
POLITIQUES TERRITORIALES DE GESTION DES DÉCHETS - GLOCAL LOCAL FORUM 2016
les producteurs pour limiter des volumes, en les obligeant à financer des filières de valorisation
des déchets, par un prélèvement sur le prix de vente des produits.
Aujourd’hui, dans ces pays développés, les questions principales portent sur les modes de
traitements des déchets (enfouissement et/ou incinération), sur le développement de filières de
valorisation (production énergétique, recyclage des matières) et sur la limitation de la
production de déchets. Quelques collectivités territoriales innovantes essaient aussi
d’enclencher des dynamiques de “territoires zéro déchets“, à l’exemple de la ville de San
Francisco en Californie, avec un mix de solutions mettant en cause les modes de consommation,
en instituant des taxations incitatives pour les ménages fondées sur la diminution des volumes
collectés et sur l’éducation des citoyens.
Parallèlement, un nouveau secteur industriel se structure, fondé sur l’économie circulaire, c’est
à dire le recyclage des matières, limitant au maximum les déchets “ultimes“ qui ne sont pas
recyclables. Bien sûr, la viabilité économique de cette économie circulaire repose sur les coûts
des matières obtenues après valorisation en concurrence avec les matières premières non
recyclées.
Dans les pays du sud, le développement rapide de l’urbanisation depuis la seconde moitié du
XXème siècle laisse souvent les villes démunies face à l’ampleur des problèmes. Ces villes ont-
elles les capacités suffisantes pour une gestion rationnelle des déchets et l’exécution d’activités
de récupération et de recyclage des différents flux de déchets ? Trop souvent, elles sont
insuffisamment équipées pour gérer la collecte, le transport et l’élimination des déchets.
Selon Faouzia Abdoulhalik, responsable de programme à l’IEPF (Institut de l’environnement et
de l’énergie de la francophonie), les pays africains, enregistrent le taux de collecte le plus faible,
qui est de 70 % dans le meilleur des cas, alors que dans les pays développés ce taux est
supérieur à 95 %. Pour elle, “Bien que les statistiques soient quasi absentes sur la question, une
simple observation de plusieurs villes des pays en développement met en évidence la gravité du
problème : accumulation des ordures dans les rues, réseaux d’égouts bouchés, odeurs
nauséabondes…“
Pour les villes du sud, les modèles des pays industrialisés semblent inopérants en dehors des
quartiers des grands centres urbains gérés selon les standards internationaux. Comment
recouvrer des taxes et redevances dans des zones où l’économie informelle est dominante et le
cadastre inexistant ? Comment amorcer des filières professionnelles et industrielles sur des
territoires qui en sont dépourvu ? Comment prendre en compte les pratiques communautaires
existantes et les accompagner, les structurer, pour être à la hauteur des enjeux ? Quelle
répartition des rôles entre les autorités publics et les opérateurs privés ? Autant de questions
qui se posent aux élus locaux des villes du sud sur tous les continents, Inde, Asie, Amérique du
sud et notamment en Afrique.