Mehr gute Arbeit als Antwort auf die Krise

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Service de presse de Travail.Suisse – N° 11 – 29 août 2011 – Congrès
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Revaloriser le travail
comme programme de revitalisation pour l’avenir de la Suisse
Le thème du Congrès de Travail.Suisse du 10 septembre est le suivant : « Revaloriser le travail ». Travail.Suisse, l’organisation faîtière indépendante regroupant 170 000 travailleurs et travailleuses, a choisi ce thème car pour nous revaloriser le travail est une nécessité absolue non seulement pour répondre aux crises
actuelles, mais aussi pour se préparer aux défis du futur.
Les crises des dernières années, de la crise immobilière de 2008 aux USA à la crise actuelle
des dettes en passant par la crise financière et économique, ne sont pas des crises habituelles. Elles sont au contraire l’expression d’une crise fondamentale du travail et d’un
manque de respect du travail.
Pour les idéologies néolibérales, qui ont caractérisé l’économie et la politique durant les
vingt à trente dernières années et dont l’influence est encore aujourd’hui dominante, le
travail n’est qu’un facteur-coûts. Un facteur-coûts considéré comme devant être minimisé
ou éliminé. C’est exactement pour cela que toutes les libéralisations, privatisations, dérégulations ont été menées, exactement dans cet objectif que la concurrence a été accrue de
manière impitoyable à travers une globalisation déchaînée. Les conséquences de ces mouvements sont la pression sur les salaires, les suppressions d’emploi « jusqu’à plus soif », la
formation de branches entières à faible rémunération et un prolétariat de travailleurs
pauvres même en Suisse.
Une aubaine pour les super-riches
Mais il n’y a pas que les plus pauvres qui ont souffert de ce processus. Le principe de la
juste évaluation de la performance et l’idée selon laquelle chacun doit participer aux bénéfices qu’il a contribué à réaliser ont été d’une manière générale abandonnés et cela a fait la
part belle à la convoitise et à l’impudeur. Les revenus des entreprises ont explosé, les salaires des managers ont décuplé, les impôts pour les riches et les entreprises ont été dans
le même temps allégés. La globalisation s’est révélée être « une aubaine pour les superriches », comme l’a analysé de façon pertinente l’économiste américain Jeffrey Sachs, qui
n’est absolument pas de gauche.
Ainsi la classe moyenne, représentant la base d’un ordre social et économique libre et démocratique, a été durement atteinte. Les salaires sont certes toujours décents. Cependant
l’évolution des salaires est restée loin derrière l’augmentation de la productivité alors que
les coûts du logement, des assurances-maladie et les taxes ont encore augmenté. Dans le
même temps, la charge à la place de travail s’est massivement accrue tandis que la sécurité au travail a fortement diminué. L’un dans l’autre, la classe moyenne se sent trahie et
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dupée. La peur du déclassement se propage et tout cela forme le terrain le plus favorable
aux tendances nationalistes et xénophobes actuelles. Leur transposition factuelle affecterait très profondément la Suisse sur le plan socio-économique.
Les Etats en sauveurs
En 2008, alors que le système était au bord de l’effondrement, ce sont les Etats qui ont
sauvé les banques, le système financier et l’économie. Après que les bénéfices aient été
privatisés, les coûts ont alors été socialisés. Nous avons pensé au début que cela pourrait
au moins rétablir le primat de la politique sur l’économie. Mais loin de là. Aujourd’hui ce
sont les mêmes acteurs des marchés financiers exigent en dernier recours des Etats qu’ils
réduisent leurs dettes, qui en sont eux-mêmes la cause avec leur convoitise et leur bêtise
de triple-A. Pure arrogance.
Et encore une fois, ce ne sont pas les banques ou d’autres profiteurs qui doivent payer les
opérations de sauvetage étatiques, mais ce sont au contraire les salariés qui sont de nouveau priés de payer l’addition. En effet, les mesures d’assainissement exigées ont conduit
à des suppressions de postes, à des réductions des salaires et des rentes, à une dégradation de la qualité des hôpitaux et des écoles publiques, etc., ainsi qu’à des impôts plus
élevés. Tout cela ne concerne pas les hauts revenus ou les personnes fortunées : non, cela
nous touche nous, les salariés tout à fait ordinaires.
Lorsque nous parlons aujourd’hui de revalorisation du travail, il s’agit de lutter contre
cette évolution, de mettre fin à la crise du travail et à la célébration unilatérale du capital,
et enfin d’exiger que le travail soit de nouveau reconnu à sa juste valeur. Ce n’est que
lorsque les salariés recevront à nouveau la part du gâteau qu’ils méritent et que lorsque
les grosses fortunes et les hauts revenus paieront leur contribution aux frais de la crise,
qu’alors là seulement, le monde pourra sortir de la crise actuelle.
Revaloriser le travail dans le futur
La revalorisation du travail est un thème central pour nous, non seulement à cause des
crises passées et actuelles, mais aussi à cause des défis futurs. Nous constatons aujourd’hui que l’évolution démographique commence à peser fortement sur le marché du
travail. Dans beaucoup de branches il manque déjà aujourd’hui de la main-d’œuvre ou
une grande pénurie de main-d’œuvre est pronostiquée dans un futur proche.
Nous connaissons tous la pénurie de personnel dans le secteur de la santé ou dans des
branches telles que la technologie de l’information. Mais il manque déjà aujourd’hui
beaucoup de personnel qualifié dans les écoles, les transports publics ou sur les chantiers.
Ce vaste champ de professions et de branches concernées montre que la pénurie de maind’œuvre n’est pas seulement une question économique. Non, il est question de notre qualité de vie. Il s’agit de savoir si nous devrons à l’avenir apporter le repas à nos proches se
trouvant à l’hôpital, si le manque d’enseignants à l’école élémentaire conduira à des
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classes avec de plus grands effectifs et à des trajets plus longs pour se rendre à l’école (ou
bien à des fermetures d’écoles dans les campagnes), si à l’avenir les trains seront non seulement bondés, mais surtout s’ils rouleront encore ou s’ils seront toujours plus souvent
supprimés à cause d’un manque de mécaniciens de locomotives.
Miser simplement sur plus d’immigration pour surmonter le manque criant de maind’œuvre n’est sûrement pas une bonne option. Dans ce cas-là la résistance politique pourrait devenir trop grande. A cela s’ajoute le fait que toute l’Europe aura le même problème,
mais un peu plus grave encore. Il est par conséquent essentiel que nous prenions soin des
travailleurs et travailleuses, que nous utilisions de manière optimale le potentiel de la
main d’œuvre disponible.
Investir dans la santé, la motivation et la formation
En outre, travailler doit être attractif, à tous les égards. Et nous en sommes encore loin
aujourd’hui. Ainsi par exemple, beaucoup de personnes tombent malades au travail. Au
moins un tiers des personnes de 63 ans n’est plus actif pour des raisons de santé. Et bien
que de nombreux parents avec des enfants à charge soient aujourd’hui actifs, la conciliation des vies professionnelle et familiale est encore un énorme facteur de stress auquel les
femmes sont particulièrement exposées.
Que pouvons-nous faire afin que les travailleurs et travailleuses de la Suisse travaillent
volontiers ? Que faut-il pour que le travail fasse du bien, ait du sens et ne nous détruise
pas ? Ce sont des questions que nous devons nous poser. Nous remarquons alors tout de
suite qu’il y a encore beaucoup à faire afin que le travail soit vraiment attractif, mais aussi
combien cela est nécessaire pour surmonter le défi démographique.
Ce sont les employeurs et les entreprises qui sont sollicités en premier lieu. Ils doivent
investir dans la santé, la motivation et la formation de leurs collaborateurs et collaboratrices et ils doivent réfléchir à comment créer des conditions optimales pour la conciliation
des vies professionnelle et familiale. Les points essentiels sont alors la réduction de la
charge permanente à la place de travail, des salaires décents pour tous les rapports de
travail, des conditions de travail adaptées à l’âge des travailleurs et des travailleuses pour
une meilleure santé et pour pouvoir travailler plus longtemps, des horaires de travail
adaptés aux familles et plus d’emplois à temps partiel à tous les niveaux hiérarchiques,
etc.
Mais la politique aussi ne peut pas rester inactive : plus de vacances, une obligation de
formation continue, un congé paternité et des structures d’accueil généralisées pour les
enfants ainsi que le soutien des familles pour les personnes âgées comme offre de base
d’un futur service public, une formation de rattrapage pour les personnes n’ayant aucun
certificat professionnel et cætera.
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La Suisse a besoin des meilleures conditions de travail
Nous exigeons aujourd’hui la « revalorisation du travail » afin de venir à bout du défi
démographique. Ce n’est que lorsque nous aurons les meilleures conditions de travail
d’Europe, et même du monde entier, que nous aurons suffisamment de main-d’œuvre sur
le marché du travail pour maintenir notre bien-être et notre qualité de vie. Et cela ne concerne pas seulement les professeurs et les managers, les médecins et les ingénieurs : non,
cela concerne aussi les vendeuses du commerce de détail, les mécaniciens et mécaniciennes de locomotives des réseaux express régionaux et le personnel soignant des hôpitaux.
Revaloriser le travail ou « in search for excellence» en prenant en considération les conditions de travail: c’est avec cette politique que nous pouvons surmonter la crise et venir à
bout du défi démographique. Revaloriser le travail c’est de la politique économique durable et c’est notre programme de revitalisation pour l’avenir de la Suisse.
Martin Flügel, président de Travail.Suisse
Travail.Suisse, Hopfenweg 21, 3001 Berne, Tél. 031 370 21 11, [email protected],
www.travailsuisse.ch
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