
8 Comprendre
–ou orthographe par assemblage. L’automatisation de ces deux procédures va
favoriser d’autres composantes qui développeront les compétences en ortho-
graphe. Ces compétences sont tributaires de la richesse et de la précision du
lexique mental qui va devenir le lexique orthographique de base ou le stock
de mots dans lequel le scripteur va puiser. Ce stock de mots va dépendre de
l’abondance du vocabulaire oral, de la capacité de lire les mots correctement en
captant leur orthographe avec leurs particularités, de la fréquence du contact
avec les mêmes mots entendus, lus et écrits par l’apprenant, de la qualité de
sa mémoire visuelle et auditive, de son projet de retenir les mots et leur ortho-
graphe. Ce projet de rétention sera tributaire de la façon avec laquelle l’appre-
nant se représente l’orthographe, le sens et l’utilité qu’elle revêt pour lui. En
outre, ce qui contribue à établir les compétences orthographiques, ce sont les
savoirs concernant l’orthographe elle-même. Ceux-ci reposent sur des connais-
sances telles que : la fréquence des correspondances phonèmes-graphèmes
( f plus fréquent que ph , le son s avec ses diverses graphies, le rôle du u et du e après
le g) , la rareté de certaines graphies ( ch prononcé k ), les conventions orthogra-
phiques (par exemple les féminins en té –beauté), le recours à l’analogie en
groupant les mots par famille (cueillir, cueillette…), la dérivation (écrit, gros…),
le sens des pré xes et suf xes (dys… apesanteur), le contenu ée (cuillerée…).
Un bon orthographieur connaît les règles grammaticales et saisit rapidement
leur champ d’application. Il a un projet immédiat sur les mots et sait comment
s’orienter dans les dédales de l’orthographe, notamment dans les homonymes
(mer –mère– maire). En un mot, il envisage l’orthographe sous un jour positif,
car il sait comment s’y prendre.
L’entrée dans l’écrit
Nous présentons ici quelques études qui décrivent comment l’enfant entre dans
l’écrit en se le représentant. Ces études peuvent servir de repères au praticien
pour évaluer où en est son patient dans son entrée dans l’écrit.
L’entrée dans l’écrit : une étape génétique
de Fijalkow et Liva (1994)
Les auteurs partent du principe qu’un des problèmes majeurs que rencontre
l’enfant pour s’approprier la langue écrite est sa dif culté à comprendre la
nature de celle-ci, ses structures et ses fonctions.
L’entrée dans l’écrit s’effectue en trois temps successifs qui correspondent à
des traitements différents de l’écrit: traitement exclusivement visuel d’abord,
traitement prenant en compte l’oral (le langage parlé) et en n traitement
idéo-visuel.
La recherche des auteurs poursuit à la fois des objectifs théoriques et prag-
matiques. Sur le plan théorique, elle s’efforce de préciser comment se fait la
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