Capacité à rendre attractif le mode de vie américain.

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La mondialisation, architectures, rivalités et
interdépendances
Intro T2 M2 :
I)
Présentation du module 2 : La mondialisation contemporaine : rapports de force et
enjeux.
a) Mondialisation : Il existe 2 approches de la mondialisation : Economique ou géographique.
-
Economique : François Bost (2006) : « Une nouvelle étape du capitalisme et de l’économie
mondiale, marquée par le passage d’une économie internationale à une économie
globalisée, où les Etats-nations perdent leur primauté au profit de nouveaux acteurs »
La mondialisation permet de passer d’une économie internationalisée à une économie
globalisée.
Une économie internationalisée : Une économie qui connait un processus d’accélération des
échanges commerciaux et financiers avec d’autres territoires lorsque ce processus est supérieur
à l’intensité des échanges à l’intérieur des états.
Dans une économie internationalisée : la production dépend encore des marchés nationaux et de la
régulation des états. Donc ce que vous créez est d’abord pour le marché intérieur, et le surplus est
destiné à l’exportation.
Une économie globalisée : une économie marquée par des échanges qui ne dépendent pas d’une
simple circulation d’excèdent nationaux (comme dans l’économie internationalisée), mais qui relève
d’un système de production et de commercialisation qui est à l’échelle mondiale.
Cette économie est possible à la condition qu’il y ait le libre-échange, et dérégulation des marchés.
-
-
Géographique : Laurent Carroué : « Un processus historique d’extension progressive du
système capitaliste dans l’espace géographique mondial». En résumé, La mondialisation est
l’extension du capitalisme au monde.
La mondialisation serait un processus d’intégration et d’interdépendance croissante des
territoires à des flux de toutes natures à l’échelle de la planète.
Capitalisme : doctrine qui serait née à la fin du XVIIIème siècle organisé en 3 éléments :
•Propriété privée des moyens de production
1
•Le rôle central du marché (pour fixer les prix, pour fixer les salaires, pour fixer les quantités
produites)
•Valorisation de l’initiative individuelle, poussant à la recherche du profit
Le capitalisme contemporain est caractérisé par une concentration croissante des entreprises dont
les stratégies de production et de commercialisation se pensent à l’échelle continentale ou mondiale.
b) Mondialisation contemporaine
# « Sociologie de la mondialisation » Romain Lecler (2013)
Ce titre présuppose une mondialisation plus ancienne.
Le terme « mondialisation » apparaît pour la première fois dans The Economist en 1959.
L’époque où le terme se développera vraiment : à partir des années 1980.
Le terme est-il apparût en même temps que la mondialisation ?
Certains auteurs pensent que le terme est né en même temps que la mondialisation en 1980 car :
• Le bloc soviétique s’effondre (et les états qui en naissent adoptent le capitalisme, il y a donc
extension spatiale du capitalisme)
•Très forte augmentation des flux à partir des années 1980-90, et parmi cela les flux des IDE, dont le
volume explose à partir de 1990.
IDE : Flux de capitaux visant à créer une unité de production à l’étranger ou de prendre un contrôle
au moins partiel d’une entreprise à l’étranger. Exemples d’IDE :
-Vous créez une entreprise à l’étranger
-Vous faites l’acquisition d’au moins 10% du capital d’une société étrangère
-Vous réinvestissez des bénéfices faits par une filiale dans son territoire d’implantation
-Toutes les opérations entre la maison mère et les filiales à l’étranger
•1980-90 est le moment où se construit et s’impose ce que l’économiste John Williamson a appelé le
consensus de Washington (1989).
Le consensus de Washington désigne un ensemble de principes mis en œuvre par le FMI, la banque
Mondiale et des fonctionnaires du gouvernement des États-Unis. Ces principes sont là pour relancer
la croissance économique qui existait avant les 30 glorieuses.
Les principes :
-Il ne peut y avoir de la croissance économique que s’il y a un libre-échange (pour développer le
commerce, qui est l’un des moteurs de la croissance économique).
2
-Baisser les impôts pour relancer les investissements.
-Nécessité de dérèglementer le marché pour enlever les lois qui entravent le marché. Ainsi les
capitaux et les marchandises pourraient circuler plus simplement. Cette dérèglementation permet
d’attirer des investisseurs.
-Mise en concurrence des entreprises (qui engendre l’innovation et baisse des prix).
-Les recettes et les dépenses d’un état doivent être équilibrées. (Cela veut dire que l’état en doit plus
avoir de dettes, et donc cela empêche le Keynésianisme qui se fonde sur l’investissement important
de l’état).
Tous ces principes (du consensus de Washington) sont des principes du néo-libéralisme qu’incarnent
Reagan et Thatcher.
Pour Fréderic Lebaron (sociologue de gauche) dans un ouvrage intitulé « Le savant, le politique et la
mondialisation » constate que dans les années 1980-90, la mondialisation est présentée comme un
processus irréversible et inévitable, favorable à tout le monde sur le long terme. Mais Fréderic
Lebaron perçoit ce discours comme un habillage pour justifier le tournant néo-libéralisme.
La mondialisation aurait existée avant l’apparition du terme pour certains géographes :
# « Géographie et géopolitique de la mondialisation » co-éccrit par Laurent Carroué.
D’après ce livre, il y aurait déjà eu une mondialisation au 15ème puis 16ème siècle avec les grandes
découvertes géographique et le commerce maritime.
Il y aurait aussi eu une 2ème mondialisation lors de l’industrialisation de l’Europe. Avec 2 pôles,
Royaume-Uni puis les États-Unis.
Enfin, nous serions maintenant dans un troisième processus de mondialisation.
1) Rapport de force et enjeux :
Ce que nous allons voir est lié à l’affrontement dans le domaine Economique, culturel et politique
dans le monde.
Acteurs de la mondialisation :
♦-Les états :
•Pour Max Weber, l’état est : « Une communauté humaine qui, dans les limites d’un territoire
déterminé revendique avec succès pour son propre compte le monopole de la violence physique
légitime »
•L’état serait à la fois un territoire et l’autorité légitime qui s’exerce sur ce territoire (et sa
population).
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Territoire : Espace délimité soit par des frontières soit par des limites nommées, mis en valeur, géré
et approprié par les populations qui vivent sur ce territoire.
•Selon Rosanvallon, l’état à 4 formes :
-l’état régalien organisateur de la violence légitime. (Droits régaliens = justice, défense du territoire,
frappe de la monnaie).
-L’état instituteur de la cohésion sociale, et développer le sentiment national parmi sa population
-L’état comme régulateur de l’économie.
-L’état providence.
•D’après les économistes, les interventions de l’état relèvent de 3 registres :
-Allocation des ressources.
-Redistribution des revenus.
-Réglementation de l’activité économique.
Les états ont un rôle à jouer dans la mondialisation car ils prennent des décisions politiques et
économiques, participent à des organisations internationales qui sont acteurs de la mondialisation.
Les états peuvent mettre en place des politiques pour attirer les capitaux et les investissements pour
rendre leurs territoires compétitifs. De plus les états peuvent s’organiser collectivement pour
prendre des décisions.
♦-Les organisations internationales :
Elles sont au cœur de la mondialisation. Le FMI et la banque mondiale sont des acteurs de la
mondialisation car ils vont imposer un modèle économique plutôt néo-libérale.
Par exemple : La banque mondiale prête de l’argent à des pays et leur demande de mettre en place
des réformes affectant la gestion de leur économie. De même pour le FMI, qui propose des plans
pour les pays auxquels elle prête de l’argent.
Ces organisations génèrent également de l’interdépendance. Les organisations multiplient donc les
flux, et font donc partie de la mondialisation.
L’OMC joue aussi un rôle majeur. Elle participe très largement à la baisse des taxes douanières. Elle
favorise les flux de services.
♦-Organisations régionales :
Organisation plus ou moins intégrée qui regroupe les états de certaines régions du monde.
On distingue donc les différentes organisations en fonction de leur intégration.
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On distingue par exemple :
-La zone de libre-échange (Avec une diminution ou suppression des barrières douanières
pour une certaine zone)
-L’Union douanière ( avec l’adoption d’une politique commerciale commune envers les pays
tiers, caractérisé par la fixation d’un tarif extérieur commun (TEC) ).
-Le marché commun (Libre circulation des facteurs productifs)
-l’Union économique (avec l’adoption des politiques structurelles et conjoncturelles
communes)
-Union économique et monétaire (harmonisation des politiques fiscales et sociales,
permettant ensuite la constitution d’un pouvoir fédéral)
Elles jouent un rôle car à l’intérieur d’une zone régionale il y a multiplication des flux. De plus les
organisations régionales permettent de développer les relations entre pays qui souhaitent une
collaboration économique. Donc les organisations régionales sont aussi un moyen de protéger et de
gérer son marché intérieur.
♦-Les entreprises :
Une entreprise : Unité de décision économique qui peut prendre des formes différentes. Elle
utilise et rémunère le travail et le capital pour produire et vendre des biens et des services sur
le marché dans le but de réaliser un profit. Dans le cadre de la mondialisation se sont les FTN
qui jouent un rôle particulier.
Les FTN ont fortement augmenté depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Elles ont un
poids important dans l’économie mondiale. On estime qu’elles réalisent le quart du PIB
mondial et réalise les 2/3 du commerce mondial en valeur et embauchent 80 millions de
personnes. Elles sont à l’origine de nombreux flux du fait de la nouvelle DIT et de flux de
capitaux.
II)
Analyse du titre de la 2ème partie
♦La puissance : René Aron définit la puissance comme la capacité d’imposer sa volonté aux autres.
Parler de puissance implique donc de prendre en compte des rapports de force entre plusieurs pays.
La puissance combine 3 éléments :
-Le pouvoir (la capacité de faire les choses)
-L’indépendance (la capacité à résister aux pressions)
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-L’influence (La capacité à faire faire)
Le politiste Joseph Nye distingue 2 types de puissances : Hard Power et Soft Power.
Hard Power = capacité à contraindre les autres pour imposer sa volonté (avec la diplomatie, l’armée,
l’économie).
Soft Power : capacité d’imposer sa capacité aux autres sans contrainte (avec l’influence donc.).
♦Géopolitique : Il y a 2 conceptions de la géopolitique.
-Rudolph Kjellen définit la géopolitique comme la science de l’Etat en tant qu’organisme
géographique tel qu’il se manifeste dans l’espace.
-Yves Lacoste définit la géopolitique comme l’étude des rivalités de pouvoir sur un territoire.
Il y a une différence entre la géopolitique et la géostratégie. Pascal Boniface définie la géostratégie
comme la définition d’une stratégie à partir de données géographiques et la stratégie est la conduite
d’ensemble des opérations militaires.
La géopolitique utilise un certain nombre de concepts et de notions.
Le 1er concept : Territorialité (C’est le rapport individuel ou collectif des acteurs à un territoire | un
espace devient un territoire lorsqu’il est caractérisé par ses acteurs, par exemple si des gens y
vivent).
Jacques Levy distingue 2 types de territoires :
-Les territoires légitimes, ceux qui ont une reconnaissance juridique.
-Les territoires pratiqués, ceux sur lesquels ont se déplace, sur lesquels on habite.
Un territoire est donc forcément pratiqué par des acteurs. Ces acteurs peuvent être un individu, un
état, un groupe d’individu, une entreprise etc…
Les acteurs peuvent avoir des pratiques divergentes de leur territoire, ce qui engendre parfois des
conflits.
Le 2ème concept : La somme des représentations et des pratiques que des acteurs ont de l’espace. Et
les relations d’un acteur. Les relations d’un acteur avec son territoire amène à la compétition avec
d’autres acteurs.
Le concept de frontières et d’interface :
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•La frontière : est une limite qui sépare deux entités différentes. Les frontières sont parfois des lieux
de confrontation entre les populations à travers la volonté de contrôler la frontière ou le territoire
au-delà de la frontière.
•Une interface : est une zone de contact entre deux espaces différenciés qui entretiennent des
échanges.
Le concept de centre et de périphérie :
Le concept de centre et de périphérie repose sur le distinguo entre le centre décisionnel fortement
peuplé, et la périphérie en tant qu’espace dominé.
La géopolitique met en œuvre des démarches spécifiques par échelle (scalaires).
Ainsi les acteurs d’un territoire peuvent se comporter différemment suivant l’échelle que l’on
considère.
Edward Luttwak et Pascal Lorot définissent la géoéconomie. On peut définir la géoéconomie comme
l’analyse des stratégies d’ordre économique et commercial décidées par les états.
On peut identifier un triple but à ses stratégies :
-Protéger l’économie nationale
-aider les entreprises nationales à acquérir de nouvelles technologies
-aider les entreprises à conquérir des segments de marché
Les stratégies visent donc à renforcer le potentiel économique du pays.
La géoéconomie rend donc compte de ses stratégies.
Relations entre géopolitique et géoéconomie :
Géopolitique est liée à :
-Espace
-Territoire
-Puissance
Géoéconomie est liée à :
-Puissance
-Espace
-Economie
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Géopolitique et économie analysent donc les relations entre territoires mais d’un point de vue
différent. Notre monde doit-il dorénavant être étudié grâce à la géoéconomie ?
Oui à l’échelle global, non à l’échelle local.
III)
Les enjeux de la 2ème partie et le découpage en séquences
Les limites chronologiques : 1991 à nos jours.
1991 :
-La disparition de l’URSS et de la guerre froide (qui était une période de tension et de compétition). A
partir de la fin de la guerre froide, la situation géopolitique change. Les USA sont les vainqueurs,
puisque les USA ont fait disparaitre l’URSS et le marxisme-léninisme pour développer les principes
néo-libéraux.
-Mise en place d’un nouvel ordre mondial (les nations-unies étaient l’instrument parfait pour établir
le NWO). Après 1945, le multilatéralisme apparaît et vise à penser l’ordre international comme le
fruit d’une décision collective de la communauté internationale. Au lendemain de la guerre froide, ce
projet de NWO peut connaître un renouveau puisque les institutions qui le promouvaient (GATT,
Nation unies, FMI etc…) ne sont plus gelées par la guerre froide.
1991 c’est l’augmentation massive des IDE, et l’extension massive des économies capitalistes.
L’interdépendance qui résulte de cela ne se fait pas à l’échelle de toute la planète et donc pas au
bénéfice de toute la planète. Ohmae rappelle qu’il y a 3 pôles marqués par le libéralisme (JaponEurope-USA : La triade).
De nos jours :
La situation internationale a clairement changé :
-Remise en cause de la puissance de l’occident, on rentre dans un monde polycentrique (C’est Michel
Foucher, géopoliticien, qui l’explique bien avec l’expression « la grand émancipation »).
-Le projet multilatéraliste porté par les USA a été largement remit en cause par les USA eux même
depuis l’attentat du 11 septembre.
-Crise économique des années 2007-2008 (qui a pour seule comparaison celle de 1929). Cette crise
témoigne-t-elle d’une modification de la mondialisation..?
Comment articuler la question de la mondialisation et l’approche géopolitique et géoéconomique ?
On peut partir des travaux de Laurent Carroué : « La mondialisation fonctionne depuis les années
1960 comme une construction systémique de nature à la fois géoéconomique, géopolitique et
géostratégique structurant un ordre mondial et des logiques de pilotage et d’organisation. »
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La mondialisation se caractérise à la fois par un système géoéconomie, mais aussi par un système
géopolitique et des équilibres militaires.
Leçon 13 : De la Pax Americana à la crise
systémique des États-Unis
Pax Romana désigne une période qui va du 1er siècle Av JC jusqu’au 2ème siècle Après JC, marqué par
une période de paix à l’intérieur de l’empire romain.
Pax americana :
Elle apparaîtra au lendemain de la seconde guerre mondiale. Pendant la guerre froide les USA ont
assurés une pax americana, et à la fin de la guerre froide, les Usa continueront à exercer cette pax
americana à l’échelle du monde fondé sur le multilatéralisme et le rôle de l’ONU. Les États-Unis
auraient donc un empire pour exercer leur pouvoir.
Crise systémique :
Difficultés que connaissent les USA dans le cadre de leur structure (2007-2008).
La remise en cause du consensus de Washington est la deuxième caractéristique de cette crise
systémique. Enfin, il y a une crise de l’hégémonie américaine (avec la question de l’Iran ou de l’Irak,
qui ont moins bien fonctionnés que prévu et ont un coût important).
Intervention des USA au Koweit contre l’Irak ect… Montre que les Usa deviennent une
hyperpuissance (définit par Hubert Vedrine, ministre français du 20ème siècle, comme une puissance
sans concurrent ni précédent). Obama pose clairement l’idée que le monde est devenu
polycentrique, et que les USA ne peuvent plus assurer à eux tout seule la paix. Cependant aucun
problème ne pourra-t-être résolu sans les USA.
Comment les USA ont-ils donc perdu les attribues de leur puissance, et comment doivent-ils se
positionner dans le fameux système géo-politique-économique-stratégique actuel ?
9
I.
La fin de la guerre a bouleversé l’ordre géopolitique mondial
au début des années 1990
A. La puissance des Etats connaît une mutation partielle au début des années
1990
1. Certains attribues traditionnels continuent à définir et à expliquer la puissance d’un état
a)Le territoire et la population, des attributs partiellement opérants
Voir tableau N°4125
Sans maitrise du territoire, avec un réseau dense et performant, vous n’aurez pas de puissance.
Les acteurs qui utilisent les ressources du territoire doivent appartenir au territoire (ne pas être des
FTN).
Mais des pays comme le Japon n’ont pas un grand territoire ni très riche et sont pourtant très bien
développés. Pour que les habitants soient un gage de puissance, il faut qu’ils soient instruits et qu’ils
aient un pouvoir d’achat important
b)Le stock économique et militaire, des attributs toujours valables
Stock économique et militaire : Toutes les données que l’on peut fournir dans le domaine
économique ou militaire.
2. La victoire des USA sur l’URSS impose des attributs culturels et idéologiques à la puissance d’un
Etat
La guerre froide est bien l’opposition entre le libéralisme et le marxisme léninisme.
Le libéralisme se définit comme une idéologie politique (la démocratie libérale, fondée sur la
souveraineté populaire, sur la séparation des 3 pouvoirs et sur le respect des libertés individuelles et
collectives) et économique (Dérégulation, libre-échange, faible intervention de l’état dans le
processus productif)
Le marxisme léninisme développé par Lénine à partir des écrits de Karl Marx : mettre fin à
l’exploitation du processus de production par les bourgeois (le prolétariat). Deux étapes dans le
marxisme :
10
Le socialisme (remplacement du marché par l’état, c’est la planification soviétique) puis le
communisme (disparition de la notion de propriété, ainsi chacun travaille pour la collectivité, l’état
disparaît).
Ces idéologies (marxisme léniniste et libéralisme) s’incarnent dans la politique et l’économie des
états. Si la période de la guerre froide est une compétition, alors il y a aussi compétition entre les
modèles économiques et organisation politique.
A partir du moment où il y a compétition entre les deux puissances, celles-ci vont tout faire pour
promouvoir leur modèle et le rendre attractif (à partir de la coexistence pacifique de Churchill). Pour
rendre le modèle attractif il faut promouvoir les valeurs et les modes de vie qui caractérisent ce
modèle. Les 2 grands souhaitent prouver qu’ils peuvent permettre d’accéder à la société de
consommation. Ils utiliseront le cinéma pour diffuser leurs valeurs. De même pour la musique :
derrière la diffusion de la musique anglo-saxonne, du rock américain. Cette diffusion ce fait de
manière clandestine vers l’URSS.
•La victoire du soft power
Lorsque la guerre froide se termine, les anciens pays marxistes-léninistes vont adopter un modèle
économique marqué par le libéralisme. De ce point de vue, il y a victoire des USA. Une fois que la
guerre froide est finie, il n’y a plus aucun frein à la diffusion de la culture américaine.
•Jamais dans l’histoire des USA le pouvoir de séduction des USA n’a été aussi important. J.Nye écrit
en 1990 un ouvrage qui théorise la distinction entre le hard power et le soft power.
3. Le nouveau contexte économique mondial impose de nouveau attributs économiques
a) La nécessité de relativiser les critères quantitatifs de la puissance
Pourquoi a-t-on longtemps mesuré la puissance d’un état grâce à sa capacité de production.
Dominique Meda a écrit un livre (« La mystique de la croissance ») dans lequel elle mène une
réflexion sur la puissance des états et les rapports avec la production des états.
Elle identifie un certain nombre de facteurs :
-Croyance fondamentale et structurelle dans le progrès économique et social des populations (alors
qu’avant les populations pensaient faire renaitre un âge d’or passé, elles croient maintenant que leur
sort ne peut que s’améliorer).
-La conscience que le travail crée du lien social.
11
-La mise en place progressive de la consommation : on consomme pour pouvoir se positionner par
rapport aux autres.
Voilà pourquoi on mesure la puissance d’un état à sa faculté de production. L’enjeu de la statistique
est alors central, et il n’est donc pas étonnant que les chiffres statistiques de l’URSS soient tous
truqués. Donc pendant la guerre froide la statistique faisait partie des enjeux les plus importants.
Cette approche quantitative est de moins en moins importante aujourd’hui, car :
-On a basculé d’une économie nationalisée à une économie mondialisée.
-Multiplication des flux de toutes natures.
-Nouvelle DIT (Division internationale du travail).
-Déréglementation
Le territoire national est donc de moins en moins le territoire où s’exprime la puissance économique.
Elle s’exprime au niveau mondial dans sa capacité à générer des flux.
b) Avec quoi peut-on mesurer la puissance d’un pays ?
-La puissance économique dans une économie se mesure par l’émission et la réception des IDE
l’IDE mesure le dynamisme des entreprises, du pays et de sa capacité à attirer les IDE (l’Europe attire
beaucoup les IDE).
-La puissance ce mesure avec l’étude de la nature des productions dans le cadre de la DIT :
nature des produits (faible valeur ajoutée, forte valeur ajoutée).
-Compétitivité de l’appareil productif (qui se caractérise par des coûts de production faible, par
l’innovation).
-L’importance de la recherche et développement.
•Aujourd’hui il faut donc considérer la nature de l’activité sur un espace donné.
•Dans le cadre de la mondialisation, la concurrence entre les territoires nationaux est de plus en plus
forte. On peut donc mesurer la capacité de ces états à être plus compétitifs, plus efficace face aux
autres pour gagner des segments de marchés.
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B. De nouvelles grilles de lectures du monde s’esquissent en occident
1. « La fin de l’histoire ?»
Article de 1989 de Fukuyama (philosophe, politiste américain) qui propose une lecture de l’histoire
du 20ème siècle comparable à une lutte entre le libéralisme et d’autres idéologies antilibérales (le
bolchevisme de 1917, le fascisme, régime réactionnaire comme celui de vichy, le marxismeléninisme). Fukuyama montre que lors des affrontements entre le libéralisme et les idéologies
antilibérales donnent toujours pour vainqueur le libéralisme. Fukuyama croit qu’un consensus se
crée autour du libéralisme qui serait à la fois modernisateur, pacificateur et occidental.
Samuel Huntington répond à Fukuyama avec un article qui présente l’idée que l’effondrement du
communisme n’a pas forcément pour résultat le triomphe du libéralisme.
Si les principes du consensus de Washington se sont si facilement diffusés c’est parce que beaucoup
de responsables d’organisations internationales partagent ces idées.
2. Le choc des civilisations
Il a été formulé pour la première fois par Samuel Huntington en 1993. La fin de la guerre froide n’est
pas la fin des guerres mais simplement une mutation des guerres. Ces guerres qui opposent des
nations changent et deviennent des guerres idéologiques. Et ces guerres idéologiques deviendront
pour Samuel Huntington des guerres de civilisations.
Qu’est ce qui fait la civilisation ?
Une identité particulière, une histoire et une religion, des coutumes, une langue et des institutions
ainsi que le sentiment d’appartenance.
Pour Samuel Huntington, l’axe qui va structurer les relations internationales est un monde marqué
par l’affrontement entre civilisation d’occident et monde islamique. Affrontement économique entre
Chine et Occident. Ce point de vue est critiquable car Samuel Huntington défini les civilisations en
fonction de leur religions (ce qui est déjà critiquable) et pourtant sépare l’Amérique latine de
l’Europe alors qu’ils ont la même religion. De plus, le bloc asiatique est fondé d’états qui ne sont pas
solidaires, et qui ne peuvent pas être considérés comme un même bloc. De même pour la civilisation
islamique marqué par de nombreuses guerres, et diffusé par des divergences culturelles
importantes. Enfin, entre civilisations il peut y avoir des communautés d’intérêt.
La réception de cette thèse pour les géopoliticiens et les acteurs politiques :
Cette thèse va avoir une influence importante sur la population, puisque cette thèse date de 1993,
date de la guerre entre USA et Irak au Koweit, et la thèse est donc utile pour Sadam Hussein pour
justifier sa position quant au Koweït. De plus, 1993 est la date du conflit entre les croates, les serbes
et bosniaques. Enfin, cette thèse c’est beaucoup développée avec les attentats du 11 septembre
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2001. Grâce à cette thèse les USA font facilement croire que le terrorisme islamiste dû à l’opposition
entre aires de civilisations.
3. « Logic of conflict, grammar of commerce » (article de 1990)Edward Luttwak
a) La thèse d’Edward Luttwak et sa critique
Il est historien et économiste d’origine roumaine et est l’un des fondateurs de la géopolitique.
Avec la fin de la guerre froide se met en place un nouvel ordre international dans lequel l’arme
militaire est remplacée par l’arme économique pour contraindre. Les états veulent conquérir ou
garder une position enviée au sein de l’économie mondiale.
La première critique que l’on peut faire à cette approche est que les puissances occidentales ne sont
pas seules à pouvoir remporter cette guerre économique. De plus, l’état n’est pas l’unique acteur de
la mise en place d’une stratégie économique c’est sous-estimer le pouvoir des grandes entreprises.
Enfin, cette manière de voir les choses n’est pas l’unique, et que les années 1980 présentent des
enjeux géopolitiques, et la thèse d’Edward Luttwak peut donc et doit donc cohabiter avec d’autres
thèses.
b) L’impact de cette thèse sur les relations internationales
-Cette thèse c’est développée avec la mondialisation qui développe la concurrence entre les
territoires, donc cette thèse de guerre économique prend tout son sens.
-En novembre 1992, Bill Clinton est élu président des USA, et toute sa politique sera organisée en
fonction de cette thèses (avec la réorganisation du secrétariat du commerce, et le développement du
d’une politique commerciale pour les USA et création de l’ALENA en 1994).
-L’OMC est mise en place à la même époque. Les pays appartenant à l’OMC ont beaucoup plus de
contraintes que ceux du GATT (ils sont contraint par des amandes s’ils ne suivent pas les
prescriptions de l’OMC)
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C. Les Etats-unis s’imposent comme une hyperpuissance
1. L’hyperpuissance des USA est à la fois économique, politique et culturelle.
a) Le Hardpower américain
Ce qui montre que les USA possèdent les attributs du Hard power :
-Les USA sont la seule puissance qui au lendemain de la guerre froide sont capables de mener des
opérations militaires d’envergure. Les USA ont la première armée du monde par l’armement, par la
capacité à intervenir partout dans le monde, par sa supériorité technologique.
-La dimension économique : les USA sont sans conteste la plus grande puissance économique du
monde (en 1990). Leur rayonnement économique est très important (se mesure avec l’addition de la
valeur totale des importations et des exportations). Enfin c’est le pays qui a la plus grande capacité à
émettre des IDE.
b) Le soft power américain
Ce qui montre que les USA possèdent les attributs du soft power :
-Capacité à diffuser les valeurs du libéralisme.
-Capacité à rendre attractif le mode de vie américain.
-Capacité à attirer des savants.
2. L’hyper puissance des USA s’explique par plusieurs facteurs :
•Facteurs économiques
-Les Etats-Unis possèdent le premier espace productif du monde.
-L’espace américain abrite 40 % des chercheurs du monde entier.
-Espace et population qui produit, qui consomme et qui diffuse des produits culturels de masse.
-Il y a aux USA 240 des 500 premières FTN du monde.
-L’espace américain émet une monnaie de référence. (Plus de 90% des échanges internationaux se
font en $).
•Facteurs géopolitiques :
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-Les USA ont réussi à s’imposer comme le territoire dominant sur le continent américain et
européen.
-Les USA sont capables de mener des opérations militaires en mobilisant des forces qui créées de fait
des asymétries profondes (potentiel militaire tellement énorme qu’il est disproportionné par rapport
aux autres). Les USA seront considérés comme inattaquables.
c) Un hyper puissance qui s’appuie sur des relais et réseaux.
Ils ont créés et organisés des réseaux. Ils vont maintenir l’OTAN alors que la guerre froide est finit, et
le nombre de partenaire de l’OTAN augmentera même. Dans toutes les grandes autres organisations
internationales, les Etats-unis ont toujours un grand rôle.
La détention des réseaux internet est aussi déterminante.
II. Les USA tente d’imposer une pax americana dans les décennies
1990-2000
A. La Pax americana est une volonté des USA dans un cadre présenté comme
multilatéral
1. La politique étrangère des USA est inspirée par des doctrines héritées du passé.
a) La doctrine Monroe des USA à l’Amérique et à l’Europe
•Contenue de la doctrine Monroe (3 principes) :
(C’est une doctrine qui a été formulée par le président James Monroe qui date de 1823)
-> Le continent américain doit être considéré comme fermé à toutes colonisations de la part de
chacune des puissances européennes.
->Toute intervention européenne en Amérique sera considérée comme un geste inamicale pour les
Etats-Unis et pourra justifier une entrée en guerre des Etats-Unis.
->Les Etats-Unis ne s’occupent pas des affaires européennes.
Les USA ne prônent pas un isolationnisme total mais seulement isolationnistes avec l’Europe.
Isolationnisme : A la fois une théorie et une pratique diplomatique d’un état qui refuse d’intervenir
dans les affaires du monde. Cet état pratique donc la non-ingérence dans les conflits extérieurs.
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Protectionnisme : Différent de l’isolationnisme car il concerne la mise en place de taxes douanières
alors que l’isolationnisme concerne le monde.
Interventionnisme : A la fois une théorie et une pratique diplomatique d’un état qui accepte de
s’engager dans des conflits extérieurs.
Autarcie : Volonté de produire tous les biens et services pour satisfaire sa population sans avoir à
importer.
•La doctrine Monroe va avoir deux impacts :
-Prédominance des échanges entre les Etats-Unis et l’Amérique du sud et centrale avec trois types
d’interventions :
Création d’états :deux états ont été créés par les USA : Cuba et Panama.
On met certains états sous un quasi protectorat (Cuba jusqu’à l’arrivée de Fidel Castro).
Organiser des opérations militaires (Nicaragua, Panama).
Soutien à des dictatures anticommunistes (Pinochet au Chili).
Les USA peuvent soutenir des mouvements d’oppositions à des gouvernements plutôt favorables à
l’URSS. (Financement des Contras au Honduras).
-Les Etats-Unis sont restés méfiants à l’égard de toute forme d’intervention. (ils n’interviendront
qu’en Avril 1917 et à deux reprises dans les années 1920 en Europe pour forcer l’Allemagne à
rembourser la France et le Royaume-Uni, puis lors de la seconde guerre mondiale).
b) La Destinée manifeste permet de justifier toutes les politiques étrangères.
•La Destinée manifeste est une idée qui apparaît dans la presse et les discours politiques au milieu
du XIX siècle. C’est l’idée que les USA se serait vu confier (par Dieu ou par son histoire) la mission de
diffuser leurs valeurs et leurs institutions.
Cette idée repose sur deux postulats :
-Les valeurs et les institutions des USA sont jugées comme supérieures à celles des autres pays.
-Ces valeurs incarne la civilisation à son plus haut niveau de développement (être civiliser c’est vivre
comme un américain).
•Le principe de cette idée de Destinée manifeste peut justifier autant une politique isolationniste
(pour protéger son modèle politique qu’on considère comme le meilleur) qu’une politique
interventionniste (pour diffuser son modèle de valeurs qu’on juge meilleur).
17
c) Le corolaire de la doctrine Monroe permet aux USA de devenir une puissance mondiale
Le corolaire de la doctrine Monroe a été énoncé en 1904 par le président Théodore
Roosevelt dans un message au congrès des Etats-Unis : « Les Etats-Unis n’ont plus à être
neutres mais doivent intervenir lorsque leurs intérêts sont menacés ». La politique du Big
Stick et le corolaire de la doctrine Monroe dispose donc les Etats-Unis à agir de manière
interventionniste lorsque leurs intérêts sont menacés.
d) Le Wilsonisme permet de justifier un interventionnisme au nom des valeurs morales
C’est une théorie et pratique mis en place par le président Wilson : 14 points de Janvier 1918
théorisent le Wilsonisme.
Dans les 14 points :
-Idée de faire disparaître la diplomatie secrète (pour éviter les accords secrets et les alliances).
-La création d’une organisation internationale chargée de prévenir les conflits.
-Liberté de navigation dans les mers et les océans.
-instauration du libre-échange.
-Principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes (anticolonialisme des USA).
Le Wilsonisme est donc : à la fois une doctrine et pratique défendue par le président Wilson selon
laquelle les relations internationales doivent être régies collégialement. Des relations qui doivent
permettre la mise en place du libéralisme politique et économique.
Le Wilsonisme a à la fois des éléments de rupture et de continuer avec les politiques précédentes :
-Rupture avec la doctrine Monroe.
-Idée que la politique étrangère des USA ne doit pas être guidée par la défense des intérêts des USA
mais par des valeurs morales. (Rupture avec le corolaire de la doctrine Monroe).
-Continuité avec la Destinée manifeste
Franklin Delanoë Roosevelt incarne le Wilsonisme, il est plutôt isolationniste et va petit à petit
convaincre les USA du bienfondé de l’interventionnisme (Le texte qui reprend les 14 points de
Wilson : Traité de l’Atlantique de 1940).
Tout acteur politique de la politique étrangère des USA s’inscrit dans ces héritages de doctrines.
2. Le « Nouvel Ordre mondial » de Georges Bush
18
a) Un nouveau contexte international
On est dans une période (1990-1991) de nouvelle détente entre URSS et USA, il y a des rencontres
régulières entre les présidents de chaque pays, et la signature d’accord de désarmements (accords
de Washington en 1987 et Start I en 1991). Il y a aussi un renouveau du rôle de l’ONU (fin du blocage
du conseil de l’ONU).
b) La première guerre du Golfe
Voir document « la première guerre du Golfe »
c) Le nouvel ordre mondial : principe et héritages
•Pour Georges Bush, le nouvel ordre mondial est d’abord un monde post-guerre froide. Ce discours
s’articule sur le monde post guerre froide à travers l’expérience de la première guerre du Golfe (qui
montre l’importance du rôle de l’ONU). Les relations internationales à partir de 1990-1991
pourraient alors être gouvernées par des institutions supra nationales qui permettraient de gérer les
guerres et les relations entre pays.
• Ce nouvel ordre mondial doit être fondé sur des valeurs (notamment le respect du droit
international). Ces valeurs sont très proches du néolibéralisme et doit permettre aux peuples de
disposer d’eux-mêmes. On est dans la continuité du Wilsonisme.
3. L’espoir d’une gestion multilatérale du monde ne garantit toutefois pas la Pax Americana
(p161 à P164)
a) Le multilatéralisme s’incarne dans le renouveau du rôle de l’ONU et dans les organisations
internationales
Multilatéralisme : système de relations internationales qui privilégie les négociations, les
engagements réciproques, les coopérations, les accords entre plus de 2 pays dans le but d’instaurer
des règles communes. Il s’oppose à l’unilatéralisme et au bilatéralisme : Instauration d’une régulation
entre les états, Meilleure représentativité des, intérêts des parties concernées, Intégration favorise
des petits pays, Développé après la 2nd guerre mondiale
Alternative à la guerre et au désordre des relations internationales du a l’absence de gouvernement
mondial
L'ONU devient les gendarmes du monde, augmentant considérablement leur nombre d'intervention
des casques bleus dans le monde. L’Assemblée de l’ONU permet à chaque pays de donner son
19
opinion, chaque voix ayant la même valeur. Les ONG font leur apparition sur la scène mondiale et
secondent l'ONU lors des opérations (Médecins sans frontière, action contre la faim, ..)
b) Les Etats-Unis entretiennent un rapport ambigu à ce multilatéralisme naissant
Les Etats Unis sont à l’origine de différents traités dans lesquels ils imposent leurs volontés. Leur
place dans le conseil de sécurité de l’ONU leur confère un droit de véto et par conséquent un pouvoir
décisionnel pus important que la plupart des pays. Ils cherchent également à contrôler l'ONU à l'aide
de secrétaires généraux qui leur sont favorables. Leurs actions à l’échelle internationale sont donc
motivées la plupart du temps par des intérêts personnels et se battent pour garder leurs privilèges et
leur statut d’hyperpuissance comme avec la lutte contre la prolifération nucléaire. De plus dans
certains cas, les USA tendent vers l’unilatéralisme comme dans leur intervention en Irak refusée par
l’ONU et désapprouvée par la plupart de ses alliés. C’est pourquoi leur hyperpuissance remet en
cause l’idée même de multilatéralisme.
c) Le multilatéralisme et la Pax Americana ne préservent pas le monde des conflits
La pax Americana est fondée sur le multilatéralisme et le rôle de l’ONU et expriment la volonté des
USA de dominer le monde tout en le préservant des guerres. Mais les instances internationales
menées en partie par les USA ne parviennent pas à éviter les tensions régionales comme en Europe
au sein des Balkans à partir de 1991. Les USA sont d’ailleurs contestés dans certains territoires et
sont dans l’incapacité, même à travers les organisations internationales de freiner les mouvements
contestataires.
B. Au tournant du siècle, la Pax Americana est remise en cause
1. Une contestation de nature idéologique se développe
a) Les contestations du consensus de Washington par les mouvements altermondialistes
Depuis les années 1990, il y a une forte contestation de la mondialisation
-On conteste les inégalités de développement entre les PDEM et les PMA.
-On conteste l’exploitation intensive des ressources naturelles.
-On conteste l’uniformisation des cultures.
Dans les années 1990 les gens qui contestent la mondialisation sont appelés les
antimondialistes. Plus tard apparaitront les altermondialistes.
Les USA sont les cibles des antimondialistes et altermondialistes car on considère qu’ils sont
les principaux bénéficiaire de la mondialisation. De plus, le FMI et la Banque Mondiale sont
basés à Washington.
20
b) La contestation des valeurs occidentales par l’islamisme
Voir Document Texte 2 de Pascal Boniface du livre « La Géopolitique ».
1ère guerre du Golfe, présence en Arabie Saoudite des troupes de la coalition pour libérer le Koweït.

Rapports de l’islamisme avec l’Occident

En faveur d’un état théocratique alors que l’Occident prône le régime
démocratique

Refus de la présence d’Occidentaux sur la Terre d’Islam => toute forme
d’intervention militaire sera toujours ressentie comme quelque chose
d’inacceptable (histoire du Golfe persique depuis les années 80-90)

Critique très virulente des états, à population majoritairement musulmane, qui sont
très liés aux Occidentaux
L’islamisme peut prendre différentes formes

Etats : Iran (1979) : république islamiste dirigée par les Ayatollahs [régime chiite
=> clergé hiérarchisé ; grand rôle politique de l’Ayatollah considéré comme un
guide : Ayatollah Khomeiny, Khamenei]

Partis politiques : le Hamas, AKP (Parti pour la justice et le développement en
Turquie)

Mouvements : (pas d’assise territoriale) => ne participent pas à la vie politique et
sont dans des logiques transnationales => Al Quaida
 Seul point commun : rejet des Occidentaux
2. Le 11 septembre 2001 ne constitue pas une rupture géopolitique
a) La singularité des attentats du 11 septembre 2001
Ces attentats visent le bâtiment du Pentagone (ministère de la défense) + les 2 tours+ congrès ou Maison
Blanche
Attentats rapidement revendiqués par le groupe extrémiste, Al Quaida.
1ère fois depuis le XXème siècle que les Américains subissent une attaque aussi massive (seul évènement
comparable : Pearl Harbour).
Le 21ème siècle : la Guerre froide est finie depuis un moment donc il y a moins l’obsession de la guerre
nucléaire, les USA pensent être définitivement sauvés.
Attentats vécus en direct : production d’images inscrites dans le temps > diffusion dans le monde entier et
par conséquent impact sur l’opinion publique
Les USA sont l’objet d’attaques mais cette fois-ci les cibles visées par l’attentat font de cet acte
terroriste la superpuissance des USA.
b) Une absence de rupture géopolitique
21
Les attentats du 11/09 n’ont pas remis en cause la hiérarchie des puissances à l’échelle du monde (usa
restent les premiers). Donc cela n’a pas changé les rapports entre les puissances.
Les attentats ont même renforcé la puissance des USA sur le court terme:

On est plus puissant quand on parvient à mobiliser les Alliés et leur population il y a un ennemi
objectif : l’islamisme

Les USA vont obtenir le soutien de leurs 2 Grandes adversaires de la Guerre Froide : Chine

et Russie
Dans la foulée des attentats, les USA obtiennent le mandat de l’ONU pour traquer les
responsables de l’attentat en Afghanistan.
c) Le terrorisme, une menace stratégique majeure ?
Terrorisme : si l’on suit P.Boniface
=> le terrorisme doit être obligatoirement identifié comme un acte politique, cad qu’il a des motivations
politiques
=> le terrorisme s’exerce à l’aide d’actes violents
=> le terrorisme s’en prend de manière pas toujours ciblée mais indéterminée aux victimes
Le terrorisme n’est pas forcément pratiqué par des groupes infra-étatiques (peuvent être des états)
Analysé comme une forme de guerre asymétrique : remettre en cause l’invincibilité des USA
La finalité du terrorisme est différente de la finalité d’une guerre
L’objectif premier des terroristes est de mobiliser l’opinion publique.
C. La pax Americana devient une volonté Etats-Unis dans un cadre unilatéral à
partir de 2001
1.
Les Etats Unis à la recherche d’alliés pour mener leur croisade contre l’Axe du mal
a)
L’intervention en Afghanistan
Lorsque les Etats-Unis interviennent, la situation est particulière.
Contexte : La frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan a été fixé au moment ou le Pakistan était intégré
dans les Indes Britanniques. Elle sépare en deux une ethnie qui va se retrouver de part et d'autre de la
frontière, les Pashtouns.
30 à 40 millions au Pakistan soit 15% de la population.
15 millions en Afghanistan soit 42% de la population.
Lorsque les Etats-Unis vont intervenir, ils interviennent dans un pays dans une guerre continue depuis 1979.
En 1979, il y a une opération soviétique pour changer de dirigeants communiste. Il reste jusqu'en 1988, date
à laquelle Gorbatchev décide de partir. Pendant cette occupation soviétique, les Etats-Unis vont très
largement armée et financer les opposants aux soviétiques, les Moudjahidin. Ce sont souvent les islamistes
plus ou moins radicaux. Lorsque les soviétiques partent, il y a une période de très grand désordre entre les
différents chefs de guerre. La population va à partir de 96 arriver les talibans au pouvoir. Taliban sont
adeptes d'un islam radical. Ils instaurent un certain nombre de loi pour islamiser le pays. Cela génère dans le
pays une opposition des non Pashtoun. Il va y avoir l'alliance du Nord, l'opposition, dirigé par le commandant
22
Massoud. Il sera victime d'un attentat le 9 septembre 2001. C'est dans ce contexte qu'interviennent les
américains.
L'intervention : Les services secrets, dans la foulé des attentats du 11 septembre montrent que Oussama
Ben Laden est en Afghanistan et il y a des camps d'entrainement de l'organisation terroriste la bas. Les
Etats-Unis vont tous simplement exiger que l'Afghanistan livre Ben Laden. Le refus de ce pays va provoquer
la riposte des Etats-Unis. Les premières frappes aériennes ont lieu dès le début du mois d'Octobre 2001.
Ensuite, les Talibans vont quitter la capital Kaboul, ce qui va permettre aux opposants des Talibans d'en
prendre le contrôle dès le 13 novembre 2001.
Très vite, on va aboutir à une négociation qui va permettre de mettre en place un gouvernement intérimaire
pour une transition vers un régime démocratique. Ce sera Hamid Karzai. Une force internationale sous
mandat de l'ONU sera confié à l'OTAN pour intervenir aussi. C'est la première intervention de l'OTAN en
dehors de l'Atlantique Nord. Ce sera extrêmement difficile d'avoir le contrôle du territoire.
b) La seconde guerre du Golfe
Dans son discours de l'union de Janvier 2002 George W. Bush inscrit l'Irak dans les pays de
l'axe du mal. Ces pays font l'objet d'une double accusation, ils soutiennent le terrorisme
international et ils possèdent des armes de destruction massives. Les Etats-Unis vont obtenir
contre l'Irak sans obtenir un mandat de l'ONU. Très vite les Etats-Unis vont faire savoir à leurs
alliés qu'ils souhaitent mener une interventions contre l'Irak. Ils vont devoir démontrer que
l'Irak menace la paix. Il va donc falloir devoir démontrer que l'Irak possède un stock très
important d'arme de destruction massive. Mais il n'y a aucune preuve. Du coup, 3 pays du conseil
de sécurité sont contre cette intervention, la France, la Russie et la Chine. Cet intervention ne
peut pas avoir lieu sous mandat de l'ONU. La seule solution qui s'offre aux américains est de
menée une intervention sans l'ONU mais avec un certain nombre d'allié. Il y a donc une rupture
manifeste sur le discours d'un nouvel ordre mondial, le fameux idéal de multilatéralisme n'est pas
respecté.
Les Etats-Unis interviennent en 2003 en Irak. Officiellement, 48 pays soutiennent les EtatsUnis dans leurs actions en Irak. Surtout Australie et Royaume-Uni. En 2006, seulement 10% des
effectifs militaires en Irak ne sont pas américains. Dans un premier temps, ils vont bombarder
Bagdad et en prendre le contrôle. Saddam Hussein s'enfuit et est arrêté en décembre 2003.
Donc apparente victoire.
Sauf que les Etats-Unis ne peuvent pas quitter le territoire. Les américain vont donc même
instauré une sorte de protectorat en 2006 et changer de gouvernement. Ils quitteront le
territoire en 2011.
Les enjeux sont doubles :
–
Energétique, contrôle des réserves de pétrole.
–
Géopolitique, contrôle d'un état dans cette région pour contrecarrer l'Iran,
l'Arabie Saoudite, etc.. ;
2. Les états unis sortent affaiblis de ces interventions
a) Les difficultés militaires sur les terrains d’opération
Militairement les Etats-Unis n'ont jamais perdu. Cependant, systématiquement, les américains ont été
obligé de rester pour faire en sorte que la situation de dégénère pas dans la foulé. Ils ne réussissent pas à
faire évoluer la situation.
La découverte par les Etats-Unis que la maitrise du territoire sur lequel se trouve l'armée américaine à un
coup très élevé. Autant un coup Humain que Financier.
Deuxième guerre du Golfe : 5000 américains tués.
23
b) Une remise en cause de la puissance des Etats-Unis
Les Etats-Unis n'ont pas finalement réussi à atteindre tous les objectifs qu'ils s'étaient fixé en
intervenant. L'Irak sort plus divisé et désorganisé que jamais alors que l'objectif était l'inverse. Un
nouveau pouvoir irakien corrompu et inefficace. Partition du territoire selon les kurdes, les chiites, les
sunnites.
Enfin, il y a une opposition très forte entre les sunnites et les chiites dans le pays.
Au lieu d'avoir un pays solide qui se tient tête aux pays autour, l’Arabie saoudite et l'Iran peuvent
instrumentaliser l'Irak.
Avec ces interventions, les Etats-Unis ont perdu la guerre de l'opinion. Il y a aux Etats-Unis et dans le
reste du monde, une hostilité à l’égard de cette intervention
III. Les USA sont confrontés à une crise systémique depuis les années
2000
A. Les USA connaissent une crise structurelle de leur régime d’accumulation
financière à partir de 2008
1. Un nouveau régime d’accumulation financière se met en place aux USA et dans le monde
dans les années 1980
a) Un nouveau régime d’accumulation
Financement de l’économie : Ensemble des ressources utilisées par les entreprises pour financer des
investissements.
•Un investissement peut servir à développer des équipements, ou les renouveler.
L’entreprise peut faire un investissement de plusieurs manières :
-
-
auto financement. (on utilise ses propres fonds, ceux que l’entreprise a épargnés, pour
financer l’investissement). Souvent l’autofinancement ne suffit pas à financer totalement les
investissements, ils empruntent donc.
Augmentation du capital social.
Emprunt aux banques (il faudra rembourser une certaine somme qui comprend un intérêt.)
Si vous êtes dans une logique de financement externe,
Vous pouvez avoir le financement intermédié :
-
Emprunt aux banques (il faudra rembourser une certaine somme qui comprend un intérêt.)
Ou sur le financement direct :
-
Achat de titre par des agents non financiers (des entités qui ne sont pas des banques)
24
•Jusqu’aux années 1980, dans les PDEM, on constate que le financement de l’économie se fait par
l’endettement (on parle d’économie d’endettement).
•A partir des années 1980, le financement se fait dans le cadre d’une économie de marchés
financiers (qui s’oppose à une économie d’endettement). Dans les années 1980, plusieurs facteurs
incitent à recourir à la bourse :
-Augmentation des taux d’intérêt
-Une vague de privatisations dans plusieurs pays (ces entreprises ont été rachetées par l’achat
d’actions).
-Mise en place de nombreuses entreprises financières qui achètent et revendent des actions.
-L’évolution générale du cours des actions en bourse.
b) Le développement des logiques spéculatives
Dès 1980, il y a une prise de conscience des dangers du financement de l’économie par le marché
boursier. Le danger, c’est que ce système génère régulièrement des crises liées à la spéculation. Le
marché boursier est initialement là pour aider les entreprises à se financer. Mais lorsqu’on est dans
un souci de spéculation, on engendre des bulles spéculatives à cause de nos investissements sur le
court terme. On met la pression à l’entreprise pour qu’elle génère du profit sur le court terme et on
défavorise l’investisseur sur le long terme.
2. La crise de 2008 remet en cause se régime d’accumulation financière
(3D)
A Partir des années 1980 se met en place la globalisation. Cette extension s’explique par la possibilité
pour les banques, les assurances, les fonds de pension d’être mis en relation sur un même marché,
puisqu’on a supprimé une grande partie de la réglementation qui empêchait auparavant la rencontre
sur un même marché : Déréglementation.
Désintermédiation : Accès direct des entreprises au financement plus par endettement mais par
émission de titres sur le marché.
Décloisonnement : Suppression du cloisonnement classique entre le système de crédit et boursier.
(Définition à reprendre sur Cécile).
25
Ce système des 3d a permis la libre circulation des capitaux, et aussi grâce à l’abolition du contrôle
d’échange et à la suppression des mesures qui empêcheraient les mises en relations des banques
entre elles.
b) La crise de 2008
Voir Polycop organigramme
c) Les Etats-Unis et la crise 2008 : La remise en cause de la puissance des USA ?
Les Etats-Unis, dans l’esprit des gens de la planète, sont jugés comme responsables de la crise,
puisqu’ils ont été incapables de gérer et contrôler leur marché financier. De plus, cette crise
financière va nécessiter de gros efforts de la part de l’état américain. Conséquence : La situation
budgétaire va devenir très compliquée. Il va donc rapidement émerger l’idée que les USA n’ont peutêtre plus les moyens de leur ambition planétaire en terme militaire. Une autre prise de conscience
qui date des années 1980 : « Les présidents ont établi un lien entre la richesse et la puissance à
l’échelle du monde ».
B. Le modèle néolibéral promu par les Etats-Unis est remis en cause par la crise à
partir de 2008
1. Le modèle néolibéral se forge dans le monde anglo-saxon et se diffuse au reste du monde
depuis les années 1980
Dans les années 1950-1960 en occident, la pensée économique est surtout néokeynésienne. Cette
pensée sera remise en cause par différents économistes qui ont tous en commun des critiques des
interventions économique de l’état (les néolibéralistes). Ils considèrent que l’état a un rôle trop
important.
Le néolibéralisme rassemble plusieurs courants :
-Monétariste (avec comme leader Milton Friedman, qui pense qu’il doit y avoir stabilité des prix pour
renouer avec la croissance économique. Il ne souhaite donc pas l’inflation. Il considère que l’inflation
des années 1970 est due au rôle que prend l’état, et notamment l’important déficit budgétaire de
l’état, la création trop importante de monnaie par la banque centrale, et la modération des taux
d’intérêts par l’état. L’inflation est donc surtout due à l’augmentation de la masse monétaire.
26
Friedman propose donc d’arrêter de faire baisser les taux d’intérêts, de réduire la masse monétaire
et de réduire le déficit budgétaire).
-Le néolibéralisme d’Hayek (il considère que l’interventionnisme étatique pose 3 problèmes :
l’intervention de l’état est partiale, arbitraire et n’est pas au bénéfice des plus faibles + l’état
engendre du chômage, car il fixe un salaire minimal et exclu ainsi du marché du travail ceux dont la
productivité est inférieur au travail qu’ils méritent + L’intervention de l’état nuit à l’esprit d’initiative
et à la productivité des individus)
-L’école des choix publics (représentée par Tullock et Buchanav. Ils vont essayer de démontrer que
l’idée selon laquelle l’intervention de l’état est plus efficace que celle du marché est fausse. Ils
constatent que les services publics sont moins efficaces que le privé. Il faut donc remettre dans le
domaine marchand tout ce qui peut y être mit, et mettre au maximum les services en concurrence
les uns les autres).
- Théorie de l’offre (Arthur Laffer et Gider représentent ce courant. Ils veulent un retour à la « loi de
Say » (L’offre crée sa propre demande). Il faut donc tout faire pour pousser les individus à produire. Il
va falloir très fortement limiter les prélèvements obligatoires.
Tous ces économistes sont américains ou ont fait carrière aux USA. De plus, une partie de ses
économistes ont été conseillés de président des USA, ou ont inspirés les acteurs économiques des
USA. Hayek reçoit en 1974 le prix nobel d’économie, et Friedman en 1976.
Reagan et Thatcher appliqueront ces concepts néolibéraux.
Jacques Chirac est d’abord inspiré par le keynésianisme dans les années 1974-1976, puis néolibéral
par la suite.
2. La crise sape les bases idéologiques du modèle néolibéral
a)Les limites de la déréglementation
Il y a un marché financier qui joue un rôle fondamental pour les néolibéraux. Pour eux il est capable
de s’autorégulé, il n’a pas besoin d’intervention extérieur pour fonctionner. Or, en 2008, on voit que
le marché ne s’autorégule pas toujours correctement. Il faut donc recourir à l’état pour régler les
crises.
b)Le retour du rôle de l’Etat
L’Etat est intervenu de trois manières pour juguler la crise :
-nationalisation des entreprises, des banques.
-Prêter des capitaux aux entreprises pour permettre d’éviter une crise généralisée.
-L’état va accompagner les conséquences sociales de la crises
27
Les Etats-Unis ont très largement été amenés à disqualifier les interventions de l’état. Avec la crise de
2008, l’état est remis au centre de la scène économique.
C. La domination géopolitique et stratégique de Etats-Unis est moins affirmée à la
fin des années 2000 (manuel P167-168)
1. L’hyperpuissance des Etats-Unis ne sort pas renforcée de leurs interventions militaires.
a)Un colosse au pied d’argile ?
Dans les années 2000, il y a deux interventions majeures : Iran et Irak. Elles ont toutes les deux
montrée que les USA n’étaient pas capables de maitriser un territoire occupé. Ces deux interventions
ont donc montrés que la suprématie militaire des USA est inutile face aux formes de guerres
asymétriques que leurs ont opposés les forces iraquiennes (attentats et terrorisme).
On constate aussi qu’il y a deux écoles de pensées lorsqu’il s’agit d’analyser la puissance américaine.
La première consiste à dire que les USA sont en déclin, rattrapé par la chine. Les USA sont minés par
des problèmes économiques, qui les empêchent d’entretenir leur leadership sur le monde. Zakaria
(journaliste) écrit dans le « monde post-américain » défend cette thèse.
La seconde consiste à penser que les USA sont en train de s’adapter, et conserve pour les 15 ou 20
années à venir une suprématie qui ne devrait pas être remise en cause par la Chine. Joseph Nye
considère que cette théorie est fondée parce que les USA ont un softpower très important.
b)Un softpower dilapidé ?
Les interventions menées par les USA en Irak ont été mené contre des terroristes, dans le sens des
valeurs occidentales. Sauf que l’opinion internationale a retenu le manquement des USA à l’égard de
ces valeurs (démocratiques notamment, avec la prison de Guantanamo). On comprend donc que les
USA ont perdu de leur softpower.
Obama l’a bien compris et va prendre ses distances à l’égard de cette politique étrangère menée par
George Bush (il s’engage à ce que les soldats quittent l’Irak, à fermer Guantanamo). Au Caire en
2009, Obama a déclaré qu’il avait la volonté de renouer des liens avec les pays de l’Islam.
28
2. Les Etats-Unis doivent définir une nouvelle politique étrangère
a)Maintenir le leadership global
Lorsque le président Obama se dit que les USA doivent se contenter de maintenir leur leadership
global, il fait un double constat : Les USA ne sont plus capables financièrement d’exercer un
leadership effectif et précis (la guerre).
Le leadership global va se faire avec les autres centres du monde. Ce serait un leadership dans un
cadre multilatéral. L’effort des USA n’a donc plus à être aussi élevé qu’avant. Les USA voient donc
leur budget militaire baisser.
b)Pratiquer le leadership en coulisse
En 2011, on a clairement vu s’imposer le leadership en coulisse, c’est-à-dire que :
La France va mener un certain nombre d’opérations militaires en Libye. Les USA vont optés pour une
posture d’accompagnement (livraison de matériel, renseignement et utilisation de drones). Ainsi
l’Amérique n’engage aucuns soldats américains. Il y a donc une inflexion de la politique étrangère des
USA.
29
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