n°3346 29 mars 2013

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Catholique
89 e année - Hebdomadaire
n° 3346
- 29 mars 2013
ISSN 0015-9506
france-catholique.fr
FRANCE
Maintenant,
le Président doit
faire un geste !
3€
BRÈVES
FRANCE
politiquE : Malmené dans les
sondages, le président de la
République devait intervenir en
direct sur France 2 le 28 mars.
Dans son rapport annuel sur
l'économie française publié
le 19 mars, l'OCDE s'attaque
au cumul des mandats, aux
régimes spéciaux de retraite
et aux dépenses de santé ; elle
recommande la suppression
des 101 départements.
Sans surprise, la motion de
censure de l'UMP a été rejetée
le 19 mars par l'Assemblée :
elle a recueilli 228 voix.
JuStiCE : La garde des Sceaux,
Christiane Taubira, a annoncé
le 18 mars la fin de l'expérience des jurys populaires en
correctionnelle ; elle souhaite
également en finir avec les
peines plancher.
Le parquet a fait savoir le 19
mars qu'une enquête préliminaire avait été ouverte dès
le 8 janvier pour blanchiment
de fraude fiscale dans l'affaire
Cahuzac. Le ministre a démissionné tout en réaffirmant
son innocence ; il a été remplacé au Budget par Bernard
Cazeneuve qui était chargé des
Affaires européennes.
Dans l'affaire du Médiator,
l'Agence du médicament a été
mise en examen pour homicides involontaires le 19 mars !
Après avoir été confronté à
l'ancien majordome de Liliane
Bettencourt, le 22 novembre
à Bordeaux, Nicolas Sarkozy a
été mis en examen le 21 mars
par le juge Gentil pour abus
de faiblesse et escroquerie au
préjudice de Mme Bettencourt.
ÉCoNomiE : Dans sa note
de conjoncture du 21 mars,
l'INSEE rappelle que l'économie
française est en panne depuis
deux ans et que rien ne permet d'espérer une amélioration
rapide de la situation.
ÉColE : Contrairement à Paris,
la ville de Lille, comme d'autres
grandes villes de province,
n'appliquera la réforme des
rythmes scolaires qu'en 2014 ;
la maire de Lille, Martine Aubry,
souhaite « prendre le temps de la concertation ».
lAïCitÉ : Dans une lettre adressée au Premier ministre le 22
mars, le Défenseur des droits,
Dominique Baudis, demande
une clarification de la loi sur
la laïcité alors que la Cour de
cassation venait d'annuler le
licenciement d'une femme voilée employée dans une crèche
privée.
logEmENt : Le président
Hollande a dévoilé le 21 mars
de plus en plus concernés.
AViAtioN : François Hollande
a tenu à parrainer le 18 mars
à l'élysée la signature d'un
contrat historique de 18,4
milliards d'euros scellé entre
Airbus et la Compagnie indonésienne Lion Air pour la fourniture de 234 Airbus A320 ; la
commande représente 5 000
emplois sur 10 ans.
tÉlÉ : TF1 a arrêté le 22 mars
le tournage de son jeu « KohLanta » après le décès d'un
candidat suite à une crise cardiaque.
ViolENCES : Une enquête a été
ouverte après l'attaque du RER
D à Grigny dans l'Essonne le
17 mars ; inhabituel en Île-de-
20 mesures pour relancer la
construction ; en particulier,
une subvention de 1 350 euros
devrait être accordée aux
classes moyennes pour les travaux de rénovation.
FiSCAlitÉ : Le Conseil d'état a
recommandé le 20 mars que la
taxe sur les très hauts revenus
ne dépasse pas 66,66 %.
SANtÉ : L'alcool est la première cause d'hospitalisation
en France ; selon un rapport
de la Société française d'alcoologie, 400 000 Français ont
été hospitalisés en un an pour
cette raison, soit une augmentation de 30 % en trois ans ;
les femmes et les jeunes sont
France, ce genre d'agression
a déjà eu lieu dans le sud de
la France ; pour bloquer le
train les jeunes agresseurs ont
actionné le signal d'alarme.
2 FRANCECatholique n°3346 29 mars 2013
moNDE
EuRopE : Le plan de sauvetage
de Chypre, conclu avec l'Union
européenne et le Fonds monétaire international le 25 mars,
accorde 10 milliards d'euros
d'aide, préserve intégralement
les avoirs bancaires des particuliers jusqu'à 100 000 euros
mais, au-delà, certains détenteurs de comptes seront taxés
jusqu'à 40 % et certains placements seront gelés et cantonnés dans une « structure de défaisance »... La banque
Laïki, deuxième établissement
du pays, va être liquidée, mais
Bank of Cyprus, la première, est
sauvée. Les Russes vont perdre
plusieurs milliards d'euros et
pourraient prendre des mesures
de rétorsion qui feraient monter les taux d'intérêt dans la
zone euro.
otAgES : Dans un enregistrement diffusé le 18 mars
par ses ravisseurs, le père de
famille enlevé avec six autres
personnes dont quatre enfants
dans le nord du Cameroun, a
évoqué des conditions de vie
très dures depuis leur enlèvement en février dernier.
moyEN-oRiENt : Barack Obama est arrivé le 19 mars en
Israël pour une visite de trois
jours destinée à améliorer ses
relations avec un partenaire
difficile ; il s'est rendu le 21 en
Cisjordanie où il a estimé que
le développement des colonies
juives était un sérieux obstacle à la paix ; il a également
mis en garde le régime de
Damas contre l'emploi d'armes
chimiques.
mAli : Les autorités françaises
cherchaient le 20 mars à vérifier l'annonce de l'assassinat
d'un otage français faite par
Al-Qaida au Maghreb islamique.
tuRquiE : Plus de 250 000
personnes se sont rassemblées
le 21 mars dans le sud-est de
la Turquie pour célébrer l'appel
à la trève lancé par le chef
rebelle kurde Abdullah Öcalan.
CENtRAFRiquE : Paris a
demandé le 23 mars une réunion du Conseil de sécurité à
la suite de l'entrée des rebelles
à Bangui, mais aucune évacuation des ressortissants français
n'était alors envisagée.
J.L.
ÉDITORIAL
SOMMAIRE
ACTUALITÉ
4
5
6
TURQUIE
Le prisonnier d'Imrali
GAUCHE
Front rouge
MANIF POUR TOUS
Maintenant,
le Président doit faire un geste
DOSSIER
10 PÂQUES
Le Chemin de croix d'Henri Guérin
ESPRIT
14 LECTURES
16 MÉDITATION
19 AED
20
22
23 ECCLÉSIA
1re semaine de Pâques
Passion
Passage de témoin
Nuit des Témoins 2013
Année de la foi : vos témoignages
Deux jeunes chrétiens sauvés
au Pakistan
24 LE PEUPLE DE PÂQUES
Les catholiques sorabes
en Haute-Lusace
30 RND
Chroniques de Gérard Leclerc
32 CHRONIQUE DIPLOMATIQUE
Un pape noir ?
MAGAZINE
33 CINÉMA
« Le premier homme »,
« Sous le figuier »,
« Jack, le chasseur de géants »,
« Une chanson pour ma mère »
34 SPECTACLES
35 TÉLÉVISION
« Eurofonik »
36 TÉLÉVISION
38 BLOC-NOTES
Votre début de soirée
« Toy Story 3 »,
« Les cathédrales dévoilées »,
« Manipulations », « L'homme de Rio »
Vie associative et d'Église
Couvertures et pages 6 à 9 : © Michel POURNY
Pascal LAMBOT - LA MANIF POUR TOUS - Grégoire COUSTENOBLE
Écoutez la chronique de Gérard Leclerc,
du lundi au jeudi.
Français,
si vous saviez…
L
A QUERELLE des chiffres ne peut rien au fait que le rassemblement qui s’est produit, ce dimanche 24 mars, est un des plus
imposants qu’ait connu la capitale. Il est significatif d’une
mobilisation des esprits, qui surprend et désarçonne quelque
peu tous ceux qui avaient annoncé que la réforme du
mariage passerait sans aucune difficulté et que de toute façon elle
était inéluctable, puisqu’inscrite dans l’évolution
des mœurs et la marche de la société. D’ailleurs,
certains ne désarment pas face au déferlement
de cette nouvelle résistance à laquelle ils ne
prédisent aucun avenir. Dans six mois, expliquent-ils, tout sera « plié » et même les opposants au projet de loi Taubira se seront résignés
à l’inéluctable. Eh bien, ce qui se passe en ce
moment s’inscrit en faux contre cette arrogance
et viendrait plutôt confirmer ce qu’un Péguy et par Gérard LECLERC
un Bernanos écrivaient de la vocation spirituelle
de la France.
Français, ô Français, si vous saviez ce que le monde attend de
vous ! L’espérance bernanosienne se trouve aujourd’hui confirmée,
au-delà des optimismes superficiels et des pessimismes délétères. Car
elle se fonde sur un réveil des consciences, qui est d’abord celui d’une
certaine France chrétienne, que l’on avait pu croire assoupie, mais
qui s’affirme de plus en plus comme une force en marche. Ce n’est un
secret pour personne que l’essentiel des troupes et des militants du
grand mouvement, qui s’est levé depuis l’automne dernier, provient
des diocèses, des paroisses, des mouvements catholiques. Les pasteurs ont été les premiers à s’engager, en payant de leur personne,
comme cela ne s’était pas produit depuis longtemps. Les timidités,
les pudeurs, voire les peurs semblent comme oubliées, dès lors que le
courage spirituel s’allie avec la lucidité intellectuelle, voire politique.
Des hommes et des femmes de bonne volonté venus d’autres horizons, issus d’autres appartenances, font spontanément alliance avec
les chrétiens. Lorsqu’un Jean-Claude Michéa, au nom d’une certaine
tradition syndicale et ouvrière, dénonce une gauche qui ne trouve
plus « ses marqueurs symboliques que dans le “mariage pour tous”, la
légalisation du cannabis et la construction d’une Europe essentiellement marchande », il fait appel à un autre secteur du peuple français,
qui pourrait bien se trouver solidaire d’une révolte de fond à l’encontre d’une déshumanisation de la société. Le libéralisme moral est
le pendant de cet individualisme rapace que dénonçait un Christopher
Lasch. C’est pourquoi, Frigide Barjot avait bien raison d’affirmer aux
manifestants de dimanche que le monde entier les regardait. C’était
toujours l’écho de Bernanos : « Français, des millions d’hommes à travers le monde ne croient déjà plus à cette civilisation, en attendant de
la haïr. » Haïr, bien sûr, par amour de ce qui fait vivre ! ■
FRANCECatholique N°3346 29 MARS 2013 3
ACTUALITÉ
TURQUIE
par Yves LA MARCK
Le prisonnier d'Imrali
Après l’IRA irlandais et l’ETA basque, le PKK kurde dépose
les armes. Si le Premier ministre turc Erdogan réussit la
paix avec les Kurdes, il prendra place dans l’Histoire.
L
e d i r i g e a n t historique du Parti des
travailleurs du
Kurdistan (PKK),
emprisonné à vie
depuis quatorze ans dans l’île
d’Imrali, en mer de Marmara,
Abdullah Öcalan, a lancé le
21 mars, nouvel an kurde
(Newroz), un appel à déposer les armes. Les éléments
armés du PKK, estimés à environ 5 000, devraient gagner
le nord de l’Irak et y être
désarmés. C’est le résultat
de négociations engagées
avec le Premier ministre turc
depuis octobre dernier. Des
échanges de prisonniers ont
déjà eu lieu. Le processus
sera sans doute encore long
pour mettre fin à un conflit
engagé en 1984 et qui a fait
environ 40 000 morts.
La Turquie ne peut aller
au bout de ses ambitions
européennes et régionales
sans se débarrasser du lancinant problème kurde. Le
Premier ministre Erdogan
en est depuis longtemps
conscient mais il se heurtait
à la résistance farouche de
l‘armée, des nationalistes et
des kémalistes. Pour Atatürk
il n’y avait que des Turcs en
Turquie. C’est le paradoxe de
ce pays que la batterie de lois
anti-terroristes et de dispositifs jugés attentatoires aux
(
droits humains était défendu
par les militaires et les partis
laïques pour cause de répression anti-kurde. L’abolition
de ces lois et pratiques, le
retour déjà assuré des militaires dans les casernes,
seront autant de pas en
avant dans l’instauration
d’une véritable démocratie,
reconstruction de l’Irak, et
spécialement du Kurdistan
autonome. Les partis kurdes
au pouvoir à Erbil sont hostiles
au PKK. Ils sont fondés sur
des appartenances claniques
alors que le PKK se voulait
socialiste et révolutionnaire.
La dynastie des Barzanis, à la
tête du Kurdistan irakien, a
facilitant les relations entre
la Turquie et l’Union européenne.
Il est également vital pour
Ankara de lever l’hypothèque
kurde afin de jouer pleinement son rôle de médiateur
régional. La Turquie est puissamment engagée dans la
des ascendances en Turquie.
Ce n’est pas le cas des Kurdes
syriens (environ 1,7 million)
où le parti qui semble majoritaire dans une zone qui a
déjà acquis son autonomie
par rapport à Damas est une
doublure du PKK. Il s’oppose à
la fois aux peshmergas d’Irak
Ankara veut préempter le chaos syrien
et stabiliser ses frontières
4 FRANCECatholique n°3346 29 mars 2013
et aux islamistes d’Alep et
d'ailleurs. Öcalan avait joui
de l’asile à Damas chez Assad
père jusqu’en 1998*. Le jeu
turc au milieu de toutes
ces composantes perdait en
visibilité et en cohérence.
Ankara veut préempter le
chaos syrien et stabiliser ses
frontières tant avec l’Irak
qu’avec la Syrie (sans oublier
l’Iran qui a aussi une minorité
kurde sévèrement réprimée).
La question kurde intéresse toute l’Europe : on l’a
vu avec l’assassinat en plein
Paris le 10 janvier d’une
des adjointes d’Öcalan et
de deux de ses compagnes.
L’Allemagne compte environ 800 000 Kurdes. Tous les
immigrés étaient depuis des
années sujets aux contributions pour la cause. Le conflit
avait beau se dérouler dans le
quart sud-est anatolien, il se
situait qu’on le veuille ou non
aux frontières de l’Europe.
Ce n’est pas pour rien que
l’OTAN y avait déployé des
missiles anti-missiles servis
par des Allemands.
Faisons un rêve : si Öcalan
peut prétendre à devenir le
Mandela kurde, Erdogan, qui
aspire à être en 2014 élu
président de la République
dans la première élection au
suffrage universel, se voit
déjà promettre un prix Nobel
de la paix. n
* Il n’est pas inutile de
rappeler qu’Öcalan, arrêté
en février 1999 à Nairobi,
était en possession d’un
passeport chypriote grec !
GAUCHE
Front rouge
par Alice TULLE
Le Front de gauche a tenu son congrès les 23 et 24 mars.
Face à l’impopularité croissante des socialistes,
Jean-Luc Mélenchon a radicalisé son discours.
C
le 3 e
congrès du Front
de gauche, qui
réunit les socialistes dissidents
du Parti de gauche et le
Parti communiste, Jean-Luc
Mélenchon a cité Saint-Just et
glorifié Robespierre. Il aurait
aussi pu déclamer le poème
d’Aragon, « Front rouge »,
qui résume bien son objectif
principal : « Feu sur Léon Blum/
Feu sur Boncour Frossard Déat/
Feu sur les ours savants de la
social-démocratie… » Il suffit
de remplacer les noms des dirigeants socialistes de l’époque
par ceux d’aujourd’hui : Feu
sur François Hollande/Feu sur
Ayrault, Sapin, Moscovici.
C’est bien cette attaque
directe contre les ours savants
de la social-démocratie qui
a été menée dans le style
du Parti communiste des
années trente. Ainsi François
Delapierre, secrétaire national du Front de gauche a
dénoncé « les dix-sept salopards de l’Europe » — de l’Eurogroupe — parmi lesquels « il
y a un Français, il a un nom,
une adresse, il s’appelle Pierre
Moscovici et il est membre
du Parti socialiste ». Jean-Luc
Mélenchon est allé beaucoup plus loin, en traitant le
ministre de « petit intelligent
qui a fait l’ENA, qui]ne pense
pas français, qui pense finance
internationale ». Au nom du
Parti socialiste, Harlem Désir
oncluant
a fait part de son indignation
et certains de ses camarades
ont dénoncé une dérive antisémite.
L’ancien candidat à la
présidence se moque bien de
ces accusations. Il pense qu’il
est dans le mouvement de
l’histoire et veut pousser aussi
loin que possible son avantage. L’analyse des dirigeants
que d’attendre, il faut favoriser le mouvement de contestation. « Nous créerons le
conflit partout, le conflit crée
la conscience », répète JeanLuc Mélenchon qui n’oublie
pas sa formation trotskiste — il
est vrai fort atténuée par un
siège de sénateur socialiste
et par un portefeuille dans le
gouvernement Jospin. Mais ce
du Front de gauche est simple :
François Hollande s’est enferré
dans la politique de rigueur et
le gouvernement « emmène la
France à la catastrophe » selon
les mots employés par François
Delapierre. Tôt ou tard, il y
aura une explosion sociale et
le Front de gauche doit être en
mesure de se porter à la tête
des Français révoltés. Plutôt
sont là de vieux souvenirs et en
rompant avec le Parti socialiste, Jean-Luc Mélenchon a
retrouvé sa pureté vindicative.
Au vu de son programme
et de ses imprécations, on
l’accuse volontiers de populisme. Ce n’est pas pour
ébranler le stratège : Jean-Luc
Mélenchon et ses amis estiment qu’une course de vitesse
est engagée entre le Front de
gauche et le Front national
par rapport à laquelle les élections municipales sont d’une
importance secondaire. C’est
aux élections européennes
de juin 2014 que les forces
antagonistes compteront leurs
électeurs : les listes de Marine
Le Pen devraient recueillir le
maximum de voix dans une
élection qui ne porte pas à
conséquence, le Parti socialiste devrait mordre la poussière, l’UMP sera handicapée
par sa guerre des chefs. C’est
dans cette conjoncture que le
Front de gauche tentera de
reconquérir une large fraction
de l’électorat populaire.
Il faut aussi remarquer que
Jean-Luc Mélenchon est en
train de changer de position
sur l’euro. Comme le Parti
communiste, il défendait la
monnaie unique, mais la crise
chypriote et le développement
d’un mouvement anti-euro en
Grèce et en Italie le poussent
à dire maintenant qu’entre
l’euro et la souveraineté populaire, c’est cette dernière qu’il
choisira. Certes, Jean-Luc
Mélenchon ne demande pas
encore que la France sorte de
la zone euro, mais la violence
des attaques portées contre
l’Eurogroupe montre qu’un pas
a été franchi. La concurrence
du Front national est trop
rude pour qu’il lui abandonne
la question de la monnaie qui
pourrait prendre dans l’année
qui vient un tour de plus en
plus passionnel. n
Une course de vitesse est engagée entre
le Front de gauche et le Front national
)
FRANCECatholique n°3346 29 mars 2013
5
ACTUALITÉ
MANIFESTATION DU 24 MARS
Nous venons de participer à la plus
importante manifestation jamais
organisée à Paris depuis 1984. Tout
le monde en convient. Et il y a encore
beaucoup de réserves de mobilisation et
d'énergies intactes, contrairement à tous
les pronostics d'il y a seulement quelques
jours. Beaucoup, parmi les participants
du 24 mars, faisaient là leur première
manif, ce qui est évident puisque nous
étions plus nombreux. Et un assez grand
nombre de ceux qui étaient venus le 13
janvier dernier n'avaient pas pu revenir,
cela s'est moins remarqué. Ce qui veut
dire que pour une prochaine éventuelle
manifestation — on parle du 1er mai ! —
la marge de progression possible est
considérable. Le quotidien Le Monde,
abandonnant tout semblant d'impartialité,
s'est gaussé des 35 « coquilles vides »
qui ont organisé ce mouvement. Sans
6 FRANCECatholique n°3346 29 mars 2013
se rendre compte qu'il rendait ainsi un
bel hommage à la spontanéité de cette
réaction populaire, que des militants
n'ont stimulée et encadrée que dans un
deuxième temps…
Nous ne savons pas ce que le Président
aura dit lors de son intervention
télévisée de jeudi. Mais à l'heure où son
Premier ministre essayait timidement
d'appeler les parlementaires à un certain
unanimisme (lors du débat sur la motion
de censure du 20 mars) bien nécessaire
en ces temps de crise monétaire, de
marasme économique et social, voire
de guerre extérieure, nous ne savons
qu'une chose : le Président doit faire un
geste d'apaisement. Car le climat de la
France est vraiment trop lourd. Il faut
savoir renoncer aux projets inutiles, qui
inquiètent et divisent, et renoncer au
mépris qui suscite la colère.
Photos © Michel PoURNY - Pascal laMBot - GRéGoiRe coUsteNoBle
Le Président doit faire un
geste
le cardinal Barbarin.
FRANCECatholique n°3346 29 mars 2013
7
8 FRANCECatholique n°3346 29 mars 2013
Les forces de l'ordre bloquent
l'accès à la place de l'étoile.
Mgr Renauld de Dinechin,
(évêque auxiliaire de Paris).
FRANCECatholique n°3346 29 mars 2013
9
© HENRI GUÉRIN / MATTHIEU GASC
PÂQUES
En octobre 2009, disparaissait un grand artiste contemporain, qui a illuminé de ses vitraux de nombreuses églises
en France et dans le monde. Henri Guérin était l'ami des
dominicains de Toulouse, des bénédictins d'En Calcat, de
l'abbaye de Sylvanès et… de France Catholique.
Son œuvre de peintre, dont ses séries de gouaches, fruit
de sa contemplation de la nature, reste moins connue. Le
Chemin de Croix que nous publions ci-contre est composé
de 14 lavis de gouache (32 x 24 cm). Il avait été créé
en 1999, pour accompagner, sous forme de projection
sur grand écran, la création de l’Oratorio, composé par
Marc Bleuze, sur le Chemin de la Croix de Paul Claudel
(Bréviaire poétique), donnée le 2 avril 1999 à l’auditorium
de Saint-Pierre-des-Cuisines, à Toulouse. Le 24 mars dernier, c'est une nouvelle méditation autour du Chemin de
Croix chez les dominicains de Toulouse — Via Crucis de
Litz, par frère Arnaud Blunat, op, au piano, avec le Chemin
de la Croix de Claudel dit par Roger Borlant — qui a permis
d'exposer à nouveau ce Chemin de Croix d'Henri Guérin
durant la Semaine sainte et jusqu'au 30 mars, mais sous
la forme de reproduction sur de grandes toiles.
Résurrection aussi dans l'atelier de l'artiste : Matthieu
Gasc, un de ses petits-fils qui a repris l'activité de verrier
en 2009, y a re-créé récemment trois vitraux qu'Henri
Guérin avait réalisés pour un oratoire privé près de Gap,
mais qui avaient été détruits en
2003 par vandalisme, juste après
leur pose. L'oratoire n'avait jamais
pu être terminé. Les débris des
trois vitraux, mélangés dans des
caisses, lui avaient été confiés en
septembre 2011 pour un essai de
reconstitution. Relevant le défi,
avec des photographies d'époque,
Matthieu a redessiné les cartons
de coupe, séparé les pièces de verre, retaillé certaines, et
recomposé les trois vitraux. Ils viennent enfin de retrouver leur place dans l'oratoire et ce dernier, maintenant
terminé, retrouve toute sa fonction d'origine.
http://www.henri-guerin.com
10 FRANCECatholique n°3346 29 mars 2013
I- JÉSUS EST CONDAMNÉ À MORT
IV- JÉSUS RENCONTRE MARIE, SA MÈRE
II- JÉSUS EST CHARGÉ DE SA CROIX
III- JÉSUS TOMBE POUR LA PREMIÈRE FOIS
V- SIMON DE CYRÈNE PORTE LA CROIX DE JÉSUS
VI- LE VISAGE DU CHRIST SOUFFRANT
FRANCECatholique n°3346 29 mars 2013
11
VII- JÉSUS TOMBE POUR LA SECONDE FOIS
VIII- JÉSUS CONSOLE LES FEMMES DE JÉRUSALEM
XI- JÉSUS EST CLOUÉ EN CROIX
XII- JÉSUS MEURT SUR LA CROIX
12 FRANCECatholique n°3346 29 mars 2013
IX- JÉSUS TOMBE POUR LA TROISIÈME FOIS
X- JÉSUS EST DÉPOUILLÉ DE SES VÊTEMENTS
XIII- LE CORPS DE JÉSUS EST REMIS À MARIE
XIV- L’ENSEVELISSEMENT DE JÉSUS
FRANCECatholique n°3346 29 mars 2013
13
lectures
dimanche 31 MARS (année C)
Tel Père tel Fils
par le Père Michel Gitton
T
out au long de sa vie (surtout sa
vie publique), Jésus n’a pas cessé
d’avoir à la bouche les phrases
de l’écriture. C’est à travers elles qu’il
a perçu jour après jour l’orientation de
sa mission. Si, comme il le dit, sa nourriture, c’est de « faire la volonté de son
Père », il s’est nourri littéralement de
ces annonces prophétiques, dont lui
seul comprenait pleinement le sens et
la portée. Bien sûr, on peut se dire qu’en
tant que Fils éternel du Père éternel, il
est un peu, avec le Saint-Esprit, l’auteur
de ces prophéties et qu’elles ne doivent
donc pas le surprendre.
Mais cette considération n’est pas
tout à fait juste : s’étant fait homme,
ayant voulu vivre complètement sa filiation divine dans la situation d’un
homme remis à Dieu, il a reçu ces textes
comme lui étant adressés ; il a consenti
à ce que lui parvienne de l’extérieur,
comme pour chacun d’entre nous, l’appel que Dieu adresse à ses enfants. Cet
usage de l’Écriture a quelque chose de
profondément émouvant, Jésus lit et
médite les prophéties en ayant sans
cesse son regard tourné vers le Père,
dont il connaît la bonté, dont il sait l’intention profonde.
C’est un va-et-vient continuel du
texte à la pensée de Dieu son Père, qui
se fait tour à tour louange, bénédiction,
supplication, demande…
Dimanche 31 mars :
Saint jour de pâques
1. Jésus qui a mangé et bu avec ses
amis après la Résurrection, qui a renoué avec eux une vie commune pleine
de douceur et de respect (Actes des
Apôtres 10, 34a.37-43)
➤ Adorons l’Ami que la mort n’a pu
nous ravir.
Point spi : Soyons avides de nos entretiens avec lui.
2. Jésus qui entraîne ces amis dans la
nouveauté de son expérience, qui les
cache dans le secret de sa vie de Ressuscité (Colossiens 3, 1-4).
➤ Adorons l’Agneau pascal offert pour
nous protéger.
14 FRANCECatholique n°3346 29 mars 2013
Or cet usage de l’écriture se continue bien évidemment dans l’église. Depuis le premier jour (on le voit même
avant la Pentecôte, dans le discours
que Pierre adresse à ses compagnons
au moment de la désignation de Matthias), ce sont les paroles des prophètes
qui éclairent et soutiennent les choix
du présent. à aucun moment, les écritures (ce que nous appelons l’Ancien
Testament) ne sont devenues caduques.
Elles nourrissent la pensée et le cœur,
elles fournissent des confirmations
inat­tendues aux premières intuitions,
elles ouvrent des voies vers l’avenir.
Mais, à côté des annonces prophétiques, il y a maintenant les paroles de
Jésus lui-même auxquelles ses disciples
se réfèrent avec infiniment de respect
et d’amour. Quand ils ont dit : « C’était
la parole du Seigneur », ils ont tout dit.
Ces mots de Jésus que ses amis avaient
reçus parfois distraitement, prennent
maintenant un poids immense. Non pas
seulement comme une autorité morale
à laquelle on se réfère pour dirimer un
conflit, mais comme le dépôt précieux
laissé par un ami, dont on se sait l’heureux dépositaire, et qui, chaque fois,
nous provoque à nous rappeler celui
que nous aimons. n
Première Lecture : Actes 10.34, 37-43
Ps.118.1-2, 16-17, 22-23
Deuxième Lecture : Colossiens 3.1-4
Évangile : Jean 20.1-9.
Point spi : Rejetons tous les vieux ferments, l’envie et la méchanceté.
3. Jésus qui, par sa présence encore
voilée, provoque déjà de très beaux
fruits de foi et de charité (Jean 20,1-9).
➤ Adorons le Centre caché qui attire à
lui tous les cœurs.
Point spi : Effaçons-nous les uns devant
les autres pour faciliter le chemin qui
mène à Jésus.
Octave de pâques
L’Octave de Pâques, c’est comme un
grand jour de Pâques, c’est pourquoi on
dit « lundi, mardi, mercredi de Pâques »
et pas « après Pâques ». Tous les jours,
on peut chanter le Victimae Pascali
1re Semaine
Laudes, tous les jours, le double Alléluia
du renvoi, à la fin de la messe. L’office
est tous les jours celui de Pâques pour
la première partie des laudes et des
vêpres (hymnes, psaumes et antiennes),
seules changent la lecture, l’antienne
du cantique évangélique, les intercessions et l’oraison. Pour l’office du milieu du jour et celui des Lectures, sont
indiqués des psaumes choisis parmi les
plus triomphaux du psautier. On ne suit
donc en parallèle aucune semaine du
psautier. Totale apesanteur !
Au milieu de ce déferlement de joie, se
signalent les lectures de la messe de semaine qui sont :
1 - Le début de la lecture continue des
Actes des Apôtres.
2 - La série des apparitions du Ressuscité, se terminant par le sommaire des
apparitions dans la finale longue de
Saint Marc (samedi).
Outre la richesse des apparitions, si souvent relevée, je propose de tirer aussi
parti des textes des Actes des Apôtres.
Lundi 1er avril : Apparition auprès
du tombeau (Matthieu 28, 8-15)
1. Jésus qui met tout le monde en branle,
Jésus dont la disparition sème déjà la
stupeur et bientôt une joie inexprimable.
➤ Adorons le Ressuscité qui entraîne
tout le monde dans sa danse.
Point spi : Transmettons vite la Bonne
Nouvelle.
2. Jésus qui double ses messagers et
n’attend pas pour se montrer que le
message soit parvenu.
➤ Adorons l’Amoureux qui vient nous
surprendre, qui regarde à travers le treillis.
Point spi : Ne remettons pas notre joie à
plus tard.
3. Jésus plus proche et plus affectueux
que jamais (« mes frères »), qui invite les
siens à le suivre sur la route.
➤ Adorons l’Ami attentif qui nous invite à le suivre.
Point spi : Ne nous croyons pas abandonnés.
Relecture de la vie de Jésus dans la lumière de sa résurrection toute proche
(Actes des Apôtres 2, 14-32).
1. Ses miracles, prodiges et signes : ce
merveilleux au quotidien près de Lui ;
témoignage reçu du Père.
2. Sa mort, dans les angoisses, cloué au
bois de la croix ; cette horreur transformée par l’amour. « Selon le dessein bien
arrêté et la prescience de Dieu ».
de pâques
3. Sa résurrection, sa délivrance du
pouvoir de la mort ; cette joie du matin
de Pâques ; par la puissance du Père.
Mardi 2 avril : Apparition à
Marie-Madeleine (Jean 20, 11-18)
1. Jésus qui laisse attendre Marie longtemps, longtemps, qui tend son désir à
l’extrême, qui ne lui permet d’éprouver
aucune consolation dans les créatures
(même angéliques !).
➤ Adorons le Bien-aimé qui se cache
pour mieux se donner.
Point spi : Ne nous lassons pas d’attendre ; si nous rentrons chez nous, nous
avons tout perdu.
2. Jésus qui se fait reconnaître à sa
voix, à une certaine manière de prononcer le nom de « Marie ».
➤ Adorons le Maître qui nous appelle
par notre nom.
Point spi : Dressons l’oreille pour ne pas
le laisser appeler en vain.
3. Jésus qui refuse de se laisser toucher,
mais qui envoie Madeleine en mission.
➤ Adorons le Dieu sur lequel nous ne pouvons mettre la main et qui nous envoie.
Point spi : Ne retenons pas Jésus qui
veut nous entraîner plus loin.
La bonne nouvelle qui transperce les
cœurs (Actes des Apôtres 2, 36-41)
1. « Seigneur et Christ » Le crucifié est
revêtu de gloire ; plein de force et de
gloire, celui qu’on avait méprisé.
2. Celui qu’on avait bafoué et qui est
justifié par Dieu ; doux reproche à ceux
qui commencent à comprendre.
3. Celui dont on voulait se débarrasser,
et qui devient la tête d’un grand corps.
Mercredi 3 avril : Apparition sur
la route d’Emmaüs (Luc 24, 13-35)
1. Jésus qui n’impose pas le constat de
sa présence de ressuscité, qui laisse le
temps d’une découverte progressive.
➤ Adorons le Soleil qui proportionne
ses rayons à nos faibles yeux.
Point spi : N’assénons pas aux autres des
vérités qu’ils ne peuvent encore porter.
2. Jésus qui parcourt les écritures, qui
amène à les lire autrement, à les voir
toutes remplies de sa présence.
➤ Adorons le Messie dont parle chaque
ligne de l’Ancien Testament.
Point spi : Prenons le temps d’expliquer,
de montrer toute la cohérence du dessein de Dieu.
3. Jésus qui se laisse inviter et qui découvre son mystère tout à fait à la fin.
➤ Adorons l’Hôte de passage à qui nous
pouvons dire : « Reste avec nous ce soir ».
Point spi : Ne laissons pas partir notre
grand ami du Ciel sans avoir essayé de
le retenir.
Le premier miracle au nom de Jésus
(Actes des Apôtres 3, 1-10)
1. Jésus ressuscité suscitant chez ses
disciples les mêmes gestes de guérison.
2. Jésus ressuscité faisant jaillir de la
pauvreté de son église des trésors de
générosité.
3. Jésus ressuscité provoquant le témoignage du boiteux guéri et élargissant
peu à peu le témoignage de son église.
Jeudi 4 avril : Apparition
au Cénacle (Luc 24, 35-48)
1. Jésus qui entre toutes portes closes,
qui devance ses messagers, qui est plus
rapide que tout.
➤ Adorons Celui qui nous dépassera toujours, qui vient encore nous surprendre.
Point spi : Ne croyons pas que nous avons
fait le tour de ce qu’il peut nous offrir,
accueillons l’inouï qui reste à venir.
2. Jésus qui ne se contente pas d’une
apparition fugitive, mais qui veut que
ses amis soient établis sur la réalité de
sa Résurrection.
➤ Adorons le Dieu qui « est », qui n’est
pas un songe ou une idée.
Point spi : prenons le temps d’expliquer
les raisons sérieuses de notre foi.
3. Jésus qui leur découvre la profonde
cohérence du dessein de Dieu, qui lit
l’écriture avec eux pour leur montrer
les annonces de la Résurrection.
➤ Adorons le « Désiré des collines éternelles », Celui que chantaient déjà les
prophètes.
Point spi : nourrissons-nous davantage
de la parole biblique.
Le procès en révision (Actes des Apôtres
3, 11-26)
1. Le Saint et le Juste, alors qu’on a dit
de lui : « blasphémateur », « imposteur ».
2. Le Prince de la Vie, qu’on a voulu réduire à l’impuissance.
3. Celui dont le Nom est au-dessus de
tout Nom : alors qu’il a été bafoué, ridiculisé.
Vendredi 5 avril : Apparition
au bord du lac (Jean 21, 1-14)
1. Jésus qui est là, sur la rive, avant
que ses amis aient pris conscience de
sa présence.
➤ Adorons Celui qui a pensé à nous de
toute éternité.
Point spi : Soyons attentifs à Dieu qui
nous parle dans le silence.
2. Jésus qui a préparé un merveilleux
repas pour ses apôtres fatigués.
➤ Adorons l’Ami infiniment prévenant,
qui sait si bien réjouir nos cœurs.
Point spi : Ayons de ces gestes délicats
pour nos frères.
3. Jésus qui sait nos questions, mais ne
force pas notre adhésion.
➤ Adorons le Soleil de justice qui sait
tamiser ses rayons.
Point spi : Conduisons doucement les
âmes jusqu’à la pleine reconnaissance
du Christ.
La première prison, la première comparution (Actes des Apôtres 4, 1-12)
1. Jésus qui ouvre un espace au témoignage de son église, la laisse seule faire
face au monde.
2. Jésus, dont on peut dire la place
unique qu’il occupe dans nos vies et
dans le monde.
3. Jésus qui se solidarise avec ses disciples et leur donne l’Esprit sans mesure.
Samedi 6 avril : Sommaire
des apparitions (Marc 16, 9-15)
1. Jésus qui se manifeste à chacun
comme s’il était unique, qui prend son
temps et ne semble pas prendre le chemin le plus direct.
➤ Adorons Celui qui se donne tout entier à chaque rencontre.
Point spi : ne laissons pas croire à ceux
que nous rencontrons qu’ils ne sont pas
pris en considération pour eux-mêmes.
2. Jésus qui pense à son église, qui veut
assurer son témoignage en donnant à
ses Apôtres une complète certitude de
sa résurrection.
➤ Adorons Celui qui veille au cœur de
son Église.
Point spi : appuyons-nous sur la foi des
Apôtres, plus large et plus grande que la
nôtre.
3. Jésus qui prépare ses Apôtres à son
départ, qui leur indique l’étape suivante.
➤ Adorons Celui qui règne aux cieux, tout
en restant l’Emmanuel, Dieu parmi nous.
Point spi : réjouissons-nous avec ceux
qui veulent tout quitter pour le Christ,
acceptons leur choix et aidons-les.
La délivrance (Actes des Ap. 4, 13-21)
1. Relâchés : expérience de cette première délivrance ; avec Jésus, aucun
obstacle insurmontable.
2. « Ceux qui étaient avec Jésus » identifiés comme un groupe à part ; Jésus
présent au milieu d’eux.
3. Non possumus : les Apôtres déliés
de l’obéissance ancienne ; seul Jésus a
pouvoir sur eux. n
FRANCECatholique n°3346 29 mars 2013
15
pâques
MÉDITATION
Passion
’ ? Qu’ai-je compris ? Comment le dire ?
QPourquoi
ainsi me questionner ? Pourquoi faire ?
u ai je donc vu
Guérir la honte ? Serait-il possible de me taire
quand mon âme veut oser l’aveu, sachant le pire ?
Avoir honte, je le sais, l’avant-pas même de l’amour,
la connaissance du cœur et le chemin du retour !
O
r, devant la servante,
nous, plus lâches que Pierre,
plus avares de pitié que le rocher du Golgotha,
plus fourbes que le pendu au tronc d’un lierre,
nous avions, prudents, pris le large d’un air crâne
après avoir hurlé — jusqu’aux crachats de sang —
« Barabbas ! Barabbas ! », pour à peine un sou vaillant !
L
a peur, l’angoisse, l’effroi ? Probable, même certain.
Mais qu’allez-vous penser ? Nous avions tout écouté,
tout entendu, compris. Aussi refusé obstinément, d’instinct.
Terrible instinct, très sûr et si féroce, aussi précis
que celui dit de conservation, ou de survie !
A
ffreux visage
que le nôtre dans le cri !
P
our cette unique fois où l’on nous demandait ceci,
pour cette seule fois où Dieu nous invitait,
où Dieu nous conduisait, nous prêchant le bonheur,
nous exhortant enfin d’aimer qui nous aimait,
là, oui, nous avons reconnu ce qu’est la peur,
car où cela s’arrête on ne le sait jamais.
L
pour la main tout entière,
nous connaissions déjà, et n’étions pas d’accord !
Comment répondre oui quand tout votre vestiaire
pour un pauvre miteux, il est tiré au sort ?
Puis, étaient présents dans le Temple de Yahvé
— et c’était décisif pour nous, hommes de main et d’occasion
— tant de Juifs sérieux qui entouraient leurs prêtres,
avec l’air de savoir, d’une science certaine,
à leur visage, lame affûtée d’obsidienne,
de posséder la vérité des grands ancêtres
e coup du petit doigt
16 FRANCECatholique n°3346 29 mars 2013
par Dominique Daguet
sur la Loi dite par Moïse et que Dieu fit
plus forte que nos vies, et sachant de tout le juste prix !
N
ous y tenions très fort, et pour cause, à la bonne opinion
de tous les Sanhédrins et des académies,
secrétariats généraux, chapitres et autres réunions,
cénacles fermés, cercles de complices,
sociétés occultes où chacun est inscrit
en des registres secrets plus obscurs que la justice !
Aussi des bistrotiers si fiers de leur sollicitude,
chez qui poser le soir le manteau de nos solitudes !
Pas de gloire à jamais, ni nos salutations,
pas de triomphe non plus ni nos bénédictions,
ni l’orage de nos criailleries ! Car si Lui d’avance
l’avait voulu, Il l’aurait eue, sa part de chance !
Que n’a-t-Il apaisé les douleurs de nos faims ?
Que n’a-t-Il changé pour nous les pierres en pains ?
Comme à Cana, que n’a-t-Il des égouts changé l’eau
en vin de pure joie, ivresse du destin ?
Ah ! c’est vrai, nul triomphe, nulle gloire, rien
pour nous aider ici, rien que l’affreux Ecce Homo,
ce mot inaccepté que prononça le gouverneur Pilate !
Ecce Homo ! Vous L’auriez vu, vous auriez compris sur le champ.
Ni Dieu, ni roi, ni prophète, ni notable, et pas plus l’Homme :
un pauvre animal de rien, effrayant à regarder, un misérable
qui titubait, hagard, manquant à chaque pas de choir
au pied du Préfet, debout, lui, droit dans ses bottes !
I
l fallait Le voir
comme enfoui dans son malheur,
bête écorchée, dont chaque pas infirme faisait peur.
Vous pouvez faire les farauds, avec vos péchés
et le reste, la crapulerie, la monstrueuse cruauté,
mais si vous aviez vu ce vilain corps à bout de tout,
vous n’en auriez pas même donné dix sous.
A
uriez-vous aperçu
le Fils de Dieu dans ce chiffon de sang,
loque lamentable gravissant son effrayant calvaire,
sous la grêle des coups agneau sourd titubant ?
Alors Il fut conduit, d’insultes en misères,
de chutes en injures et jusque sur le champ
où l’on dit qu’est enfoui le squelette d’Adam.
L
’horrible lieu maudit — trois fois impur, où jamais n’allaient
les gens recommandables ni les gens honnêtes —,
grouillait d’une foule venue comme à une fête !
Vite, devant eux, à coups précis, les soldats enfonçaient
les clous ronds dans ses poignets, carré dans ses pieds
/sanglants
qu’avaient blessés les ronces et les cailloux coupants.
Très haut, si nu, ils L’élevèrent au-dessus de tout, l’esclave fou !
O
ui, je le dis : ils L’élevèrent, l’impur, au-dessus de nous !
Sur la croix verticale, il devint comme un phare sur la mer.
à
ce moment-là,
nous étions par bonheur déjà loin partis :
c’était avant, au prétoire, que nous avions battu le fer,
et, selon les besoins des juges, poussé, hurlé nos cris !
Ça n’était pas pour nous cette besogne de l’après !
Voir ce sang noir, ces mouches qu’affolait la sueur, ces plaies,
non, nous n’avions pas le cœur à cela, ça ne nous disait rien.
Tout de même, dites, nous ne sommes pas des chiens.
Aurions-nous pu contempler ça de face et laisser faire ?
À de certains moments le mieux est toujours de se taire.
N
ous avions,
par prudence, aussi par un dégoût
bizarre qui nous prenait au cœur plus encore qu’au ventre,
détourné nos pensées vers l’horizon alors d’un rouge
qu’enflammaient les rumeurs de l’orage et du désastre.
Le sol fut soudain pris d’un tremblement d’astre
et Jésus dit roi des Juifs mourut dans un râle.
S
achez-le, certains de ses amis L’avaient décloué, déjà,
et de sa croix haute délivré. Ils l’enlangèrent
dans un voile de lin que Joseph le Riche lui donna,
puis au sein très doux de la terre enfin Le confièrent.
Oui, je le dis ici comme malgré moi, récit inoublié…
Le ciel si grand sur ce mort pour toujours s’était fermé.
***
U
n mort de plus,
M
ais que dis-je,
quelle folie me monte au cerveau ?
Cela n’a rien à voir ! La question est tout autre !
Un de plus vraiment ? Ou bien est-Il le Seul ? Ou le Premier ?
Un feu obscur couvait en ce corps lavé de larmes folles,
que nous ne savions pas enfoui dans cette Mort
et dont notre nuit serait à jamais effacée.
O
n se disait :
D
ans Jérusalem
comment a-t-elle fait pour Le vaincre ?
Une roue de pierre scella sa nuit en silence.
Je dis ces mots comme ils me viennent, dans la crainte
d’oublier ceux-là même dont s’éclairerait son absence !
Oserai-je demain tenter d’en percer le mystère
afin que transparaisse dans ma nuit sa lumière ?
stupéfaite et muette, nous errions
gorge serrée ! Allez savoir pourquoi, nous pleurions.
Sur nous la ténèbre était tombée, noir silence,
tombe d’ombre où sombraient nos violences.
Une sorte de paix succédait à l’horreur
Dont pourtant demain surgirait le miracle.
D
es morts enfouis dans les anciens temps comme hier
sortis de dessous terre hurlaient le nom du Christ,
entré dans le temps de sa veille en la tombe lustrale.
Nous, l’esprit hagard, nous courbions la tête
dans nos trous de pierre. Quelque remord, peut-être ?
Un repentir ? Nous en étions tous bien incapables,
le cœur sec en sa misère et notre âme surprise
de voir la nature entière à ce point démise,
à panser ses plaies tout occupée dans les ténèbres
d’un étonnement cosmique, d’un poème funèbre.
Certains burent dans des tavernes à la victoire
de leur ordre. Mais où, désormais, trouver l’ordre et la gloire ?
T
out avait basculé.
Au Temple, la fumée,
en l’honneur de Dieu des agneaux grillés,
rampait au sol, grasse, visqueuse, lourde,
ignoble. Elle coulait avec nos prières sourdes
dans les caves et les égouts, jusqu’aux latrines
emplies glorieusement d’urines purpurines.
comment oser le dire ? Un de plus
/seulement,
u Jardin, devant la tombe, veillèrent jusqu’au matin
dans la marée montante des suppliciés de tous les temps ?
les doctes du Sanhédrin, scribes et pharisiens,
Nous aussi demain, non ? allongés au fond de nos cercueils,
tous dans cette affaire scabreuse associés au juge romain.
nous tomberons perdus comme meurent les feuilles :
alors que viennent sur nous, sournois, l’automne et la froidure Une haie d’hommes de main se dressait, arme au poing,
devant la pierre roulée, face à Dieu pour L’empêcher
dont notre pauvre cœur gardera la morsure !
d’oser faire un miracle ou bien de Se montrer.
A
FRANCECatholique n°3346 29 mars 2013
17
E
n nous pourtant nous ressentions une attente surgie
on ne sait comme, non dite, aveu d’un noir effroi.
Nous la sentions monter, malgré l’écho de rudes voix
dans notre larynx par le silence saisi :
qui donc était ce Jésus dit le Fils de Dieu
alors qu’Il était entré dans la mort
comme s’Il avait librement livré son corps ?
O
h ! vous qui vers Lui
êtes revenus en amis, en frères,
tandis que fuyaient ceux qui L’avaient méconnu,
voyez cela qui jamais ne s’était vu :
la nuit pleurait, le ciel pleurait, et pleurait aussi la terre.
Le voile du Temple en deux s’était déchiré
— cela s’est passé, nous pouvons l’affirmer.
P
de l’Histoire, notre Histoire,
avait sombré l’étendue en une nuit noire.
L’ardent paysage de toute la Judée
attendait, tout attendait, et la terre embrasée
de larmes, femme accouchant la mort, tremblait d’un chant
déjà baigné de sang — le sang réclamé sur nos têtes
au prix de Barabbas le bandit — et Dieu même attendait.
ar cette blessure
O
ui, Jésus fut enroulé dans des étoffes obscures,
— replis de nuit qu’ourlait ici un doux murmure,
cri muet d’amour très sourd à travers le temps
de l’origine jusqu’au présent de l’instant —,
des langes qui découvriraient enfin son corps
tel que devait nous le redonner la Mort.
En la nuit reposait, sous le voile de Moïse,
le Fils du Créateur, le Premier-né, l’Unique
encore à surgir dans la lumière sans reprise.
Comme en un sablier se contractait l’espace :
alors le temps — notre berceau, notre tunique —
dut se plier à graver de son corps la trace.
M
ancien de révolte, de refus,
— « Non serviam », avait hurlé l’Ange perdu —
vint l’heure qu’en braise pour nous se change la cendre.
Entendez-vous ici ce qui ne se peut comprendre ?
Allez ! je sais fort bien ce que nous avons fait :
nous avons, inconscients, aidé à sauver le monde.
algré le cri
P
aroles absurdes ? Mots indicibles ? Oui,
certitude folle et folle plus que la folie :
en laquelle pourtant sur le sable des âges
s’accomplissait de Dieu l’ancien message,
18 FRANCECatholique n°3346 29 mars 2013
la prière unique de ce shabbat unique en l’heure
où le Fils prit son repos, passés les jours de son labeur !
F
écond sommeil
P
qu’abreuvent les larmes du Père.
uis, comme le
Sanhédrin réduit à l’impuissance,
Rome, avec son peuple de dieux et de soudards,
Rome ne put, malgré le surpuissant appareil
de ses tchéquistes et ses aparatchiks,
empêcher la mort d’éclater en vie,
la pierre de danser, sauter, bondir
comme pour débonder la source de l’amour.
Alors, et ma voix s’éprend de sa propre flamme,
— et de son propre vertige mon âme —
alors, de l’ombre très obscure, très douce nuit,
— maternelle alcôve —, celui qui le désire
en un ardent vouloir a pu voir venant
à sa rencontre, venant à son devant,
venant à sa hauteur et se penchant vers lui,
lumière plus tremblante que le bonheur,
le seul vivant porteur de vie, le seul dont le cœur
déchiré, dont le cœur ouvert, transpercé
— source retrouvée enfin débondée —
a laissé jaillir, semé, confié à l’infini,
l’héritage jamais divisé mais à tous réparti :
l’eau plus que féconde, le vin plus que chaleur,
la chair d’une satiété plénière et éternelle.
Voici le Soleil, l’Amen, le Fils, l’Agneau vainqueur,
Celui qui ouvre, introuvable, enfin la Porte
qui sépare ce qui enferme et ce qui délivre
ainsi qu’annoncé par les prophètes dans le Livre.
Celui, passant le premier pour que fleurissent le désert,
qui change à jamais la nuit en lumière
et restaure l’esprit de l’éternelle enfance.
«V
ers qui irions-nous
à
si ce n’est vers Toi-même ? »
qui tendrions-nous nos mains ouvertes et vides
sinon vers Toi qui accomplis le verbe Vivre ? n
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FRANCECatholique n°3346 29 mars 2013
19
20 FRANCECatholique n°3346 29 mars 2013
FRANCECatholique n°3346 29 mars 2013
21
22 FRANCECatholique n°3346 29 mars 2013
JÉRUSALEM
Le 7 mars 2013, les employés de la muni­
cipalité sont venus mettre en place les
panneaux où figure le nouveau nom
« rue  du  Vatican » en remerciement de
l'édification par l'Église catholique d'une
résidence pour de jeunes familles, à Beit
Hanina, une banlieue de Jérusalem­Est.
(Zenit 21/03/2013)
NIGERIA
Le groupe islamiste Boko Haram a détruit
50 des 52 églises du diocèse catholique
de Maiduguri, au nord du Nigeria. La plu­
part des catholiques du diocèse doivent
se réunir à l'extérieur.
(InfoCatho.be 22/03/2013)
TURQUIE
Nombre de chrétiens syriens ayant
trouvé refuge en Turquie craignent les
fondamentalistes musulmans présents
dans certains camps. Ils cherchent
protection dans les églises et les rares
monastères du pays.
(Apic 21/03/2013)
ANGLETERRE
Deux jours après l'installation du pape
François à Rome, les anglicans ont procé­
dé, jeudi 21 mars, à l'intronisation de
leur nouveau chef spirituel, Justin Welby,
57 ans. 2 000 personnes ont assisté à la
cérémonie dans la cathédrale de Cantor­
béry. La Communion anglicane réunit
85 millions de fidèles dans 165 pays.
Des représentants des autres confessions
chrétiennes et des religions musulmane,
bouddhiste et juive étaient présents. Le
pape était représenté par le cardinal Kurt
Koch, président du Conseil pontifical pour
la promotion de l'unité des chrétiens.
INdoNÉSIE
Une centaine de chrétiens de la dénomi­
nation protestante Filadelfia Batak de
la ville de Bekasi, près de Jakarta, ont
manifesté jeudi 21 mars contre la démo­
lition, sous leurs yeux, de leur temple
deux jeunes chrétiens sauvés au Pakistan
L
’adolescent Ryan stanton, victime de fausses accusations de blasphème, a été sauvé et expatrié avec sa famille. Il avait été accusé d’avoir envoyé à un certain nombre de jeunes de
son âge de religion musulmane un texto (SMS) blasphématoire à l’encontre du prophète
Mahomet. Sa maison, située à Gulshan-i-Iqbal, quartier aisé de Karachi (au sud du Pakistan),
avait été incendiée par des musulmans radicaux. Le jeune homme et sa famille avaient échappé
par miracle à la dévastation et ont vécu pendant quelques mois dans la discrétion. Le jeune
homme a expliqué que certains des jeunes musulmans de son âge ont utilisé son téléphone
portable, envoyant le texto blasphématoire afin de le prendre au piège.
dans un autre cas, Rafia Mansha, chrétienne de 14 ans, fille d’ouvriers agricoles du Punjab, enlevée en décembre 2012 par deux musulmans puis contrainte à contracter un mariage
islamique avec Muhammad Imran après s’être « convertie », a obtenu justice devant un tribunal qui a déclaré le mariage en question « faux, illégal et nul ». La famille de Rafia a également
déposé plainte pour enlèvement de personne, demandant à ce que les coupables soient punis.
Une source de Fides remarque que « ce cas devrait être un paradigme et servir d’exemple ». Au
Pakistan, en effet, au cours de ces dernières années, ont été enregistrés environ 1 000 cas par
an de jeunes chrétiennes et hindoues enlevées par des musulmans et contraintes à se convertir
à l'islam et à se marier. n
Fides (18/03/2013)
par la municipalité. Dans cette ville, des
protestants prient depuis des années en
plein air, ils sont régulièrement bom­
bardés d’œufs pourris ou de sacs d’urine
lors de leurs prières. D’autres bâtiments
chrétiens de Bekasi pourraient bientôt être
démolis car seuls dix églises et temples,
parmi les 39 que compte la ville, ont
réussi à obtenir un permis local, malgré
un jugement national qui autorisait de
telles constructions.
VIETNAM
La lettre ouverte adressée par la Confé­
rence épiscopale vietnamienne à
l’Assem blée nationale vietnamienne,
le 1er mars dernier (voir France  Catho­
lique­Ecclésia n° 3344), à propos de la
refonte de la Constitution a eu un reten­
tissement exceptionnel dans les milieux
catholiques. Dans les paroisses, les
divers établissements catholiques, les
congrégations religieuses masculines
et féminines, elle a été affichée, lue,
commentée, photocopiée à des milliers
d’exemplaires dans la totalité du pays.
Une pétition sollicitant le soutien de
tous les catholiques et des personnes de
bonne volonté en faveur de l’initiative
de la Conférence épiscopale a recueilli
plus de 11 000 signatures. L’effervescence
qu’a fait naître le document des évêques
catholiques a été plus particulièrement
sensible à Saigon où l’on peut voir la
lettre affichée sur les murs de la cathé­
drale et en bien d’autres endroits.
(Églises d'Asie 20/03/2013)
VATICAN
Le Pape a rencontré, le 20 mars, dans la
salle Clémentine, des représentants des
diverses Églises, de la communauté juive
et des autres religions.
Le 22 mars, il a reçu les diplomates
accrédités. Leur expliquant le choix de
son nom, il leur a dit vouloir  « lutter 
contre  la  pauvreté  matérielle  comme 
spirituelle,  édifier  la  paix  et  construire 
des  ponts ». Contrairement aux usages,
le Pape a prononcé son allocution aux
diplomates en italien et non en français.
Le 23 mars, le pape François est allé,
en hélicoptère, déjeuner avec le pape
émérite Benoît à Castelgandolfo.
Le cardinal Bergoglio a publié 11 livres
en espagnol, dont l'un — Sur  la  terre 
comme au ciel — co­écrit avec le rabbin
Abraham Skorka, de la communauté juive
de Benei Tikva, sortira en français chez
Robert­Laffont en mai.
FRANCECatholique n°3346 29 mars 2013 23
DOSSIER
fOI vIvantE Et tRaDItIOn
Le peuple de Pâques :
les catholiques sorabes e
Dossier réalisé par Rafał LEDZBOR
«M
© KAtolsKi Posoł
arie miséricordieuse, veille sur
Les catholiques sorabes sont emplis
nous » aiment chanter les
d’une joie de vivre et montrent ouvertement
catholiques sorabes à Róžant/
Rosenthal, ici comme à tous
leur foi sans chercher à l’imposer aux
les services religieux, bien
autres. C’est ce qu’ils expriment le plus
sûr en sorabe. C’est ici que se rassemblent les
fidèles de huit paroisses situées au nord-ouest
clairement chaque année à Pâques.
de Dresde dans un triangle formé
Des milliers de gens
par les trois villes de Budyšin/
Baut zen, K amjenc / K amenz,
viennent de près
Wojerecy/Hoyerswerda. Róžant
et de loin voir les
est la ville de pèlerinage de l’évêcavaliers de Pâques,
ché de Dresde-Meissen et le
centre spirituel des catholiques
qui témoignent à
sorabes. C’est là qu’ils ont précheval, en chantant,
senté à Dieu leurs nombreuses
suppliques et découvert qu’ils
de la résurrection
peuvent compter sur le soutien
du Christ. Les textes
particulier de la Mère de Dieu.
Chacun des pèlerinages en cet
prouvent que cette
endroit béni, où beaucoup viencoutume se pratique
nent à pied, est lié à la prière et
e
à la gratitude.
depuis le XV siècle.
En dehors du plus imporMais lors de la
tant pèlerinage du lundi de la
Pentecôte, les paroisses se renFête-Dieu, piété et
dent à Róžant pour la Visitation
sentiment national
(le 2 juillet) et pour la Nativité
de la Vierge Marie (le 8 sepsont également en
tembre). À cette occasion, les
symbiose chez les
družki — les jeunes filles en coscatholiques sorabes.
tume de fête national — portent
la statue de la Mère de
Culture sorabe et
Dieu en tête de la procession
foi chrétienne sont
de la paroisse, suivies par les
familles, les enfants, les jeunes
étroitement mêlées,
et également les malades et
La Fête-Dieu dans le village de Chróscicy/Crostwitz.
par exemple à
les personnes âgées. Mais les
catholiques
sorabes
aiment aussi se rendre en
travers les costumes populaires.
d’autres endroits de pèlerinage. Ainsi les jeunes
Visite chez ces chrétiens singuliers.
de Chróscicy/Crostwitz font régulièrement le
24 FRANCECatholique n°3346 29 mars 2013
© KAtolsKi Posoł
en Haute-Lusace
Procession traditionnelle de Pâques sorabe.
Le pays des miLLe croix
on n'en finit jamais de passer en revue les
quelque mille croix et colonnes de prières qui se
trouvent dans les jardins, devant les maisons et
en dehors des villes et villages de Haute-lusace.
la croix est un symbole d’amour et d’espoir en
une vie éternelle en Dieu. C’est ce que l’on voit
particulièrement dans le cimetière de Ralbicy/
Ralbitz, qui est connu même loin en dehors
de la lusace, et attire toujours les étrangers, même
si l’on ne connaît aucun de
ceux qui y sont enterrés.
la simplicité et l’égalité de
toutes les tombes est fascinante, car on enterre les
morts dans l’ordre de leur
décès, et chacun a droit
au même espace et à la
même croix de bois toute
blanche. Dans ce cimetière il est clair pour chacun que Dieu ne prend pas
en compte les honneurs
de ce monde et qu’à ses
yeux tous les hommes sont
égaux.
L’intercesseur sorabe au cieL
On n'en
finit jamais
de passer
en revue
les quelque
mille croix
et colonnes
de prières
Alojs Andricki de Radwór/Radibor a été béatifié le lundi de Pentecôte 2011. C’était un jeune
sorabe qui fascinait les autres en marchant sur
les mains et en faisant des sauts du haut du
plongeoir de dix mètres à la piscine. Ce qu’on a
appelé la « béatification régionale » de ce prêtre
de 28 ans n’est pas due néanmoins à ses qualités sportives, mais à sa foi inébranlable dans
le Christ. il a préféré en 1943 accepter la mort
plutôt que de mettre cette foi au service de
l’idéologie nazie. il a attiré l’attention des jeunes
sur les dangers de croire aux hérésies nazies,
ce qui l’a amené au camp de concentration
de Dachau. Même là, il a
soutenu ses codétenus par
ses prouesses sportives.
on a dit de lui : « Celui qui
l’apercevait le matin était
joyeux toute la journée. »
Presque 500 ans
avant lui avait été béatifié l’évêque de Meissen
Benno originaire de Goslar
(environ 1010-1106), qui
est honoré comme étant
l’apôtre des sorabes. il
avait en effet appris le
sorabe ; c’est sans doute
de cette manière qu’il avait
ouvert le cœur des sorabes
à la parole du Christ.
© Katolski Posoł
voyage aller et retour à pied jusquà Krupka
(Bohosudov) dans le nord de la Bohême. Un
autre groupe participe chaque année au pélerinage à pied de Varsovie à Czestochowa.
FRANCECatholique n°3346 29 mars 2013
25
© KAtolsKi Posoł
Procession lors de la Fête-Dieu.
Les grands efforts d’une petite société
© KAtolsKi Posoł
les apôtres des slaves, les saints Cyrille
et Méthode qui vivaient au iXe siècle, ne sont
bien sûr jamais venus eux-mêmes en lusace.
Et pourtant ils sont vénérés en pays sorabe.
l’association des catholiques sorabes porte
même leur nom comme un emblème : l’Association des saints Cyrille et Méthode fut fondée
en décembre 1862 dans le but de publier de la
littérature religieuse en sorabe ; l’hebdomadaire
Katolski Posoł fut édité à partir de 1863.
les tâches se sont entre-temps élargies.
En dehors de l’aide humanitaire apportée notamment
aux autres pays slaves, les
membres de l’association
continuent à publier la littérature religieuse en langue
sorabe. C’est pour ainsi dire
sous le « patronage » de l’Association Cyrille et Méthode
(tCM) que se place l’action des unions catholiques
régionales, dont les chorales
d’église et l’union sportive, mais aussi les scouts
sorabes « Alojs Andricki ».
26 FRANCECatholique n°3346 29 mars 2013
Les
membres de
l’association
continuent à
publier la
littérature
religieuse en
langue sorabe
les rencontres régulières organisées par
la tCM entre célibataires dans les paroisses
sorabes sont également appréciées. ont également leur place les grandes manifestations
en plein air et les représentations de théâtre
amateur comme la Passion, et la Via Regia vous
interpelle lors du 1 000e anniversaire de saint
Benno, l’apôtre des sorabes.
l’association avait déjà songé à la fin du XiXe
siècle à un grand projet et collectait de l’argent
pour construire une église. l’argent est arrivé ;
ii y a maintenant à Bacon / storcha une église
néogothique.
un jeune journaL
de 150 ans
« Q u a n d c ’ e s t d a ns
Katolski Posoł, tout le monde
le sait ! » Ce sont les paroles
qui échappèrent un jour au
porte-parole d’un journal. À
son avis, il n’y avait pas seulement les catholiques qui
savaient. Bien que Katolski
Posoł soit une revue régionale paraissant en sorabe,
© KAtolsKi Posoł
Prière lors de la Fête-Dieu.
© KAtolsKi Posoł
elle a des lecteurs dans 15 pays du monde ;
en dehors des pays européens voisins, il y en a
aussi aux UsA, en Bolivie et au Japon. Et il y a
aussi un Allemand ici ou là pour aimer y jeter un
coup d’œil.
la petite revue relate des faits qui concernent les catholiques sorabes, mais aussi l’Église
dans le monde, ou encore les fidèles appartenant à d’autres confessions et religions.
Elle publie des articles renvoyant à la spiritualité, mais aussi des articles d’enfants et de
jeunes. Cela dit, la plupart des lecteurs n’ont
pas l’impression que le journal a déjà 150 ans.
le premier numéro est paru
en janvier 1863. Depuis
quelques années, les lecteurs peuvent s’abonner à
la version numérique de la
revue, ce qui est commode
pour les abonnés étrangers, qui reçoivent la revue
au moment même où l’on
livre la version papier dans
les presbytères. Et sur le site
www.posol.de. est accessible un plus grand nombre
de photos illustrant les
articles.
Dans les huit
paroisses
bilingues de
Haute-Lusace
vivent en tout
18 000
catholiques
des chiffres incertains
Établir précisément le nombre des catholiques sorabes est assez difficile. En effet, personne n’a d’inscrit sur sa carte d‘identité ou
sur sa fiche d’impôt qu’il est sorabe de lusace.
Déclarer une nationalité sorabe est une liberté
qu’on n’a pas à vérifier. Dans les huit paroisses
bilingues de Haute-lusace vivent en tout 18 000
catholiques — sorabes et Allemands. sept
paroisses dépendent de l’évêché de DresdeMeissen, une de l’évêché de Görlitz. En dehors
de quelques rapatriés, tous les habitants de
c et te c ontr é e ont de s
racines sorabes. l’expérience
enseigne que la langue
sorabe peut malheureusement disparaître en une
génération. Malgré tout, il y
a de plus en plus de jeunes
à qui leurs parents n’ont pas
transmis leur langue maternelle pour vouloir rattraper
ce retard à l’âge adulte et
notamment faire apprendre
la langue par la méthode de
l’immersion au jardin d’enfants. la suite est assurée
FRANCECatholique n°3346 29 mars 2013
27
à l’école, de sorte que même des enfants de
parents purement allemands peuvent très bien
apprendre le sorabe, si le père et la mère le souhaitent.
si l’on regarde les chiffres des sorabes
catholiques, il en ressort qu’environ un millier de ces huit paroisses soit ne maîtrisent
pas la langue, soit ne se définissent pas
comme sorabes, surtout à Budyšin et à Kulow/
Wittichenau. D’un autre côté, il y a un nombre
conséquent de sorabes qui ont quitté le pays
surtout pour trouver du travail et se sont établis
dans l’ensemble de l’Allemagne ou à l’étranger.
Malgré tout, Katolski Posoł a 2 100 abonnés
parmi les catholiques sorabes, ce qui représente
le plus gros tirage des périodiques sorabes. si
l’on pense au chiffre de 10 000 lecteurs potentiels, d'autres journaux seraient contents d’un
tel résultat. C’est que pour les catholiques
sorabes, la revue est un lien entre les paroisses
et que pour ceux qui résident hors de lusace,
elle est une passerelle vers le pays.
En tant que capitale des sorabes, Budyšin
joue un rôle important pour les catholiques de
la région. C’est en 1921 que l’évêché de Meissen
fut recréé ; les paroisses sorabes en ont été un
socle solide.
l’église collégiale saint-Pierre était jusqu’en
1980 l’église épiscopale, elle est depuis la
seconde église épiscopale, c’est-à-dire cocathédrale de l’évêché de Dresde-Meissen.
Cette maison de Dieu est en même temps une
église « simultanée ». Depuis la Réforme au
XVie siècle, l’église saint-Pierre de Budyšin est
utilisée par la communauté catholique comme
par la communauté protestante. les grilles qui
séparent la partie catholique de la partie protestante avaient autrefois quatre mètres de
haut et ont été abaissées à 80 centimètres ;
deux portes restent constamment ouvertes.
ViVre de La joie de pâques
Foi et identité nationale sont en symbiose
chez les catholiques sorabes. là où l’on chante
en sorabe, on célèbre aussi dans des chants profanes la beauté de la Création divine. D’un autre
côté, on chante en sorabe des cantiques tirés du
psautier — recueil de cantiques et de prières —
28 FRANCECatholique n°3346 29 mars 2013
Les cavaliers se rendent dans les paroisses voisines pour annoncer la Résurrection.
Foi et
identité
nationale
sont en
symbiose
chez les
catholiques
sorabes
au cours des services religieux. Chaque service
en sorabe est en même temps une rencontre
vivante entre sorabes, et même une double
profession de foi : en Dieu et en son identité
nationale. le nombre de plus en plus réduit de
prêtres sorabes est une cause de soucis. Cela
signifie qu’il faut ici ou là célébrer un service
en moins, ce qui a aussitôt chez les catholiques
une double conséquence : moins de services,
cela veut dire moins de fidèles. Moins de gens
à glorifier Dieu ensemble et moins de gens à le
faire en sorabe.
Mais il y a là aussi de nouvelles potentialités.
Dans une paroisse qui n’a plus de curé en titre,
on se rassemble le soir une fois par semaine
pour prier et souhaiter la relève spirituelle. Ce
n’est pas là l’expression de la résignation, mais
de la confiance en un Dieu vivant. C’est ce
que fait le peuple sorabe, qui est le peuple de
Pâques. n
© KAtolsKi Posoł
L a capitaLe des sorabes
et L’histoire de L’égLise
AU PAYS DES CATHOLIQUES SORABES
Les Sorabes qui vivent aujourd’hui en Lusace
descendent des deux peuplades slaves des Miltses
et des Lusiciens, qui, en même temps que d’autres
rameaux polabes, se sont établis aux VI e -VII e
siècles entre la Baltique et les Monts métallifères.
L’expansion de l’empire franc conduisit aux IXeXe siècles à la soumission politique de ces peuplades. Si les Sorabes ont fini par adopter la foi
chrétienne, le mérite en revient à l’évêque de
Meissen, Benno (environ 1010-1106). Il prêchait
pour les Sorabes en sorabe, suscitant
ainsi chez eux la ferveur pour la nouvelle religion.
Dépendants sur le plan politique comme sur le plan religieux, les
Sorabes furent exposés à une assimilation persistante. Quelques prêtres
réussirent néanmoins lors de la
Réforme à élever la langue du peuple
au niveau de langue littéraire. Après
les premières traductions manuscrites
de la Bible furent publiés les premiers
livres en sorabe, des catéchismes et
des cantiques.
En 1727 fut fondé à Prague
le Séminaire sorabe destiné à former les futurs
prêtres catholiques. Ce qui eut pour conséquence
de renforcer encore les rapports qui existaient déjà
avec la Bohême. Étant donné que les catholiques
sorabes constituaient par rapport aux protestants
depuis la Réforme une minorité, ils furent amenés
à préserver davantage leur spécificité, ce qui favorisa la pratique des us et coutumes. Les positions
religieuses et nationales laissaient apparaître beau-
© KAtolsKi Posoł
© KAtolsKi Posoł
© KAtolsKi Posoł
coup de points communs. Au sein de structures
sociales renvoyant à une unité dans un territoire
que l’on pouvait circonscrire se développèrent au
fil du temps dans la population sorabe des traits
caractéristiques auxquels on attache une grande
importance. On peut citer une étroite solidarité
avec la parentèle, un amour profond de la petite
patrie et une piété populaire.
C’est cette mentalité qui se reflète depuis longtemps dans les chansons populaires, les proverbes,
les us et coutumes du peuple sorabe.
Cela apparaît nettement aux yeux
de l’observateur extérieur chaque
année à Pâques. Des hommes solennellement vêtus chaussés de bottes
noires et coiffés d’un haut-de-forme
se rendent à cheval dans les paroisses
voisines au cours de processions
impressionnantes pour aller répandre
la bonne nouvelle de la résurrection
du Christ en priant et en chantant.
Même la dure période du nazisme
ne les a pas fait renoncer à cela. En
1938 encore, la jeunesse catholique
sorabe dressa près de Ralbicy/Ralbitz
une sainte croix portant l’inscription « W križu
je spomóženje » (le salut est dans la croix). En
1973, à une époque où l’État favorisait l’athéisme,
cette même croix fut rénovée avec l’inscription
tout aussi militante « Bechmy—smy—budzemy »
(nous avons été—nous sommes— nous serons).
Les Sorabes sont aujourd’hui en République fédérale d’Allemagne le seul peuple slave à être protégé
par la loi et soutenu sur le plan culturel. n
FRANCECatholique n°3346 29 mars 2013
29
CHRONIQUES
GÉRARD LECLERC SUR RADIO NOTRE-DAME
Une promesse qui naît et qu
L
Pourquoi Léon Bloy ?
orsque dans sa première homélie,
prononcée le lendemain de son
élection devant les cardinaux, le
pape François a cité Léon Bloy, j’avoue
que j’en ai été un peu estomaqué. Léon
Bloy, Le mendiant ingrat, l’auteur de si
beaux livres, d’un journal incroyable, je
l’ai au complet dans ma bibliothèque !
Mais voilà, cela se comprend par ma
culture hexagonale ! Comment notre
nouveau pape, venu d’un autre monde,
avait-il fait connaissance avec un écrivain sulfureux, mais malheureusement
presque oublié, même chez nous ? J’ai
peut-être eu une explication grâce à
Bernanos, qui a écrit à la fin de sa vie un
merveilleux texte intitulé Dans l’amitié
de Léon Bloy. Il y raconte son étonnement
d’avoir trouvé, dans une humble maison
de Pirapora au Brésil, une étagère où il
avait reconnu aussitôt Le désespéré, La
femme pauvre et Le Salut par les juifs.
Explication : « L’Amérique du Sud tout
entière a un culte pour Léon Bloy. »
Je connaissais ce texte mais j’avais
complètement oublié cette mention :
« Oui, écrivait Bernanos, pour des milliers
d’hommes à travers le monde, ce vieil
homme est un ami. » J’ai relu avec une
sorte de fièvre cette évocation, et au fur
et à mesure, je me suis rendu compte
qu’entre le mendiant ingrat et le pape
François il y avait une profonde connivence : « Léon Bloy a été le prophète des
Pauvres, des vrais Pauvres, des derniers
survivants de l’ancienne Chrétienté des
Pauvres. (…) Je me demande si Léon Bloy
n’a pas été le dernier prophète du peuple
des Pauvres. » Tout serait à reprendre de
ces pages brûlantes. J’en retiens encore
cette remarque que Bernanos tire de la
parole évangélique : « Lorsque je reviendrai, trouverai-je encore des amis chez
vous ? » « Mais précisément, les vrais amis
du Christ sont les pauvres. Trouvera-t-il
encore des pauvres, de vrais pauvres ? »
30 FRANCECatholique n°3346 29 mars 2013
Je sais bien qu’il faudrait opérer une
herméneutique serrée de tels propos,
pour discerner en quoi ils peuvent se
rapporter au pape François. On sait que
son amour des pauvres est tout à fait
concret, qu’il se rapporte a ses amis des
favelas qu’il a toujours voulu accompagner. Mais n’est-ce pas aussi parce que
les pauvres sont proches du Christ, qu’ils
obligent à un dépouillement personnel,
intérieur, dont François d’Assise a été le
modèle, parce qu’il voulait ressembler
au Christ ? Certains ont trouvé qu’il y
avait du progressisme dans cet amour
privilégié du pape François. En ce cas,
je comprends très bien ce progressisme,
parce qu’il est le contraire d’une dérive
idéologique, parce qu’il est purement
évangélique et qu’il n’a d’intérêt pour le
progrès que s’il nous rapproche graduellement de Dieu. L’Église ne doit pas être
une ONG, a dit le pape François, elle doit
nous conformer au Christ.
Radio Notre-Dame, le 19 mars
François et le pouvoir
D
e l’homélie prononcée hier matin
sur la place Saint-Pierre par le
pape François, je détache un
passage qui me paraît définir l’essence
même de l’autorité du successeur de
Pierre : « Nous célébrons l’inauguration
du ministère du nouvel évêque de Rome,
successeur de Pierre, qui comporte aussi
un pouvoir. Certes, Jésus-Christ a donné
un pouvoir à Pierre, mais de quel pouvoir
s’agit-il ? (…) N’oublions jamais que le
vrai pouvoir est le service, et que le pape
aussi, pour exercer le pouvoir, doit entrer
toujours plus dans ce service qui a son
sommet lumineux sur la Croix ; il doit
regarder vers le service humble, concret,
riche de foi, de saint Joseph, et comme
lui, ouvrir les bras pour garder tout le
peuple de Dieu et accueillir avec affec-
tion et tendresse l’humanité tout entière,
spécialement les plus pauvres, les plus
faibles, les plus petits. »
Je remarque que François n’a pas
hésité à prononcer le mot « pouvoir » qui
est un mot lourd, grevé par sa parenté
avec la puissance et toutes les tentations qui en résultent. Il aurait pu très
bien parler d’autorité, un terme plus
noble et plus subtil, qui se rapporte assez
facilement à ce que l’Évangile appelle
exousia. Cette exousia que Jésus revendique explicitement. « Il enseignait, nous
dit saint Matthieu (7-29), comme ayant
exousia ! » Ou encore : « Afin que vous
sachiez que le fils de l’homme a sur terre
l’exousia de pardonner les péchés » (Mt
9-6). Je ne puis m’empêcher de penser
que le pape a voulu prononcer ce mot
lourd de « pouvoir » en raison même du
défi spirituel qu’il comporte et que l’on
pourrait définir comme celui qui consiste
à transformer la puissance en exousia,
c’est-à-dire en cette autorité qui vient
d’en haut et qui ne peut consister que
dans le service radical des autres, c’està-dire la charité.
Je réfléchis d’autant plus à cela qu’en
ayant choisi ce beau prénom, François, le
pape se trouve devant une tâche à la fois
magnifique et difficile, si ce n’est impossible. L’humilité absolue du poverello
fut pour ses disciples immédiats un vrai
souci. François d’Assise n’appartenait-il
pas déjà à un autre monde que celui de
la terre ? Au royaume eschatologique où
les bêtes féroces étaient douces comme
des agneaux ? Son disciple et successeur, saint Bonaventure, dut démêler
cette difficulté, comme l’a montré le
théologien Joseph Ratzinger dans sa
thèse de doctorat. La solution, c’est qu’il
s’agit d’aimer ce Royaume d’ici-bas, en
servant les hommes nos frères. Cela
suppose une conversion profonde, celle
de soi-même ainsi que du pouvoir que
l’on exerce.
Radio Notre-Dame, le 20 mars
Mobilisation générale
É
videmment,
je ne crois pas, un seul
instant, à un danger pour l’ordre
public que constituerait une
« Manif pour tous » déferlant sur les
Champs-Élysées. On ne peut imaginer démonstration plus pacifique que
celle-là. Tous les précédents le démontrent, notamment la manifestation du
13 janvier dernier, qui fut — hors même
toute querelle des chiffres — une des
plus importantes qu’ait connue la capitale depuis la guerre. La parfaite maîtrise
des cortèges s’explique par l’autodiscipline des participants, leur sens civique
et l’efficacité du service d’ordre. Mettre
en cause la dangerosité du rassemblement de dimanche prochain, à cause
de la proximité de l’Élysée, relève de la
plaisanterie, et même de la mauvaise
plaisanterie. C’est un prétexte pour
empêcher qu’un si grand mouvement de
foule ne s’identifie au très fort symbolisme des lieux, aussi bien la place de
l’Étoile-Charles-de-Gaulle, l’avenue des
Champs-Élysées, la Concorde que l’esplanade des Invalides.
Il est vrai que les images transmises
depuis ces sites, les plus emblématiques
de Paris, auraient un effet de choc
psychologique à l’échelle mondiale.
C’est d’ailleurs ce qui s’était passé en
1984, où la manifestation du 24 juin
avait eu un écho jusqu’au bout du
monde. Il est vrai aussi qu’en raison de
la faiblesse actuelle du gouvernement
français, celui-ci n’a pas du tout intérêt à faciliter l’expression d’un mécontentement qui s’ajoute à la détresse
sociale. Il avait voulu faire de ce qu’il
a osé appeler le « mariage pour tous »
une des réformes phare du quinquennat
de François Hollande. Toute résistance
conséquente paraissait, il y a encore
quelques mois, improbable. La loi passerait sans aucune difficulté, comme elle
était passée en Belgique.
Radio Notre-Dame, le 21 mars
© MICHEL POURNY
ui grandit
Eh oui, il y a eu un os, un os énorme,
une résistance impressionnante, motivée, militante, qui a mis en colère des
gens qui croyaient, de droit astral, représenter le progrès, la modernité et tutti
quanti. Attention ! C’est une énorme
erreur de penser que des interdictions,
ou tout simplement le mépris, parviendront à stopper ou anéantir la résistance
qui s’est levée, affirmée et enracinée. Le
réveil des consciences qui s’est produit
aura des conséquences profondes et
durables. C’est dire que plus que jamais,
pour ce dimanche 24 mars, l’ordre de
mobilisation est général !
Une houle de fond
D
manifestation
d'hier, on doit d'abord retenir que
la détermination de l'opposition à
la déplorable loi gouvernementale sur le
mariage est intacte. Rien n'a pu la désarmer, notamment l'étonnante discrétion
des médias, les jours qui précédaient un
événement, qui, de toute évidence, serait
considérable. Il convient de dire aussi
un mot sur le traitement médiatique
de la manifestation elle-même. Je sais
bien que c'est une des lois du genre que
de mettre l'accent sur ce qui s'apparente à la moindre violence. L'incident
le plus pittoresque, le plus incongru,
celui qui fait image, sera toujours privilégié par rapport à la réalité vécue
par les participants. Il ne s'agit pas de
jeter la pierre à des collègues qui font
leur métier avec conscience et à qui
leur direction réclame d'insister sur ce
qui est susceptible de susciter l'émoi,
surtout lorsqu'on peut voir une bagarre
de près ou des jets de lacrymogènes en
direct ! Mais tout de même, l'essentiel
était ailleurs. Pour avoir le pouls de la
manifestation, le climat d'ensemble, il
fallait être soi-même participant ou se
renseigner auprès des intéressés.
Et là, on comprend que c'était une
magnifique fête populaire, joyeuse,
pacifique, qui se déroulait. Ce qui n'eme la formidable
pêchait pas les convictions les plus
enracinées, celles qui se rapportent au
sens même de l'existence, aux valeurs
les plus fortes, celles qui déterminent
des choix fondamentaux. Mais cela,
c'est très difficile à assimiler pour notre
système de communication, d'autant
que ce qui se passe en ce moment dans
notre pays constitue un véritable scandale, eu égard à la culture dominante et
à ses représentations. Ce qui se passe en
France provoque de la colère chez tous
ceux qui ne peuvent admettre qu'on
se mette en travers de ce qu'ils considèrent comme la normativité moderne.
Et cela d'autant plus que cette opposition dément, par sa bonne humeur, sa
jeunesse, sa décontraction, et même son
enthousiasme, les idées toutes faites, les
étiquettes qu'on lui colle par avance et
d'autorité : ringardise, homophobie, crispation… C'est vrai que le mouvement,
qui s'est exprimé le 13 janvier et le 24
mars, pose des problèmes redoutables
à la bien-pensance actuelle. Ce qu'on
considérait comme négligeable s'affirme
extraordinairement vivace, au point de
faire penser qu'une promesse est en train
de naître et de grandir, qui remet en
cause le nihilisme, cette grande maladie
moderne, ainsi que la culture de mort.
Radio Notre-Dame, le 25 mars
FRANCECatholique n°3346 29 mars 2013 31
chronique DIPLOMATIQUE
B
Un pape noir ?
est un pape noir parce qu’il est jésuite. Mais la
question à laquelle je me dois de répondre ici est : pourquoi aucun des candidats africains n’avait-il de chance ?
Une première réponse est que les cardinaux africains ne sont porteurs d’aucune idée-force, d’aucune
vision pour le monde. Ils sont traditionnellement plus romains que
personne. Leur apport post-conciliaire, l’africanisation comme
forme de l’inculturation, a été le plus souvent limitée à l’adaptation
des rythmes africains aux liturgies, jugée en bref « superficielle ». La
théologie de la libération, née en Amérique du Sud, n’a pas gagné
l’Afrique en dépit de deux dirigeants catholiques investis l’un dans
un « socialisme africain », l’ex-président tanzanien Julius Nyerere
en cours de procès de béatification, l’autre dans un tiers-mondisme
révolutionnaire échevelé, l’ex-président burkinabe, Thomas Sankara.
Même si c’est une théologie de la libération dûment corrigée par
Jean-Paul II (et le cardinal Ratzinger), son impact dans la fin des
régimes militaires et l’avènement de la démocratie en Amérique
latine a retenu l’attention des catholiques à travers le
monde et rendu possible et probable l’élection d’un
cardinal sud-américain. Des évêques africains ont
certes joué un rôle à certaines époques de démocratisation en Afrique, au Zaïre, au Bénin, mais rien de
comparable.
Seconde réponse : la nouvelle évangélisation n’est
pas la mission au sens où on l’entendait jusqu’à récemment en Afrique. L’Afrique est une terre de mission.
Si les églises y sont dynamiques, elles sont en réalité
engagées dans une course à la conversion impulsée
aujourd’hui de plus en plus par l’islam et les sectes
évangéliques. Il ne restera quasiment plus de réserve
« animiste » (selon l’ancien vocabulaire) à se partager. Le catholicisme n’est, dans la plupart des pays du continent noir, qu’une forme
parmi d’autres d’une « mentalité » religieuse africaine. Il aurait été
beau « symboliquement » de voir promu le cardinal Wilfrid Napier,
métis de Durban en Afrique du Sud, mais le catholicisme qui a de
beaux titres dans la lutte contre l’apartheid, y est très minoritaire.
La différence est notoire avec l’Amérique du Sud qui, depuis
cinq siècles et jusqu’à un passé récent, n’a rien connu d’autre que
le catholicisme. Les « sectes » progressent sur un terreau catholique
originel. La « culture » de l’Amérique latine est catholique comme
celle de l’Europe latine, pas celle de l’Afrique. Il ne s’agit pas de
nombres, de pourcentages, en stock ou en flux, mais d’identité : le
gouvernement central de l’Église catholique doit être « catholique »,
c’est-à-dire d’une Église qui se vit comme étant le monde, et non
seulement une « confession » ou une « religion » parmi d’autres. Or
cela, jusqu’à aujourd’hui, les cardinaux ne l’ont trouvé qu’en Italie,
ergoglio
en Pologne, une partie de l’Allemagne, désormais en Argentine,
demain peut-être dans d’autres pays sud-américains ou plus vraisemblablement aux Philippines, nulle part ailleurs où la « culture »
catholique est trop mêlée, voire inexistante. Aux États-Unis, par
exemple, comme le répète le cardinal George, l’Église vit dans une
« culture protestante ». La France appartenait jusqu’à récemment à
cette « culture catholique » ; elle y a de beaux restes, mais elle est
désormais trop « séculière ». De même l’Espagne. L’Argentine, vue
sous cet angle, était préférable au Brésil où, du fait du poids des
sectes, la « culture sectaire » est désormais prédominante jusqu’à
gagner en influence au sein même de l’Église.
Le cardinal ghanéen Peter Turckson, donné grand favori par les
bookmakers londoniens (qui ont fait la preuve qu’ils n’y connaissent
rien au « papisme »), avait compromis les chances qu’il aurait pu
avoir en paraissant donner la priorité de la « mission » de l’Église à
la menace démographique musulmane. La situation concurrentielle
est le lot d’une frange Nord-Sud à la lisière du désert et de la forêt,
ce ne peut être la vérité de l’Église, a fortiori en
Europe abusivement supposée « eurabisée ».
J’ajouterai un troisième point. On entend
souvent (beaucoup moins depuis sa réélection) :
l’Amérique a bien élu Obama. Les raisons historiques qui ont donné à son élection un tel retentissement ne valent finalement que pour les seuls
États-Unis (et encore !). Aucun autre pays ou
« entité », comme les grandes religions, n’ont
de raison historique d’élire — ou de ne pas élire
— un noir ou un métis, ou plus généralement un
étranger, un double-national, par exemple un
immigré. Sans jouer au prophète, mais en cherchant à discerner les signes des temps, on ne peut que relever la
quasi-coïncidence de l’arrivée aux plus hautes fonctions de ce pape
et du nouveau président chinois, tous deux à la tête de 1,2 milliard de
personnes, même si le mot est entendu très différemment. Xi Jinping
a été élu pour dix ans par une sorte de conclave ; le pape François
(que Dieu lui prête vie) a dix ans devant lui avant de parvenir à l’âge
actuel de son prédécesseur Benoît XVI. Je crois que c’est plutôt
dans cette direction et non dans celle d’Obama et de l’Amérique
qu’il faut se situer. L’Afrique, dans cette conjoncture, redevient un
objet de l’histoire qui se fait, plus qu’un véritable sujet, auteur de
son destin. La catholicité par contre n’est pas un sujet pour Pékin,
on vient encore de le lire dans un message négatif et routinier. La
Chine nouvelle n’est occupée que d’elle-même comme l’Empire du
Milieu. Mais la Chine, et l’Asie sinisée, feront toujours partie de la
vision « catholique » : le pape noir et l’empereur rouge, les deux
sujets de l’histoire qui vient. n
Le
gouvernement
central de
l'Église
catholique
doit être
catholique
32 FRANCECatholique n°3346 29 mars 2013
par Dominique DECHERF
CINÉMA
Jack le chasseur de géants
En portant à l’écran cette adaptation de deux célèbres contes anglais (Jack
et le haricot magique et Jack et le tueur de
géants), Bryan Singer s’essaie à l’heroic
fantasy, qui mêle récits médiévaux et
fantastique. Tourné entièrement en 3D et
avec d’excellents effets spéciaux, le film
offre quelques scènes spectaculaires. Mais,
si l’histoire est sympathique, il y a beaucoup de longueurs et de répétitions.
Surtout, certains détails frisent le ridicule,
comme l’armure en or qui épouse les
formes généreuses de l’héroïne. Il reste
que, sans être transporté, le spectateur
passe un bon moment.
 On retrouve les qualités habituelles
aux films d’aventures, le courage, la détermination et l’abnégation. Mais les géants
sont un peu terrifiants pour les petits.

Aventures américaines en 3D
(2012) de Bryan Singer, avec
Nicholas Hoult (Jack), Eleanor
Tomlinson (Isabelle), Ewan
McGregor (Elmont), Stanley
Tucci (1h50). (Adolescents)
Sortie le 27 mars 2013.
Une chanson pour ma mère
Pour faire plaisir à leur mère mourante,
ses enfants kidnappent Dave.
 L’idée de départ était originale et
propice à de nombreux gags. Mais on rit
rarement avec cette comédie qui demeure
en deçà de son sujet. Pourtant, le réalisateur a réussi à éviter la lourdeur et les
outrances. Car il y a beaucoup de délicatesse dans cette histoire, et c’est dans le
registre grave que le film touche, en particulier dans les scènes avec la mère
(magnifique Michèle Moretti) et celles avec
Dave, qui réussit une excellente prestation.
 L’amour maternel est au cœur de
cette jolie histoire, avec une scène magnifique, au cours de laquelle la mère exprime
justement, avec finesse, sa conception de
l’amour maternel.
Comédie franco-belge (2012)
de Joël Franka, avec Patrick
Timsit (Jean), Sylvie Testud
(Sylvie), Dave (lui-même),
Fabrizio Rongione (Michel),
Guy Lecluyse (Simon), Michèle
Moretti (la mère), Sam
Louwyck (1h35). (Grands dolescents) Sortie le 27 mars 2013.
Le preMIer hoMMe
Amour filial
Une bouleversante adaptation du
roman inachevé d’Albert Camus.
L
es adaptations littéraires sont tou­
jours délicates à mettre en œuvre,
surtout s’il s’agit d’un roman auto­
biographique et inachevé.
Alors que l’Algérie commence à se
déchirer, en 1957, Jacques Cormery
revient dans son Alger natale, pour y
retrouver sa mère, qui y vit toujours. Il
se souvient de son enfance. En 1924,
Jacques, dont le père est mort à la
guerre, est élevé par sa mère et sa
grand­mère, toutes deux illettrées.
Mais il est remarqué par monsieur
Bernard, son professeur.
 Il fallait être Italien, comme
Gianni Amelio, pour oser signer cette
bouleversante adaptation du roman
inachevé d’Albert Camus, dont on a
trouvé le manuscrit dans la voiture qui
lui fut fatale. Italien, car cela permet
d’avoir davantage de distance par
rapport aux événements d’Algérie, mais
par Marie-Christine
Renaud d’andRé
aussi et surtout, parce que Gianni
Amelio a retrouvé beaucoup d’éléments
de son enfance dans celle d’Albert
Camus. Avec une mise en scène sobre
et classique, une photographie lumi­
neuse et une interprétation de premier
ordre, en particulier celles de Jacques
Gamblin et de Catherine Sola, mer –
veilleuse en maman comblée, le
cinéaste nous raconte et l’enfance de
Camus et ses déchirements face à la
situation en Algérie. Les extraits de
certains de ses textes sont, d’ailleurs,
magnifiques.
(
L’enfance de Camus et
ses déchirements face à
la situation en Algérie
 Nimbée d’une douce lumière,
cette œuvre poignante est une ode
magnifique à la mère, celle qui ne
pourra jamais lire ses livres, et à l’amour
de la terre natale. Et, fort heureuse­
ment, la situation de l’époque est
présentée de manière très nuancée. ■
Drame autobiographique franco-italo-algérien (2012) de
Gianni Amelio, d’après le roman d’Albert Camus, avec
Jacques Gamblin (Jacques Cormery en 1957), Catherine
Sola (Catherine Cormery en 1957), Maya Sansa (Catherine
Cormery en 1924), Denis Podalydès (monsieur Bernard),
Ulla Baugué (la grand-mère), Nino Jouglet (Jacques en
1924) (1h41). (Adolescents) Sortie le 27 mars 2013.
Sous le figuier
Malmenés par la vie, trois amis, Nathalie, Christophe et
Joëlle, décident de passer l’été dans la maison de
campagne de Selma, une vieille amie de 95 ans,
condamnée par une maladie incurable.
 Portée par l’interprétation subtile et généreuse de
la délicieuse Gisèle Casadesus, cette œuvre délicate est
un véritable hymne à la vie, qui parle sans fards de la
mort. Par sa présence discrète, cette grand-mère, d’un mot, d’un sourire ou d’un silence
aidera les autres à surmonter les épreuves inévitables de la vie. C’est très joli, mais un peu
languissant, comme cet été sous le figuier.
 Pleine de charme et de délicatesse, cette œuvre montre l’importance des anciens,
qui, grâce à leur sagesse, parviennent à remettre les plus jeunes sur les rails. Magnifique !
Comédie dramatique française (2012) de Anne-Marie Étienne, avec Gisèle Casadesus (Selma), Anne Consigny (Nathalie),
Jonathan Zaccaï (Christophe), Marie Kremer (Joëlle), Claire Blanquet (1h32). (Grands adolescents) Sortie le 20 mars 2013.
FRANCECatholique n°3346 29 mars 2013
33
spectacles
« eurofonik »
familial et ouvert
à la diversité
par Pierre FraNçoiS
e
tion, et qu'on n’a pas à « défendre » : il suffit de
la faire vivre, de laisser les hybridations inattendues se produire entre artistes d'horizons divers.
La diversité d'Eurofonik ne se démontre pas, elle
se constate : c'est un des lieux où on chante le
plus grand nombre de langues, où on entend le
plus d'instruments différents.
C'est enfin et désormais une manifestation
qui s'adresse aux familles entières, avec une
tarification qui prévoit une gratuité jusqu'à
dix ans et une programmation qui permet aux
parents de revenir le soir entendre une musique
qui leur est plus adaptée, une fois les enfants
couchés. n
urofonik s'appelait d'abord « Festival
de la création contemporaine musicale » et se répartissait sur six scènes.
Mais ce titre, s'il rendait bien compte
de la dimension purement musicale de
l'événement, masquait son aspect historique,
culturel et convivial, naturellement voué au
partage, pour tout dire. Ici, en sortant d'un
concert, on peut danser, discuter, voir
comment se fabrique tel ou tel instru- D.r.
Sharon Shannon
Mercedes Pen
ment ou l'essayer. Car, explique son
fondateur, « la culture est en nous, on en
est aussi détenteur ». Au passage, coup
de chapeau au rôle des églises, lieux de
transmission des techniques musicales,
à l'instar du monde paysan.
Et attaque contre ceux – télévision
en tête – qui hiérarchisent les cultures,
mettant au dernier rang des musiques
pourtant bien vivantes, qui se transmettent non pas par la lecture de partitions
mais par l'écoute de l'autre. Pourquoi,
demande le fondateur, pense-t-on Quelques têtes d'affiche :
d'abord au Maghreb ou à l'Orient loinCette année, on pourra entendre à Eurofonik des artistes reconnus mais qu'on entend
tain lorsqu’on parle de ces musiques de ou voit peu. Citons Sharon Shannon, l'égérie celte auteur de l'album de musique irlanl'oralité ? Elles sont aussi de chez nous, daise qui s'est le plus vendu et lauréate des Meteor Awards en 2009. Son concert à
les pays de la péninsule scandinave l'ont Eurofonik est un des rares de l'année en Europe francophone. En effet, son temps
bien compris, qui programment des est de plus en plus « mangé » par les concerts de bienfaisance et causes humanitaires
qu'elle défend.
émissions sur les leurs.
Mercedes Pen, la galicienne qui a vu les distinctions – nationales comme étrangères –
Quant à Eurofonik, qui se déroule à pleuvoir à la suite de son disque solo Isué, réinterprétation personnelle des airs qu'elle
Nantes, désormais sur deux jours, cette avait collectés durant des années, sera aussi là.
manifestation se situe entre le festi- Enfin, viendra le groupe mythique de folk radical suédois Heningarna, qui n'était pas
val celtique, comme celui de Lorient, et venu en France depuis vingt ans.
ceux consacrés aux musiques du monde,
comme les Escales de Saint-Nazaire. Et se veut
un lieu de vraie diversité culturelle, une diverEurofonik, La Cité, Centre des Congrès de Nantes, 5, rue de Valmy, 44000
sité qui lutte contre les standards industriels Nantes, tél. : 02.51.88.20.00, www.eurofonik.fr
anglo-saxons et résiste contre toutes les ten- Du vendredi 5 avril (à partir de 19h) au samedi 6 (1h) et du samedi 6 (à partir
tatives d'uniformisation ou même de classifica- de 15h) au dimanche 7 (1h).
34 FRANCECatholique n°3346 29 mars 2013
© PEtrE ShAughNESSy
Eurofonik, ce n'est pas que des concerts,
c'est une ambiance. Qui fait la part belle
à une vraie diversité musicale.
TÉLÉVISION
Téléfilm français (2012) de Laurent Herbier, avec Lambert
Wilson (Frank Barrot), Didier Bezace (Paul Simoni), Sabrina
Ouazani (Philippine), Arié Elmaleh (Gamal Zemouri), Claudia
Tagbo (Laura Silvano), Zinedine Soualem (le commissaire
Brindier), Smadi Wolfman, Anne Le Ny, Éric Caravaca (1h36).
2. Diffusion le mercredi 3 avril, sur France 2, à 20h45.
L’homme de Rio
Adrien, fiancé de la jolie Agnès et permissionnaire pour quelques jours, va vivre un
week-end mouvementé, en se lançant à la
poursuite des ravisseurs de sa belle.
 On ne se lasse pas de voir et de
revoir cette excellente comédie, qui met en
scène une sorte de Tintin en herbe. L’histoire, désopilante et rocambolesque, permet
à Belmondo de réaliser quelques belles
cascades. C’est drôle, bien rythmé et
remarquablement interprété. On revoit, non
sans émotion, la belle Françoise Dorléac,
formidable de dynamisme et de charme
acidulé, dans cette fantaisie très réussie.
 Les petites légèretés sont emportées
par le mouvement endiablé de cette comédie pleine d’entrain et de bonne humeur.
Comédie franco-italienne (1963) de Philippe de Broca, avec
Jean-Paul Belmondo (Adrien Dufourquet), Françoise Dorléac
(Agnès), Jean Servais (le professeur Catalan), Milton Ribeiro
(Tupac), Adolfo Celi (Di Valdes) (1h50). Diffusion le dimanche
31 mars, sur Arte, à 20h45.
par Marie-Christine
RENAUD d’ANDRÉ
 Troisième opus des aventures
Disney ­ Pixar
FTV ­ Jérôme Prebois ­ Breakout Films
Des terroristes ayant posé des bombes sur
des voies ferrées font chanter le gouvernement, en pleine cohabitation. Le commissaire Frank Barrot, de la Sécurité intérieure,
est chargé de l’enquête.
 En s’inspirant librement d’affaires
récentes, les auteurs signent un excellent
thriller politique, à l’atmosphère bien
recréée et au rythme soutenu. Lambert
Wilson campe un policier atypique, raffiné
et conscient de son devoir, et il est entouré
d’excellents comédiens.
] Ces dessous de la politique ne sont
pas très propres, mais le héros, intègre et
courageux, vient contrebalancer un peu
cette ambiance délétère.
Toy Story 3
Ce troisième opus
est le meilleur de la série.
L
sont rarement composées
d’épisodes de qualité égale. C’est
encore plus rare que chaque nouvel
épisode soit supérieur au précédent.
Sur le point d’intégrer l’université,
Andy décide de n’emporter que Woody
avec lui et de ranger ses autres jouets
dans le grenier. Mais une erreur d’in­
terprétation conduit sa mère à donner
le carton de jouets à une crèche. Peinés
d’être ainsi abandonnés, les jouets se
réjouissent à l’idée d’avoir de nouveaux
compagnons de jeux. Malheureuse­
ment, les charmants bambins se révè­
lent aussi cruels que dévastateurs avec
les jouets qu’ils cassent avec une
réjouissante santé. Très vite, Woody,
qui est resté avec ses amis, Buzz,
Barbie et tous les autres, décident de
quitter cet endroit de malheur.
es sagas
des jouets des studios Pixar, cette
œuvre est, sans doute, la meilleure de la
série. Mêlant astucieusement émotion,
nostalgie et humour, ce film d’anima­
tion fait la part belle à de nouveaux
arrivants (l’ours Lotso, Ken le play­boy,
le téléphone, etc.). Fourmillant de trou­
vailles, visuelles ou dans les dialogues,
et menée à un rythme d’enfer, cette
œuvre séduira les enfants, tout comme
leurs parents, et chacun trouvera son
jouet préféré, car même le méchant
finit par devenir émouvant. La 3D
apporte une réelle amélioration à ces
personnages, et l’ensemble est aussi
distrayant que très réussi visuellement.
(
Même le méchant
finit par devenir émouvant
 Comme dans les épisodes précé­
dents, les vertus de solidarité, de sens du
devoir, de dépassement de soi et de
respect de la parole donnée sont exal­
tées et constituent autant de messages
positifs pour cette œuvre réjouissante. ■
Film d’animation américain (2010) de Lee Unkrich, avec
les voix de Tom Hanks/Jean-Philippe Puymartin (Woody),
Tim Allen/Richard Darbois (Buzz l’Éclair), Joan Cusack/
Barbara Tissier (Jessie), Ned Beatty/Igor de Savitch
(Lotso), Michael Keaton/Benoît Magimel (Ken) (1h39).
Diffusion le dimanche 31 mars, sur M6, à 20h50.
L’aventure humaine « Les cathédrales dévoilées »
Elles dressent fièrement leurs flèches vers le ciel
et disent toute la dévotion de ceux qui les ont
construites. Apparues en Europe au milieu du
XIIe siècle, les cathédrales marquent le paysage
européen de leurs splendeurs. Mais comment les
bâtisseurs ont-ils fait, en ces temps qualifiés
souvent d’obscurs ?
 Nées d’un désir de lumière, les cathédrales continuent de susciter l’admiration de
tous, aujourd’hui encore. Ce remarquable documentaire, parfois un peu technique, explique,
avec l’aide de chercheurs, comment nos ancêtres ont procédé pour bâtir ces merveilles,
qui défient les lois de la pesanteur. Grâce à des images en 3D, ces chercheurs ont réussi à
reconstituer l’effondrement de la cathédrale d’Amiens et en expliquent les raisons. Avec la
technique de l’archéologie spatiale et l’aide du laser, ils percent les énigmes posées par
ces incroyables révolutions technologiques et rendent un bel hommage à ces artisans.
DR
Manipulations
Documentaire français (2010) de Christine Le Goff et Gary Glassman (1h30). Diffusion le samedi 30 mars, sur Arte, à 20h50.
FRANCECatholique n°3346 29 mars 2013
35
téLéviSion
TF1
20.50 The voice. Divertissement
Dimanche 31 mars
Lundi 1er avril
Mardi 2 avril
TF1
TF1
TF1
20.50 Harry Potter et le prince de
sang-mêlé GA. Fantastique
20.50 Clem «Un de plus chez les
DR
DR
FTV - Christophe Rabinovici
avec Jenifer, Garou, Florent Pagny
Boissier». Téléfilm avec Victoria
et Louis Bertignac, et avec Chris(2009) de David Yates, d’après J. K.
Abril, Laurent Gamelon, Lucie
tophe Willem, Alain Chamfort,
Rowling, avec Daniel Radcliffe,
Lucas, Carole Richert, Jean Dell.
Grégoire, Patrick Fiori, Lara Fabian,
Rupert Grint (2h28) 2. (voir notre
22.35 New York, unité spéciale.
Chimène Badi, etc.
analyse ci-contre)
Série avec Mariska Hargitay 3.
23.15 The voice «Au cœur des
23.35 Les experts, Manhattan 2.
01.15 Au Field de la nuit. Magacoulisses». Divertissement.
zine présenté par Michel Field,
France 2
avec Patrice Leconte, Claire
France 2
08h30 Émissions religieuses : «Sagesses bouddhistes», Castillon, Marie de Gandt,
20.45 Simplement pour
«Islam», «À Bible ouverte», «Chrétiens orientaux»,
Jérôme Attal, François Cluun soir «Les stars rendent «Présence protestante» - 11h00 Messe pascale
zet et Philippe Godeau.
hommage à leurs idoles». en l’église Notre-Dame de Vevey (Suisse) - 12h15
France 2
Divertissement de Patrick Bénédiction urbi et orbi par le pape François.
Sabatier et V. Guilhaume,
20.45 Rizzoli & Isles,
avec Nino Ferrer, Nicoletta, Sébas20.45 Le monde ne suffit pas GA.
autopsie d’un meurtre : «Histoire
tien Cauet, Lara Fabian, Franck
Aventures (1999) de Michael
ancienne», «Chasse aux sorcières»,
Sinatra, Dalida, Sofia Essaïdi, Serge
Apted, avec Pierce Brosnan, Sophie
«Entreprise familiale» GA. Série
Lama, Léo Ferré, Shy’m, Georges
Marceau (2h03). _] Un James
avec Angie Harmon, Sasha AlexanBrassens, M. Pokora, Édith Piaf,
Bond assez décevant.
der. _ Pas mal et plein d’humour.
Pascal Obispo, John Lennon, etc.
22.50 Faites entrer l’accusé
22.50 Rose & noir GA. Comédie
23.00 On n’est pas couché.
«Patrick Littorie, les crimes de la
(2009) de Gérard Jugnot, avec
Magazine de Laurent Ruquier.
mangrove». Magazine présenté par
Gérard Jugnot, Bernard Le Coq
Frédérique Lantiéri 2.
(1h38) 2. _] Lourd et vulgaire.
France 3
France 3
France 3
20.45 Inspecteur Barnaby : «La
liste noire», «L’assassin est servi».
Série avec Neil Dudgeon, Jason
Hughes, John Nettles 2.
00.15 Le comte de Monte-Cristo
(1/2) «Edmond Dantès» J. Drame en
20.45 Le sang de la vigne «Le derNB (1942) de Robert Vernay, avec
nier coup de Jarnac» GA. Téléfilm
Pierre Richard-Willm, Michèle Alfa
20.45 La grande évasion J. Avenavec Pierre Arditi, Catherine
(1h35). __ Une des meilleures
tures (1963) de John Sturges, avec
Demaiffe, Yoann Denaive, Marisa
adaptations de Dumas.
Steve McQueen, James Garner,
Berenson, Nicolas Vaude, Raphaël
Richard Attenborough, Charles
Arte
Lenglet. __] Amusant et bien
Bronson (2h45). ___ Un film
fait, mais la fin est affreuse, et il y
spectaculaire, avec un suspense
a des longueurs.
très prenant et quelques touches
22.15 Petite fille GA. Téléfilm avec
d’humour.
Hélène Fillières, Benjamin Biolay,
Arte
Aurore Clément 2. __] Original
20.50 Molière ou la vie d’un honet prenant, mais affreux.
nête homme GA. Biographie
00.15 Appassionata «Jean-Sébas20.45 L’homme de Rio J. Comédie
(1977) de Ariane Mnouchkine,
tien Bach : La Passion selon saint
(1963) de Philippe de Broca, avec
avec Philippe Caubère, Joséphine
Matthieu, BWV 244». Concert.
Jean-Paul Belmondo, Françoise
Derenne, Brigitte Catillon, Odile
Arte
Dorléac, Jean Servais, Milton
Cointepas, Jean Dasté (4h03).
Ribeiro, Adolfo Celi (1h50). (voir
20.50 L’aventure humaine «Les
___] Une œuvre magnifique,
cathédrales dévoilées» J. (voir notre notre analyse page 35)
mais qui n’évite ni les répétitions ni
analyse page 35)
22.35 Bienvenue au Club. Docula caricature tendancieuse.
22.05 Wild thing. Documentaire.
mentaire.
M6
23.55 Tracks.
M6
20.50 Top chef. Divertissement
M6
20.50 Toy Story 3 T. Animation
présenté par Stéphane Rotenberg.
20.50 Hawaii 5-0 . Série avec Alex
(2010) de Lee Unkrich (1h39). (voir
23.55 Norbert et Jean «Le défi».
O’Loughlin, Scott Caan 2.
notre analyse page 35)
Canal +
22.50 Scènes de ménages «Ils en
Canal +
20.55 Borgia (5 et 6/12) Ø. Série
font tout un prime». Série.
20.55 Lock out GA. Science-ficavec John Doman, Mark Ryder,
Canal +
tion (2012) de Stephen Saint Leger
Isolda Dychauk 3. __]] C’est
et James Mather, avec Guy Pearce,
21.00 Football «Lyon/Sochaux».
très bien fait, mais particulièreMaggie Grace (1h32) 3. __]
ment amoral et choquant.
KTO
Pas mal fait, mais formaté, violent
KTO
10.15 Messe de la Résurrection,
et sans humour.
en direct de Rome.
20.40 Le livre des merveilles
KTO
20.40 La foi prise au mot «Le
«De Miraculis Dei». Spectacle
20.40 Églises de France «Cathésalut», avec le frère Paul-Dominid’après Pierre le Vénérable.
drale Saint-Pierre/Saint-Paul de
que Marcovits et Benoît Bourgine.
22.00 Un cœur qui écoute «Valérie
Troyes».
21.50 La Bible, la basilique de
Régnier».
21.00 Vigile pascale, en direct de
Monreale. Documentaire (1977)
22.30 Vu de Rome. Magazine.
Notre-Dame de Paris.
de Marcel Carné (1h14).
36 FRANCECatholique n°3346 29 mars 2013
20.50 Les experts : «73 secondes»,
«Aveux en série», «Le jeune homme
et la mort». Série avec Ted Danson,
Marg Helgenberger 3.
23.20 Harry Roselmack dans les
milieux libertins. Magazine 4.
France 2
20.45 Histoires en série «Quand
les fantômes du passé bouleversent nos vies». Magazine présenté
par Béatrice Schönberg.
22.45 Infrarouge «Régimes : La
vérité qui dérange». Documentaire.
DR
Samedi 30 mars
01.00 Urgences GA. Documentaire
(1988) de Raymond Depardon
(1h42) 2. ___ Ce film bouleversant explore, dans le service
d’urgences psychiatriques, toute la
détresse des êtres et l’extraordinaire humanité des médecins.
France 3
20.45 Il faut marier maman GA.
Téléfilm avec Michèle Bernier,
Morgane Cabot, Jean-Charles Chagachbanian. __] Une comédie
sympathique, mais très prévisible.
23.25 Maigret a peur GA. Téléfilm
avec Bruno Cremer, Jean-Paul
Roussillon (1h40). _ Une histoire
décevante et un rythme trop lent.
Arte
Affaires pas nettes sur le Net
20.50 Le livre selon Google J. __
Cette analyse des différents enjeux
est un peu ardue, mais elle est passionnante et très complète. Mais
c’est aussi très inquiétant pour le
livre et les libertés.
22.20 The pirate bay. Documentaire.
23.45 Les otages d’Entebbe GA.
__ Une reconstitution très intéressante.
M6
20.50 D & Co, une semaine pour
tout changer. Magazine présenté
par Valérie Damidot.
Canal +
20.55 Football «Ligue des Champions : PSG/Barcelone (1/4 de
finale aller)».
KTO
20.40 Les Mardis des Bernardins
«Décisions et quête de sens», avec
le père N. Buttet et Michel Rollier.
21.45 La pastorale de la cafetière. Documentaire.
22.15 VIP «Laura Flessel-Colovic et
Francesco Agnello».
Mercredi 3 avril
Jeudi 4 avril
vendredi 5 avril
TF1
TF1
TF1
20.50 Whatever works GA.
Comédie en VO (2009) de Woody
Allen, avec Larry David, Patricia
Clarkson, Ed Begley Jr., Conleth
Hill, Michael McKean (1h28).
__] Ce marivaudage élégant,
mais bavard et amoral, a un petit
goût de déjà vu. Mais c’est du Woody Allen, ce qui signifie que c’est
assez amusant et brillant, même si
le réalisateur tourne un peu en rond.
22.20 Road movie «Un portrait
de John Adams». Documentaire.
23.15 Six millions et un. Documentaire.
M6
20.50 Pékin express, le coffre
maudit «Courses-poursuites
endiablées dans les rues de La
Havane». Divertissement présenté
par Stéphane Rotenberg.
Canal +
20.55 La mer à boire A/Ø. Drame
(2011) de Jacques Maillot, avec
Daniel Auteuil (1h35) 2. __]]
Un portrait nuancé d’un patron de
PME. Des scènes très suggestives.
KTO
20.40 Rencontre avec Michael
Lonsdale.
21.45 Églises du monde.
22.15 Audience générale, à Rome.
20.50 Real humans (1 et 2/10)
GA. Série en VO avec Andreas Wil-
son, Lisette Pagler, Pia Halvorsen,
Johan Paulsen. __ Cette série
suédoise, qui met en scène des
robots humanoïdes, est originale et
très prenante. Mais c’est aussi très
inquiétant.
22.50 Secrets de longévité J. __
Une fois encore, Arte surprend avec
ce documentaire passionnant et
très instructif.
23.45 Je marcherai jusqu’à la
mer. Documentaire.
M6
20.50 Body of proof (2, 3 et 4/20)
GA. Série avec Dana Delany,
Nicholas Bishop, Jeri Ryan 2.
Canal +
20.55 Scandal (3 et 4/7) GA. Série
avec Kerry Washington, Columbus
Short 2. __ Ces épisodes constituent d’excellents suspenses qui
relancent l’action en permanence.
KTO
20.40 Face aux chrétiens. Forum
politique des médias chrétiens.
21.45 À la source.
22.15 Concert «The Gustav Mahler
Celebration».
20.50 Qui veut gagner des millions ? «Spéciale Sidaction». Divertissement présenté par J.-P. Foucault, avec Cauet, M. Lorphelin,
J.-M. Bigard, Marc-Emmanuel, S.
Demorand, Yves Camdeborde,
Liane Foly, André Manoukian,
Marianne James, Emmanuel Chain.
23.15 Vendredi, tout est permis
avec Arthur. Divertissement présenté par Arthur, avec Arnaud
Ducret, Malik Bentalha, Lorie, etc.
France 2
20.45 Les petits meurtres d’Agatha Christie «Meurtre au champagne» GA. Téléfilm avec Samuel
Labarthe, Blandine Bellavoir, Élodie
Navarre (1h34) 2. __] Un épisode sympathique et plein d’humour, mais de longueurs aussi.
22.20 Ce soir (ou jamais !).
00.15 Taratata «Dance floor».
Divertissement présenté par Nagui.
France 3
20.45 Thalassa «La mer dans tous
ses états : Pêcheurs de l’extrême».
Magazine de Georges Pernoud.
Arte
20.50 Vent d’Ouest GA. Téléfilm
en VO avec Friederike Becht (1h27).
__] Cette œuvre qui n’évite pas
les longueurs donne une autre
image des Allemandes de l’Est.
22.20 Vivre en positif GA. __]
Des témoignages émouvants, tel
celui de Pierre Favre, d’autres plus
contestables, font le point sur la
séropositivité et les traitements.
23.20 Main basse sur une île GA.
Téléfilm avec François Berléand
(1h21). __] Ce thriller politique
est prenant, avec des touches
d’humour et des paysages corses
superbes. Mais il y a une scène
sensuelle et des violences.
M6
20.50 NCIS, Los Angeles : «Le projet Sinclair», «Sacrifice», «Le loup
solitaire». Série avec C. O’Donnell 2.
Canal +
DR
20.50 Section de recherches :
«Belle à mourir», «Far Ouest», «Ciel
de plomb». Série avec Xavier Deluc,
Virginie Caliari 2.
23.40 Les experts, Miami. Série
avec David Caruso 3.
France 2
20.45 Envoyé spécial : «Drogues
de synthèse : La nouvelle menace»,
«Les héritiers de Columbine».
Magazine présenté par Guilaine
Chenu et Françoise Joly.
22.15 Complément d’enquête
«Où sont les hommes ?». Magazine
présenté par Benoît Duquesne.
23.15 Grand public. Magazine présenté par Aïda Touihri.
France 3
20.45 Seul au monde J. Aventures
(1999) de Robert Zemeckis, avec
Tom Hanks, Helen Hunt, Nick Searcy, Paul Sanchez, Lari White
(2h24). ___ Cette libre et
moderne adaptation de Robinson
Crusoé est fascinante et magistralement interprétée.
00.20 L’ombre d’un doute «Le
Louvre, palais du pouvoir». Magazine présenté par Franck Ferrand.
Arte
DR
émissaire», «L’art de la guerre»,
«Vu de l’intérieur». Série avec Jim
Caviezel, Michael Emerson 2.
23.10 Breakout kings. Série avec
Domenick Lombardozzi 3.
France 2
20.45 Manipulations J. Téléfilm
avec Lambert Wilson, Didier
Bezace, Sabrina Ouazani, Arié
Elmaleh, Claudia Tagbo, Zinedine
Soualem, Stéfan Godin, Smadi
Wolfman, Alain Rimoux, Anne Le
Ny, Éric Caravaca (1h36) 2. (voir
notre analyse page 35)
22.25 La parenthèse inattendue.
Magazine présenté par Frédéric
Lopez, avec Patrick Timsit, Véronique Genest et Alexandre Jollien.
France 3
20.45 Le grand tour «De Dehli à
Paris, en passant par Amsterdam et
Jaïpur». Magazine présenté par
Patrick de Carolis.
23.40 Les carnets de Julie «La vallée d’Aure dans les Pyrénées». Magazine présenté par Julie Andrieu.
Arte
Arte - Johan Paulin
20.50 Person of interest : «Le bouc
RaDioS
20.55 Men in Black 3 J. Science-
fiction (2012) de Barry Sonnenfeld,
avec Will Smith, Tommy Lee Jones
(1h42) 2. ___ Hilarant.
KTO
20.40 Sœur Faustine, apôtre de
la miséricorde divine.
21.45 La vie des diocèses.
23.15 Le livre des merveilles
«De Miraculis Dei». Spectacle.
Radio Notre-Dame
Lundi 1er au jeudi 4 avril
6h03, 7h03, 8h03, 17h57 et 21h :
chronique de Gérard Leclerc.
RCF
Samedi 30 mars
En direct de l’abbaye de Maumont.
12h45 Témoignages de sœur Estelle
ainsi que d’une oblate.
14h30 «Reportage au monastère».
16h «éloge des larmes», avec Anne
Lécu (médecin à la maison d’arrêt de
Fleury-Mérogis).
19h Musique «Jean-Sébastien Bach».
20h Halte spirituelle «Le sens des
jours saints», avec sœur Thérèse.
20h15 «Lectio divina et relation au
temps dans la vie monastique», avec
sœur Marie-Madeleine.
Dimanche 31 mars
7h Le message de Pâques de
Mgr Dagens (évêque d’Angoulême).
10h Messe de Pâques, en direct de
Rome, célébrée par le pape François.
12h Bénédiction urbi et orbi, en
direct de Rome.
Lundi 1er avril
15h15 Halte spirituelle «Le jugement dernier en question», avec
Marie Balmary (psychanalyste). (1/5,
tous les jours, à 15h15 et 20h45.)
mardi 2 avril
21h Témoin «Le P. Jean-Philippe»
(prêtre auprès des toxicomanes, des prisonniers et des prostituées).
mercredi 3 avril
13h30 «Au Salvador, l’église catholique en lutte contre la violence».
France Culture
Dimanche 31 mars
10h Messe « Pâques », depuis
l’église Saint-Bonaventure, 7,
place des Cordeliers, 69002 Lyon.
Prédicateur : P. Luc Forestier.
Marie BIZIEN
sur TF1
Dimanche 31 mars à 20h50
Harry Potter et le prince
de sang-mêlé GA
Les forces du mal se déchaînent.
___] Harry Potter a vieilli et
il connaît les troubles liés à son
âge. Dans cet opus moins spectaculaire que les précédents, mais
toujours aussi réussi et amusant,
le spectacle est là.
__] Voldemort représente le
mal absolu, c’est-à-dire le Diable.
Les scènes d’horreur demeurent
dans les limites acceptables, et
celles au cours desquelles s’expriment les désirs des adolescents
sont traitées avec pudeur.
T : Toutpublic
Repères
J : Adolescents
GA: Grandsadolescents
A : Adultes
Ø : Œuvre(ouscène)nocive
_: Elémentpositif
]: Elémentnégatif
FRANCECatholique n°3346 29 mars 2013 37
BLOC-NOTES
Paris
✔ Le Centre Sèvres - Facultés
Jésuites de Paris, 35 bis, rue de
Sèvres, 75006 Paris, organise le
mardi 2 avril (19h15-21h) une
soirée d’Éthique publique «Les
chantiers du nouveau pontificat. Quelle Église pour notre
monde ?» L’Église vient de vivre
des moments importants : après
la renonciation courageuse de
Benoît XVI, l’élection du nouveau
pape François, premier souverain
pontife issu du continent américain, attire la sympathie par
son attitude modeste et simple...
Le nouveau pontificat invite à
réfléchir à la mission de l’Église
aujourd’hui. Comment parler de Dieu à ce monde ? Avec
Isabelle de Gaulmyn (rédactrice
en chef à la-croix.com), Mgr Eric de
Moulins-Beaufort (évêque auxiliaire
de Paris), François Euvé (s.j., rédac-
teur en chef de "Etudes", professeur au
Centre Sèvres), animée par le Père
François Boëdec. Entrée libre.
✆ 01.44.39.56.18.
✔ L’Œuvre des Campagnes vous
invite à leur Journée d’Entraide
et d’Amitié, en faveur du clergé rural et semi-rural, le jeudi
11 avril (10h30-19h30), dans
les Salons Hoche, 9 av. Hoche,
75008 Paris, avec des
comptoirs : alimentation, vins, bijoux,
brocante, produits
d’entretien (argenterie, nacre, vermeil...),
porcelaines peintes à la main,
broderie, écharpes et ceintures,
vêtements d’enfants, chapeaux de
mariage, livres, "Icônes", CD, coffrets de jeux de cartes de bridge
«L’œuvre des Campagnes», tapisseries, soieries... Déjeuner buffet
(11h30 et 12h30), bar, salon de
thé... Tournoi de bridge amical
non homologué (15h-18h30) animation : Jean de Perier. Présences
et dédicaces d'ouvrages, par le
Père Daniel Ange «Jésus et toi»...,
Général Richou descendant de
René Bazin, pour la réédition
de «Magnificat», Jean des Cars
«La Saga des Reines», Antoine
✂
Cadeau
Michelland «Marie Ier, le dernier
roi français», Daniel des Brosses
«Bussy-Rabutin, le Flamboyant»,
Élisabeth Dumont - le Cornec
«Les ponts mythiques», Nicole
Descours «Sarah, Marseille
1 7 2 0 » , Pa t r i c k d e
Gmeline «Histoire de la
Marine», Eric MensionRigau «Le donjon et
le clocher». Rens. :
L’Œuvre des Campagnes,
2, rue de La Planche, 75007
Paris, ✆ 01.45.48.25.83 /
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✔ «François, la Joie de l’Évangile», découvrez l’incroyable
vie de cet homme de Dieu, le
samedi 13 avril (20h30), à
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vraie de François qui choisit la
pauvreté évangélique pour vivre
entièrement de la seule richesse :
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mimes... Être le témoin du cheminement de François d’Assise
c’est également entendre l’appel
à la sainteté de vie, une sainteté
accessible à tous. Libre participation. Rens. auprès du Père Gilles
de Raucourt, ✆ 01. 42.02.11.36,
[email protected]
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✔ «Eucharistia», chants de la
liturgie orthodoxe en français :
«Nana peradze et l'ensemble
harmonie georgienne» : concert
exceptionnel, dimanche 14 avril
(16h), à l'église Notre-Dame de
l'Assomption, 90, rue de l'Assomption, 75016 Paris. Libre participation aux frais. Rens. : ✆ 01.
45.48.30.02.
✔ La Chapelle Notre-Damedu-Lys, 7, rue Blomet, 75015
Paris, vous invite à sa «Braderie
de Printemps», les vendredi 19
(15h-19h), samedi 20 (14h-19h),
et dimanche 21 avril (11h-18h).
Grand choix de vêtements, livres
anciens et d’occasion.
✔ Quelques mois après les
moines de Tibhirine tués en
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par l'Orchestre Philharmonique de New-York dirigé par Bruno Walter (éditions Jade).
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d’accès et de rectification aux informations vous concernant. Par notre intermédiaire, vous pouvez être amenés à recevoir des propositions d’autres entreprises. Si vous ne le souhaitez pas, il suffit de nous écrire ou de nous téléphoner et il en sera tenu compte immédiatement.
Algérie le 27 mars
1996, l’évêque d’Oran
Pierre Claverie est à
son tour assassiné le
1er août 1996 avec son
chauffeur Mohamed
Bouchikhi. À la Crypte
St-Sulpice, 33 rue Saint-Sulpice,
75006 Paris, jusqu'au 29 juin,
avec Jean-Baptiste Germain et,
pour les percussions, Francesco
Agnello, est jouée la pièce «Pierre
& Mohamed», créée par les frères
dominicains de la Province de
France, en hommage à Mgr Pierre
Claverie, à partir de ses textes,
pour commémorer sa mémoire,
son engagement pour l’amitié
au-delà des religions. Les jeudis, vendredis, samedis à 12h30
(durée 1h). Tarif : 15€/10€.
Réservations, ✆ 06.64.64.01.51.
Pas-de-Calais
✔ Le Foyer de Charité, BP 105,
62240 Courset, ✆ 03.21.91.
62.52, fax 03.21.83.87.13,
[email protected], prévoit
des activités : le 7 avril «Fête
Mis sionnaire au profit d'une
mission salésienne au Mali» ;
des retraites pour tous (avec
accueil des enfants à partir de
4 ans) : du 22 au 28 avril «À
l'école de Marthe Robin», avec
Mgr Marchand, du 6 au 12 mai
«Avec Marie, accueillir les dons
du Saint Esprit», avec le Père
Descouvemont.
www.foyer-charite-courset.fr
Savoie
✔ Le Foyer de Charité de
Tarentaise, 73260 Naves, ✆ 04.
79.22.91.02 / foyer-charite-naves
@wanadoo.fr, propose des retraites : du 15 au 21 avril «Être
sauvé pour être heureux, est-ce
que je le veux ?» (Mt 19, 26), avec
le Père Bruno de Belloy ; du 22
au 28 avril «Le concile Vatican II,
une boussole pour le 3e millénaire», avec le Père Charles
Le noir ; du 29 avril au 5 mai
«Entrer dans la famille de Dieu
avec Marie comme mère», avec
le Père Charles Lenoir.
Pour passer un communiqué,
contactez : [email protected]
fax 01.46.30.04.64 ou inscrivez-le sur :
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Andantino ; Allegro ; Tempo giusto ; Aria. Largo ; Allegro ma non troppo ; Largo assai. Presto assai.
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FRANCECatholique N°3346 29 MARS 2013
39
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