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C’est d’ailleurs à partir de la réforme des universités du XIXe siècle qu’apparaissent les
universités de type contemporaines, soit une institution d’enseignement supérieur propre aux
sociétés industrielles de l’Occident en contraste avec l’ancienne version, propre au pouvoir
ecclésiastique et monarchique du Moyen- Âge
. La production du savoir devient donc un élément
propre aux universités, qui profitent d’une plus grande importance dans la société.
S’adaptant toujours à son nouveau contexte, l’Université fait aujourd’hui face à plusieurs
nouvelles variables. Au niveau local, l’Université se trouve dans des sociétés post-industrielles
caractérisées par un secteur tertiaire beaucoup plus important que les secteurs primaires et
secondaires de l’économie. Étant en relation directe avec l’économie, l’État est aussi lié, via le
politique, à un des plus grands producteurs de ressources humaines de l’économie
contemporaine, c’est-à-dire l’Université. Toutefois, ce ne sont pas que des composantes d’échelle
nationale qui influencent les universités d’aujourd’hui, mais aussi tout ce qui découle de la
globalisation. Grâce au développement des technologies de l’information et de la communication
ainsi que du transport aviaire, le concept de la distance a changé. Il est maintenant possible pour
un scientifique de nationalité chinoise de communiquer avec un scientifique canadien à n’importe
quel moment. Aujourd’hui, l’économie, la culture, la politique et ultimement l’enseignement sont
mondialisés. Le monde n’a jamais été aussi interconnecté et interdépendant.
Le phénomène de la mondialisation est ce qui a ouvert la porte au changement d’échelle
qu’ont vécu les universités depuis la fin du XXe siècle. Avant cette période, les universités étaient
des acteurs de la société agissant sur une échelle dont l’ampleur dépassait rarement les frontières
nationales. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les classements nationaux d’universités ne sont
pas nouveaux. Aujourd’hui, les universités sont actives sur plusieurs échelles, incluant le niveau
transnational. Selon l’expert en économie politique internationale Philip G. Cerny, la
mondialisation serait la cause ainsi que la conséquence des actions de divers acteurs de nature
différente qui disposent de réseaux à plusieurs niveaux interconnectés
. La thèse de Cerny est
d’ailleurs l’une des thèses que nous emprunterons pour expliquer le changement d’échelle vécu
par les universités. Dans son livre, Rethinking World Politics. A Theory of Transnational
Neopluralism, Cerny propose l’utilisation d’une théorie ou d’un outil analytique permettant de
Henry Duméry, Pascale Gruson et al., « Université », Encyclopédie Univsersalis, (Page consultée le 18 mars 2013), [En ligne],
http://mandataire.uqo.ca:2125/encyclopedie/universite/
P.G. Cerny, Rethinking World Politics. A Theory of Transnational Neopluralism, Oxford, New York, 2010, p. 8