Comment peut-on expliquer les fluctuations économiques ? La

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Comment peut-on expliquer les fluctuations économiques ?
La croissance économique n’est pas un phénomène linéaire et régulier. Toute économie
connait des périodes de prospérité et des périodes durant lesquelles son PIB croit faiblement
(on parle alors de croissance ralentie, voire de récession) ou même régresse (on parle alors
de dépression).
Certains ont même pu avancer l’hypothèse que ces variations du rythme de la croissance
pouvaient avoir un caractère cyclique, c’est le cas de l’économiste Joseph Schumpeter au
début du 20ème siècle, qui soulignait l’importance de l’innovation dans ces fluctuations. Mais
on sait aussi que la croissance puise à de nombreuses sources, et que les explications de ses
fluctuations sont donc probablement multiples.
Quelles sont donc les causes de ces fluctuations économiques ? Doit-on les chercher du côté
des facteurs de production et donc de l’offre ? Ne doit-on pas aussi s’intéresser à ce qui relève
des variations de la demande qui émane des différents acteurs de l’économie ?
On verra dans une première partie que les facteurs liés aux facteurs de production sont
essentiels, qu’ils soient liés à l’investissement ou relatifs à des chocs d’offre. Ensuite, on
montrera que ceux qui concernent la demande sont aussi importants car ils sont le vrai moteur
de la croissance et que les chocs de demande sont aussi déterminants.
I / Les causes liés à l’offre.
A / L’action sur les facteurs de production.
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Les variations de la croissance proviennent des variations de l’investissement (FBCF),
que celui-ci soit le fait des entreprises ou de l’Etat.
Investir permet d’accroitre la quantité de facteur capital afin d’accroitre ou de
renouveler les capacités de production (on peut obtenir alors une croissance
extensive).
Investir permet aussi d’obtenir du progrès technique (effort de recherche et
développement) et de générer des gains de productivité => Croissance intensive.
On voit dans le document 4 que les variations de l’investissement accompagnent celles
de la croissance : au Japon et aux Etats-Unis, entre 2007 et 2009, le recul de
l’investissement (-1,4% en 2007 aux Etats-Unis, puis -5,1% en 2008 et -15,1% en
2009) est à relier avec la récession et la dépression qu’a connu ce pays, passant de
1,9% de croissance en 2007 à -3,5% en 2009. On note la même relation pour le Japon
et la France. L’investissement connait des variations assez brusques dans tous les
pays, et il est aussi relié aux phases de reprise, comme en 2010 en France ou aux
Etats-Unis.
B / Le rôle des chocs d’offre.
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Un choc d’offre peut se définir comme un évènement extérieur qui va impacter les
structures de production d’un pays et qui va occasionner des fluctuations de la
croissance.
Ces chocs peuvent être négatifs pour la croissance, comme l’illustre l’exemple du
document 3 : le séisme de 2011 au Japon a occasionné, en dehors des pertes
humaines, des dégâts importants aux entreprises, aux infrastructures de l’économie,
pour un montant estimé à 3 ou 5% du PIB. Un conflit, des mouvements sociaux ou
d’autres types d’évènements, peuvent générer des chocs préjudiciables à l’économie.
Les problèmes de financement de l’économie mondiale liés à la crise financière de
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2007 peuvent être rangés dans cette catégorie. Le document 2 montre à quel point la
chute des crédits accordés aux entreprises en France entre 2008 (45 milliards d’Euros)
et 2013 (10 milliards d’Euros), est corrélé avec le ralentissement de la croissance
présenté dans le document 1 : de 2% de croissance en volume en 2008 à -5,5% en
2009 avant de rebondir en 2010 puis de chuter à nouveau en 2011 (- 0,5%).
Les chocs d’offre peuvent aussi s’avérer positifs, comme lorsque des évènements
climatiques (favorables au tourisme par exemple) ou politiques viennent donner un
coup de pouce à la croissance.
II / Les causes liées à la demande.
A / Le rôle des différentes composantes de la demande.
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La consommation finale des ménages, l’investissement (qui est aussi une partie de la
demande) et le solde extérieur, sont des facteurs explicatifs des variations de la
demande. La consommation finale des ménages connait peu de variations brutales en
France, elle est plutôt garante de la croissance « sur le long terme », mais ce n’est pas
le cas dans tous les pays, alors que l’investissement et le solde extérieur sont plus
fluctuants. Si la demande connait de fortes variations, la production va donc en subir
les conséquences.
Dans le document 4, on voit par exemple que la croissance américaine et japonaise
sont très sensibles aux variations de la consommation des ménages : pour ces deux
pays, la consommation a baissé en 2008 et 2009, années où le PIB a également reculé.
En France, ce sont clairement l’investissement et le solde extérieur qui génèrent des
fluctuations de la croissance : le solde extérieur (déficitaire) tire la croissance vers le
bas tandis que l’investissement est responsable des variations à la baisse (comme en
2009) ou à la hausse (comme en 2006,2007 ou 2011).
B / Le rôle des chocs de demande.
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Un choc de demande est un évènement extérieur qui va impacter la demande de façon
positive ou négative. Il peut s’agir là aussi d’évènements naturels ou pas.
Les évènements terroristes dramatiques intervenus en France en 2015 constitue un
choc de demande qui a agi négativement sur le secteur du tourisme, des transports et
du commerce en général. Les variations du prix du pétrole peuvent être considérées
comme des chocs de demande : la chute du prix du baril entre 2014 et 2016 a
considérablement amélioré le pouvoir d’achat des ménages en impactant
favorablement le coût des transports ou du chauffage.
L’exemple du séisme de 2011 au Japon constitue aussi un choc de demande car
comme c’est le cas après une catastrophe naturelle, les investissements nécessaires
à la reconstruction vont profiter à l’activité économique (bâtiment travaux publics,
infrastructures, recherche dans le domaine de la prévention des risques…).
Les évènements politiques récents aux Etats-Unis, qui ouvrent peut-être la voie à un
retour du protectionnisme, pourraient par exemple rebattre les cartes du commerce
mondial au profit de certains Etats et au détriment d’autres.
Comme on le voit, les fluctuations de la croissance s’expliquent à la fois par des éléments
affectant plus ou moins brutalement les entreprises par le biais des facteurs de production, et
par des éléments affectant la demande globale de l’économie. Mais ces différents facteurs ne
sont pas tous actifs en même temps avec la même intensité, ce qui rend difficile l’explication
globale des crises et des phases de prospérité.
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