
Semaine du18 janvier – éléments de corrigé
donc prêt à acquérir du bien (1) et à céder du bien (2) en échange. En revanche, si le prix
du bien (1) en bien (2) est supérieur à 4, A est prêt à acquérir du bien (2) et à céder du
bien (1) en échange. En effet, si p1/p2 > , alors p2/p1 <
: le prix du bien (2) en bien
(1) est bien inférieur à son prix de réserve pour ce bien.
Encadré 2 : Kenneth Arrow, 1951, Choix collectifs et préférences individuelles, Calmann-Lévy,
pp. 31-32. « Nature de la préférence et choix.
On adoptera ici le point de vue suivant : la comparaison interpersonnelle des utilités n’a pas de
sens et, à vrai dire, les comparaisons de bien-être sont indépendantes des problèmes de mesure
de l’utilité individuelle. (…) La seule signification véritable que l’on peut attribuer aux concepts
d’utilité concerne la représentation qu’ils donnent du comportement réel ; si l’on peut expliquer
à l’aide d’une fonction donnée d’utilité un comportement, on a largement démontré qu’il peut
être tout aussi bien expliqué par n’importe quelle autre fonction d’utilité, fonction monotone
croissante de la première. Si, en ce sens, il ne peut y avoir d’utilité mesurable, il est impossible a
priori de faire des comparaisons interpersonnelles des utilités ».
Exercice 2 –
Dans la même économie que celle de l’exercice 1, soit un consommateur B dont les dotations
initiales sont (2 , 2) et dont les préférences peuvent être représentées par la fonction d’utilité
uB() de IR² dans IR définie par :
uB(q1, q2) =
.
1. Comparer les préférences de A et de B. Sont-elles identiques ou différentes ? Pourquoi ?
Le fait que uB(4 , 4) = 4 soit inférieur à uA(4 , 4) = 16 signifie-t-il que le panier (4 , 4)
apporte plus de satisfaction à A qu’à B ? Vous répondrez à ces questions en vous appuyant
sur le texte en encadré 2.
Dans le modèle Arrow-Debreu, la fonction d’utilité est ordinale (rappeler définition de la
fonction d’utilité), et non cardinale. Elle indique un ordre de préférence et non l’intensité
de la satisfaction des agents. Cette fonction est donc valable à une transformation
croissante près (rappeler définition d’une fonction croissante) : « si l’on peut expliquer à
l’aide d’une fonction donnée d’utilité un comportement, on a largement démontré qu’il
peut être tout aussi bien expliqué par n’importe quelle autre fonction d’utilité, fonction
monotone croissante de la première » (texte encadré 2).
Or de : uA(q1, q2) = q1q2 et uB(q1, q2) =
,
On déduit que :
uA(q1, q2) = [uB(q1, q2)]².
uA() est donc une transformation croissante de uB().
Il s’ensuit que uA() et uB() représentent la même relation de préférence.
A et B ont donc exactement les mêmes préférences.
L’ordinalité de la fonction d’utilité a pour conséquence que l’on ne peut comparer les
utilités de deux agents différents. Le fait que uB(4 , 4) = 4 soit inférieur à uA(4 , 4) = 16
ne signifie pas que le panier (4 , 4) apporte plus de satisfaction à A qu’à B, parce que, ces
fonctions n’indiquant pas l’intensité de la satisfaction de chacun, mais leurs ordres de
préférence, elles ne peuvent permettre de comparer la satisfaction des deux agents : « l a