Le marché des céréales – TD 2013

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Brevet de Technicien supérieur Commerce international 1ère année
Economie générale : Le marché des céréales – Travail dirigé
------------------------------------------------------------------------L’offre et la demande :
Tout marché, quel qu’il soit, est régi par la loi de l’offre et de la demande.
De cet équilibre en permanence instable, naît la notion de prix quand l’offre et la demande se rejoignent. Ainsi, la
rareté de l’offre renchérit la demande et l’absence de demande appauvrit l’offre. Un certain nombre de facteurs peut
influencer cet équilibre offre/demande.
Les « fondamentaux »
Les facteurs permettant de définir le niveau de l’offre et de la demande d’un secteur sont appelés les fondamentaux de
ce secteur. Dans
tous les domaines liés aux matières premières, et donc a fortiori dans les marchés du grain, la
production, la consommation, le niveau d’importation et d’exportation constituent des fondamentaux.
1) Définition de l’offre
Pour estimer sa capacité d’offre globale, chaque pays tient compte de son stock de départ, de sa production et des
quantités qui seront importées.
Offre = stock début + Production : volume / qualité + Importations
2) Définition de la demande
Pour estimer son niveau de la demande à l’inverse, seront prises en considération la consommation, les quantités
exportables.
Demande = consommation : animale, humaine, industrielle + exportations
Le bilan déterminera le niveau de stock de fin. Si l’offre est supérieure à la demande, le pays sera un exportateur
potentiel (cf. Usa, CEI, UE en blé, Australie en blé, Canada, Brésil en maïs). Si la demande est supérieure à l’offre, le
pays sera importateur (cf. Inde, Moyen Orient, Nord Afrique, Chine).
3) Les bilans
Concernant les céréales, il existe (entre autres) un bilan mondial (source U.s.d.a, cIc), un bilan européen (source
cOceraL et analystes privés), des bilans nationaux (source ONIGc en France) dont la parution est en général
mensuelle.
4) Les facteurs d’évolution
De nombreux paramètres interfèrent sur les différents fondamentaux.
- La météorologie
La météorologie a un effet direct sur la production.
Tout accident peut réduire la production (cf. la sécheresse en Hongrie pour la récolte 2007 : – 50% de collecte de maïs,
la sécheresse en Australie : – 60% de production de blé), toute condition favorable peut au contraire l’augmenter (cf. la
récolte 2008 en Europe). Le marché réagit « nerveusement » aux évolutions brusques de la météorologie tant que la
récolte n’est pas effectuée… c’est le « weather market ».
- L’évolution des parités entre les monnaies
La parité (valeur d’une monnaie par rapport à l’autre) entre les monnaies a un effet direct sur le coût des exportations
et des importations. Dès lors que certains pays sont exportateurs et d’autres importateurs, des échanges vont avoir
lieu pour que les bilans trouvent leur équilibre. Il est donc primordial de suivre l’évolution des parités des monnaies à
l’autre (€/$ par exemple) lorsque les équilibres des bilans dépendent des importations ou des exportations.
- L’évolution de la parité E/$
A titre d’illustration, l’UE doit absolument en 2008-2009 exporter « 15mT de blé récolte 2008 » pour alléger son bilan.
A la parité actuelle (1€ = 1,35 $ environ), le blé exporté coûte aujourd’hui plus cher (1,35 fois plus) que si l’euro et le
dollar étaient à parité (même valeur). A l’inverse, dans cet exemple, toute céréale qui serait importée dans l’UE, serait
alors bien moins chère. Si le dollar venait encore à se raffermir (ou l’euro à se déprécier), les exportations seraient
moins chères et les importations plus coûteuses.
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- L’évolution du prix du pétrole
Le prix du pétrole a un effet direct sur le coût des exportations et des importations. Un prix du pétrole élevé
renchérit les frais de transport.
- Le prix du fret
Le prix du fret a un effet direct sur le coût des exportations et des importations. Le transport maritime
(importations de maïs, exportations de blé) et le transport fluvial (le Rhin pour l’écoulement des productions ouesteuropéennes et le Danube pour la concurrence hongroise) concernent le marché européen.
Pétrole, parité entre les monnaies, mais aussi météorologie jouent un rôle important sur le coût du fret.
La météorologie concerne principalement le transport fluvial. Si le niveau d’eau d’un fleuve (cf. le Rhin ou le
Danube) baisse faute de pluie, l’augmentation du « pourcentage de basses eaux » du fleuve se transformera
immédiatement en « pourcentage surcoût de transport ». Donc, prévoir l’arrivée de périodes sèches aura toute son
importance.
Il ne faut pas négliger aussi le poids de « l’offre et la demande » du fret : une forte demande en bateau de la Chine,
(ou sur le Danube pour livraison dans le nord de l’UE) crée une pénurie de moyens de transport. Il faudra payer
davantage pour obtenir un moyen de transport. A l’inverse, une baisse généralisée de la consommation, comme
actuellement, augmente l’offre et donc fait baisser les cours du fret.
- Les décisions politiques
Avec effet direct sur le coût des exportations et des importations, les réductions ou augmentations des droits de
douane, les suppressions ou restaurations des taxes à l’importation, l’application des subventions à l’exportation
sont autant de moyens pour renchérir/déprécier les produits à l’importation ou pour déprécier/renchérir les
produits à l’exportation. En fonction de la configuration de l’année, chaque état peut ainsi trouver des moyens
pour équilibrer son propre bilan.
- La mise à l’intervention
La mise à l’intervention est un processus européen visant à assainir les marchés en cas de surproduction et de
baisse des prix. L’UE devient alors acheteur de ces surplus à un prix d’intervention. Le prix d’achat est un prix
minimum égal à 101,77 €/t livré au centre de stockage sur novembre de l’année de récolte. Les bilans sont allégés (le
disponible est moindre). L’UE revend alors les tonnages achetés plus tard sur le marché.
L’intervention n’existe plus que pour le blé. Elle a été supprimée, tout d’abord pour l’orge, puis pour le maïs en
2006, alors que 85% des mises à l’intervention (> 3mT) étaient composées de maïs hongrois qui ne trouvait pas de
débouchés. Pour la récolte 2008, un quota de 700.000 t a été remis en place. Passé ce quota, on peut considérer qu’il
n’y aurait alors plus de « filet » à la baisse des prix des céréales concernées.
- Le prix lui-même
Le prix de la matière première elle-même influence directement tous les fondamentaux.
Toutes choses égales par ailleurs, une augmentation du prix aura pour conséquence la baisse de la consommation
animale et industrielle, la baisse des exportations et la hausse possible des importations.
------------------------------------------------------------------------Q – 1 : Expliquez les phrases soulignées.
Q – 2 : Expliquez le paragraphe « Evolution de la parité E/$ ».
Q – 3 : Sous forme de développement structuré, démontrer les raisons pour lesquelles le
marché des céréales constitue un marché particulier qui présente, notamment, des implications
politiques.
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