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Quant à l’IRM dédiée aux urgences, elle est indispensable dans les hôpitaux dont le nombre de
passages aux urgences est très élevé. A titre d’exemple, au CHRU de Lille, seul hôpital
universitaire pour toute la région Nord-Pas-de-Calais, on avoisine les 120 000 entrées : l’IRM
dédiée aux urgences est alors essentielle pour optimiser la prise en charge des patients atteints
d’AVC. D’autres établissements s’organisent différemment, notamment en levant des créneaux
horaires réservés aux urgences.
4. En quoi consiste une thrombolyse intraveineuse ? Dans quel cas et dans
quels délais doit-elle être réalisée ?
La thrombolyse par voie veineuse est réalisée en cas d’infarctus cérébral lié à l’obstruction d’une
artère par un caillot. Elle consiste à injecter un thrombolytique (activateur tissulaire du
plasminogène appelé rtPA) afin de dissoudre le caillot et restaurer la circulation au niveau de
l’artère occluse. La thrombolyse par voie intraveineuse est recommandée lorsqu’elle est réalisée
dans les 4h30 après le début des signes cliniques, imagerie comprise, en sachant qu’elle est
d’autant plus efficace qu’elle est réalisée précocement après l’installation des symptômes. La
décision ne peut, bien évidemment, pas être prise avant d’avoir éliminé une hémorragie sur
l’imagerie. Si le geste technique est très simple, le produit injecté nécessite de prendre
beaucoup de précautions, notamment à cause des nombreuses contre-indications (AVC
hémorragique, intervention chirurgicale récente, AVC ischémique de moins de 2 ans, troubles
biologiques comme les troubles de la coagulation, HTA sévère…).
Bien que la thrombolyse puisse suffire à améliorer le flux sanguin et réduire ou éliminer les
symptômes, elle a ses limites de temps, d’accès et d’efficacité. On estime à 5 000 le nombre de
thrombolyses effectuées par an soit 4 % des patients qui auront accès à ce traitement. Un
pourcentage largement insuffisant lorsque l’on sait que la thrombolyse permet de diminuer les
séquelles et les récidives chez 1 patient traité sur 7.
5. Qu’est-ce qu’une thrombectomie ?
La thrombectomie est un acte de radiologie interventionnelle qui consiste à retirer, à travers les
artères, le caillot sanguin à l’aide d’un dispositif mécanique. On introduit un cathéter (sonde) par
voie fémorale pour atteindre l’artère obstruée puis on place un micro cathéter, plus fin, à travers
le caillot que l’on va enlever : un geste effectué en 45 minutes et dont le bénéfice sur la
réouverture des artères est réel. La thrombectomie peut être réalisée seule, lorsque la
thrombolyse est contre-indiquée, ou, plus fréquemment, en association avec la thrombolyse
dont elle pourrait améliorer les résultats. Elle nécessite cependant des moyens humains et
matériels plus lourds et plus sophistiqués que la thrombolyse : un neuroradiologue
interventionnel (spécialisé dans les actes interventionnels assistés par l'imagerie médicale), un
anesthésiste, une infirmière, une salle d’angiographie et du matériel de thrombectomie.
A ce jour, une douzaine d’études randomisées (dont l’étude THRACE en France) pourrait
confirmer une amélioration clinique chez 15 à 20 % des patients (en complément du bénéfice de