Épidémiologie et impact de la polyarthrite rhumatoïde

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– P H Y S I O PAT H O L O G I E , É P I D É M I O L O G I E E T I M A G E R I E
Épidémiologie et impact
de la polyarthrite rhumatoïde
Epidemiology and impact of rheumatoid arthritis
● B. Fautrel
P o i n t s
f o r t s
■ Le risque de maladie cardiovasculaire semble augmenté
tant au cours de la PR qu’au cours du rhumatisme psoriasique
et de la spondylarthrite ankylosante.
■ La PR est un facteur de risque cardiovasculaire spécifique,
s’additionnant aux autres facteurs de risque traditionnels.
■ Le coût de la PR est important comparativement à celui
d’autres maladies chroniques. Il est supérieur à celui du diabète, des cancers ou des lombalgies.
■ Les anti-TNF favorisent le retour au travail des patients, ce
qui pourrait représenter une économie estimée à 20 000 euros
par patient sur quatre ans.
RISQUE CARDIOVASCULAIRE
L’idée qu’il existe une augmentation du risque cardiovasculaire au cours de la polyarthrite rhumatoïde (PR) – avec une surmortalité associée – est maintenant bien acceptée. Jusqu’ici, l’on
disposait cependant de moins d’informations sur les autres rhuma-
●
tismes inflammatoires, alors même que ce risque accru est directement lié au rôle de l’inflammation sur le développement et la
déstabilisation des plaques d’athérome.
Une étude conduite aux États-Unis sur une base de données regroupant les informations de plusieurs compagnies d’assurances (Han,
1024) a confirmé qu’il existe une augmentation du risque d’insuffisance cardiaque congestive et de maladie cérébrovasculaire au
cours de la polyarthrite rhumatoïde par rapport à des témoins
appariés sur l’âge, le sexe, la région d’habitation et l’ancienneté
d’affiliation dans le système d’assurance, avec un risque relatif de 2
(IC95 : 1,9-2,2) et de 1,6 (IC95 : 1,5-1,8) respectivement. Au cours
du rhumatisme psoriasique (RP) et de la spondylarthrite ankylosante (SA), une augmentation significative a également été retrouvée, avec un risque relatif respectivement de 1,5 et 1,8 pour l’insuffisance cardiaque congestive et de 1,3 et 1,7 pour les maladies
cérébrovasculaires (figure 1).
Bien que cette étude soit intéressante, elle n’est pas exempte de
limitations. En effet, les intervalles de confiance (qui rendent compte
de la précision de l’excès de risque observé) sont assez larges. En
outre, il est relevé un plus grand nombre de pathologies associées
(comorbidité) chez les patients souffrant de rhumatisme inflammatoire que chez les témoins ; de ce fait, la part de l’augmentation
du risque directement liée aux rhumatismes inflammatoires est
difficile à préciser.
En ce qui concerne précisément la PR, certains hésitent encore
à la considérer comme un facteur de risque cardiovasculaire à part
entière, au même titre que les autres facteurs traditionnels, tels
que le tabac ou l’hypercholestérolémie.
●
Figure 1. Augmentation du risque cardiovasculaire au cours de différents rhumatismes inflammatoires (Han, 1024).
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La Lettre du Rhumatologue - n° 318 - janvier 2006
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Figure 2. Modification de l’impact des facteurs de risque cardiovasculaire traditionnels par la polyarthrite rhumatoïde (Gonzalez, 814).
Une étude de la Mayo Clinic a été menée sur la population du comté
d’Olmsted, dans le Minnesota, au sein de laquelle 603 patients
atteints de PR et 603 témoins appareillés sur l’âge et sur le sexe ont
été identifiés (Gonzalez, 814). En dehors d’une plus grande proportion de fumeurs (actifs ou anciens) chez les polyarthritiques,
il a tout d’abord été observé une distribution superposable des facteurs de risque cardiovasculaire dans les deux groupes.
Les auteurs ont ensuite comparé l’impact des différents facteurs
de risque cardiovasculaire au sein des deux populations. Si, dans
le groupe témoins, on note une augmentation du risque chez les
hommes, les fumeurs actifs, les personnes ayant des antécédents
cardiovasculaires, une hypertension ou un diabète, l’impact de ces
facteurs chez les patients atteints de PR est beaucoup plus limité,
et seul le diabète reste significativement associé à la survenue
d’un accident cardiovasculaire (figure 2).
Cette étude, réalisée sur un échantillon certes restreint sur le plan
épidémiologique, permet pour la première fois de montrer qu’une
modification de l’impact des facteurs de risque cardiovasculaire
traditionnels par la PR semble exister.
IMPACTS SOCIO-ÉCONOMIQUES
DE LA POLYARTHRITE RHUMATOÏDE :
QUELQUES CHIFFRES
La PR coûte cher, mais qu’en est-il par rapport à d’autres pathologies ? Une grosse étude a rapporté les coûts associés à la PR dans
une population d’assurés sociaux de 9 grosses compagnies amé-
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La Lettre du Rhumatologue - n° 318 - janvier 2006
ricaines (années 1997 à 2002). Les coûts estimés correspondent
aux coûts de la prise en charge médicale et paramédicale de la
maladie ainsi qu’au coût des journées d’absence et des arrêts maladies plus prolongés. Par patient, le coût de la PR arrive en deuxième
place, derrière l’insuffisance rénale, avec une charge annuelle
de 11 120 dollars US ; une part importante de ce coût est liée
aux arrêts de travail et aux journées de travail perdues. Répartie
sur l’ensemble des cotisants, du fait des différences de prévalence,
la PR représente une charge financière annuelle de 111 dollars,
soit la troisième position après les maladies cardiovasculaires et
les problèmes de dépression (Ozminkowski, 1029). Il est possible
que la diffusion des biothérapies modifie ces estimations dans le
futur.
● Un élément rassurant cependant !
D’après les données du registre suédois STURE, regroupant près
de 900 patients atteints de PR traités par biothérapie et encore en
activité professionnelle, les anti-TNF semblent capables de favoriser le retour au travail, avec une augmentation du nombre hebdomadaire d’heures travaillées de 22 heures avant initiation de la biothérapie à près de 35 heures au cours des quatre années suivantes
(Van Vollenhoven, 1987). Ce retour au travail est plus rapide pour
les hommes que pour les femmes, fait qui semble principalement
lié à une amélioration du DAS et du HAQ au cours de la première
année, et surtout à l’amélioration du HAQ par la suite. Grosso
modo, l’économie pour la société sur quatre ans est estimée aux
alentours de 20 000 euros par patient, à déduire des quelque 15 à
20 000 euros annuels des biothérapies.
■
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