
Introduction
La maîtrise des dépenses de santé est depuis des années une préoccupation constante
au sein des pays développés. La situation alarmante de l’assurance maladie en France a
conduit à la mise en place d’une politique structurelle de gestion des frais pharmaceutiques
axée sur le développement des médicaments génériques.
Lancée dans le cadre du plan Juppé
et des ordonnances d’avril 1996, la politique
française des médicaments génériques est célébrée depuis, comme une réussite. Les
gouvernements successifs n’ont pas ménagé leurs efforts pour contribuer à l’essor du marché
de ces médicaments. Dans le rapport annuel rendu par le HCAAM
en 2009, il est établi que
désormais presqu’une boîte sur quatre de médicament vendu est un générique. En outre, sur
l’ensemble des produits généricables, la pénétration des génériques est passée de 24% à plus
de 80%.
L'article L. 5121-1, 5°, a, du code de la santé publique, transposant l'article 10.2 de la
directive européenne n° 2001/83 définit en ces termes les médicaments génériques : «sans
préjudice des articles L. 611-2 et suivants du code de la propriété intellectuelle, la spécialité
générique d'une spécialité de référence, celle qui a la même composition qualitative et
quantitative en principes actifs, la même forme pharmaceutique et dont la bioéquivalence avec
la spécialité de référence est démontrée par des études de biodisponibilité appropriées. »
Un générique est un médicament qui aura donc la même composition qualitative et
quantitative en principe actif, la même forme pharmaceutique, un profil de sécurité et
d’efficacité équivalent à la spécialité de référence ou produit princeps dont le brevet de
protection est tombé dans le domaine public.
Le générique confère un avantage financier non négligeable. En effet, le prix fabricant
(prix de sortie d’usine) d’un générique doit être inférieur d’au-moins 55% au prix du princeps,
ce qui, compte tenu des marges de distribution différentes, correspond à un prix public (prix
vignetté) inférieur d’environ 45%
. La politique de développement des médicaments
génériques a permis à l’assurance maladie de réaliser des économies importantes en
réorganisant le marché français des médicaments autour d’une concurrence par les prix.
Ordonnance n°96-345 du 24 avril 1996
Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie (HCAAM) pérennisé par l'article 72 de la loi n°2005-1579 du
19 décembre 2005 de financement de la sécurité sociale pour 2006
Rapport annuel de 2009 rendu par le HCAAM