
Dossier | Des pubs à succèss
Q Produits laitiers
La saga des amis pour la vie
Les sagas fonctionnent aussi pour la publicité. La preuve avec les Bonies boys (personnages en os), mascottes des produits
laitiers. La campagne des Bonies boys marque les esprits de manière exclusive et mémorable. Explications.
14 | L’Information Agricole - N° 871 Octobre 2013
remplacé par un loup) indiquent comment
consommer trois produits laitiers par jour.
« Cette campagne a un impact très fort »
constate Dominique Poisson. L’effet saga,
avec le même univers, les mêmes person-
nages, le même jingle renforce la mémori-
sation des messages ».
23 points de notoriété
en plus
« Le premier spot visait la promotion géné-
rale de tous les produits laitiers. Le second,
avec les trois petits cochons, succède une
étude de suivi barométrique. Elle indiquait
une faible connaissance du public des
recommandations du PNNS (plan national
nutrition santé), de consommer trois pro-
duits laitiers par jour » explique la respon-
sable média. Le passage du spot a permis
de passer à 62 % de personnes connaissant
ce repère de consommation à 85 %. Soit
23 points de plus après un an de pub entre
2009 et 2010. Cette campagne des petits
cochons a été un véritable succès. Avec un
score d’audience et de mémorisation très
élevé. Elle arrive en sixième rang sur 800
pub en terme de visibilité en France. Elle a
plu à 85 % des mères de famille, le public
cible, et 82 % des Français.
D’après TNS Sofrès, la clé du succès s’ex-
plique par l’utilisation d’une saga. Les
consommateurs apprécient de retrouver
des personnages qu’ils ont aimés lors du
premier spot. La diffusion d’un second
spot, puis d’un troisième renforce la
notoriété, la reconnaissance, l’impact et
l’agrément. Le passage où les trois petits
cochons battent le loup contribue à créer
quelque chose de saillant, mémorisé, que
l’on aime ou pas ! De plus, ce spot aug-
mente l’envie de consommer des produits
laitiers des consommateurs. Ils attribuent
une note de 6,5 sur 10 à cette idée (contre
4,7 avant la campagne).
Pas de morale,
mais du plaisir
Pour le troisième spot, l’idée était de montrer
la simplicité de consommer trois produits
laitiers par jour. Avec comme suggestion un
verre de lait le matin, un fromage le midi et
un yaourt le soir. « La diffi culté est d’apporter
des recommandations ? Ce que les Français
apprécient peu. Il faut réussir à faire passer
le message, sans être ni directif, ni moralisa-
teur. Pour concilier les images d’une alimen-
tation saine et du plaisir du goût, nous avons
jouer sur l’humour et la vitalité », poursuit
Dominique Poisson. Autres impératifs pour
qu’un message passe, il faut d’abord que le
fi lm publicitaire soit vu. Ensuite qu’il plaise.
Enfi n qu’il soit mémorisé.
Au Cniel, ce sont les représentants des
producteurs laitiers et des transforma-
teurs qui décident de la campagne publi-
citaire, aidés par les agents du Cniel. Ils
choisissent parmi les projets proposés par
4 ou 5 agences de publicité. Ils ont opté
pour l’agence La Chose, séduits par ces
personnages en 3D et l’idée d’une saga.
Pour le premier spot, l’agence a réalisé le
tournage avec de vrais décors, une vraie
vache. Ensuite, les personnages en 3 D
sont incrustés sur l’ordinateur. Chaque
spot coûte autour de 200 000 € pour 30
secondes.
La télé, un média
leader qui s’érode
L’interprofession laitière investit 2 millions
d’euros chaque année pour la publicité
Les produits laitiers, nos amis pour la
vie ! Qui ne connaît pas le célèbre
jingle. Lancé dans les années 1980,
35 % des jeunes générations s’en sou-
viennent vingt ans après. Lorsque le Cniel,
Centre national interprofessionnel de l’éco-
nomie laitière, décide de promouvoir tous
les produits laitiers avec des spots télé, en
2007, il le reprend. Avec la même mélodie,
mais une orchestration moderne. Histoire
de transmettre ce patrimoine publicitaire
aux jeunes générations.
Le début d’une saga
Cette campagne 2007 marquera le début
d’une saga. Celle des Bonies boys, petits
squelettes en 3D, débordent d’énergie et de
vitalité. Etres de synthèse, inspirés de E.T.
et de Casper, ils évoquent un lien fort avec
le squelette, le calcium et la vie. Pour les
responsables du Cniel, il s’agit de marquer
les esprits de manière exclusive et mémo-
rable. Et de créer un territoire de proximité
et d’empathie avec les produits laitiers.
La campagne s’est déroulée en trois volets
avec trois spots télévisés, explique Domi-
nique Poisson, responsable média du
Cniel. En 2007, les Bonies boys dansent sur
une reprise de Staying Alive. Le seul qui
n’a pas bu le lait distribué par une vache
« Bouddha », est terne et mou. Ses amis le
sauvent en le mettant sous la fontaine de
lait jaillissant de la vache géante.
Dans le deuxième spot publicitaire, en
2009, trois de ces Bonies boys mettent
une raclée au Grand Méchant Loup. Le
loup n’avait qu’à consommer des produits
laitiers ! Le troisième spot en 2012 garde
le même concept. Les bony boys, aidés
par le Petit Chaperon Rouge, Pérette et le
Corbeau et le Renard (le renard ayant été