
Chapitre IXC, page 2
processus néoplasique (cancer du rein). Les thrombi des cavités cardiaques droites sont volontiers mobiles et
migrateurs.
Les tumeurs cardiaques sont rares. Les tumeurs primitives sont dominées par les tumeurs bénignes (75 %). Le
myxome (40 %) de l'oreillette gauche est la tumeur la plus fréquente : masse arrondie, très souvent au contact du
septum inter-atrial, de faible densité, volontiers hétérogène, parfois calcifié, ne se réhausse pas après injection de
produit de contraste. L'hypertrophie lipomateuse du septum inter-atrial est de diagnostic aisé en
tomodensitométrie : zone de densité négative (- 50 à - 100 UH) caractéristique. La TDM peut donner des signes
d'orientation dans d'autres types de tumeurs : kystes épithéliaux, kystes hydatiques.
Les tumeurs malignes primitives sont représentées par les sarcomes et les lymphomes. La TDM a une valeur de
diagnostic et de bilan d'extension loco-régionale.
Les métastases sont plus fréquentes (cancer du poumon, cancer ORL, cancer du sein et mélanome).
Les cavités cardiaques peuvent être envahies par contiguïté dans les cancers broncho-pulmonaires, du rein ou
dans les lymphomes.
Pathologie du péricarde
A l'état normal, le péricarde apparaît en TDM comme une ligne régulière de 2 à 3 mm d'épaisseur.
Deux pathologies congénitales sont reconnaissables en TDM : agénésies péricardiques et kystes pleuro-
péricardiques, plus fréquents. Ces kystes sont bénins et asymptomatiques et siègent habituellement dans l'angle
cardiophrénique droit et ne communiquent pas avec la cavité péricardique en règle générale. Leur densité
hydrique (voisine de 0 UH) est caractéristique.
La TDM est complémentaire de l'échographie dans l'exploration des épanchements péricardiques.
L'épaississement péricardique, définie comme un péricarde d'une épaisseur supérieure ou égale à 4 mm,
s'observe dans différentes pathologies (collagénose, infiltration inflammatoire, infiltration tumorale,....). La
TDM occupe une place particulière dans le diagnostic de la péricardite constrictive en montrant, en présence
d'un tableau clinique d'adiastolie, un péricarde épaissis et calcifié.
Les tumeurs péricardiques sont rares et généralement malignes. La TDM est surtout intéressantes dans le
diagnostic du lipome péricardique (densité négative) et dans le bilan d'extension des tumeurs malignes
(mésothéliome, sarcomes, métastases,...).
Pathologie aortique
Dans la pathologie congénitale de l'aorte, la TDM permet souvent un diagnostic lésionnel très précis.
Dans la pathologie acquise de l'aorte, la TDM, grâce au mode spiralé, occupe de plus en plus une place
importante dans :
- le diagnostic et le bilan préopératoire des anévrismes aortiques : topographie, dimensions, calcifications
pariétales, thrombus mural, fibrose péri-anévrismale, état des branches collatérales, rupture subaiguë.
- le diagnostic et l'extension des dissections : "flap" intimal, double chenal, thrombose du faux chenal, extension
de la dissection.
- la pathologie athéroscléreuse non anévrismale : sténose et occlusions, ulcérations, thrombus.
- les aortites inflammatoires : épaississement pariétal.
- les tumeurs et pseudotumeurs aortiques ("plug aortique").
- le contrôle post-opératoire : hématomes, infections, faux anévrismes anastomotiques, perméabilité.
imagerie par resonance magnetique
L'IRM est non invasive puisqu'elle n'utilise pas de radiation ionisante.
Par rapport à l'échographie, elle a l'avantage d'être insensible aux “écrans” osseux ou gazeux.
Elle offre une excellente résolution spontanée en contraste entre sang circulant, parois myocardiques, graisse
péricardique ou médiastinale et péricarde.
Elle a cependant certains inconvénients :
- Le patient doit rester immobile dans le tunnel pendant tout le temps d'acquisition des images (en moyenne 45
minutes). Elle n'est donc pas réalisable chez les patients agités, claustrophobes ou instables
hémodynamiquement.
- Elle est contre-indiquée chez les patients porteurs de “Pacemaker”, de clips d’anévrismes vasculaires
cérébraux, et de corps étrangers oculaires ferromagnétiques. La plupart des prothèses valvulaires sont non
ferromagnétiques et ne posent pas de problème, il est cependant nécessaire de savoir de quel type exact de
prothèse le patient est porteur.
Principes et instrumentation
On utilise, dans la majorité des cas, des séquences multi-coupes multi-échos (2 à 4 échos) synchronisés à l'onde
R de l'ECG.
Dans ce type de séquence, chacune des coupes de la pile est acquise à un moment différent du cycle cardiaque
(certaines en systole, d'autres en diastole).