
Puis de nouvelles phlyctènes apparaissent donnant des ulcérations à bords dentelés.
C'est une véritable stomatite localisée.
L'évolution se fait rapidement, à la "vitesse d'un cheval au galop", de l'intérieur vers
l'extérieur.
En 24 à 48 heures, apparaissent des gingivorragies, une hyper salivation et un
oedème jugal luisant, cartonné. L'haleine fétide, avec odeur d'acétone, est
pathognomonique.
Parallèlement, l'état général se détériore avec des douleurs vives à l'alimentation,
une hyperthermie à 40', un pouls accéléré, une soif, une pâleur, une prostration et
une dysphonie. A ce stade, si une antibiothérapie est entreprise, les lésions fondent
comme "neige au soleil".
2. Phase d'état
Elle est typique, et ne ressemble à rien d'autre. Le tableau de toxi-infection maligne,
s'il n'est pas corrigé par une antibiothérapie d'urgence, emporte le patient.
Localement, la tuméfaction rouge luisante, douloureuse, prend la taille d'une noix de
cola. Le placard blindé sur la peau, d'abord violacé puis noirâtre, est limité par le
futur sillon d'élimination.
Il existe une adénite et une péri-adénite.
L'escarre, le sphacèle se présente sous forme de cône gangreneux, à base muco-
ostéo-dentaire et à sommet cutané. Il s'individualise et tombe comme un fruit pourri,
emportant toute l'épaisseur des tissus, sans hémorragie, de façon nette, laissant une
zone cutanée propre pour certains, un cratère caverneux infecté, nauséabond pour
d'autres. Les dents et l'os sont à nu, entourés de tissus taillés à pic, bien
vascularisés.
Seulement 2 à 3 jours séparent la lésion initiale de la chute de l'escarre.
L'évolution sans traitement est, dans 80 % des cas, la mort dans un tableau de
septicémie.
V. Formes cliniques
10 % à 20 % des enfants non traités survivent au prix de séquelles fonctionnelles et
esthétiques importantes. Chez les enfants traités, l'importance de ces lésions
résiduelles dépend de la précocité du traitement.
En 1992, le Docteur Montandon a classé les séquelles en 4 catégories en fonction
des pertes de substance (Figure 2). Cette classification a surtout comme intérêt la
planification des traitements chirurgicaux :
1. Perte de substance localisée à la lèvre, à la commissure ou à la joue, qui peut
être comblée par le tissu local et qui peut être couvert par un seul lambeau.
2. Perte de substance de la lèvre supérieure et du nez.
3. Perte de substance de la lèvre inférieure et de la région mandibulaire.
4. Perte de substance étendue et complexe de la joue, du nez, des paupières, des
lèvres et de l'os du maxillaire supérieur.
VI. Diagnostic différentiel
Le noma à la phase d'état ne ressemble à rien d'autre.
A la phase initiale, l'on évoquera les différentes stomatites.