I. Introduction. II. Les effets de la catégorisation sociale. A. Définition

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L’approche cognitive des préjugés. Cours 3.
I. Introduction.
Le but est d’établir l’origine des préjugés, la nature des processus qui produisent le préjugé. Dan cette
perspective le préjugé est considéré comme un fait social : On tente de déterminer le processus particulier qui
pousse les gens à catégoriser et comment ils le font.
La question que pose cette approche est : Est-ce que la catégorisation sociale provoque un biais de formation des
préjugés ? On cherche les processus généraux, qui nous amènent aux préjugés. Le préjugé nous renvois a une
appartenance social, on cherche le processus selon lequel les sujets affectent d’autre sujet a un groupe ou à un
autre, et est ce que la catégorisation sociale ne provoque pas de biais de formation de préjuger?
II. Les effets de la catégorisation sociale.
http://www.psr.jku.at/psrindex.htm : Papiers sur la catégorisation sociale.
http://www.unige.ch/asso-etud/adepsy/socialeresume.doc : Cours de Mugny.
Une grande partie de cette section est tirée des notes de cours de Oliver Klein :
http://www.ulb.ac.be/psycho/psysoc/oldocs/Cours%202001-2002.pdf
A. Définition.
Catégoriser consiste à regrouper des objets dans différentes classes sur base d’un jugement de cohérence. On
placerait donc les individus qui nous entourent dans l’un des tiroirs que réserve notre cerveau au classement du
genre humain. La catégorisation sociale désigne spécifiquement la catégorisation des êtres humains qui nous
entourent. Les stéréotypes ne peuvent apparaître que si l’on place les individus dans des catégories. Pour
comprendre les stéréotypes, il faut donc comprendre pourquoi on catégorise.
B. Fonction de la catégorisation.
C’est Gordon Allport (1897-1967) qui, le premier, insiste sur les processus cognitifs impliqués dans la
catégorisation. Selon Allport (1954), la perception peut être guidée par des attentes et des croyances préconçues.
Dans ce cas, elle tend à sélectionner des éléments particulièrement pertinents par rapport à ces attentes, à les
accentuer et à les interpréter en accord avec celles-ci. Ainsi, une vieille dame repère-t-elle chez une jeune femme
légèrement bronzée des traits “négroïdes”, les “exagère”, et interprète ensuite son comportement (ramasser un
papier que la vieille dame à fait tomber) comme un indice de la servitude innée des Noirs ! Pour Allport, le
processus de catégorisation est une composante essentielle des stéréotypes. Les catégories désignent une “classe
accessible d’idées associées qui, dans son ensemble, nous permet de nous adapter quotidiennement”. Les
catégories rempliraient deux types de fonctions selon Allport (ces fonctions sont encore aujourd’hui reconnues
comme essentielles) :
1. Une fonction d’orientation et d’ajustement.
De même que la catégorisation des objets physiques nous aide à nous adapter à notre environnement, la
catégorisation sociale serait nécessaire à notre ajustement social. Elle permettrait d’interagir au mieux avec les
membres d’autres groupes. Ainsi, sachant que mon invité est musulman, je ne vais pas lui imposer de manger du
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porc. Savoir catégoriser correctement peut être vital: imaginez comme il est crucial d’identifier le groupe
d’appartenance d’une personne lors d’un conflit armé!
2. Une fonction d’économie cognitive.
La catégorisation apparaît comme un raccourci économique qui permet de faire appel à des connaissances
stockées en mémoire sans se concentrer sur tous les attributs de la personne. Faire appel à l’information
catégorielle serait à la fois plus simple et plus efficace que d’analyser chaque personne dans son individualité. En
réalité, nous n’aurions ni le temps ni les ressources suffisantes pour nous concentrer sur les caractéristiques
individuelles de chacun. En accord avec cette fonction, les catégories sociales auraient une tendance marquée à
être les plus globales et les moins différenciées, à assimiler le plus d’éléments possible. Il serait plus aisé d’un
point de vue cognitif de fonctionner avec des catégories très globales et peu nombreuses qu’avec une multitude
de catégories différenciées. En outre, les catégories nous conduisent à identifier les individus comme membres
d’une classe plutôt que comme individus uniques. Ceci nous incite à attendre de la cible les comportements et les
traits que nous associons à cette catégorie et à nous y montrer particulièrement attentifs. Dans cette perspective,
qui reste populaire de nos jours, la catégorisation suppose une forme de “ perte d’information ”. Elle simplifie la
réalité.
C. Les conséquences de la catégorisation.
Deux des conséquences essentielles de la catégorisation sont l’homogénéisation intracatégorielle et
l’accentuation inter-catégorielle.
L’homogénéisation est la tendance à envisager les individus appartenant à une même catégorie comme plus
similaires entre eux (par rapport à une situation dans laquelle ils ne sont pas catégorisés). Le principe
d’accentuation est la tendance à envisager les membres de catégories différentes comme plus différents que s’ils
n’étaient pas catégorisés.
1. Expérience de Tajfel et Wilkes : Accentuation inter-catégorielle.
L’expérience de Tajfel et Wilkes (1963) illustre ce processus d’accentuation.
Ces auteurs ont présenté séparément 8 lignes de tailles différentes et demandent à leurs sujets d’évaluer les tailles
de ces lignes. T
rois conditions expérimentales sont créées :
1. Condition “ classified ”, les quatre lignes les plus grandes sont accompagnées d’une lettre “ A ” et les
plus petites d’une lettre “ B ” : en d’autres termes, elles sont catégorisées dans deux classes.
2. Condition, “ random”, les A et les B sont associés aléatoirement aux lignes sans qu’il n’y ait de
correspondance à la longueur.
3. Condition “unclassified ”, aucun label n’est présent.
Tajfel et Wilkes ont comparé les jugements moyens des sujets à la longueur effective des lignes et observent une
tendance, dans la condition “ classified ”, à percevoir une différence plus importante que la réalité entre les
lignes adjacentes aux deux catégories (les lignes 4 et 5, par ordre de grandeur).
Cette accentuation ne s’observe pas dans les deux autres conditions, ce qui tend à suggérer que la catégorisation
produit une tendance à percevoir les différences entre des objets catégorisés dans deux classes différentes comme
plus élevées qu’elles ne le sont réellement.
En revanche, on n’observe pas de minimisation des différences intracatégorielles.
Cette expérience est utilisée régulièrement pour rendre compte des conséquences cognitives de la catégorisation.
Toutefois, elle n’a jamais été répliquée avec succès : dans la plupart des cas, la catégorisation n’avait aucun effet
sur le jugement. Comment cela se fait-il ? Il est possible qu’un détail de procédure soit responsable de l’échec de
ces réplications : les sujets, britanniques, de Tajfel et Wilkes, devaient effectuer leurs estimations en centimètres,
une unité de mesure avec laquelle ils étaient fort peu familiers. Il devait donc être fort difficile pour eux
d’effectuer des jugements dans cette unité. Or, n’oublions pas que l’information catégorielle remplit une fonction
d’orientation et permet de faire face à des situations d’incertitude. Les sujets de cette expérience auraient donc
pu avoir recours à la catégorie afin de résoudre l’incertitude liée à la tâche de jugement dans une unité peu
familière.
Cette hypothèse a été testée dans une expérience de Corneille, Klein, Lambert, et Judd (sous presse) : dans cette
expérience, la familiarité avec l’unité a été manipulée indépendamment de la classification : la moitié des sujets
devaient effectuer des jugements en centimètres et l’autre moitié en pouces. Par ailleurs, la moitié des sujets dans
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chacune de ces conditions étaient américains (familiers avec les pouces mais pas avec les centimètres) et l’autre
moitié belges (familiers avec les centimètres mais non pas avec les pouces). Corneille et al. n’ont observé l’effet
d’accentuation par rapport à la condition contrôle (“ unclassified ”) que dans les conditions de non familiarité
(américains jugeant en centimètres et belges en pouces). Cette expérience permettrait donc d’expliquer les
échecs répétés des nombreuses tentatives de réplication de l’expérience de Tajfel et Wilkes.
2. La catégorisation ne produit pas forcément un biais cognitif.
Quand est-ce que les gens agissent en fonction d’une auto catégorisation particulière de soi ? Quand et
comment ?
3. L’effet d’homogénéisation de l’exogroupe
L’une des conséquences de la catégorisation sociale est la tendance à percevoir les individus appartenant à un
même groupe comme plus semblables l’un à l’autre que ce qu’ils ne sont “ vraiment ”. Ces impressions inexactes
semblent être dues en partie au fait qu’elles nous permettent d’effectuer des distinctions plus claires entre les
membres de différents exogroupes.
Toutefois, cette tendance est plus marquée pour un exogroupe que pour un endogroupe : on perçoit les membres
d’exogroupes comme plus semblables que les membres de l’endogroupe. C’est ce que l’on qualifie d’effet
d’homogénéisation de l’exogroupe. Par exemple, les hommes ont tendance à percevoir les femmes comme plus
semblables l’une à l’autre que les femmes. Inversement, les femmes perçoivent les hommes comme plus
semblables qu’elle ne perçoivent les hommes.
Dans certains cas, cet effet s’explique par le fait que les individus ont moins de contacts avec les membres de
l’exogroupe qu’avec ceux de l’endogroupe. De ce fait, ils ne peuvent guère prendre connaissance des différences
entre ces individus. Ceci, néanmoins, n’explique pas totalement l’effet. Celui se produit effectivement dans des
groupes artificiels créés en laboratoire (dans quel cas les membres de chaque groupe n’ont eu guère l’occasion
d’interagir) ou lorsque les groupes concernés sont liés au sexe (alors que, bien sûr, on interagit avec des
membres de deux sexes). Comme, si l’on admet que les individus ont tendance à recourir à la catégorisation
sociale de façon presque routinière, ils ne devraient jamais avoir l’occasion de percevoir la cible en termes “
individuels ” et de prendre connaissance de ses traits personnels. Par conséquent, quand on pense à des
exogroupes, on a tendance à les envisager en tant que groupes – en les comparant à nos endogroupes – plutôt
qu’en tant qu’individus. Une autre explication est fournie par la théorie de l’auto-catégorisation (voir plus bas) :
dans les études portant sur ce sujet, l’évaluation de l’exogroupe se faisait dans un contexte intergroupe alors que
l’évaluation de l’endogroupe se faisait dans un contexte intragroupe. Dans un contexte intragroupe, on a plus
tendance à se percevoir en termes individuels et à envisager les différences entre membres de l’endogroupe.
Haslam et al. (1996) ont ainsi montré que lorsque l’évaluation de l’endogroupe s’opérait dans un contexte
intergroupe, l’effet disparaissait.
Dans certains cas, il peut même s’inverser (Simon & Brown, 1988). Cela se produit surtout lorsque la taille de
l’endogroupe est très petite par rapport à celle de l’exogroupe et lorsque l’endogroupe est fort organisé ou que
ses membres y sont fort identifiés. Selon Simon et Brown, l’appartenance à une minorité menace l’identité
sociale. Une façon de répondre à cette menace, consiste à percevoir l’endogroupe comme une entité, composée
de personnes similaires, tout en percevant l’exogroupe comme une agrégat d’individus distincts. En décrivant
plus volontiers l’endogroupe comme une collectivité unie, on mettrait donc plus en valeur la supériorité de
l’endogroupe, en particulier en ce qui concerne le degré de soutien social et la solidarité présents au sein de
celui-ci. En percevant l’endogroupe comme une entité, l’identité sociale des minorités serait donc mise en
valeur.
Pour mettre cette hypothèse à l’épreuve, Simon et Brown ont divisé aléatoirement leurs sujets en deux groupes
soi-disant sur base d’une tâche de perception de couleurs . Il y avait par ailleurs une estimation du nombre de
points sur un tableau. On signalait aux sujets que les membres de leur groupe et ceux de l’exogroupe différaient
dans cette tâche ainsi que sur d’autres dimensions (l’argent dépensé en vacances, le travail scolaire). Leur groupe
constituait soit une minorité, soit une majorité. L’exogroupe également. Il y avait donc quatre conditions
expérimentales. En effet, les membres de minorités percevaient leur groupe comme plus homogène que
l’exogroupe sur deux dimensions (travail scolaire, perception de couleurs) . Cette différence tendait à s’inverser
chez les membres du groupe non minoritaire. On n’obtenait donc l’effet d’homogénéisation que dans ce dernier
cas. En accord avec l’argumentation théorique de Simon et Brown, les membres du groupe minoritaire se
déclaraient également plus identifiés à leur groupe que les membres du groupe majoritaire.
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D. La formation des catégories.
1. La saillance catégorielle
Le choix d’une catégorie dépendra de deux éléments: son accessibilité et la correspondance (ou adéquation)
entre cette catégorie et la réalité extérieure. L’accessibilité est fonction entre autres des buts que l’on poursuit à
un moment donné (si l’on est à la recherche de l’âme sœur, le sexe constitue une base de catégorisation
importante), de la récence d’activation de cette catégorie (si l’on vient d’évoquer une catégorie lors d’une
discussion, cette catégorie devrait être plus accessible) et de sa valeur émotionnelle dans la définition du soi.
Ainsi nous nous définissons en fonction d’un groupe psychologique : Un groupe qui a une résonance personnelle
et subjective associée l’endossement d’un rôle particulier. L’auto-identification et l’identification, l’autoperception et la perception conditionnement les interactions.
Expérience de Rabbie et Horwitz : On a 8 enfants, on leur demande un travail de groupe, on constitue deux
groupes par répartition aléatoire :
-
G1 : Les bleus (Renforcement positif).
-
G2 : Les verts (Renforcement négatif).
Les enfants ne réalisent pas de tâche interactive finalement, on leur demande simplement de se présenter à l’oral
pendant que les autres jugent leur prestation. A la fin les expérimentateurs proposent d’offrir des cadeaux pour
les remercier de leurs participations mais ils précisent qu’ils n’en ont que quatre (alors que les enfants sont 8 au
total), ils proposent alors de tirer à pile ou face le groupe qui emportera le cadeau, c’est le groupe bleu qui gagne
tous les transistors (renforcement positif). Cette expérience permet de créer des sorts communs, les deux groupes
se différencient et se forment par leur sort.
Il y a bien-sûr une condition contrôle où les expérimentateurs ne parlent pas des transistors.
On compare alors les évaluations des prestations de chacun des enfants (après l’histoire des transistors) :
-
Les Bleus dévalorisent les verts (bizarre…On s’attendait à ce qu’ils aient une attitude plutôt neutre à
leur égard puisque c’est eux qui ont gagné le transistor).
-
Les verts dévalorisent les bleus.
La notion de sort commun est très importante car la formation et l’activation d’un groupe psychologique se
réalise, se caractérise dans une situation de sort commun, il n’y a pas besoin de se connaître, pas besoin de mettre
en compétition.
2. L’antagonisme fonctionnel
La catégorisation aurait pour conséquence d’une part, d’inhiber la perception de différences au sein des
catégories et, d’autre part, d’augmenter la perception de différences entre catégories sur lesquelles les niveaux
inférieurs et supérieurs se fondent. Il existerait donc un antagonisme fonctionnel entre les différents niveaux de
catégorisation. Par ailleurs, le choix d’une catégorisation masque les autres catégorisations possibles au même
niveau de comparaison. Les catégorisations sont concurrentes : lorsque l’une est activée, les autres sont
inhibées. Cela a une utilité fonctionnelle: si plusieurs catégories étaient activées simultanément, notre
compréhension du monde social pourrait être mise à mal. Imaginez que vous soyez un joueur de tennis amateur
et que vous affrontez un individu qui se trouve être votre médecin. Deux catégories sont disponibles : joueur de
tennis et médecin. Si à ce moment vous activez vos connaissances concernant les médecins (“ ils sont intelligents
”, “ils ont fait de longues études ”, “ ils sont bourgeois ”, etc.), cette information, non pertinente par rapport à
votre préoccupation du moment (gagner le match) parasitera votre interprétation de la situation. Cette
perspective suppose que le processus de catégorisation résulte d’une transaction entre la réalité et l’observateur.
La catégorisation donne un sens à une réalité indivisible. Elle ne consiste pas simplement à classer des objets
sociaux isolés. Un même individu ne sera pas catégorisé de la même façon dans des contextes différents.
3. Les biais d’attribution
Nous avons constaté précédemment que l’un des principaux biais dans la perception sociale consiste à attribuer
le comportement d’un individu à des dispositions internes en ignorant les causes externes, comme la situation.
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C’est ce que l’on qualifie d’erreur fondamentale d’attribution. Cette tendance se manifeste également dans les
relations intergroupes. En attribuant les comportements effectués plus fréquemment par les membres d’un
groupe à des causes dispositionnelles5, on en vient à former des stéréotypes de ces groupes.
L’ethnocentrisme semble favoriser ce processus. Pettigrew (1979) qualifie d’erreur ultime d’attribution la
tendance à attribuer les comportements socialement désirables des membres de l’endogroupe à des causes
internes (e.g. dispositionnelles) et les comportements socialement non désirables à des causes externes (e.g.
situationnelles). En revanche, on attribuerait plus volontiers les comportements socialement désirables des
membres de l’exogroupe à des causes externes et leurs comportements indésirables à des causes internes. Voilà
qui permettrait d’expliquer l’émergence de stéréotypes négatifs à propos d’exogroupes.
III. La formation des stéréotypes.
0 L’hypothèse de la distinctivité
Selon David Hamilton, l’illusion de corrélation permet d’expliquer de façon purement cognitive l’émergence des
stéréotypes.
Dans l’une des premières études sur ce phénomène, Hamilton et Gifford (1976) ont présenté à leurs sujets des
phrases décrivant des comportements attribués à des membres de deux groupes: A et B. On présentait
séquentiellement et aléatoirement 13 comportements effectués par des personnes appartenant à A et 26 effectués
par des personnes appartenant à B. Dans les deux cas, près d’un tiers de ces comportements étaient négatifs (non
désirables socialement) et le reste positifs (désirables). La proportion de comportements négatifs était donc
identique dans les deux groupes Hamilton et Gifford ont ensuite présenté chaque comportement à leurs sujets et
leur ont demandé de déterminer au membre de quel groupe elle correspondait. Cette proportion étant
objectivement identique dans les deux groupes, les sujets ne devaient pas être affectés par le nombre absolu de
comportements attribués à chaque groupe. Pourtant, ils surestimaient le nombre de comportements négatifs dans
le groupe minoritaire. Ils estimaient donc à tort qu’il existait une relation entre groupe d’appartenance et type de
comportement.
En outre, lorsqu’ils devaient juger globalement des membres des deux groupes en terme de sociabilité et
d’intelligence, ils fournissaient des évaluations plus négatives des membres du groupe minoritaire que des
membres du groupe majoritaire.
Selon Hamilton et Gifford, ce phénomène s’explique par la « saillance » des événements peu fréquents. Ils
seraient plus distinctifs et attireraient donc plus l’attention. Ils seraient donc encodés plus facilement en
mémoire. Dans notre cas, les comportements de personnes du groupe
A ainsi que les comportements négatifs étant moins fréquents, ils devraient être saillants. Leur cooccurrence
étant moins fréquente encore, elle devrait fortement attirer l’attention. Par conséquent, les comportements
négatifs des personnes du groupe A devraient être particulièrement bien représentés dans la mémoire et
contribuer à une coloration défavorable de ce groupe. En effet, on est moins fréquemment témoin de
comportements négatifs que neutres ou positifs dans notre vie quotidienne. On est moins fréquemment confronté
à des membres catégorisés dans un exogroupe que dans un endogroupe. Par conséquent, les comportements
négatifs effectués par des membres de l’exogroupe seraient particulièrement accessibles et teinteraient
l’ensemble du jugement porté sur cet exogroupe.
La distinctivité est-elle liée à l’encodage ou la mémorisation des stimuli ?
Si la distinctivité opère à l’encodage des stimuli (c’est-à-dire au moment où ils sont traités initialement avant
d’être placés en mémoire) et si, par ailleurs, la rareté d’une classe de comportements détermine leur distinctivité,
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l’ordre de présentation des stimuli devrait jouer un rôle dans l’apparition de corrélations illusoires. Considérons
quatre classes de comportements (groupe A vs. groupe B et positifs vs. négatifs) dont les comportements B- sont
les plus rares. Admettons que tous les comportements B- soient présentés au début de la série (primauté) : au
moment de l’encodage, ils ne seront pas rares et ne devraient pas être distinctifs : il ne devrait donc guère y avoir
d’illusion de corrélation. En revanche, s’ils sont tous présentés à la fin (récence), alors qu’aucun B- n’avait été
présenté précédemment, ils devraient être particulièrement rares, et donc distinctifs. Ils devraient dès lors
entraîner un forte illusion de corrélation. Dans une condition équilibrée, dans laquelle les stimuli B- sont
présentés petit à petit et proportionnellement à leur nombre réel, l’illusion devrait être présente étant donné que
Il semble donc qu’un processus unique (perte d’information ou distinctivité) ne peut pas rendre compte à lui seul
de l’illusion de corrélation mais que différents processus puissent produire celle-ci.
Les cas doublement rares sont les plus distinctifs et cette distinctivité induit une surestimation.
IV. Stéréotype et jugement social.
1. Etude de Darley et Gross, 1983.
On oppose les informations catégorielles aux informations individuelles :
On présente une petite fille dénommée Anna aux sujets. Suivant les conditions on donne ou pas des informations
individuelles.
Informations catégorielles
Informations individuelles.
Modalité 1 : On montre une vidéo
d’Anna réalisant une épreuve type
Cube de Kohs où il est impossible de
déterminer si elle la réussi ou non
Modalité 1 : Le père est médecin, la
mère est avocate. Les sujets visionnent
un film qui montre Anna jouant dans
une banlieue chic etc…
Modalité 2 : On ne montre rien.
Modalité 2 : Le père est ouvrier de
production, la mère fait des ménages.
Les sujets visionnent un film qui
montre Anna jouant dans une banlieue
délabrée etc…
Modalité 1 : On montre une vidéo
d’Anna réalisant une épreuve type
Cube de Kohs où il est impossible de
déterminer si elle la réussi ou non
Modalité 2 : On ne montre rien.
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Au terme de cette phase, les sujets doivent évaluer Anna :
- Quand ils n’ont pas accès aux informations catégorielles, ils ne confirment pas le lieu entre la réussite
scolaire et le milieu social d’origine. Lorsqu’il s’agit de juger un groupe, les gens émettent l’hypothèse
d’une corrélation entre les deux mais lorsqu’il s’agit d’un individu isolé ils ne le font pas.
- Quand ils ont accès aux informations individuelles, les jugements se conforment à la connaissance que
l’on a (ou plutôt croit avoir) à propos de la relation entre réussite scolaire et milieu d’origine. Les gens
interrogés reproduisent l’ordre sociale avec ce qu’ils croient être une information individuelle (en réalité
ce n’est en pas une puisqu’il est impossible de savoir si Anna réussit ou pas sa tâche). Les gens ont le
sentiment de posséder une formation qui individualise la personne, une information diagnostic. On peut
donc conclure que la perception de la performance est affectée par l’information catégorielle.
2. Effet d’encodage : Expérience de Duncan : 1970.
Extrait du Myers et Lamarche : Chapitre 9, page 321 :
Birt Duncan (1976) a demandé à des étudiants blancs de l’Université de Californie, à Irvine, d’observer sur un
écran de télévision ce qu’ils croyaient être une confrontation en direct entre deux hommes. La conversation des
hommes vira à la dispute et l’un des deux finit par bousculer légèrement l’autre. Lorsqu’un Blanc bousculait un
Noir, seulement 13% des observateurs évaluèrent son geste comme un « comportement violent ». Ils
l’interprétèrent plus souvent comme un « jeu » ou un « geste théâtral ». Mais ce n’est pas l’interprétation qu’ils
faisaient quand c’était le Noir qui bousculait le Blanc : 73% des observateurs déclarèrent alors que le geste était
« violent ».
Un même comportement peut être interprété de différentes façons.
3. Biais de recollection : Howard et Rothbart (1980) :
Ils reprennent le principe des expériences d’Hamilton et Gifford, il y a 26 personnes, chacun d’elle doit décrire
sa journée (dans les détails) qu’il ne choisit pas. Bien sûr dans ces descriptions il y a aura d’une part des
conduites valorisées et d’autre part des conduites dévalorisées socialement.
Les sujets entendent ces entretiens, on leur représente ensuite les cibles et on leur demande de se rappeler les
événements qui y correspondent.
On examine le résultat du rappel libre avec un inducteur ( le nom du protagoniste) : Le rappel renvoie le plus
souvent aux événements non neutres, aux comportements connotés socialement. On observe un effet de groupe :
Si celui qui évalue est par exemple un étudiant, il aura tendance à juger moins sévèrement les événements relatés
par un autre étudiants : On accède moins aux comportements négatifs de notre propre groupe.
V. Stéréotypie et autoréalisation des prophéties.
1. Définition.
Etant donnée l’importance que revêtent pour chacun de nous certaines interactions sociales, les individus
recourent à des indices qui permettent de prévoir le déroulement probable de ces interactions. Parmi ces indices,
il importe de prendre en compte les attentes avec lesquelles les individus s’engagent lors d’interactions avec
autrui. Ces attentes peuvent diriger nos pensées et notre comportement avant même que leur validité ait été mise
à l’épreuve par la réalité. Dans certains cas, ces attentes peuvent susciter le comportement qui est lui-même
attendu. C’est ce que Merton (1948) qualifie de self-fulfilling prophecy (SPP), littéralement “prophétie qui se
confirme d’elle-même”.
La SPP implique nécessairement deux acteurs : le percevant, qui adhère à certaines croyances à propos de la
cible, et la cible de ces attentes. Celle-ci agit d’une façon qui semble confirmer ces croyances. Les conséquences
de ces attentes peuvent être séparées en deux catégories :
a. La confirmation perceptuelle : le fait que le percevant pense que ses attentes se sont révélées exactes.
b. La confirmation comportementale : le fait que la cible se comporte de façon consistante avec les
attentes possédées par le percevant.
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Ces deux phénomènes sont particulièrement importants à prendre en compte pour comprendre la persistance des
stéréotypes. Si certains stéréotypes créent la réalité qu’ils décrivent, et si les individus perçoivent ce qu’ils
s’attendent à percevoir en accord avec ces stéréotypes, ceux-ci peuvent devenir extrêmement résistants au
changement.
On peut distinguer quatre étapes dans le processus conduisant à la confirmation comportementale :
a.
b.
c.
d.
Le percevant possède des croyances à propos de la cible
Le percevant se comporte vis-à-vis de la cible comme si ces croyances étaient exactes.
Les cibles adaptent leur comportement aux avances du percevant.
Le percevant interprète le comportement de la cible comme si elle confirmait ses croyances.
Comme le font remarquer Jussim & Fleming (1996), l’une des principales limites des travaux existants sur les
SPP réside dans le fait qu’on a recouru de façon presque exclusive à des situations d’interaction interpersonnelle.
Or, les SPP les plus pernicieuses et les plus influentes concernent des phénomènes intergroupes dans lequel un
groupe, “ percevant ”, dispose du pouvoir d’institutionnaliser ses attentes : par exemple, en ne permettant pas à
certains groupes sociaux l’accès à l’école sous prétexte qu’ils sont “ inférieurs ”, un groupe dominant peut lui
barrer toute possibilité d’ascension sociale et, de ce fait, matérialiser les stéréotypes. Par ailleurs, on peut
également reprocher à ces travaux de recourir à des situations expérimentales dans laquelle la cible n’appartient
pas réellement au groupe cible. Ceci limite naturellement l’applicabilité de ces études à des situations “réelles”.
Sources principales (* : lectures recommandées)
2. Expérience de Word, Zana et Cooper, 1974.
Extrait du Myers et Lamarche :
« Il se peut que les attitudes coïncident avec l’ordre social non seulement pour les justifier mais aussi parce que
la discrimination blesse les personnes visées. Gordon Allport écrivait : « On ne peut ternir la réputation de
quelqu’un sans détériorer son caractère ». Dans son ouvrage devenu classique et intitulé The nature of prejudice,
Allport a catalogué 15 conséquences possibles à l’oppression. Allport croyait qu’on pouvait réduire ces réactions
à deux types de base : Celles qui consistent à se faire des reproches (par exemple, le repli sur soi, la haine de soi,
l’agression dirigée vers son propre groupe) et celles qui consistent à attribuer le blâme à des causes extérieures
(par exemple, rendre coup sur coup, la méfiance et l’arrogance accrue du groupe). Si les résultats nets sont
négatifs, par exemple plus de naissances illégitimes, de foyers désunis et de délinquance, on peut s’en servir pour
alimenter le préjugé et la discrimination qui en sont justement la cause : « Si nous acceptons ces gens dans nos
beaux quartiers, les propriétés vont perdre beaucoup de valeur.
La discrimination touche-t-elle les victimes autant que le suppose cette analyse ? Il nous faut prendre garde de ne
pas exagérer sur ce point, à moins de soutenir la croyance que « les victimes » de préjugés sont nécessairement
socialement déficientes. L’âme et le style de la culture noire constituent pour plusieurs un héritage dont ils sont
fiers et non seulement une réaction à l’oppression (Jones, 1983). Les différences culturelles n’impliquent pas
nécessairement des déficits sociaux. Pendant ce temps, la psychologie sociale n’a pas cessé de démontrer que les
croyances des gens à propos des autres ont tendance à se confirmer d’elles-mêmes. Au cours des expériences de
laboratoire, par exemple, les stéréotypes sexuels des gens peuvent les inciter à traiter les autres de façon) créer la
réalité imaginée (Skrypnek et Snyder, 1982).
Le fait que même la discrimination subtile peut affecter les victimes ressortait clairement de deux expériences
effectuées par Carl Word, Mark Zanna et Joel Cooper (1974). Dans la première expérience, des hommes blancs
de l’Université de Princeton interviewaient des postulants blancs et noirs. En présence d’un postulant noir, les
interviewers s’asseyaient plus loin, terminaient l’entrevue 25% plus tôt et commettaient 50% plus d’erreurs de
langage qu’en présence d’un postulant blanc. Imaginez-vous en train d’être interviewé par quelqu’un qui s’assied
loin de vous, balbutie et termine assez rapidement l’entrevue. Cela affecterait-il votre performance ou ce que
vous pensez de l’interviewer ? Pour le savoir, les chercheurs ont effectué une deuxième expérience où des
interviewers chevronnés se comportaient envers les étudiants comme les interviewers de la première expérience
s’étaient comportés envers les postulants de race noire où blanche. Lorsque, par la suite, on évalua les
enregistrements vidéo des entrevues avec les étudiants, ceux qui avaient été traités comme les noirs de la
première expérience furent jugés plus nerveux et moins efficaces. De plus les étudiants interviewés percevaient
eux-mêmes une différence, ceux qui avaient été traités de la même façon que les Noirs jugèrent leurs
interviewers moins à la hauteur et moins amicaux. Les expérimentateurs en conclurent que « le problème » de la
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performance noire ne se situait pas seulement à l’intérieur des Noirs, mais plutôt dans la nature de l’interaction
en cours ».
La croyance que les victimes n’ont pas à porter le blâme gagne du terrain. Près de trois Américains blancs sur
quatre contestent actuellement la croyance que la raison pour laquelle « Les pauvres Noirs n’ont pas été capables
de surmonter la pauvreté est en grande la faute des noirs eux-mêmes », croyant plutôt que des « décennies
d’esclavage et de discrimination ont engendré des conditions faisant qu’il est difficile pour les Noirs de se sortir
de la pauvreté ». (Dovidio et al., 1989) ».
Vers l’approche intergroupe….
VI. Myers et Lamarche : Est-ce qu’on y voit plus clair avec :
-
« La croyance de base est la suivante : Les croyances stéréotypées et les attitudes fondées sur les
préjugés n’existent pas seulement à cause du conditionnement sociale, elles n’existent pas seulement
pour remplir une fonction émotionnelle en permettant aux gens de déplacer et de projeter leur hostilité,
mais elles sont également le sous-produit de nos processus habituels de pensée. Il ne faudrait pas
supposer que les stéréotypes sont toujours le fruit de la malice. Les stéréotypes constituent plutôt le prix
à payer pour simplifier notre univers complexe. Les stéréotypes, considérés de cette façon, sont grosso
modo analogues aux illusions perceptives, prix que nous payons souvent pour les bénéfices que nous
retirons de notre don perceptif pour la simplification ».
-
Catégorisation : « Dans la mesure où les personnes composant un groupe sont semblables, le fait
d’identifier leur groupe nous permet de mieux prédire leur comportement individuel (…) Tels sont les
bénéfices de la catégorisation, l’obtention d’informations utiles avec un minimum d’efforts. Le seul fait
de diviser les gens en groupes peut susciter de la discrimination, il y a aussi d’autres coûts. Quand il
faut prendre rapidement des décisions, l’utilisation de stéréotypes efficaces mais simplifiés à l’excès
augmente. (…) Cette catégorisation n’est pas en tant que telle, un préjugé. Mais la catégorisation,
comme nous le verrons, sert de fondement au préjugé ».
-
Similitudes perçues à l’intérieur des groupes, différences entre les groupes : « Nous avons tendance
(…) à exagérer les similitudes à l’intérieur des groupes et les différences entre les groupes. En
conséquence, le seul fait de diviser les gens en groupes peut créer l’impression que les membres d’un
autre groupe sont « tous pareils », mais qu’ils sont différents de soi et de son propre groupe. Etant
donné qu’en général nous aimons les gens que nous pensons semblables à nous et n’aimons pas les gens
qui nous semblent différents, nous aurions là le fondement du biais de l’endogroupe. (…) Ce
phénomène du « ils sont pareils, nous sommes différents » est particulièrement marquée chez les
groupes rivaux. La taille du groupe a également son importance, plus le groupe semble restreint, plus le
gens le croiront unifié. »
-
Pouvoir persuasif des stimuli distinctifs : Les gens différents attirent l’attention : « D’autres formes de
perception de la réalité engendrent, elles aussi, des stéréotypes. Les gens différents et les événements
frappants ou extraordinaires attirent souvent notre attention et faussent nos jugements. » (…) Le surplus
d’attention accordée aux gens différents peut ainsi crée l’illusion que ces gens différent davantage des
autres qu’ils n’en diffèrent en réalité. »
-
On n’oublie pas les cas frappants et particuliers : « Le problème, (…), c’est que les exemples
frappants, bien que persuasifs à cause de leur impact plus grand sur la mémoire, sont rarement
représentatifs d’un groupe pris dans son ensemble. »
-
Les événements particuliers engendrent des corrélations illusoires : « Les stéréotype supposent une
corrélation entre l’appartenance des gens à un groupe et leurs traits de caractère. Même dans les
meilleurs conditions, l’attention que nous portons aux circonstances inhabituelles peut engendre des
corrélations illusoires. Comme nous sommes sensibles aux événements particuliers, le fait que deux
événements de ce genre se produisent en même temps est particulièrement frappant, plus frappant que
chacune des occasions où les événements inhabituels ne se produisent pas simultanément. C’est ce
qu’ont démontré David Hamilton et Robert Gifford ( 1976) lors d’une brillante expérience avec des
élèves du collège Southern Connecticut State. On montra aux élèves des diapositives représentant
différentes personnes du groupe A ou du groupe B ayant apparemment posé des actes désirables ou
indésirables. Par exemple, « Martin », un membre du groupe A, a rendu visite à un ami hospitalisé. Il y
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L’approche cognitive des préjugés. Cours 3.
avait deux fois plus d’énoncés décrivant des membres du groupe A que du groupe B, mais les deux
groupes furent associés à neuf comportements désirables pour chaque ensemble de quatre
comportements indésirables. Etant donné que le groupe B et les actes indésirables étaient tous deux fois
moins fréquents, le fait qu’ils apparaissent simultanément, par exemple « Alain, un membre du groupe
B, a cabossé l’aile d’une automobile stationnée, sans laisser son nom » constituait une combinaison rare
qui attirait l’attention. Les élèves surestimèrent ainsi la fréquence avec laquelle le groupe B minoritaire
se comportait de façon indésirable, ils jugèrent donc plus sévèrement le groupe B. N’oubliez pas que les
membres du groupe B ont commis des actes indésirables dans la même proportion que les membres du
groupe A. De plus, les élèves n’avaient pas de parti pris préalable pour ou contre le groupe B et ils
reçurent l’information plus systématiquement qu’en n’importe quelle expérience de la vie quotidienne.
Des études complémentaires ont confirmé ce phénomène de même que son explication, c’est-à-dire que
l’apparition simultanée de deux événements particuliers accapare l’attention (Hamilton et Sherman,
1989 ; Mullen et Johnson, 1988). L’impression négative peut d’ailleurs se généraliser à d’autres
domaines. La corrélation illusoire nous fournit par conséquent une autre explication à la formation des
stéréotypes raciaux. »
-
Les stéréotypes se perpétuent d’eux-mêmes : « Le préjugé est un jugement trop hâtif. Les jugements
trop hâtifs sont inévitables. Personne ne consigne froidement les événements sociaux en faisant le
compte des preuves pour et contre. La réalité est plutôt que nos jugements trop hâtifs influencent notre
façon d’interpréter et de traiter l’information. Lorsqu’un membre d’un groupe se comportent comme
prévu nous en prenons dûment note, la croyance première est confirmée. Lorsqu’un membre d’un
groupe se comporte contrairement aux attentes de l’observateur nous justifions le comportement en
invoquant des circonstances spéciales ou nous l’interprétons faussement de manière à pouvoir conserver
la croyance première.
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