons et produits de la mer conta-
minés de larves vivantes, lorsque ces produits sont
consommés crus, peu cuits (saumon fumé) ou mari-
nés dans des préparations à faible teneur en sel
(anchois, harengs saur) ou en vinaigre (Rollmops).