
Il distingue aussi l'entrepreneur «innovateur» de 1' «exploitant pur et simple» qui vit des combinaisons existantes, qui
travaille dans la « routine », qui n’est qu’un « copieur » des innovations qui ont du succès.
Portrait de l'entrepreneur chez Schumpeter : Modèle « idéalisé » dont il a exagéré les traits marquants. (C'est à
dire idéal type de l’entrepreneur, il s’inspire de Weber qu'il connaît).
Le rôle de l'entrepreneur consiste à réformer ou à révolutionner la routine de production, il fait partie d'une petite élite
des pionniers qui affrontent le risque, alors que la masse des chefs d'entreprise n’est que des gestionnaires et des imitateurs.
L'entrepreneur-innovateur est donc l'agent du changement. Et surmonter les résistances liées à la routine suppose des
aptitudes…
Motivation de l'entrepreneur (cf. angle « culturel ») :
L’entrepreneur n’est pas uniquement mû par l’appât du gain. Le capitalisme crée une nouvelle attitude mentale (différent de
l’homo œconomicus), l’entrepreneur « veut remporter des succès ; veut créer des structures nouvelles... », « Rêve et
volonté de fonder un royaume ... un empire qui donne l'espace et le sentiment de puissance... La fonction de l’entrepreneur
ne consiste pas essentiellement à inventer un objet ou à créer des conditions exploitées par l'entreprise, mais bien à aboutir à
des réalisations.
Ex. Alfred Krupp (1812-1887) : concentre verticalement ses entreprises et met en pratique le nouveau procédé de
fabrication de l'acier imaginé par l'anglais Henry Bessemer. Leclerc = commerce breton au départ… Henry Ford,
Steven Jobs qui crée Apple en 1976, Bill Gates (Microsoft), Roland Moreno qui crée la carte à puce…
L'entrepreneur se caractérise par son attitude : c’est un « chevalier du capitalisme », « aventurier »
- goût du risque, il agit dans « l’incertain », espoir de succès mais risques d’échec total, donc il a de l’audace, « sort des
sentiers battus », c'est à dire brise la routine.
- « joueur de poker ». Il a de l'intuition (sur les goûts des consommateurs).
- travailleur, forte « capacité de travail »...
- « C'est un chef », il a une puissance de commandant, il a la capacité de surmonter les résistances de ses pairs et de
son environnement, cela exige une personnalité et un caractère particulier « héroïque », « révolutionnaire » de l'économie.
B – Le capitalisme n’est efficace qu’en raison des libertés qu’il prend
à l’égard de la concurrence.
L’entrepreneur profite d’une rente de monopole temporaire. En effet l’innovation permet une rente de situation
c'est-à-dire une situation de monopole permettant un « surprofit » tant que l’innovation n’est pas imitée, et c’est légitime car
l’entrepreneur doit être récompensé pour sa prise de risque et pour les coûts mis en œuvre pour innover.
Finalement, pour Schumpeter, la situation de monopole et la grande entreprise ne sont pas aussi nocives que le
pensaient les néoclassiques car cela facilite l’innovation et son financement. « Nous sommes obligés de reconnaître que
l’entreprise géante est finalement devenue le moteur le plus puissant du progrès économique et, en particulier, de
l’expansion à long terme de la production totale ». L'entreprise géante peut effectuer des investissements importants
contrairement aux petites entreprises en situation de CPP. Enfin la grande entreprise peut répartir les coûts de mise en œuvre
de l’innovation sur une grande échelle de production contrairement aux PME. (phénomène
d’………………………………………)
La protection de l’innovation (par des brevets par exemple) est ainsi souhaitable, ce qui s’oppose par conséquent à la
concurrence. Ainsi Schumpeter estime qu’il faut s’accommoder d’une concurrence imparfaite sur le marché.