
PRÉFACE
Dans la dynamique d’émergence du Cameroun en 2035, le commerce extérieur constitue
un des leviers du développement et de progrès du pays.
Dans le cadre de la convention de Lomé IV et de ses précédents, la Communauté Européenne
(CE) avait oert des préférences commerciales non réciproques aux produits originaires des
pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacique (ACP). L’Accord de Cotonou conclu en juin 2000
entre la Communauté Européenne et les pays d’ACP met n aux régimes successifs de Lomé.
Il permet de conclure, à partir du 31 décembre 2007, un accord de Partenariat Economique
(APE) conforme aux règles de l’OMC.
Les APE visent la création d’une zone de libre-échange entre l’Afrique et l’Union Européenne.
Avec l’ouverture de marchés mutuels, les APE apportent une contribution décisive à la
promotion de l’intégration régionale et encouragent l’intégration des ACP dans l’économie
mondiale et leur croissance économique. A travers cette démarche l’UE souhaite contribuer
au développement ecace et durable ainsi qu’à la réduction de la pauvreté au monde.
Non seulement en Afrique, mais également en Europe, une résistance s’était formée
contre la conclusion des APE avec les pays de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique Centrale.
Particulièrement la dimension de la politique de développement et la contribution à la
réduction de la pauvreté de l’accord de libre-échange étaient remises en question.
Les raisons pour ces critiques exprimées en grand nombre étaient entre autre les prots
économiques unilatéraux pour les pays de l’Union Européenne ainsi que les inconvénients
économiques et sociaux pour les pays partenaires africains concernés, en plus d’une
perte d’inuence politique de la société civile africaine et politique. En particulier dans la
perspective de la signature du Transatlantic Trade and Investment Partnership (TTIP) et les
eets négatifs relatifs aux relations commerciales européennes-africaines dans ce contexte,
cette critique gagne une nouvelle impulsion.
Déjà depuis plus de 10 ans, la fondation Friedrich Ebert accompagne de manière critique
les discussions autour des APE. A travers les forums de dialogue, les groupes de travail et
les publications, la fondation Friedrich Ebert souhaite faire entendre surtout la voix et faire
ressentir l’inuence des partenaires africains dans les négociations. En plus elle souhaite
informer les partenaires dans les deux continents des eets et dés des APE ayant pour
objectif la construction d’un partenariat équilibré, d’égal à égal entre Union Européenne et
les pays ACP qui servira mutuellement au prot de tous.