MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES ET EUROPEENNES
DIRECTION DE LA COMMUNICATION ET DU PORTE-PAROLAT
SOUS-DIRECTION DE LA COMMUNICATION ET DE LA DOCUMENTATION
pas prêtes d'être appliquées à l'insu d'une personne ! Pas d'inquiétude à avoir, donc, sur le plan des
libertés individuelles, mais un grand espoir pour les patients tétraplégiques ou atteints du syndrome
d'enfermement (looked-in), qui pourront bientôt, avec l'aide des interfaces cerveau-machine,
commander un ordinateur ou un robot par la simple pensée».
Les maladies du cerveau sont fréquentes, souvent sévères et diverses dans leur manifestation et
leur origine. Affections neurologiques ou troubles psychiatriques concernent chaque année une part
croissante de la population mondiale. Pour trouver le moyen de guérir le cerveau, les scientifiques ne
négligent aucune piste : greffes de neurones, protéines réparatrices, électro-stimulation thérapeutique
de zones cérébrales, médicaments du futur…
A l'Institut de physiologie et biologie cellulaires de Poitiers, dès 2007, une équipe du CNRS
avait déjà réalisé, avec succès, une greffe de fibres nerveuses de neurones embryonnaires dans le
cerveau d'une souris adulte. Des travaux qui ouvrent des stratégies nouvelles pour reconstruire des
voies nerveuses centrales endommagées et traiter certaines maladies neuro-dégénératives comme celle
de Parkinson et d'Huntington.
C'est une autre prouesse qu'a réalisé l'an dernier l'équipe du Laboratoire Neurobiologie des
processus adaptables sur un rat présentant une lésion du cerveau qui perturbait le contrôle de ses
mouvements. En y injectant une protéine cérébrale de la famille des neurotrophines, de nouvelles
connexions neuronales se sont créées dans la zone dégradée. Cet exploit représente un bel espoir,
notamment pour le traitement des traumatismes crâniens et des accidents vasculaires cérébraux.
Parallèlement à l’utilisation de ces nouvelles techniques, les chercheurs continuent d'explorer la
voie de la pharmacologie, très active pour lutter contre la maladie d'Alzheimer qui affecte la mémoire,
le langage et la capacité de jugement. Les traitements actuels de ces symptômes ciblent
l'acétylcholinestérase, une enzyme essentielle à la transmission du signal nerveux en charge de ces
fonctions cognitives.
L'équipe grenobloise de l'Institut de biologie structurale Jean-Pierre Ebel, associée à une équipe
israélienne, a réussi à observer l'acétylcholinestérase en pleine action, en août 2008. Des résultats
complétés, en 2009, par une découverte majeure : celle d'une molécule dont l'injection à des souris
malades par une équipe franco-américaine a conduit à un rétablissement des capacités cognitives
perdues.
Les pathologies psychiatriques sont également concernées. Les scientifiques de l'Institut de
génomique de Montpellier (CNRS) viennent ainsi de prouver la capacité d'une nouvelle molécule
synthétique à bloquer le récepteur cérébral de la vasopressine, une hormone impliquée dans la
dépression. Autre piste prometteuse : la stimulation cérébrale profonde. Cette technique, destinée au
traitement de la maladie de Parkinson, consiste à implanter deux électrodes dans le cerveau, puis à les
relier à un stimulateur placé sous la peau. La simulation cérébrale profonde, expérimentée par divers
laboratoires en France, suscite aussi de nombreux espoirs pour traiter les troubles obsessionnels
compulsifs.
Annik Bianchini