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2. La philosophie de Sartre: l'existentialisme, la maîtrise de son destin
Le texte fondamental de la philosophie de Sartre est L'Etre et le néant. On y retrouve
le célèbre principe de Sartre : l'homme naît libre et responsable, et il se définit à
chaque instant par ses actes. L'existentialisme aboutit donc à la nécessité de
s'engager dans des actions concrètes. C'est là le sens de la liberté. C'est la raison
pour laquelle Sartre lui-même s'est battu pour des causes politiques et sociales.
Selon l’existentialisme, l’homme n’est que ce qu’il fait, il n’existe que par ses actes. Il
est donc important de peser chacune de ses décisions ! L'homme est responsable
de ses propres actes. Ainsi, chaque individu est un être libre.
Nous retrouvons dans la pièce de théâtre Huis-clos, un des piliers de
l’existentialisme. L'action se situe dans un salon où sont réunis deux femmes, Inès et
Estelle, et un homme, Garcin. Ces trois personnages sont en fait morts, et ils se
trouvent en enfer. Chaque personnage a un lourd passé, justifiant sa présence en
enfer : ils sont tous les trois criminels. Chacun confesse ses actes devant les deux
autres, mais cela ne fait que semer la haine entre les personnages. Ils devront pour
toujours vivre dans cet enfer, où les actes qu'ils ont commis sont exhibés au regard
des autres.
Exercice : Lis l’extrait théorique suivant et explique le concept important qui s’y
cache.
J'ai dit : « L'enfer c'est les autres ». Mais « l'enfer c'est les autres » a été toujours mal compris. On a
cru que je voulais dire par là que nos rapports avec les autres étaient toujours empoisonnés, que c'était
toujours des rapports infernaux. Or, c'est tout autre chose que je veux dire.
Je veux dire que si les rapports avec autrui sont tordus, viciés, alors l'autre ne peut être que l'enfer.
Pourquoi ? Parce que les autres sont, au fond, ce qu'il y a de plus important en nous-mêmes, pour notre
propre connaissance de nous-mêmes. Quand nous essayons de nous connaître, au fond nous usons des
connaissances que les autres ont déjà sur nous, nous nous jugeons avec les moyens que les autres nous
ont donné. Quoi que je dise sur moi, toujours le jugement d'autrui entre dedans. Quoi que je sente de
moi, le jugement d'autrui entre dedans. Ce qui veut dire que, si mes rapports sont mauvais, en effet, je
suis en enfer.
Et il existe une quantité de gens dans le monde qui sont en enfer parce qu’ils dépendent trop du
jugement d'autrui. Mais cela ne veut nullement dire qu'on ne puisse avoir d'autres rapports avec les
autres. (Jean-Paul Sartre, 1964)
a) Qu'est-ce que Sartre a voulu exprimer par « L'enfer c'est les autres » ?
0 nos rapports avec autrui sont toujours infernaux
0 les autres peuvent nous empester dans une mauvaise relation
b) Quelle est la raison d'existence de cette thèse ?
0 notre identité dépend du jugement d'autrui
0 nous ne dépendons pas de l'autre