Tous droits réservés. Réutilisation et reproduction uniquement avec l'autorisation de l'éditeur de L'Echo
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En prenant une majorité dans la
société de Merelbeke, le
deuxiÚme énergéticien du mar-
ché belge devient un acteur de
premier plan dans le secteur des
services énergétiques.
OLIVIER GOSSET
Le deuxiĂšme producteur dâĂ©nergie
sur le marché belge, EDF Luminus, a
annoncé vendredi avoir acquis une
participation majoritaire au capital
de la société de services énergé-
tiques ATS. Cette transaction, dont
le montant nâa pas Ă©tĂ© divulguĂ©, va
faire dâEDF Luminus un acteur de
premier plan dans le secteur des ser-
vices énergétiques en Belgique, tout
en lui permettant de proposer Ă ses
clients une offre étendue de solu-
tions technologiques, ont souligné
GrĂ©goire Dallemagne, CEO dâEDF
Luminus, et René Schepens, son alter
ego chez ATS.
Située à Merelbeke, dans la ban-
lieue gantoise, ATS est en effet un ac-
teur de poids dans la fourniture de
matériel électrotechnique pour le
chauffage et lâĂ©lectricitĂ©. Lâentreprise
emploie plus de 600 travailleurs et a
rĂ©alisĂ© un chiffre dâaffaires de 105
millions dâeuros en 2014. Elle
compte quelque 4.000 âgros â
clients, dans les secteurs industriel,
tertiaire et public. ATS travaille dĂ©jĂ
depuis plusieurs années avec EDF
Luminus, en lui fournissant notam-
ment des cabines moyenne tension
pour les parcs éoliens.
Début avril, EDF Luminus, qui a
rĂ©alisĂ© en 2014 un chiffre dâaffaires
de 3,2 milliards dâeuros, avait an-
noncé un investissement de 600
millions dâeuros dâici 2018 dans lâĂ©o-
lien et les services énergétiques. En
se diversifiant ainsi dans ce dernier
domaine, le numéro deux de la four-
niture dâĂ©nergie (derriĂšre Electrabel,
filiale dâEngie, ex-GDF Suez) sur le
marchĂ© belge sâinscrit dans une stra-
tĂ©gie de long terme engagĂ©e lâannĂ©e
derniĂšre, avec les partenariats dĂ©jĂ
noués avec Rami Services et Dauvis-
ter. La premiÚre est une société de
services spécialisée dans les répara-
tions urgentes et lâentretien des
chaudiĂšres. La seconde est active
dans la fourniture dâinstallations de
chauffage et de climatisation, mais
aussi dans les technologies permet-
tant de réduire la facture énergé-
tique.
Avec cette participation dans le
groupe ATS, «nous serons en mesure
dâaider nos clients Ă optimiser leur
consommation énergétique en leur pro-
posant des solutions toujours plus di-
versifiées: conseils sur la gestion de leur
consommation, mise en place de leurs
installations électriques et de chauffage
et entretien de ces derniÚres» a fait va-
loir Grégoire Dallemagne, qui a en-
core précisé que «la Belgique accuse
un certain retard par rapport Ă dâautres
pays sur le plan de lâefficacitĂ© Ă©nergĂ©-
tique».
Selon le CEO dâEDF Luminus,
cette irruption dans le domaine des
services énergétiques se justifie
dâautant plus que le marchĂ© belge
de lâĂ©lectricitĂ© se complexifie, avec
une production généralement ex-
cédentaire, assortie en permanence
de risques de pénurie, principale-
ment en cas de forte demande en
hiver. «Il faut donc à la fois équilibrer
lâoffre et la demande, permettre de
produire quand câest moins cher et ai-
der les clients Ă optimiser leur consom-
mation», a encore indiqué Grégoire
Dallemagne.
De son cÎté, ATS voit dans la prise
de participation dâEDF Luminus une
garantie de stabilité et de continuité
permettant une poursuite de sa
croissance. Lâampleur exacte de la
participation nâest pas encore fixĂ©e
mais elle devrait se situer autour de
60% des actions. Ă terme, EDF Lumi-
nus nâexclut pas dâaugmenter sa par-
ticipation dans ATS. La conclusion
de lâopĂ©ration reste subordonnĂ©e Ă
lâautorisation de lâautoritĂ© belge de
la concurrence, qui devrait interve-
nir Ă la fin du premier semestre de
cette année.
18 LâECHO SAMEDI 25 AVRIL 2015
Entreprises
Industrie
EDF Luminus sâoffre le groupe ATS
ATS travaille dĂ©jĂ depuis plusieurs annĂ©es avec EDF Luminus, ont rappelĂ© GrĂ©goire Dallemagne (Ă
droite) et René Schepens. © EMY ELLEBOOG
PressĂ© par lâIsraĂ©lien Teva, le spĂ©-
cialiste américain des géné-
riques relĂšve son offre sur Per-
rigo. Il offre désormais 222,12
dollars par titre au lieu de 205.
LUCVAN DRIESSCHE
On ne parlera sûrement pas de
triangle amoureux puisquâaucun
des deux protagonistes ciblés ne
semble prĂȘt Ă cĂ©der aux avances de
son galant. Toujours est-il que My-
lan, faisant la sourde oreille au refus
opposé au géant israélien Teva,
continue de poursuivre Perrigo de
ses assiduités.
Le spécialiste américain des mé-
dicaments génériques a en effet an-
noncĂ© vendredi le lancement dâune
offre dâachat formelle sur la sociĂ©tĂ©
américano-irlandaise, propriétaire
dâOmega Pharma quâelle a rachetĂ©
pour 3,6 milliards dâeuros.
Lâoffre «non contraignante» de
Mylan comprend une partie en nu-
mĂ©raire (60 dollars) et lâautre en ac-
tions (2,2 titres Mylan contre une ac-
tion Perrigo), soit un prix unitaire de
222,12 dollars au cours de clĂŽture de
Mylan jeudi Ă Wall Street.
Le groupe américain, qui a choisi
de sâadresser directement aux ac-
tionnaires de Perrigo pour contrer
lâoffensive de Teva, relĂšve ainsi son
offre globale de 28,9 Ă 31,2 milliards
de dollars. Pour rappel, le groupe is-
raélien, numéro un mondial des
médicaments génériques, a pré-
senté une offre de reprise de Mylan
valorisée à 40,1 milliards de dollars,
offre liée à la non-acquisition de Per-
rigo.
Ce dernier persiste Ă rejeter lâoffre
de Mylan, quâil juge non pertinente
sur le plan industriel et insuffisante
sur le plan financier: lâoffre se base-
rait en effet, selon lui, sur un cours
de lâaction Mylan artificiellement
gonflĂ© par lâoffre de Teva.
Du cÎté du génériqueur améri-
cain, on persiste par contre Ă souli-
gner les avantages dâune fusion avec
Perrigo, dont lâoffre de produits et la
couverture géographique sont com-
plémentaires avec celle de Mylan.
«Bien que déçus par la décision du
conseil dâadministration de Perrigo de
rejeter notre proposition sans entamer
des discussions Ă ce stade, nous conti-
nuons de croire Ă la possibilitĂ© dâenga-
ger des négociations avec lui sur notre
offre et sur la meilleure maniĂšre de re-
grouper nos organisations», a indiqué
Robert Coury, le président de Mylan,
dans un communiqué.
Selon certains analystes, Mylan
chercherait, en lançant son offre sur
Perrigo, Ă brĂ»ler la politesse Ă dâau-
tres candidats repreneurs comme
Johnson & Johnson.
Chez Perrigo, on se refuse Ă ce
stade Ă tout commentaire. Teva, de
son cÎté, reste déterminé à ne pas lù-
cher la cible. Le groupe israélien a
rĂ©affirmĂ© vendredi quâil Ă©tait tou-
jours «profondément déterminé» à fu-
sionner avec Mylan.
Mylan reprend lâinitiative
en relevant son offre sur Perrigo Ă voir vendredi les participants Ă la
visite de presse, on comprend lâim-
portance que les différentes parties
accordent Ă la future ligne indus-
trielle de dépÎt sous vide, en cours
dâinstallation sur le site dâArcelor-
Mittal (AM) Ă Kessales (Jemeppe Ă
LiĂšge). «Câest le rĂ©sultat dâun long che-
min et de travaux de recherches déve-
loppées à LiÚge afin de produire des
aciers plus écologiques et plus perfor-
mants», dit Jean-Claude Marcourt
(PS), ministre wallon de lâĂconomie.
En effet, le budget de 138 millions
qui sous-tend le plan industriel
dâAM finalisĂ© en fĂ©vrier 2014 est prĂ©-
financé par la Région wallonne via
son bras financier (Sogepa).
La réalisation de la ligne de dépÎt
sous vide représente un investisse-
ment de 60 millions. «Les travaux ont
dĂ©butĂ© en juin 2014 et aujourdâhui,
nous avons déjà dépensé 48 millions
dont 31 millions de marchés ont été
confiés à des entreprises wallonnes
(Frabricom, Newelec, etc.)», renchérit
Renaud Witmeur, président de la
Sogepa.
Le futur outil qui sera le prolon-
gement amélioré de la ligne pilote
aura une capacité de production
dâaciers spĂ©ciaux de 300.000 tonnes.
La production démarrera en mode
mineur Ă la mi-juin 2016. La nou-
velle technologie, baptisée «Jet vapo-
red deposition/JVD» vise Ă revĂȘtir
une bande dâacier qui traverse un
module Ă grande vitesse de fine
couche de zinc. Le produit fini est
plus léger et plus résistant à la corro-
sion. «Câest une premiĂšre mondiale et
aucun producteur dâacier nâest encore
parvenu à le réaliser. Cette ligne ren-
force la position de LiĂšge au sein du
groupe», dit Wim Van Gerven, CEO
de la Business division (BD) Nord
dâArcelorMittal (BrĂȘme, Dunkerque,
Gand, LiĂšge, Florange). PH. LAW.
Avec Arceo, ArcelorMittal
rĂ©volutionne lâacier
31,2
milliards$
Lâoîre hostile de Mylan sur Per-
rigo, le propriĂ©taire dâOmega
Pharma, a Ă©tĂ© portĂ©e de 28,9 Ă
31,2 milliards de dollars.
LES SERVICES
ĂNERGĂTIQUES,
UNE TENDANCE DE
FOND
De plus en plus, les produc-
teurs dâĂ©nergie se lancent dans
la fourniture de services éner-
gétiques, une façon de recher-
cher de nouveaux secteurs de
croissance, tout en assurant
une complémentarité avec leur
mĂ©tier de base. LâĂ©nergĂ©ticien
numéro un en Belgique, Elec-
trabel, a ainsi lancé au début
de cette année trois nouveaux
produits: un service de rem-
placement de chaudiĂšre, la
rĂ©alisation de travaux dâisola-
tion clé sur porte, ainsi que la
mise Ă disposition dâun «home
doctor», autrement dit le dé-
placement dâun expert au do-
micile du client pour dresser un
état des lieux de ce qui peut
ĂȘtre fait pour augmenter lâeîi-
cacité énergétique du loge-
ment. Et dâici quelques mois,
Electrabel proposera aux parti-
culiers comme aux entreprises
de prĂ©ïŹnancer leurs travaux
dâisolation des bĂątiments. Une
formule que Lampiris propose
dĂ©jĂ depuis plusieurs annĂ©es Ă
ses clients. Ailleurs en Europe,
Engie (ex-GDF Suez), la maison
mĂšre dâElectrabel, ne cesse par
ailleurs dâĂ©largir sa palette de
services, notamment par des
acquisitions.
«La Belgique accuse un
certain retard par
rapport Ă dâautres pays
sur le plan de
lâeîicacitĂ©
énergétique».
GRĂGOIRE DALLEMAGNE
CEO DâEDF LUMINUS
«Câest le rĂ©sultat dâun
long chemin et de
travaux de recherches
développées à LiÚge.»
JEAN-CLAUDE MARCOURT
MINISTRE DE LâĂCONOMIE
PUBLICITĂ
INTERVIEW
PAUL GĂRARD
Créée il y a trente ans par Mo-
hammed Mechbal, Mia Tra-
ding revendique la premiĂšre
place en Belgique dans lâim-
port/export de produits ali-
mentaires dits «ethniques».
Fruits secs, thés, épices, olives, conserves: ses
produits viennent de partout. Méditerranée
mais aussi Pologne, Chine, Chili ou Canada.
Le staff de Mia Trading (17 personnes) les
Ă©coule dans plus de 1.000 commerces Ă
Bruxelles (pour 30%), ailleurs en Belgique
(30%) et dans les pays voisins (40%). Ses
clients sont surtout des commerces de proxi-
mité mais pas seulement. «Beaucoup de petits
commerces dĂ©clinent, câest pour cela quâil est trĂšs
important que nous continuions à développer
notre présence dans les grandes surfaces».
Elles sâintĂ©ressent Ă vos produits, les
grandes surfaces?
Les grandes surfaces sont de plus en plus
intéressées par nos produits, mais elles les
rangent dans un rayon ethnique, souvent
avec une approche communautaire, du
genre: ici sont rangés les produits pour les
clients dâorigine mĂ©diterranĂ©enne. Comme
sâil fallait Ă©viter de mĂ©langer nos fruits secs
et nos huiles avec les produits équivalents
des marques bien connues. Pourtant, nous
avons souvent les mĂȘmes fournisseurs! Mes
lentilles viennent du Canada, câest vrai que
les Méditerranéens aiment en manger,
mais que vont-elles faire dans un rayon eth-
nique, parfois mĂȘme avec un petit drapeau
marocain? Il y a quelque part un apartheid
de lâalimentaire: chacun son rayon et on ne
mélange pas.
Cela ne change pas avec le temps?
Petit Ă petit, oui, mais câest lent. Les
consommateurs vont y aider car ils sont de
plus en plus nombreux Ă changer leur
façon de manger, moins de viandes et plus
de lĂ©gumineuses. Câest bon pour nous. Ce
qui devrait aider aussi, câest la mondialisa-
tion de lâalimentation. Tout le monde
découvre la culture culinaire des autres.
Alors, mélangeons les produits! Je
remarque que les franchisés commencent
à nous écouter. Et quand ils mélangent les
produits, leurs ventes sont meilleures!
Vous ĂȘtes parfois dĂ©crit comme le roi du
halal, vous vous y retrouvez?
Non. Le terme halal concerne la viande et
renvoie au rituel dâĂ©gorgement de lâanimal
voulu par lâislam. Moi, je ne fais pas de
viande. Cela nâa pas de sens de mettre halal
sur des pois chiches ou sur du cumin: ils
sont par nature halal, câest-Ă -dire autorisĂ©s
par lâislam. Le problĂšme, câest que tout le
monde confond tout et que certains en
profitent.
Câest-Ă -dire?
Le halal, câest une niche qui se dĂ©veloppe,
une étiquette qui fait vendre. Alors certains
lâutilisent Ă tort et Ă travers. On mâa proposĂ©
récemment de diffuser du «champagne
halal». Ce nâest pas sĂ©rieux.
Il y aurait de lâabus?
Le business halal est souvent une arnaque.
Des opportunistes, musulmans ou non
dâailleurs, ont bien compris le potentiel
commercial du halal. Ils demandent Ă un
imam quelconque de signer un pseudo-
certificat et puis, hop, on met «halal» sur
lâemballage en espĂ©rant gonfler les ventes.
Vous le faites aussi?
Uniquement sur quelques produits oĂč une
confusion est possible, certaines sauces par
exemple pour souligner quâelles ne
contiennent pas dâalcool. Il suffit de lire la
liste des ingrĂ©dients pour sâen rendre
compte mais câest plus Ă©vident avec la men-
tion halal. Cela rassure le client. Mais je ne
vais pas mettre halal sur mes olives, ça nâa
aucun sens.
Il faudrait plus de clarté?
Oui, parce quâil y a des gens qui travaillent
sĂ©rieusement et dâautres qui font nâimporte
quoi. Ce nâest pas bon. LâAfsca (Agence fĂ©dĂ©-
rale pour la sécurité de la chaßne alimen-
taire, NDLR) pourrait trĂšs bien se charger
de contrĂŽler le halal.
Est-ce Ă lâĂtat de sâen charger?
Ou Ă lâExĂ©cutif des musulmans de Belgique,
si on trouve que câest mieux. Ce quâil faut,
câest une autoritĂ© pour clarifier les choses et
éviter les abus.
Sur 14 millions dâeuros de chiffre dâaffaires
en 2014, le bénéfice net se limite à un petit
38.675 euros. Comment lâexpliquer?
Nous sommes positifs dâannĂ©e en annĂ©e,
câest important Ă signaler. Mais, câest vrai, ce
nâest pas gigantesque, on ne fait pas de
grosses marges sur les olives ou les pis-
taches. Et puis, je ne vise pas le profit maxi-
mum. Nous faisons beaucoup de sponso-
ring social, culturel. Nous y consacrons une
bonne partie de notre marge. En particu-
lier pour lâassociation Bouraza Medina, Ă
Forest. Câest un club futsal mais aussi une
Ă©cole de devoirs et, surtout, un projet dâin-
sertion. PrĂšs de 200 jeunes en font partie,
sâils veulent jouer les matches, ils doivent
assurer: pas de décrochage scolaire, pas de
délinquance.
Pourquoi investir tant dans ce projet?
Parce que des gens sont venus me trouver
et quâils mâont convaincu. Parce quâil y a des
tonnes de choses Ă faire pour lutter contre
le décrochage scolaire, la délinquance des
jeunes. Pour moi, câest plus important que
de maximiser mes bĂ©nĂ©fices. Et puisâŠ
(rires)⊠je ne sais pas dire «non»! Je suis
arrivĂ© en Belgique en 1969, jâavais 13 ans et,
depuis lors, on mâa souvent tendu la main.
Je ne fais que renvoyer la balle.
Vous ĂȘtes basĂ© Ă Mabru, le MarchĂ© matinal
de Bruxelles, le long du canal. Logistique-
ment, câest un bon plan?
On est proche de la saturation. Il y a 5 ans,
un chauffeur faisait 7 livraisons par jour,
aujourdâhui il en fait trois. La mobilitĂ© Ă
Bruxelles est devenue un vrai problĂšme
pour notre activité et le centre commercial
qui pousse à cÎté (NDLR, Docks Bruxsel) ne
va pas aider à le résoudre.
Il faut repenser la politique de mobilité
en y associant aussi les entreprises comme
nous qui apportons au plus proche les den-
rées alimentaires.
Vous envisagez de bouger?
Bien sûr, nous garderons un pied à Mabru,
mais pour accompagner notre croissance,
nous sommes sur un projet en pĂ©riphĂ©rie Ă
Woluwe, proche du ring. Un investisse-
ment de lâordre de 3 millions dâeuros.
Que pensez-vous du grand piétonnier qui
arrive Ă Bruxelles, voulu par le bourgmes-
tre Yvan Mayeur?
Si on veut des emplois Ă Bruxelles, et donc
des revenus pour la ville, il faudrait éviter
de tuer le commerce en ville. Je me
demande bien comment on va pouvoir
assurer les livraisons. Mais qui sait, peut-
ĂȘtre lâavenir donnera-t-il raison Ă Monsieur
Mayeur.
Vous ĂȘtes rĂ©guliĂšrement prĂ©sentĂ© comme
lâimmigrĂ© qui a rĂ©ussi, citĂ© en exemple.
Vous vous retrouvez dans ce rĂŽle?
Si «qui a réussi» veut dire «intégré», alors
OK. Par contre, immigré⊠Je suis né dans
un village berbĂšre au Maroc, jâai ça en moi.
Mais je suis belge, jâai fait mon service mili-
taire, jâai Ă©tudiĂ© Ă lâinstitut Paul Lambin, jâai
travaillé comme assistant social au minis-
tÚre de la Justice, mon équipe nationale de
foot câest les Diables, je suis fan de Philippe
Geluck, jâai créé une entreprise qui emploie
17 personnes. Alors vous savez, ĂȘtre lâArabe
de service, au bout dâun moment, ça
fatigue. Parce que je ne suis pas blond aux
yeux bleus, on nâarrĂȘte pas de mâinterroger
sur mon origine. Je réponds: entre
Wezembeek-Oppem et Vilvorde. Parce que
câest ça ma vie, jâai vĂ©cu plus de 20 ans dans
chacune de ces deux communes.
Ăa ne sâamĂ©liore pas avec le temps?
Pas vraiment. Cette semaine, je suis allé au
salon Seafood au Heysel. Dans la file dâac-
cÚs, une seule personne a été contrÎlée par
le service dâordre, sans mĂ©nagement dâail-
leurs: devinez qui? Les préjugés sont là et ils
restent. Mais je dis aux jeunes: ne polémi-
quez pas, ne vous arrĂȘtez pas à ça, comme
dirait Kennedy, ne vous demandez pas ce
que la Belgique peut vous apporter mais ce
que vous pouvez apporter Ă la Belgique.
LâECHO SAMEDI 25 AVRIL 2015 19
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