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Chère lectrice, cher lecteur,
Lors du Sommet du millénaire de l’ONU, réuni en
septembre 2000 à New York, la communauté in-
ternationale s’est xé huit objectifs – les Objectifs
du millénaire pour le développement (OMD) – à
atteindre jusqu’à n 2015. L’objectif principal était
de réduire de moitié la pauvreté extrême dans le
monde. Les années 2014 et 2015 sont donc des
années de transition, une période charnière qui
offre l’occasion de faire le point à la fois sur ce qui a
été accompli et sur les dés qu’il reste à relever
dans la lutte contre la pauvreté et ses conséquences.
Dans l’ensemble, le bilan est plutôt satisfaisant :
au cours des deux dernières décennies, des pro-
grès remarquables ont été réalisés dans de nom-
breux domaines de la coopération au développe-
ment. La proportion des personnes vivant dans
une pauvreté extrême a été réduite de moi-
tié entre 1990 et 2010, passant de 43 à 21 %.
À l’échelle mondiale,le nombre des personnes
souffrant de malnutrition chronique a baissé. Par
ailleurs, la mortalité infantile a diminué de moitié
et la mortalité maternelle de presque autant.
Depuis 1990, un tiers de l’humanité bénécie
d’un meilleur accès à l’eau.
Par leur engagement, la Direction du développe-
ment et de la coopération (DDC) et le Secrétariat
d’Etat à l’économie (SECO) ont contribué de
manière décisive à ces succès. En 2014, nous
avons à nouveau mis en œuvre un large éventail
d’instruments an de lutter contre la pauvreté et
de promouvoir le développement durable. Dans
cette entreprise, nous veillons toujours à harmo-
niser nos activités avec les besoins dénis par nos
pays partenaires, et nous continuerons à le faire.
Nous avons par ailleurs fourni une aide humani-
taire d’urgence aux victimes de guerres et de
catastrophes naturelles et favorisé l’intégration
économique et sociale de groupes défavorisés, en
particulier des femmes. Face à l’ampleur du chô-
mage des jeunes dans le monde, nous avons
continué à renforcer nos activités dans le domaine
de la formation professionnelle et largement par-
ticipé aux efforts visant à résoudre les dés glo-
baux tels que les crises économiques et nan-
cières, la rareté de l’eau, la santé, la sécurité
alimentaire, le changement climatique et les
migrations.
Malgré tous ces progrès, le monde reste pourtant
confronté à d’énormes problèmes. La réduction
de la mortalité maternelle et infantile est encore
loin des cibles xées dans les OMD. Plus de 800
millions de personnes souffrent toujours de mal-
nutrition chronique. Ces dernières années, les
conits armés n’ont cessé de se multiplier, et des
actions d’envergure s’imposent d’urgence an
d’assurer la fourniture de soins de santé, de pré-
server le climat et de réduire les disparités sociales.
Enn, si la pauvreté a certes globalement reculé
ces dernières années, plus de deux milliards d’ha-
bitants des pays à revenu faible et moyen doivent
continuer à survivre avec moins de deux dollars
par jour et le recul de la pauvreté n’a pas atténué
les inégalités.
La coopération suisse au développement a tou-
jours pour but ultime de soutenir nos pays parte-
naires dans leurs efforts pour créer non seulement
de la prospérité, mais aussi du bien-être. Pour
cela, il faut que la croissance économique prote
à tout le monde sans compromettre les ressources
naturelles.
En 2014, la communauté internationale a com-
mencé à élaborer les Objectifs de développement
durable (ODD) dans le cadre de l’agenda post-
2015. Ce nouvel agenda et le programme de
nancement qui le complète offrent une nouvelle
chance d’instaurer un développement durable
fondé sur un large consensus. Il importe cepen-
dant de savoir que les dés posés sont d’ordre
universel. Chaque pays devrait contribuer à la
réalisation des objectifs mondiaux, les spécicités
nationales devant néanmoins être prises en consi-
dération. Or seul un vaste partenariat réunissant
les acteurs étatiques, l’économie privée et la
société civile sera à même de s’attaquer avec
succès aux risques globaux.
Consciente de l’importance des partenariats, la
Suisse en a fait, depuis longtemps déjà, une com-
posante à part entière de ses activités de coopéra-
tion internationale. A l’avenir, nous continuerons
à développer cette forme efcace de collabora-
tion et ne manquerons pas d’exploiter les nou-
velles expériences acquises pour intervenir dans le
débat international sur la mise en œuvre de
l’agenda post-2015.
Editorial
Marie-Gabrielle Ineichen-Fleisch
Secrétaire d’Etat, directrice du SECO
Manuel Sager
Ambassadeur, directeur de la DDC
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