1. S`ouvrir vers les autres régions, l`Europe et le monde

1. S’ouvrir vers les autres
régions, l’Europe et le monde
Avec 1 445 000 habitants en 2005, la Basse-Normandie, par son poids économique et démographique,
est une région de taille moyenne en Europe. Caen, sa capitale régionale, n’est pas à la hauteur des grandes
villes françaises et européennes, mais son agglomération en a le potentiel.
Pour autant, la Basse-Normandie ne peut concevoir son avenir sans le penser dans un espace élargi aux
régions proches sur le continent, à l’espace Manche, au Nord-Ouest de l’Europe et au Monde.
L’appartenance au bassin parisien, l’attraction francilienne ont historiquement joué en faveur du développement
de la Basse-Normandie. Ce fut autrefois la spécialisation de l’élevage pour la consommation parisienne et plus
récemment, la décentralisation industrielle. C’est aujourd’hui l’espace de nombreux partenariats en matière de
recherche et de développement industriel.
Mais, aujourd’hui, la Basse-Normandie est susceptible de jouer d’autres cartes en valorisant sa position
géographique privilégiée, les atouts spécifiques de son littoral et son caractère maritime pour mieux s’ouvrir
notamment sur l’espace Nord-Ouest européen (structuration de l’économie portuaire, liaisons aériennes à
l’international, raccordement au réseau TGV etc.). La connexion aux grands réseaux de communications
européens doit également permettre de nouvelles stratégies interrégionales.
Le premier de ces espaces de coopération, c’est celui de la Grande Normandie. Les deux gions normandes se
sont engagées ensemble dans l’élaboration de leur SRADT, en visant l’une et l’autre l’adoption d’un document
stratégique prévoyant un renforcement des coopérations communes.
A une échelle supérieure, notre région doit jouer la carte d’un espace Manche en pleine restructuration. Cet
espace européen connaît une remarquable densification des populations comme des activités, des flux de
personnes et de marchandises. Espace d’interface entre l’Europe et le Monde, il est amené à jouer un rôle
renforcé dans l’histoire de la construction économique.
Au-delà de l’espace Manche, devenu une « petite mer franco-britannique », c’est l’espace de l’Europe du nord-
ouest, autour du triangle des trois capitales Londres, Bruxelles et Paris, qui construit pour notre région l’espace
d’appartenance en matière d’accès aux services supérieurs et aux grandes fonctions internationales.
Il y a là un état d’esprit et un positionnement nouveau à adopter : ne pas subir la mondialisation, jouer la carte
de l’ouverture aux autres régions, à l’Europe, à l’international ; utiliser la très forte notoriété de la Normandie,
sa bonne image de marque dans le monde pour œuvrer à son développement.
1.1 PROCHE DES DEUX GRANDES MÉTROPOLES MONDIALES PARIS
ET LONDRES
La géographie met la Basse-Normandie au bord de la mer de la Manche et à proximité de Paris. L’intensification
des échanges Europe-Monde et intra-européens renforcent l’importance de sa façade maritime et rapproche
d’une certaine façon, la Basse-Normandie de l’ « autre côté de l’eau », du Sud Anglais et des Îles anglo-
normandes à quelques encablures de la côte Ouest de la Manche.
Autant l’influence parisienne est ressentie, et c’est essentiel, autant la proximité vis-à-vis de l’autre grande
métropole européenne, Londres et du Sud Anglais est souvent occultée (13 millions d’habitants à quelques
heures de transport). Cette dimension, encore peu prise en considération fera que croître dans les prochaines
décennies.
1.2 UNE NOTORIÉTÉ À VALORISER ET DES SOLIDARITÉS INTERNATIONALES
À VALORISER
Les Normandie, Basse et Haute, ont une histoire longue et riche. Les plages du Débarquement qui ont ouvert
le dernier épisode de la Seconde Guerre Mondiale donnent aujourd’hui à la Basse-Normandie une notoriété
internationale.
Son histoire plus ancienne nourrit aussi de multiples liens de sympathie qui restent pour l’essentiel en jachère
SRADT de la Basse-Normandie - Diagnostic au 9 février 2007 1
Trois défis majeurs
aujourd’hui et qui pourraient être transformés en liens privilégiés de développement. L’attirance culturelle, la
sympathie pour un territoire peuvent nourrir des liens économiques.
Les Îles anglo-normandes, comme les pays du nord de l’Europe, gardent pour la Normandie un intérêt
particulier. Toutes les récentes manifestations culturelles l’ont montré. Dix siècles d’histoire entrecroisée,
souvent conflictuelle, lient la Basse-Normandie à l’Angleterre. La construction d’un droit, d’une administration,
l’influence des langues entre elles ont créé des proximités que les autres développements historiques n’ont
pas totalement effacées.
Les Normands sont partis nombreux au cours des derniers siècles vers le Nouveau Monde. Des villages du
bocage comme des ports, des familles entières ont fait souche dans les Amériques et plus particulièrement
dans la province du Québec. Depuis les premiers départs vers la Nouvelle France, les histoires collectives ou
individuelles se sont souvent répétées et transmises. Les descendants se souviennent, aiment à rappeler
leurs liens.
De cette sympathie pour la Basse-Normandie en nombre d’endroits d’Europe et du Monde, il peut jaillir du
développement culturel et économique. Un grand nombre d’acteurs bas-normands (collectivités, associations,
établissements publics) ont par ailleurs noué des relations d’aide au développement avec des pays du sud.
Aujourd’hui, la Basse-Normandie a la volonté de devenir une région partenaire et solidaire en signant des
conventions de Coopérations Décentralisées avec une ou plusieurs régions de ces pays.
DES ENJEUX POUR DEMAIN
La réalisation du diagnostic permet d’identifier les grands enjeux de la Basse-Normandie dans
les années à venir. Définis comme « ce qu’on peut gagner ou perdre dans une compétition, une
entreprise » ou un territoire, les enjeux mettent à la fois l’accent sur les atouts et les handicaps
de la Basse-Normandie, et les grands défis que la région devra relever d’ici 2025.
TROIS TYPES D’ENJEUX ONT ÉTÉ IDENTIFIÉS :
- G les enjeux de valorisation, qui définissent les atouts de la région à valoriser (la mer, le
tourisme, la culture, le réseau routier, les villes moyennes, l’Université, les filières émergentes etc.) ;
- Q les enjeux de consolidation, qui identifient à la fois les atouts à conforter (la
qualité de vie, la densité du maillage territorial, l’espace rural, les filières d’excellence, les atouts
environnementaux, etc.) et les défis à affronter dans les années à venir (vieillissement de la
population, pression foncière, pénurie potentielle de main-d’œuvre, transmission d’entreprises,
globalisation et transformation des marchés, conséquences des enjeux climatiques et
énergétiques etc.) ;
-
L
les enjeux de modernisation, qui mettent plutôt l’accent sur les handicaps à surmonter
(valeur ajoutée de l’économie, formation, recherche, ouverture sur les marchés extérieurs,
créations d’entreprises etc.).
Certains enjeux stratégiques sont spécifiques à la Basse-Normandie et à quelques régions
présentant des caractéristiques voisines (attirer les jeunes, consolider l’ancrage et favoriser le
développement des PME-PMI en milieu rural etc.), d’autres sont en revanche communs à toutes
les régions françaises du fait des évolutions observées et des incertitudes pesant sur l’avenir
papy boom », maîtrise de l’étalement urbain, éco-citoyenneté, préservation des ressources
naturelles, lutte contre l’exclusion sociale etc.).
Dans leur formulation, les enjeux définissent dans certains cas des objectifs précisfaire de
Caen une agglomération de niveau européen », « valoriser le caractère maritime de la région »
etc.) ou mettent l’accent sur les leviers sur lesquels il conviendrait d’agir dans les vingt ans à
venir poursuivre l’adaptation et l’élargissement de l’offre de formation sur le territoire, à tous
les âges de la vie », « développer la formation, la recherche, les transferts de technologie et
l’innovation dans les différents secteurs économiques » etc.).
SRADT de la Basse-Normandie - Diagnostic au 9 février 2007 2
Trois défis majeurs
Les objectifs fixés et les domaines d’action identifiés permettent ainsi d’esquisser une véritable
stratégie de développement durable pour la Basse-Normandie dont la mise en œuvre, inscrite
dans une articulation cohérente entre le SRADT et l’Agenda 21 régional, pourrait donner un
nouvel élan et un nouveau sens à l’action publique en invitant tous les acteurs régionaux à se
mettre en mouvement, en marchant ensemble dans la même direction. Au final, 39 enjeux ont
été identifiés pour la Basse-Normandie, parfois faiblesses et menaces à surmonter, mais surtout
atouts et opportunités à saisir dans un futur qui reste à construire…
G UN ENJEU
DE vAlORISAtION
« INTENSIFIER LES RELATIONS AVEC LES RÉGIONS DU MONDE
LES PLUS DYNAMIQUES ET CELLES HISTORIQUEMENT LIÉES
À LA BASSE-NORMANDIE »
La longue et riche histoire de la Normandie lui fait bénéficier d’un intérêt de par le monde qui va
de la notoriété en Amérique et jusqu’en Asie, due au Débarquement allié, à la vive sympathie des
descendants nord-américains (québécois, et autres communautés) des émigrants partis de la région
pour le Nouveau Monde. L’émigration de plusieurs siècles a, pour des zones ographiques encore
plus larges, continué de nourrir un attachement pour cette terre d’origine. Les populations du Nord de
l’Europe manifestent de l’intérêt pour le Duché de Rollon. Enfin, le patrimoine et la culture, du Mont-
Saint-Michel à «Jazz sous les pommiers», font de la Normandie une région appréciée. C’est un capital
précieux… à ne pas laisser en jachère.
Ces relations doivent être cultivées, renouées, vivifiées, ou ne plus être négligées, selon les cas.
Elles ont un impact direct sur la place de la région dans le Monde de demain. Elles ont une relation
directe avec son attractivité, avec le rayonnement de son université, avec les liens économiques
qui peuvent être créés. Au-delà du Phœnix, des outils comme le Mémorial, avec l’ouverture au
Monde qu’ils suscitent, sont les témoins de cette renaissance qui peut foisonner.
1.3 LA FORTE INFLUENCE DE LA RÉGION PARISIENNE
La Basse-Normandie a construit une grande part de son histoire et de son économie dans sa relation de
proximité avec Paris. Cette relation se poursuit aujourd’hui alors que l’Ile-de-France est devenue l’une des
régions les plus riches d’Europe. Elle se caractérise par une véritable aspiration des jeunes de 20 à 29 ans
vers la capitale et inversement, par une installation d’actifs dans la région, en relation étroite avec la Région
Parisienne, et également de retraités. A ces migrations résidentielles définitives s’ajoutent les flux réguliers de
résidents secondaires et de touristes.
Dans le domaine économique, les relations sont également intenses, même si aujourd’hui les centres de
décision sont essentiellement situés en Ile-de-France, les conditions contemporaines du développement
ouvrent la possibilité d’une implantation d’activités en Basse-Normandie, région restant proche de la capitale
sans en présenter les inconvénients.
1.4 DES ATTRACTIONS PÉRIPHÉRIQUES VERS RENNES ET LE MANS
La Basse-Normandie subit aussi l’attraction des plus grosses agglomérations de Bretagne et des Pays-de-la-
Loire. Entre 1990 et 1999, les Pays-de-la-Loire ont attiré 22 000 Bas-Normands alors que la région enregistrait
l’arrivée de 14 000 ligériens seulement.
SRADT de la Basse-Normandie - Diagnostic au 9 février 2007 3
Trois défis majeurs
Des mouvements analogues s’observent avec la Bretagne et particulièrement avec l’agglomération rennaise,
dont la polarisation est sensible sur la partie ouest de la région. À travers l’A 84 notamment, le sud de la
Manche, entre Granville, Avranches et Pontorson, vit l’attraction de Rennes. Sur la période 1990-99, cette
attraction et d’autres plus ponctuelles, entraînent, pour l’ensemble de la région, un solde migratoire déficitaire
de 7 000 habitants avec la Bretagne.
Quant aux flux migratoires récents avec la Haute-Normandie, ils affichent un bilan positif de
2 500 habitants pour la région.
1.5 UN RACCORDEMENT AUX PLATES-FORMES
ET CORRIDORS EUROPÉENS À RENFORCER
Cet objectif doit se traduire par une insertion des transports collectifs dans une vision globale et par une
articulation d’objectifs, mêlant l’optimisation de l’aménagement du territoire et des ressources régionales dans
un souci de développement durable, ainsi que d’amélioration des performances technico-économiques des
réseaux.
Cette politique conduite pour achever le désenclavement de la Basse-Normandie devra se construire dans le
cadre d’un dialogue exemplaire notamment avec les utilisateurs du transport public (usagers, entreprises,…).
L’outil essentiel pour la concevoir sera le schéma régional des transports. Ce schéma, lan dans le prolongement
du schéma régional d’aménagement et de développement du territoire, aurait ainsi pour but, à partir d’un diagnostic,
des besoins et de l’offre des différents modes de transports, d’établir une politique globale et intermodale des
déplacements.
Trois objectifs paraissent devoir être tenus :
I la priorité aux dessertes nationales et interrégionales et à l’accessibilité du territoire régional
aux grands réseaux de transport ;
I l’amélioration de la qualité du service rendu à l’usager ;
I la valorisation de la région comme plate-forme aéroportuaire et d’échange maritime.
La démarche mise en œuvre devra permettre de réorienter la réalisation des infrastructures et l’organisation des
services à partir des objectifs à satisfaire plutôt qu’en fonction des caractéristiques des modes de transport
à offrir.
La Basse-Normandie doit ainsi s’ouvrir aux grands flux maritimes et à l’international par sa façade maritime
et ses ports (Caen et Cherbourg), par les grands moyens de communications (fer, air, route), favoriser une
plus grande mobilité pour mieux relier l’ensemble du territoire normand aux grands axes nationaux de
communication, aux régions voisines, aux grandes régions françaises et enfin améliorer les déplacements
internes par l’intermodalité (transports publics et modes de transports « doux »), une desserte plus fine des
territoires, la qualité des services et des tarifs adaptés.
FAVORISER L’ACCESSIBILITÉ INTERNATIONALE DE LA RÉGION
Afin de favoriser son accessibilité internationale, la Basse-Normandie doit réaffirmer l’importance du projet
« Liaison Rapide Normandie Vallée de Seine » en s’attachant à valoriser le caractère opérationnel de ce projet.
C’est ainsi qu’il faut saisir toutes les opportunités offertes à court terme pour améliorer le niveau de service
rendu à la clientèle entre Paris – Caen et Cherbourg (fiabilité, fréquence, confort du voyage, nouveaux services
à la clientèle à bord des trains, modernisation du matériel actuel, modernisation de la gare de Caen etc.). A
moyen terme (2010-2015), des travaux d’infrastructures devront être engagés afin d’améliorer les performances
(vitesse, capacité etc.). A plus long terme, la connexion avec le hub TGV de Roissy et le pôle de la Défense
seront recherchés.
Sur le plan aéroportuaire, la relative proximité de l’Ile-de-France et des aéroports parisiens a fortement limité
le développement des plates-formes régionales : 47 % des passagersrienssidant en Normandie ont utilisé
l’aéroport de Roissy et 34 % celui d’Orly. Les aéroports normands n’ont traité que 11 % de la demande globale
des résidents de Haute et Basse-Normandie et 8 % de la clientèle a voyagé à partir d’autres plates-formes,
telles que Nantes ou Rennes.
De taille modeste, les aéroports normands (Caen, Rouen, Le Havre, Deauville Normandie et, a fortiori,
Cherbourg-Maupertus) enregistrent par conséquent un trafic limité, notamment en Haute-Normandie, et ne
font pas l’objet de projets de développement majeurs.
Au regard des trafics passés et actuels, on peut tirer deux leçons : la croissance du trafic global des aéroports
normands a été freinée par la dispersion des offres sur les cinq plates-formes normandes dont quatre sont
SRADT de la Basse-Normandie - Diagnostic au 9 février 2007 4
Trois défis majeurs
géographiquement très proches ; la seule ligne régulière qui se soit développée est celle vers Lyon, avec un
certain succès au départ de Caen.
C’est pourquoi, en matière de liaisons aériennes, il est clair que la stratégie de l’espace régional doit viser
désormais à favoriser la création d’une plate-forme interrégionale dont le choix s’est porté sur Deauville -
Saint-Gatien, en recherchant des complémentarités avec les autres aéroports bas-normands, pour à la fois
mutualiser les trajets et améliorer les services aux habitants et aux entreprises des deux régions normandes.
L’intensification et la diversification du trafic aérien doit notamment viser :
I un raccordement direct à certaines grandes plates-formes internationales (Londres et Amsterdam
en priorité) ;
I la création de nouvelles liaisons directes vers des grandes capitales régionales françaises ;
I des tarifs moins élevés pour les liaisons entre la Normandie et les autres régions.
DÉVELOPPER LES LIAISONS INTERRÉGIONALES PAR L’ACCÈS
DES PRINCIPAUX PÔLES RÉGIONAUX AUX RÉSEAUX FERROVIAIRES
NATIONAUX
La Basse-Normandie compte chaque jour 91 Train Express Régionaux en circulation. On dénombre également 46
gares et haltes SNCF sur le territoire régional (toutes rénovées entre 2004 et 2009). Cependant, une politique
ambitieuse de modernisation des infrastructures ferroviaires doit être conduite afin d’améliorer la qualité du
service offert sur le réseau bas-normand, tant pour les voyageurs que pour le fret dans l’optique d’offrir une
véritable alternative aux déplacements routiers : amélioration du réseau ferroviaire TER bas-normand dans
sa globalité et ses interconnexions, amélioration de la desserte Inter Cités (IC) Paris Caen Cherbourg qui
constitue la colonne vertébrale du réseau ferroviaire bas-normand, modernisation de la ligne IC Paris – Granville,
projet de développement de l’offre ferroviaire dans la Baie du Mont Saint-Michel (TRANSBAIE)…
Les deux Régions Haute et Basse-Normandie sont prêtes à s’unir pour favoriser l’utilisation de l’axe Rouen
Mézidon – Le Mans – Tours s’intégrant dans un grand contournement sud du Bassin Parisien, afin de disposer
de nouvelles capacités d’écoulement des trains de fret et d’améliorer les performances d’acheminement vers
le Grand-Ouest et le Sud. Le partenariat existant entre la Basse-Normandie, les Pays-de-la-Loire et le Centre
concernant l’évolution des circulations voyageurs sur l’axe Caen Le Mans Tours, pourrait être étendu à
la problématique du fret.
La mise à niveau technique de cet itinéraire serait susceptible de servir plusieurs missions notamment entre
la desserte vers l’ouest et la façade atlantique de l’hinterland des ports de Rouen et du Havre et la desserte
vers le sud et le sud-est des ports de Cherbourg et de Caen. Un itinéraire reliant les ports normands à un
vaste hinterland sans passer par le nœud ferroviaire parisien, présente en effet un avantage certain pour
tous les acteurs économiques normands. A plus long terme, une électrification de cet itinéraire pourrait être
envisagée par tronçons successifs, notamment Alençon Le Mans et Serquigny–Elbeuf.
Ces modernisations permettraient de redonner un élan non négligeable à l’utilisation du fer pour le fret mais
aussi pour les voyageurs en améliorant la connexion au réseau TGV via Le Mans. L’ouverture vers la Bretagne
et le Grand-Ouest serait ainsi confortée sans passer par la région parisienne. Les réflexions concernant le
grand contournement ferroviaire fret Ouest de l’Île de France doivent également être poursuivies en partenariat
avec la Région Haute-Normandie.
Enfin, les projets de développement du port de Cherbourg (Fastship, autoroutes de la mer…etc.) sont
susceptibles de générer un trafic ferroviaire important. Dans cette perspective, la desserte du port de Cherbourg
doit être améliorée et nécessite l’adaptation de la section de ligne comprise entre la gare de Cherbourg et
le port aux nouveaux besoins, dont les travaux sont programmés pour la modernisation de la voie. De même,
une réflexion devra être menée sur l’accessibilité au port de Caen - Ouistreham, intégrant notamment le projet
de la Liaison Inter Quartier Nord (LIQN) Est. Enfin, cet engagement en faveur du développement portuaire
nécessiterait de développer le fret ferroviaire et de connecter les lignes ferroviaires normandes à d’autres
réseaux du bassin parisien dans le cadre du projet de contournement de la région parisienne.
ACHEVER LE DÉSENCLAVEMENT ROUTIER
La modernisation récente du réseau routier a permis un réel désenclavement du territoire, le connectant
désormais aux grands axes européens, avec notamment les axes Paris Rouen Caen Rennes et Caen
Cherbourg.
Ce renforcement du réseau routier « grand débit » doit se poursuivre à travers quatre projets majeurs :
l’A28 sur l’axe Rouen - Alençon ouvert depuis le 28 octobre 2005, permettant de relier le Nord et le Sud de
l’Europe via Calais et Bayonne ; l’A88 sur l’axe Caen Falaise Argentan Sées, qui devrait s’achever en
SRADT de la Basse-Normandie - Diagnostic au 9 février 2007 5
Trois défis majeurs
1 / 63 100%
La catégorie de ce document est-elle correcte?
Merci pour votre participation!

Faire une suggestion

Avez-vous trouvé des erreurs dans l'interface ou les textes ? Ou savez-vous comment améliorer l'interface utilisateur de StudyLib ? N'hésitez pas à envoyer vos suggestions. C'est très important pour nous!