II – Histoire et évolution de la psychologie clinique

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Chapitre : La psychologie clinique dans le champ des sciences
humaines
Est-ce qu’une science peut être humaine dans le sens où une autre serait
inhumaine ?
Michel Foucault a dit dans Les mots & les choses que « les sciences humaines
ne sont pas analyses de ce que l’humain est par nature mais plutôt l’analyse qui
s’étend entre ce qu’est l’Homme en sa positivité (être vivant, travaillant,
parlant,…) et ce qui permet à ce même être de savoir ou de chercher à savoir ce
qu’est la vie, en quoi consiste l’essence du travail et ses lois et de quelle manière
il peut parler… ». En d’autre terme, l’humain par nature désigne l’humain
biologique qui n’est donc pas ce que la science humaine étudie. Elle s’étendra et
cherchera à faire le lien entre l’humain dans sa positivité et l’humain qui se
questionne.
Lacan a dit que « il n’est pas de science humaine ou de science de l’Homme,
parce que l’Homme de la science n’existe pas, mais seulement son sujet ». On a
l’habitude de dire qu’une science a un objet d’étude. La question de la science
humaine est de savoir si il y en a une spécifique à l’étude de l’humain. La
science humaine est une notion idéologique car aucune science ne peut se passer
d’un moment idéologique (et la science humaine est + sujette que d’autre au
débat idéologique de par la question de l’objectivité). On se rend compte dans
les sciences humaines, avec certaines orientations, on étudie l’humain du côté de
ses manques.
1) La pluridisciplinarité et la transdisciplinarité
Aucune science ne peut avoir la prétention de pouvoir tout dire sur l’être
humain, il y a donc une reconnaissance des autres sciences, ce qui occasionne
des discours contradictoires et l’émergence de science faisant des passerelles.
L’interdisciplinarité fait des passerelles.
La transdisciplinarité pense qu’il y a un lien qui les relieraient.
Si la science a toujours à voir avec l’idéologique, l’idéologie à avoir aux sujets
(culturel,…). Une science vient donc répondre à différents problèmes pour tenter
d’en donner un savoir.
2) L’être humain entre biologie/anthropologie/psychologie
L’anthropologie n’a pas besoin de la biologie (chromosomes,…) pour définir un
humain, la culture vient faire ombrage pour dire ce qu’est un homme par
exemple. Pourtant le cas de la transexualité vient montrer le besoin de la
psychologie.
L’être humain est multiple.
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3) L’actualité des problématiques identitaires
En France, la commission de l’éthique vient faire opposition entre ce qu’étudie
la science et l’éthique (clonage, euthanasie,…) et donc est sujet à évoluer au
cour du temps.
Est-ce que la demande va trop vite ou la demande sociale qui la pousse ?
Qu’est ce qu’être parent ? (question sur les enfants nés sous X,
l’homoparentalité,…)
Les pathologies sexuels (pédophilie) considérés comme curable maintenant alors
que avant non.
Les problématiques autour de la mémoire (part de l’histoire collective dans nos
histoires singulières).
4) Le psychologue et son statut
Dimension législative du psychologue  peu de texte dans le passé avant 1991
où l’on définissait le psychologue comme un auxiliaire médicale (paramédicale
comme un infirmier).
Depuis 1991, on a définit :
- les critères pour porte ce titre (bac +5)
- les droits (appartenance à la fonction publique catégorie A avec une
légitimité de son travail et de ses outils (Rorschach & co))
- les devoirs (code de déontologie)
Il y a actuellement un débat sur le statut de psychothérapeute, les médecins et
psychologues auront le droit automatique de l’afficher tandis que d’autres
professions devront prouver leurs capacités.
Freud disait « la science n’est pas une révélation, il lui manque encore après ses
débuts l’incertitude, l’immutabilité, l’infaillibilité dont la pensée humaine est si
avide ».
Paulitzer (années 70) disait lui « les psychologues sont scientifiques comme les
sauvages évangélisés sont chrétiens…dans 50 ans la psychologie
authentiquement officielle d’aujourd’hui apparaîtra comme nous apparaissent
maintenant l’alchimie et les fabulations verbales de la physique
péripatéticienne ».
II – Histoire et évolution de la psychologie clinique
La psychologie clinique fait partie de la psychologie tout court. D’une certaine
manière c’est la psychologie clinique qui fut la première et les autres qui ont
suivies.
(biblio : Winfried Hubert, La psychologie clinique aujourd’hui, Mardada)
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1) Les fondateurs
Le premier mouvement fut un psychiatrique, Philippe Pinel est le + connu
investigateur en France. En 1793 il demande et obtient qu’on enlève les chaînes
aux malades mentaux et qu’on les traite comme des être humains malades. Il
prône à la place de ces chaînes le traitement moral, c’est à dire que l’attitude des
soignants envers ces malades doivent être + soignante que leurs liens de fer.
Un deuxième personnage important est Benjamin Rush, en 1813 il fut le premier
qui a tenté de classifier et systématiser les maladies mentales.
Le deuxième mouvement est celui humaniste. En Angleterre, on a William Duke
qui a York crée la première maison de retraite.
Un deuxième nom est l’américaine Dorothy Dix (1802 – 1887) qui fut
importante dans le fait d’informer, de sensibiliser sur les pathologies mentales.
Le troisième mouvement est celui philosophique.
La phénoménologie a apporter à la clinique le fait de s’intéresser ce que le
patient a vécu (l’historique du sujet), le caractère d’immédiateté des choses, le
caractère structural. Quelques noms connus sont Sartre (avec l’existentialisme,
l’existence précède les sens).
Ces 3 mouvements sont différents mais ils sont interdépendants.
Cela prépare le terrain pour l’arriver de nouvelles sciences. L’humanisme aura
inspiré beaucoup dans le fait qu’on parle de la conduite humaine, concrète, de
l’être humain en situation, on parlera aussi de l’étude en profondeur de
l’individu. Du coté psychiatrique on verra apparaître la psychopathologie
comme une branche de la psychologie + que de la psychiatrie.
La psychologie clinique sera confronté à un problème central, celle du normal et
de la pathologie. Vient aussi le structuralisme qui met en perspective les
fonctionnements communs et spécifiques des individus, ça parle aussi des
processus (tout est en mouvement et en évolution).
2) Domaines d’exercices et disciplines voisines
Psychologue/Psychiatre/Psychothérapeute/Psychanalyste :
Dans les points communs, l’un des premiers est la clinique via la proximité du
patient, ils ont aussi le côté de la problématique normal/pathologique, ils sont
tous confrontés au psychisme humain, un élément important est la place occupé
par l’affectivité (libido, pulsion, sexualité, sentiments, souffrance,…), les cadres
de travail sont souvent communs aussi (hôpitaux généraux, institution
psychiatrique, hôpitaux de jour, hospitalisation à domicile, cabinets privés,…).
Dans les points de différences et les divergences, on a la différence au niveau
des formations, des démarches, des instruments utilisés, des objectifs. Le
psychologue est bac +5, utilise des outils et entretien principalement, a pour
objectif l’évaluation et la prise de conscience. Le psychiatre est un médecin qui
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a fait une spécialité dans les maladies mentales, ces démarches sont explicatives
et compréhensives, ils utilisent la parole au niveau des entretiens et les
médicaments, son objectif comme tout médecin est la guérison. Le
psychothérapeute n’a pas de pré requis universitaire, niveau démarche pour être
psychothérapie il faut passer par une psychothérapie personnelle, il utilise
comme outil la parole (si on utilise que les entretiens) et le corps (relaxation,
hypnose,…), ses objectifs étant la prise de conscience, la guérison également. Le
psychanalyste lui n’a pas besoin non plu de pré requis universitaire, il doit suivre
une psychanalyse personnelle sous supervision et utilise des démarches
interprétatives (trouver du sens), il utilise comme outil la parole ainsi que
beaucoup + que d’autre le transfert dans sa relation avec le patient, les objectifs
n’est pas la guérison mais essentiellement la prise de conscience et les
remaniements psychiques.
3) La psychologie clinique en France
Daniel Lagache apparaît en France comme le maître de la psychologie clinique
et qui a été le premier a insisté sur l’unité de la psychologie malgré ces
différences.
L’unité de la psychologie est appelé la psychologie générale, c’est à dire tout les
fondement par lesquels tous psychologue clinique doit passer avant de se
spécialiser. On a à côté la psychologie sociale qui s’oriente sur les phénomènes
groupaux/collectif. On a aussi la psychologie du travail.
Lagache définissait la psychologie comme la « science de la conduite humaine
fondée principalement sur l’observation et l’analyse approfondie des cas
individuels aussi bien normaux que pathologiques et pouvant s’étendre à celle
des groupes ».
André Rey dit que « la psychologie clinique est avant tout le soucis d’observer
toutes les caractéristiques du sujet, de les comprendre comme les manifestations
d’un tout organisé. La clinique s’oppose au laboratoire qui travaille toujours sur
une préparation ou un champ délimité, en clinique on ne perd pas de vue qu’une
particularité coexiste toujours avec d’autres au sein d’un ensemble et que tout
les éléments que l’analyse peut distinguer sont nécessairement en interrelation,
dynamique, au sein de l’ensemble. » (exemple de l’état émotionnel du patient
qui peut influencer sur ses résultats à un test de QI).
Juliette Favez-Boutonier a dit que « la psychologie clinique a pour objet l’être
en tant qu’il existe et se sent exister comme un être unique ayant une histoire
personnelle vivant dans une situation qui ne peut être assimilée à aucune autre ».
C’est à partir de position comme celle là qu’on insiste sur la singularité de
l’individu en psychologie clinique et c’est aussi pour ça qu’on ne peut pas tirer
des conclusions généralisables car il faut toujours tenir compte de cette
singularité qui tient donc à des conditions uniques.
Dans Naissance de la clinique, Foucault dit que « la clinique n’est pas un
instrument pour découvrir une vérité encore inconnue, c’est une certaine
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manière de disposer une vérité déjà acquise et de la présenter pour qu’elle se
dévoile systématiquement…».
4) Quelques définitions
1985 : 20 000 professionnels
1995 : 30 000
2005 : 35 000  15/18 000 dans le sanitaire et sociale (hôpitaux, DASS,…) /
8/10 000 dans l’éducation nationale / 5/7 000 dans le secteur de la psychologie
sociale et du travail / 3/4000 dans l’enseignement supérieur
Environ 10 000 psychiatres ainsi que 10 000 psychanalystes et autre thérapeutes
de tout bord.
D’une certaine manière ont voit qu’il y a une forte demande de psys dans la
société française mais qu’il n’y a pas nécessairement la place pour eux en
fonction de la demande sociale.
III - La psychologie clinique entre investigation et intervention
1) Investigation et/ou intervention
Grossièrement on a l’habitude de présenter en clinique qu’on a des outils qui
sont utilisé dans l’investigation et l’autre dans l’intervention.
L’entretien par exemple pour l’investigation et les psychothérapies pour
l’intervention.
Ce partage a du sens mais pas énorme, quelqu’un qui vient se faire diagnostiquer
présente déjà un désir de changement (donc ça commence dès l’investigation). Il
y a donc déjà une modification du sujet après la consultation par rapport à avant.
Le patient vient donc avec une demande.
Dans les deux cas, ils faut prendre soin du patient.
2) outils cliniques et conflits théoriques
a) la question de l’identité des psychologues
Il s’agit de la manière dont il se situe et se définit lui même et qui va le rendre
acteur de telle ou telle manière que se soit quand il investit ou quand il est en
psychothérapie.
Il y a 3 paramètres pour définir. A ces débuts le psychologue était vu comme un
psychotechnicien (il faisait passé des tests, essentiellement mentaux), puis ils se
sont penchés sur l’écoute de l’autre qui les amena dans un champ différent.
Un autre temps important a été l’arrivée des tests projectifs, de personnalité. On
passait du domaine de mesuré l’intelligence du sujet à celle de sa personnalité,
de son affectivité. C’est a posteriori que les psychologues se sont aperçus que les
chiffres ne répondaient pas du tout à ce qu’un test devait donner un sujet (le QI
évaluant le sujet dans une situation particulière et non pas son intelligence en
général).
La question de l’identité du psychologue est présente quand il se demande quelle
démarche il va utiliser (type de test, imposer ou pas,…). Il y a également le
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rapport institutionnel avec les autres membres du corps professionnel dont il fait
partie (comme il était un auxiliaire médical avant, supervisé par un médecin).
Un autre paramètre dans cette identité est le fait qu’être dans l’entretien a amené
à penser aux psychologues à penser qu’ils étaient automatiquement
psychothérapeute alors qu’il faut bien différencier les deux. Un psychologue
dans une institution peut faire faire des entretiens de soutien (qui n’est pas dans
la thérapie), les formations de thérapeutes se font ailleurs qu’à l’université.
L’entretien se définit comme « une relation dynamique entre deux personnes
dont l’une est sensée poser ses problèmes et l’autre l’aider à y voir + clair elle
même ».
Le test se définit comme « une situation standardisée qui va servir d’outil
d’appréciation au fonctionnement du sujet, l’idée étant de comparer les résultats
de ce sujet là aux résultats de la population à laquelle il appartient ». Cette
situation de standardisation comporte un autre effet immédiat est que le point de
départ est composé de catégories différentes de la société, alors comment
généraliser si on part d’une catégorie particulière ?
Le milieu socioculturel intervient donc dans l’appréciation qu’on aura de tel ou
tel test, comme de la situation d’entretien.
b) Le déterminisme et le relativisme
Qu’est ce qui vient du déterminisme de nos histoires et de la manière dont nous
vivons ?
« L’important n’est pas ce qu’on a fait de moi, mais de ce que je fais de ce que
l’on a fait de moi », Sartre.
La psychologie clinique insiste sur la singularité qui ne reste cependant pas
incompatible dans l’effort d’intégré l’histoire individuelle dans une histoire
groupale, on ne peut prendre un individu sans prendre en même temps son
histoire familiale par exemple.
3) postulats fondamentaux de la démarche en psychologie
Le premier postulat est celui dit dynamique, considéré que tout être humain est
un être en conflit avec lui même, avec son milieu.
Le second est celui interactioniste, l’être humain est un être toujours en relation
avec lui même et avec son milieu. L’un agissant sur l’autre et inversement.
Le troisième est celui historique, l’être humain est toujours dans un processus
temporel.
L’entretient doit se dérouler en tenant compte de ces 3 postulats donc.
4) les démarches en psychologie
Daniel Lagache insistait beaucoup sur l’unité de la psychologie qui n’implique
pas que les différentes branches agissent de la même manière, il y a forcément
des choses différentes entres elles, certaines choses seront + spécifique à certain
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qu’à une autre et qu’en même temps chaque psychologie a chaque moment de
son histoire ou de son parcours globale s’inspire toujours de l’une des autres
psychologies.
Quand on va prendre les 3 démarches suivantes : explicatives, compréhensives,
interprétatives  si l’une qualifie + une psychologie qu’une autre, cela
n’enferme cette psychologie dans la seule démarche qu’on va lui attribuer.
La démarche explicative répondrait à ce qu’on attend le + habituellement à la
démarche objective scientifique, la relation de cause à effet. En psychologie,
cette démarche concerne l’étude du comportement, sous cet angle elle concerne
+ particulièrement la psychologie expérimentale.
La démarche compréhensive est dans l’intersubjectivité, dans ce qui est dans
l’expression « se mettre à la place de l’autre pour le comprendre ». Cette
démarche là concerne l’étude de la conduite humaine en tant que globalité du
sujet en situation et en évolution. C’est la démarche + spécifique de la
psychologie clinique.
La démarche interprétative intègre la démarche compréhensive, elle a + rapport
avec la question de la signification et de l’intentionnalité (les actes humains ne
sont pas gratuits). Elle concerne + particulièrement la relation transférentielle.
Cette démarche concerne + particulièrement la psychanalyse.
5) diagnostic et pronostic
6) notions et étapes de l’examen psychologique
a) la situation d’examen
Il s’agit de prendre en considération toutes les circonstances et tout les aspects
originaux anamnéstiques ou actuels du problème posé par le sujet lequel ne peut
se dévoiler que selon sa totalité dynamique et structurale. Ce n’est qu’en voyant
comment tout les éléments fonctionnent entre eux qu’on peut comprendre
comment fonctionne un sujet. On voit quelle est la demande manifeste du sujet,
et derrière on essaie de voir la demande implicite. Comment interpréter ce que le
sujet énonce et ce qu’il cache. Importance de qui formule la demande (les
parents pour les enfants, le conjoint envers son partenaire,…), il y a donc une
nécessité de savoir la demande, comment elle est formulée et qu’est-ce qui se
cache derrière cette demande.
La situation d’examen comporte plusieurs éléments pour la comprendre :
- la relation d’asymétrie, ici professionnelle  l’un vient poser son
problème, l’autre l’aide à y voir + clair, ils ne sont donc pas à la même
place.
- La relation d’homologie  on y associe des termes comme « pouvoir
se mettre à la place de l’autre », de pouvoir constater que les pensées
évoquées sont humainement compréhensible
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- L’extériorité  « ce n’est pas mon problème, c’est le sien bien que je
puisse comprendre de quoi il parle »
b) L’examen
L’examen lui même a 3 étapes :
- la prise de contact, qui peut être déterminant
- l’examen lui même, qui peut avoir 2 aspects en psychologie :
o la psychologie armée  on a un intermédiaire entre soi et l’autre
(dessins, tests,…)
o la psychologie non-armée  essentiellement l’entretien
le tout étant dans un contenant, le sujet ne doit pas se sentir insécurisé
- la séparation, aussi capitale que l’accueil
c) l’identité du psychologue
La place du psychologue est assez incertaine dans les institutions.
Chiland en dit que « ce que le clinicien met au service d’autrui, ce ne sont pas
seulement ses connaissances c’est, selon le terme qu’on voudra employé, son
appareil psychique, son fonctionnement mental, sa capacité de ressentir, de
comprendre, et d’élaborer, si c’est un savoir, c’est un savoir vivant, incarné, où
il paye de sa personne… ».
IV – La psychanalyse
Jean Bertrand Pontalis a dit que « l’incidence de la psychanalyse ne se mesure
pas a un quelconque bouleversement du savoir qu’elle entraînerait mais d’abord
à une variation de la position du sujet quand à ce savoir, ne serai ce que parce
qu’il cesse de s’identifier à lui…».
Toute théorie donne un certain nombre de savoir, mais ce qui est + spécifique à
la psychanalyse, ce n’est pas le savoir en lui même mais comment on se
positionne soi par rapport à ce savoir. Pontalis propose que la spécialité de la
psychanalyse est de ne pas se confondre à son savoir.
1) la découverte de la psychanalyse par Freud
Sigmund Freud (1856 – 1939), né en Autriche, vécu à Vienne, mourut à Londres
en exil hitlérien. Il est médecin, qui se spécialise en biologie dans le domaine
particulier de la neurologie, et donc il est neurologue. Féru de culture grec, il
avait une position essentiellement positiviste et scientiste, mais va chercher dans
le fonctionnement du psychique comment le système nerveux induit nos
psychismes, et même donc dans cette démarche de neurologue il va découvrir
l’énergie qui nous fait fonctionner. Dans cette énergie il va voir le principe de
constance. Il va découvrir des symptomatologies physiques qui n’ont pas de
sous-bassement (causalité) organique et que son collègue Breuer avait
commencé à traiter et qu’il traitait en les désignant comme hystériques. Un cas
célèbre de Breuer est celui de Anna O.
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En même temps il après qu’à La Salpetrière à Paris, il y a un dénommé Charcot
qui soigne l’hystérie par l’hypnose, il lui demande alors un stage. Cette hypnose
marche sur le coup de la suggestion qui amène au sommeil hypnotique. Freud
observe que Charcot dans cette situation peut faire disparaître les symptômes
des patients. Mais ce qu’il découvre surtout c’est que dans cette phase de
sommeil hypnotique, ils se mettent à parler, et au sortir de cette situation, ils ne
se rappellent pas de ce qu’ils ont parlés. Freud va en retenir deux leçons, la
situation hypnotique (sujet couché, il n’a pas sa conscience à lui, il n’est pas en
état de veille, suscite une + grande liberté d’expression) et que les gens se
mettant à parler, et donc n’étant pas conscient de parler, fait qu’ils n’ont pas
forcément une chronologie dans leurs paroles. De ces deux découvertes, va
découler la situation du divan et des associations libres. Il observe que ce que dit
les patients n’est pas forcément en rapport avec des choses actuelles de leurs
vies, beaucoup de choses anciennes dites ont un rapport avec la sexualité.
Freud neurologue, découvrant l’hypnose, et s’en servant pour aller à la
psychanalyse cesse d’être neurologue et médecin (car il considère que ce n’est
pas le meilleur moyen pour vraiment écouter le sujet).
L’élément déterminant chez Freud est son auto-analyse. De ce qu’il a observé
chez les patients hypnotisés, il a été amené a ce demander à son sujet ce qu’il
pouvait dire de lui (obliger de se psychanalyser tout seul vu qu’il était le seul
psychanalyste).
2) les concepts fondamentaux
a) l’appareil psychique selon la psychanalyse
Freud découvre l’appareil psychique en 2 temps, le premier appelé première
topique, et le second, seconde topique.
Dans sa première topique, il faut considérer l’appareil psychique comme un
iceberg avec des couches superposés. La première partie, émergée, est le
conscient. En dessous il y a le pré-conscient. Et la partie immergée est
l’inconscient, le gros du lot. L’idée de l’appareil psychique sous cette forme là
est que notre conscience, qui est censé être une caractéristique humaine, est
minime par rapport au côté inconscient. Les choses gênantes sont refoulés dans
l’inconscient (refoulement), mais elles ne sont pas effacés et peuvent donc faire
retour (retour du refoulé). L’appareil psychique, notamment du côté de
l’inconscient, est intemporel (le passé, présent et futur sont mélangé, elles sont
juste là). Dans l’inconscient les choses sont non contradictoires, tout peut
coexister (même si ça provoque des conflits).
Dans sa deuxième topique, le fonctionnement n’est plu des couches superposés,
mais une structure composées de 3 instances que sont le Ca, le Moi et le Surmoi.
Comme c’est une structure, il n’y à pas d’ordre ou de hiérarchisation. On y voit
qu’il y a à la fois des choses séparées et des choses communes. Nos singularités
tiennent de la place qu’occupe chacune de ses instances. L’idée est qu’il y a
toujours un équilibre entre ces 3 instances pour que ça fonctionne, même si la
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place occupées des différentes instances n’est pas forcément équivalentes. Il y a
2 manières d’aborder les choses, soit on prend ce type structurale et on dit que
chacun de nous à ces 3 instances, soit on prend le schéma génétique, c’est-à-dire
chronologique, et ont dit comment le développement se fait et comment ses
instances se mettent en place les unes par rapport aux autres. En général on part
du Ca, de là va naître le Moi, qui va s’autonomiser par rapport au Ca en prenant
deux allures qui sont d’un côté le Moi Idéal et de l’autre l’Idéal du Moi, de ce
Moi naît ensuite le Surmoi. On dira que le Ca est le monde des pulsions, le Moi
Idéal est comment on se regarde soi même (est ce qu’on se plait, sa propre
image,…), il est en rapport avec le Moi Idéal (qui est le modèle à partir duquel
se constitue le Moi Idéal) les deux formant le narcissisme (positif ou négatif).
L’idéal du Moi a donc deux aspects, en tant que miroir mais aussi en tant que
contrainte (pour parvenir à cet idéal), il est le précurseur du Surmoi. Le Surmoi
est le monde des interdits (loi, morale, tabou,…). L’idée est que les choses
extérieures au sujet (gendarme, autorité,…) sont intériorisées, ce qui aboutit au
Surmoi.
Sous cette angle structural, Freud propose de considérer l’appareil psychique
comme une boule de cristal qui dit que la constitution de cette boule est faites de
tel manière que si elle doit tomber, elle ne se fissure pas de la même manière.
On a l’idée ici que si on passe du sujet normal à celui pathologique, il s’agit du
même sujet mais avec des choses qui se sont modifiés, on ne part pas de rien
pour aboutir à une pathologie.
b) sexualité et stade de développement
La sexualité dans la psychanalyse n’a pas a voir avec la connotation génital
habituel dans la société (coït, sexe, etc…), cela à avoir avec le lien au plaisir.
Freud définit la pulsion comme « une énergie qui a sa source dans le corps, qui a
un objet et une finalité, l’objet de la pulsion est quelconque, la finalité étant le
plaisir ». Freud dira de l’enfant qu’il est un pervers polymorphe. Il va définir 2
types de pulsion :
- celle de vie  qui nous conduit vers cette vitalité
- et celle de mort  qui nous conduit vers les angoisses, aux choses
incertaines
Freud distingue les pulsions sexuelles et les pulsions d’auto-conservations. Il en
dira que « les pulsions sexuelles s’étayent sur les pulsions d’auto-conservation ».
Les besoins physiologiques et les satisfactions consécutives à la satisfaction des
pulsions d’auto-conservations sont les pulsions sexuelles.
Stade Oral
Du côté physiologique, il a avoir avec les zones de la bouche, du palet, de la
gorge et de la descente. L’idée est que d’un stade à l’autre, la satisfaction des
besoins physiologiques va conduire l’enfant à investir + particulièrement tel ou
tel zone du corps. Ici il s’agit de la bouche. Ce stade oral a deux caractéristiques,
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une dimension passive (pas d’effort particulier pour aller chercher la nourriture)
et une dimension d’un oral actif (il pleure, il va chercher,…), Melanie Klein en
dira qu’il va jusqu’à attaquer le sein, le sevrage étant un moment crucial dans la
vie de l’enfant. Autour de cette problématique oral il y a le soucis de la
séparation de l’enfant avec sa mère.
Ce stade dure jusqu’au 3/6ème mois.
Stade Anal
Successivement, le stade Anal a avoir avec la propreté. Il y a un déplacement de
la zone de plaisir qui va + bas. Les zones investies ici sont les zones
excrémentielles. Ici il s’agit d’une notion d’expulsion, le stade oral lui était
d’ingestion. Il y a également là une dimension passif (la couche est froide ou
chaude) et actif (il apprend à se retenir). Les sphincters ont donc un rôle ici de
contrôle.
On situe en général ce stade jusqu’à 18/24 mois. Un repère social est l’entrée en
école maternelle.
Stade Génital
Cela concerne une partie des zones du stade précédent, la différenciation
sexuelle qui en général se fait sur la base de la façon d’uriner. L’enfant a le
fantasme qu’on est né tous pareil, et que la différenciation se fait au fur et à
mesure. L’idée est que tout le monde est équipé de pénis et que certains le garde,
d’autres le perde. Il s’agit de la différenciation sexuelle.
Ce stade est significatif également par la propension de l’enfant à se poser des
questions sur ses origines et des explications que les adultes lui donnent ensuite.
Un autre des fantasmes originaires est celui de la séduction, de ce qu’on fait
papa & maman, de ce qu’il se passe quand on est dans les bras de maman,…
Le 4ème fantasme originaire est celui de castration.
C’est à la suite de ce stade qu’on va parler de complexe de castration et de
complexe d’Œdipe.
c) fantasme et représentation
Le fantasme est définit par Freud comme un scénario imaginaire qui sert à
entretenir une relation avec la réalité. Ce fantasme là est individuelle.
Le fantasme originaire quand à lui a pour thème des idées universelles, on le
retrouve dans toute l’humanité et en tout temps. Freud en dira qu’il a une origine
philo-génétique (dans l’histoire même de l’humanité).
Après sa naissance, l’enfant découvre la relation qu’il a avec sa mère. Par la
suite, il voit qu’il y a quelqu’un d’autre dans la vie de sa mère et donc qu’il
s’interpose dans leur relation. Il se met en place une relation triangulaire et à
partir de là il se pose la question de sa relation avec cette 3ème personne. On parle
dans cette configuration de la relation oedipienne. Il rentre en rivalité avec ce
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3ème personnage. Cette rivalité de façon différente en fonction du sexe de
l’enfant, on rentre par là dans la question de la castration.
Le garçon va utiliser la question de la différenciation sexuelle pour pouvoir
répondre à ce qu’il se passe entre sa mère et son père. Il voudra déloger le père
en utilisant sa similarité physique pour faire concurrence. Mais l’interdit de
l’inceste fait qu’il ne peut pas garder sa mère pour soi. Le tiers ici est donc
organisateur et séparateur dans la relation. De cette rivalité du garçon avec son
père, l’enfant va s’identifier a son père et va chercher un partenaire ailleurs.
La fille elle comme le garçon veut conserver sa relation particulière avec la
mère, mais le tiers est là aussi. Mais étant du même sexe de sa mère, elle ne peut
utilisée la similarité physique avec le tiers ici. On dit qu’elle va utiliser la
séduction auprès de son père non pas nécessairement pour l’avoir lui mais pour
empêcher la relation père/mère. Et comme le garçon, à cause de l’interdit de
l’inceste, elle va se mettre à chercher un partenaire ailleurs.
La fille part du constat de la castration pour aller vers la relation oedipienne.
d) transfert et résistance
L’observation de Freud dans la clinique lorsqu’il recevait un patient, surtout des
femmes au début, il recevait des compliments, et ces sentiments d’amour/haine
que le patient adressait ne visait pas la personne du thérapeute mais était des
réactualisation/réviviscence des histoires infantiles (renvoie aux premières
imagos-parentales).
Ce transfert est une résistance (car provoque des bénéfices primaires et
secondaires) étant donné qu’on transfert sur la personne du thérapeute ce qu’on
a pas osé dire à quelqu’un par exemple.
La notion de symptôme est donc fondamentale, il désigne un compromis dans
une relation conflictuelle entre les différentes instances de l’appareil psychique.
Le traumatise va être séparé entre le traumatisme réel et celui psychique. Pour
en saisir la différence il faut maîtriser la notion d’après-coup.
Par un exemple un enfant d’age X vit des situations psychiques et corporels qui
n’ont pas de signification particulière pour lui. Quand il grandit, à l’adolescence
se passe un retour sur ce qui a été vécu précédemment et changer la
signification qu’il y donnait. L’après-coup est ce fait qu’un événement
postérieur vient qualifier autrement un événement antérieur.
Nous utilisons les expériences successives pour reconstruire notre passé/histoire.
Et il y a des évènements qui ont suffisamment de densité/consistance pour être
traumatiques en soit (trauma réel).
Le trauma psychique vient que sur ce trauma réel, il y a une réminiscence des
choses de notre vécu qui fait trauma.
Freud n’a pas travailler que sur sa psychanalyse, il a écrit des livres
d’anthropologie sur la guerre, les civilisations,…
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3) la cure psychanalytique
Le divan vient de la situation hypnotique. L’idée que quand un patient est
couché et non assis est + facile pour lui de se laisser aller. Ce que la
psychanalyse y ajoute c’est que le psychanalyste est assis à côté de lui de telle
manière que le patient ne peut le voir, évitant le face-à-face, permettant +
facilement cette relation transférentielle. Cela aide aussi le psychanalyste car
facile le contre-transfert.
Les associations libres d’idées ait né après que Freud ait emprunté à Jung
l’association libre de mot. Freud demande a son patient de faire des associations
libres d’idées sans chercher quelques cohérences que se soit dans ce qu’il
exprime et sans se retenir. L’idée est qu’il y a une logique intrasèque à la suite
des mots apparemment désordonnée que va faire le sujet, logique d’ordre
inconscient.
Les rêves occupent une place importante dans la psychanalyse. Freud dira que
c’est un scénario imaginaire, que le sujet rêveur construit, dans lequel il est à la
fois l’auteur et l’ensemble des personnages de son scénario qui lui sert à la
réalisation de désirs refoulés. On y retrouve ici le même côté des associations
libres de la non-logique des associations faites. On assiste aux phénomènes de
déplacement (attribuer à un autre objet les choses qui devaient ou auraient pu
s’adresser à quelqu’un d’autre) et de condensation (la temporalité est abolie,
d’où le regroupement de divers éléments qui sont en temps normale séparés dans
le temps en un seul élément).
L’argent, car une psychanalyse coûte cher, et à plusieurs niveaux au vue de la
durée (plusieurs années, plusieurs fois par semaines). Freud en disait que vu que
c’était son travail, il en vivait comme le médecin. Il en disait que pour que les
patients puissent fonctionner comme il le faut dans la psychanalyse, il se doit
d’y avoir cet échange d’argent (physique préférentiellement). Le troisième
élément est une analogie entre donner ses excréments aux parents, donner son
argent à un commerçant et donner un enfant.
L’interprétation est un des éléments fondamentaux. Chercher du sens à des
choses à ce qui ne semble pas en avoir est la question de l’interprétation. Elle est
le fait du psychanalyste, c’est lui qui la propose au sujet. Une des règles
fondamentales est cependant d’éviter les interprétations sauvages, le
psychanalyste ne doit proposer une interprétation que si le niveau d’élaboration
dans lequel le sujet se trouve lui permet de se servir de cette interprétation pour
avancer. Le psychanalyste se sert du transfert pour interpréter, c’est donc en
fonction de ce qu’il comprend de la relation transférentielle qu’il va interpréter.
Le transfert pouvant être une résistance, quand le psychanalyste interprète, il
doit faire attention à cette problématique.
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4) La psychanalyse en France
Les premiers psychanalystes français ont été des médecins, c’est au fil des
années et des écoles qu’on va voir le corps médical accepter (ou subir) que
d’autres veuillent aussi avoir la prétention de soigner. Pour être psychanalyste il
faut une véritable conversion.
On distingue 4 groupes dans la psychanalyse freudienne :
- l’institut de psychanalyse (société française de psychanalyse) qui
représente l’histoire de ces premiers psychanalystes
- l’école freudienne de Paris, qui a eu comme représentant essentiel
Lacan
- l’Association Psychanalytique de France qui a été une scission de
l’école freudienne, surtout pour des raisons techniques de la cure
(surtout au niveau de la durée)
- le 4ème groupe
a) Lacan
Il a repris une notion de Wallon qu’est le stade du miroir. Lacan en dira que si
on prend un enfant devant un miroir, au premiers âges de sa vie il croira à une
réalité objective dans la glace (qu’il y a quelqu’un dans la glace), puis de fil en
aiguille il va se dire que c’est une image, qui amène à la réalité et à la
représentation ; en 3ème temps il verra que l’image bouge en même temps que
lui, d’où il arrive à la conclusion qu’il s’agit d’une image de lui-même.
Il parviendra à voir qu’il y a une altérité entre l’image renvoyé et la vérité, on en
dira que le Moi est clivé (entre ce que je vois et ce que je suis vraiment).
Une deuxième notion importante pour Lacan, est de dire que l’inconscient c’est
l’Autre. Puisqu’il s’agit d’une partie de soi inconnu, il y a en soi une personne
inconnu, l’inconscient est l’inconnu qui est en soi.
Le 3ème concept important est « le nom du père », en en disant que ce qui peut
poser des problèmes identitaires est la signification et la place de la référence
symbolique du père en tant que représentant de la loi. Ce concept permet dans la
psychose de montrer le problème de relation avec le tiers (dans le triangle
oedipien).
Le 4ème concept important est le rapport au langage. Il a été le premier a
introduire de manière théorique et formel la linguistique sausurienne,
notamment avec les termes de signifiant/signifié. Lacan y apporte l’idée que le
signifié ne peut jamais rendre compte complètement du signifiant. Il définit le
symptôme comme un langage, et donc de ce point de vue aucune interprétation
du symptôme ne peut complètement en rendre compte.
Sur le plan technique, ce qui a le + opposé Lacan à ses collègues (et la fondation
d’autres écoles) est la technique psychanalytique avec 2 éléments essentiels : les
séances courtes (5/10/15 min) et le silence. De manière générale, le
psychanalyste quelque soit son école ne parle pas beaucoup, mais le silence
prend une importance + grande chez les Lacaniens.
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b) Anzieu
Anzieu reprenait l’auto-analyse de Freud et de ce qu’il en aurait pu faire.
Il appartenait à l’APF. Il a eu pour apport majeur d’apporter la psychologie des
petits groupes.
Un de ses concepts fondamentaux est le Moi-peau, l’idée que l’enfant, d’abord,
se représente le Moi au fur et à mesure des différentes phases de son
développement à l’image de la peau qui elle sert à nous représenter également.
Le Moi est au psychisme, ce que la peau est au corps. L’idée est que le Moi
enveloppe le psychisme en délimitant ce qui est nous et ce qui ne l’est pas. Ce
concept sert beaucoup dans la clinique notamment par rapport aux problèmes
narcissique (avec la confusion de lui et son image). Il y a 9 fonctions de possible
du Moi-peau (interface entre le dedans/dehors, fonction de barrière, lieu et
moyen de communication, fonction de surface d’inscription,…).
c) Green
Il appartient à l’APL.
L’histoire de la psychopathologie a commencé par Freud qui soignait des
névrosés, mais il a été contre indiqué de soigner les psychotiques par la
psychanalyse. Les psychanalystes qui souhaitaient soigner des psychotiques
étaient donc contrer de s’orienter différemment.
Green a beaucoup travaillé sur les états limites et les narcissiques.
Son concept fondamental est celui de la mère-morte (ou le travail du négatif). Il
ne s’agit pas du deuil de la mère qui serait morte dans la réalité, mais à avoir
avec la problématique de séparation de l’enfant avec la mère, il n’y a pas que
l’enfant qui n’accepte pas de se séparer donc l’enfant va entretenir un type de
relation à la mère et autour de lui des relations où l’autonomie et la séparation
est difficile. Si il se trouve que dans un même/autre contexte la mère est
dépressive, cela va entretenir encore + chez l’enfant et le futur adulte cette
relation de mère-morte car elle n’est jamais vraiment vivante.
La destructivité (pulsion de mort chez Freud) est donc importante dans ce genre
de cas.
5) Les dissidents de Freud
a) Jung
Il est fils de pasteur, très influencé par une vision religieuse des choses, il
affirme même que ce que l’on nommait la mort de Dieu serait le motif central et
souvent inavoué de toute la recherche moderne. D’une certaine manière il
voudrait montrer par l’absurde l’existence de Dieu. Pour lui le morbide a rapport
avec le manque du divin, ou encore les productions psychiques rappel les
structures de l’expérience religieuse. Du coup pour lui la psyché profonde est
d’essence religieuse.
Quand il parle de religion, il rejoint + le côté spiritualiste.
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Un autre fondamentale de Jung est sa connaissance de l’Orient et des
spiritualités asiatiques (taoïste en particulier). Une des différences avec Freud
sera sur le concept que lui parlait de l’inconscient individuel, Jung lui parlera de
l’inconscient collectif. Malgré cette différence, Jung utilise le terme d’archétype
qui définit des schèmes sociaux suffisamment prégnant (d’imprégner) pour être
le support des constructions psychiques, l’idée étant qu’il y a dans notre
psychisme une part subjective individuelle qui repose sur l’intégration qu’on a
individuellement de ces schèmes collectifs.
L’autre élément est la place que donnait Freud à la sexualité, et surtout celle
infantile (expérience première de l’individu) et dont Jung accorde moins
d’importance. Comme il donne + de place au spirituel, il va donner à la
psychologie l’idée d’être la science de l’âme. La conception de l’être humain sur
le plan de la différenciation sexuelle chez Jung va être distingué par l’anima et
l’animus, les deux étant en soi un archétype (on dit masculin/féminin qui sont
associés à certaines images). Dans l’anima, c’est du côté de la féminité, l’animus
du côté de la masculinité, mais l’anima est constitutive de l’homme comme
l’animus est constitutif de la femme. Le but de la psychologie est de chercher
l’animus chez la femme (et inversement). En terme chinois il parle de Jing et de
Jung. Freud parlait de la bisexualité constitutive du psychisme humain.
Une autre notion importante chez Jung c’est le Soi, c’est un peu la même chose
que le Moi sans l’être, il serait ceux dans quoi l’individu se reconnaît le +/mieux
par rapport au Moi qui lui peut nous échapper.
Un autre élément important du côté de la technique est que Jung avant la
psychanalyse avait inventer le test des associations de mots et l’utilisa dans sa
propre clinique psychanalytique. Il utilisait des mots inducteurs qui vont amener
le sujet à des mots induits, association induite que Jung va utiliser pour
décrypter les rêves (il introduit l’idée de la description manifeste du rêve, ce que
le sujet en dit, qui est une manière de décrire). Vient de Jung la technique
psychanalytique du rêve éveillé avec l’idée qu’on a plu besoin du rêve nocturne
pour cela. Le psychanalyste dans la version Jung est + intervenant que dans la
version Freud.
Cette dimension d’inconscient collectif nous renvoie à un côté + primitif du
sujet (emmagasiné en nous, et quand on cherche on retrouve notre vraie Moi,
tout cela étant très présent comme idée dans les cultures asiatiques).
b) Adler
Il était médecin neurologue et en tant que tel il va faire une étude assez médicale
et physiologique sur les organes du corps et la possibilité de compensation entre
les organes, d’où il va tirer l’idée qu’il y a un perpétuel effort du corps pour
s’adapter aux exigences extérieures ou internes du corps et maintenir un
équilibre. Les manières dont il voit ses compensations entre organes peut se
faire de manière défensive (s’opposer à, protéger contre), un organe un peu
faible peut en trouver un autre pour le protéger par exemple.
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Un autre élément qu’il tire de cette étude est que le processus psychique, en
corrélation avec le corps est orienté vers 3 buts possibles :
- La supériorité
- La sécurité
- La perfection
Suivant l’orientation, cette recherche d’équilibre va induire des conflits
(inférieur/supérieur, phénomène de défense, recherche de l’idéal,…). Toujours
est il que l’être humain vit toujours en sécurité avec des sentiments soit de
supériorité soit d’infériorité. Le premier élément conceptuel chez Jung de
différenciation avec Freud va être sur la notion de complexe, Adler lui va utiliser
des réalités sociales pour parler des complexes (il va utiliser les idées de classe,
de hiérarchie,…) de supériorité et d’infériorité. Il va raccrocher ça au
développement de l’enfant qui dans son rapport avec l’adulte le voit comme
étant supérieur (sachant tout,…), l’enfant pouvant alors se sentir inférieur
comme ne pouvant jamais l’atteindre, sentiment que peuvent accentuer les
adultes en fonction de leur milieu sociale. On retrouve ce phénomènes + tard
dans le monde du travail (phénomène d’infantilisation,…).
Un autre élément important est qu’il a analyser les dysfonctionnements
psychiques comme une perturbation fonctionnel. La névrose pour lui sera une
tentative d’éviter le + grand mal en sauvegardant une supériorité fictive (jouer
au + fort pour masquer un sentiment d’infériorité) ou en adoptant une infériorité
fictive.
Adler a une idée forte de l’unité du corps et du psychisme de l’individu en
parlant de structuration de l’ensemble mis en œuvre par la personne.
Du côté des techniques psychothérapeutiques, on a la position + active du
psychanalyste préoccupé par l’adaptation de l’individu dans son environnement.
On a également comme théorie qui guide l’identification intuitive au patient, qui
n’est pas le transfert mais + généralement l’idée de « se mettre à la place de
l’autre ». Un autre élément qui guide est l’éveil du sens de la communauté
comme condition essentielle de l’indépendance et de la libération du malade.
c) Mélanie Klein
Anglaise. L’une des ruptures fondamentales avec Freud est qu’autant lui
soignait des adultes, autant elle soignait des enfants (c’est la grande initiatrice
des thérapies d’enfant). Freud n’abordait ce pan de la vie du sujet que via des
souvenirs. Le deuxième point de rupture est que lui soignait surtout des
névrosés, alors que les anglo-saxons vont osés tentés de soigner des
psychotiques, or assez rapidement Freud dira que c’est la civilisation qui est à
l’origine de la névrose, l’autre aspect étant de dire que chez le psychotique il y a
des choses qui le rapproche de chez l’enfant (qui sont normale chez lui). Même
si la névrose est une pathologie comme la psychose, le fonctionnement
psychique du psychotique le rapproche de l’enfant, alors que Freud dira qu’on
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devient névrosé à cause de la civilisation (modelage des pulsions,
encadrement,…).
L’enfant traduit son inconscient par le jeu.
Conceptuellement, Klein au lieu de parler des stades de développement va parler
de position et va en distinguer 2 dans le développement de l’enfant : la position
paranoïde et la position dépressive.
La première est les premiers mois de l’enfant où elle introduit l’idée de pulsions
agressives qui coexistent d’emblée chez l’enfant à côté des pulsions libidinales
(dont la pulsion de destructivité comme l’oral sadique). Il y a également la place
de l’objet partiel qui tiens lieu d’objet total, l’enfant qui est dans l’oralité, si la
mère l’allaite, n’a de connaissance du corps de la mère que cet élément qui lui
sert à se nourrir, ce sein tiens lieu du corps de la mère. Dans cette étape de sa
vie, l’enfant considère la mère comme toute bonne ou mauvaise, il fonctionne
sur le mode du clivage. Un autre élément est que ce qui amène l’enfant à
l’exercice de ses pulsions agressives est l’angoisse persécutive qui s’explique
par le clivage (si la mère est toute bonne, je suis tout bon / si elle est mauvaise,
c’est parce que je suis un mauvais enfant). Les 5/6 premiers mois passant, si le
sevrage c’est bien passé, on va rentrer dans la position dépressive.
On y comprend que cette position a à voir avec la problématique de séparation et
de deuil. Pour que ce phénomène puisse se jouer il faut que l’enfant comprenne
et intègre que la même mère peut être bonne et mauvaise, que c’est la même
personne, on va dire qu’il appréhende la mère comme objet total.
L’angoisse dépressive porte sur le risque de perdre la mère et est constitutive de
notre psychisme parce que l’être humain n’est jamais guéri du rapport à la perte
(on y est tout le temps confronté), et cette angoisse de perte est combattu par 2
phénomènes particuliers : l’inhibition de l’agressivité (l’éducation jouant
beaucoup là-dessus) et les défenses maniaques (l’exubérance, l’optimisme du
tout va bien,…).
Sur le plan technique, on a assisté à ce rapport au jeu, ce qui va crédibiliser cette
thérapie d’enfant c’est le point que les thérapeutes d’enfant donne à la parole
d’enfant (corrélation avec Françoise Dolto) ainsi que la place de l’argent
(l’enfant payant sa séance en caillou par exemple ^^).
d) Donald Winnicott
Pour lui « cette chose qu’on appelle un nourrisson n’existe pas », par là il veut
dire que le bébé est une personne.
La psyché se situe dans le soma/corps, les choses du psychique de l’enfant se
traduit par le corps alors que l’adulte névrosé (sauf si hystérique) c’est avec son
psychisme seul qu’il va parler, son corps exprimant peu.
La relation mère/enfant est un autre élément, on y retrouve l’expression « la
mère suffisamment bonne ». Un autre élément important est « l’objet
transitionnel », Freud y rapprochait lui le « fortda » (le jeu avec la bobine de
laine que l’enfant lançait) où était aussi lié l’indépendance/présence/absence de
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la mère, l’enfant tient son doudou et c’est à ça qu’il joue, l’objet est là pour la
représenter. C’est également un élément entre lui et le monde extérieur.
Il y a également l’aire transitionnel, dans la relation mère/enfant, il y a une
négociation qui se fait sur la distance de proximité/éloignement et c’est cette
espace que Winnicott désigne par ce terme.
e) Heinz Hartmann
Freud avait été aux USA en 1919 où il avait dit qu’il leur apportait la peste.
Hartmann est le concepteur de ce qu’on appel « l’ego psychology » (psychologie
du Moi). Ici autant Freud pouvait mettre en avant la triade Ca/Moi/Surmoi avec
l’accent sur les pulsions internes, autant aux USA on met l’accent sur le Moi et
la capacité de l’individu à s’adapter à son environnement.
Le Moi dispose de fonctionnement en partie autonome et de sphère non
conflictuelle ainsi que d’autres fonctionnements + inconscients. Un secteur
conflictuelle du côté de la perception, du langage,… et un autre côté +
irrationnel. La psychanalyse va être du côté d’aider le Moi à affirmer sa
dimension d’indépendance, de rationalité au détriment de la partie nonautonome, irrationnelle,…
C’est des USA que nous vient la notion de Self avec le vrai-Self et le faux-Self,
le Moi étant dans le premier quand il est dans le Moi autonome intellectuelle
doué d’adaptation, et dans le second quand il est dans l’inadaptation,
conventionnelle, irrationnel, stéréotypé.
f) Oto Rank
Il a apporté le principal élément du traumatisme de la naissance. C’est le premier
qui a abordé cette relation là de l’enfant et de la mère et de la sortie de l’espace
intra utérin et a théorisé les angoisses de l’enfant lié à cette sortie de ce monde à
un autre. Le passage entre ces deux mondes (espace vaginale) étant un des
aspects par lequel l’angoisse se manifeste et qui est aussi un de la mère et de sa
façon d’être sereine ou angoisser à laisser sortir son enfant.
Psychose post-péral  enfant percu comme objet persécuteur amenant au
meurtre parfois / blues de la naissance (post partum)
VIII – Psychologie et thérapies de groupe
1) Quelques concepts
a) Qu’est –ce qu’un groupe ?
Pour faire groupe, il faut être au moins 3.
A partir de là on distingue 2 type de groupe, les petits (de 3 à 12), les grands
(jusqu’à 50), et au-delà on est dans la foule et la masse.
Il faut un cadre pour dire qu’il y a un groupe, ça ne peut pas être dans la rue ou
juste un rassemblement. Il doit fonctionner dans un lieu et dans un temps (il faut
une unité de temps et d’espace), d’où le fait dans les institutions qu’il vaut
mieux faire des séances de groupe toujours dans la même salle et aux mêmes
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heures. Par rapport au temps on a la notion de durée, il n’y a pas de groupe si ils
ne se réunissent qu’une seule fois.
Le groupe peut être ouvert ou fermé. Ouvert par rapport au nombre, fermé à
l’inverse quand on « ferme les inscriptions ». Le groupe est fermé au niveau de
l’espace quand par exemple on décide que l’amphi reste fermé de 14 à 16h (et
ouvert si on laisse les portes ouvertes).
La composition du groupe (la nature) se définit en 2 :
- groupe naturel  nos groupes d’appartenance familiales par exemple
- groupe artificiel  les groupes utilisés techniquement (but de
consultation, de soin,…) et qui eux s’arrête à tel ou tel moment quand
l’objet pour lequel il a été crée n’a plu de raison d’exister
Un groupe peut être homogène ou hétérogène.
Pour faire fonctionner un groupe, il faut qu’il soit le + homogène possible, mais
ce groupe homogène doit être le + hétérogène possible. Homogène veut dire des
gens qui peuvent cohabiter le temps de la durée du groupe, il faut qu’il y est
compatibilité dans le groupe. Hétérogène car il ne faut pas que tout les gens du
groupe soient pareil.
Les règles du groupe (artificiel et dit libre, contrairement à celui à tâche/de
travail qui a un objet extérieur à lui et qui a un objectif d’efficacité, le groupe
libre se prend lui même comme objet d’étude (d’observation, thérapeutique)) :
- l’écoute de l’autre  quand on est dans un groupe on s’écoute les uns
les autres
- on se respecte les uns les autres
- on ne juge pas ce qu’apporte chacun au groupe
- la règle de confidentialité, tout ce qui se vit dans un groupe reste dans
le groupe
- ne peuvent pas appartenir à un groupe artificiel, des gens qui
appartiennent au groupe naturel
- la règle de restitution, une personne du groupe est absente, on parle
d’elle, à la séance d’après on lui dit ce qui s’est dit le concernant
(également entre deux séances quelques personnes du groupe parlent
du groupe, ils ont le devoir d’en parler à la séance suivante)
- la règle d’abstinence  dans le groupe on fait semblant, on a le droit
de tout dire, mais on ne peut pas tout faire
Ces règles vont constituées la vie du groupe avec le présupposé qu’un groupe se
conçoit, se constitue/naît, se développe et meurt. On doit le conduire d’une
séance à l’autre et sur la durée.
b) Le groupe comme rêve, réalité et comme fantasme
L’une des fonctions du groupe est la cognition (connaissance) et la
représentation. De la même manière qu’on observe un individu, on peut
observer un groupe et par là en apprendre sur lui mais également les personnes
qui fonctionnent dans ce groupe. Le groupe va servir aux individus à se
20
connaître, car il sert aux individus à se mettre en représentations. Dans un
groupe nous sommes regardé par les autres, et par regarder on est dans un
spectacle, de là des choses sont renvoyés (positives et négatives).
Le groupe joue un rôle d’assignation de place. Dans toute situation groupale, des
rôles sont attribués aux membres du groupe. L’angoisse que chacun peut
éprouver en étant dans un groupe se résume dans la question « comment me
regarde-t-on ? que vais-je y vivre ?… » et pose la question de la sécurité de la
place qu’on a, qu’on croit avoir, qu’on donne, qu’on prend.
Le groupe a aussi pour fonction celle de défense et de protection. L’individu se
protège en ne se mouillant pas (quelqu’un d’autre parle).
Comme 4ème fonction, le groupe a pour fonction de production et de
reproduction. Il se passe toujours quelque chose dans un groupe donc il va
produire des effets sur les individus, qui vont interagir les uns avec les autres, et
se faisant le groupe se reproduit au sens de se régénérer. Pour qu’un groupe soit
outil de changement, il faut qu’il y est cette production/reproduction.
L’évolution du groupe, sa maturité, s’inscrit dans cette reproduction,
reproduction comme vecteur de changement.
2) L’appareil psychique groupal
Est-ce qu’on va considérer un groupe comme ayant une personnalité propre, une
individualité propre et donc un psychisme propre ?
Analogiquement, peut-on proposer pour analyser ce groupe la même démarche
que l’on prend quand on analyse le psychisme individuel ?
La relation individu/groupe : un groupe n’est pas une somme d’individu, ce sont
des interactions entre les individus qui sont en situation groupale. Ce sont ces
interactions qui vont faire que le groupe apparaît à certain moment avec tel ou
tel visage.
Chacun vient dans un groupe en investissant des choses différentes, cela vient de
son histoire personnelle/familiale/culturel/sociale… et c’est avec tout cet
ensemble que le groupe va se constituer. Ce qui se verbalise dans un groupe, ce
qui se voit, est la dimension consciente de ce groupe.
On peut voir dans le groupe une dimension consciente qui ne traduit pas la
dimension préconsciente et inconsciente. Les thérapeutes sont là pour rappeler
au groupe ce qui s’était dit précédemment, ils font rôle de préconscient.
Dans le rapport interpersonnel dans un groupe, on projette sur les autres son Moi
ainsi que les pulsions et donc le Ca. On va voir interagir le Ca de quelqu’un qui
nous regarde avec le Moi à nous et le Surmoi vient prendre place dans le
questionnement « que va-t-on penser de moi ? ». La question de l’appareil
psychique groupal a voir avec les interactions. Kaës disait « Topiquement et
dynamiquement, le groupe fonctionne comme modèle de l’appareil psychique.
Pour autant que chaque participant projette ses conflits inter et intrasystémique
21
sur les autres qui apparaissent ainsi à tels moments comme porteur du Moi, du
Ca et du Surmoi,… ».
L’idée est que plusieurs personnes dans le groupe servent à se représenter ce qui
se passe dans l’appareil psychique. Le groupe sert de modèle, mais pour cela
c’est parce que les uns et les autres du groupe auront projeter les aspects de leur
propre appareil psychique.
3) L’illusion groupale
L’illusion groupale est le fait qu’au niveau fantasmatique, les participants du
groupe sont du côté « il n’y a aucune différence entre nous, nous sommes tous
pareils et tout se passe bien entre nous » qui peut se traduire par des « ah qu’on
est bien ensemble ». Le groupe est le lieu par excellence des identifications.
Ces identifications sont par exemple :
- prendre un trait de l’autre et se l’approprier pour se rendre semblable
- identification projective : on en fait quand quelque chose de nous est
attribué à l’autre et se retourne vers nous (pour ou contre nous) (la
réalité du fantasme) (j’ai besoin de trouvé tel chose dans l’autre que je
le prête à l’autre avec l’intention qu’il soit aussi ce que je suis, mais +
je le lui prête + je le déni chez moi)
- l’identification à l’agresseur : la victime se met a fonctionner sur le
même modèle que son bourreau
4) Quelques situations de groupes
a) le jeu de rôle
Le statut et le rôle sont des termes important.
On a tel statut qui généralement est fixe (carte d’identité,…), les rôles sont les
attitudes qui sont attendus de quelqu’un en fonction du statut qui est le sien. Si
les statuts restent fixe, les rôles eux peuvent changer (même si
socioculturellement des rôles sont attendus d’eux).
Le rôle est basé essentiellement se retrouver dans une situation de jeu dans
lequel on se sert de statut artificiel pour travailler sur des rôles avec le
présupposé que travailler sur des rôles vont aider à mieux occuper les statuts
réels dans lesquels on se trouve (exemple des enfants qui joue au papa et à la
maman). Dans une situation clinique, on peut mettre les patients dans un mode
de jeu de rôle ou les patients choisiront les rôles, se répartiront entre eux, et
élaboreront un jeu en investissant essentiellement ses rôles sociaux, ce qui va les
aider à travailler particulièrement pour eux tel ou tel aspect.
b) le jeu dramatique
C’est le même principe de statut/rôle avec la donnée supplémentaire de la
construction d’un scénario à partir duquel on se retrouve presque dans une
situation de théâtre (texte, personnage,…) avec un texte à jouer en se
22
répartissant les rôles. Actes d’intervention. Interactivité entre les acteurs et les
gens du lieu de représentation. Théâtre d’intervention.
c) la dynamique de groupe
C’est ce qui a servit aux psychanalystes à élaborer autour du groupe libre et à
conceptualiser les concepts évoqués précédemment.
On parle aussi de groupe d’évolution.
L’idée est que quand un même groupe se réuni, avec les même deux
animateurs/formateurs/thérapeutes, et qu’il n’y a pas d’autres objets pour se
groupe que lui-même, on voit ce groupe évoluer de séance en séance. Il n’y a
pas d’intention thérapeutique dans ce groupe, le seul fait d’être là est ce qui fait
que ce groupe change et que chacun change aussi.
On l’appelle également groupe diagnostique avec l’idée que l’observation de ce
groupe peut en donner une image de normalité ou de pathologie psychique.
Généralement dans les situations groupales on est assis en cercle, les 2
animateurs étant dedans, il y a donc un espace vide qui est très généralement
anxiogène.
La consigne de fonctionnement : on est dans l’ici et maintenant du groupe. On a
le droit de parler ou de se taire, et quand on parle on a le droit de tout dire mais
ce qu’on dit est sur l’ici et maintenant de ce qu’on voit et ressent. Quand on
parle on parle pour sa propre personne.
A partir de là on voit le groupe fonctionner.
Dans cette situation on va voir 2 types de transfert fonctionner :
- transfert direct  celui de chaque participant aux 2 animateurs qui
sont là
- transfert latéral  celui qui circule entre les membres du groupe
Ces transferts ont pour soubassement que le lieu du groupe est un lieu de
régression (vu qu’on peut tout dire, donc hors cadre logique des normes et
censures). On peut voir dans ce lieu assez facilement ce qu’on appelle les
fantasmes originaires.
d) le psychodrame
Son inventeur est Jacob Levi Moreno.
Dans sa pratique clinique il va se rendre compte que le traitement individuel
n’est pas toujours le + satisfaisant et que si on y mêle du groupal c’est +
efficace.
De cette observation il va passer au comment le théâtre peut être lui
thérapeutique, il parlera du théâtre de la spontanéité (qui correspond un peu au
jeu de rôle), il l’appelle également théâtre impromptu.
L’idée autour de ce théâtre est la catharsis (chose en rapport avec le refoulé et
que le jeu va permettre de défoulé et donc de leur donner une autre
connotation/valeur).
23
De cette situation là il va passer au sociodrame, c’est un peu le jeu dramatique
(par exemple faire jouer chacun son propre rôle à un PDG et un employé avec
qui il est en conflit dans une scène qui a déjà eu lieu, et en rejouant Moreno dit
qu’on ne peut pas rejouer la même chose, et le jeu décale suffisamment les
acteurs du motif des conflits pour être en soi un règlement du conflit). En
rejouant une scène on se décale de la scène, ce qui peut permettre par la suite
d’inciter à changer de fonctionnement. D’autant + que dans cette situation,
Moreno proposait que le collaborateur prenne la place du PDG.
Après il en vient au psychodrame, une situation de groupe libre, où la parole est
libre, mais chacun est amené à parler de lui et de son histoire personnelle (et
donc il s’agit d’un groupe artificiel). Pendant que les gens parlent, Moreno avec
2 thérapeutes, propose que l’on puisse observer le protagoniste (celui qui à tel
moment du groupe est celui qui va le + loin possible dans l’expression de ce
qu’il vit et ressent et dépend un peu de la finesse des thérapeutes de le repérer) et
on lui propose de jouer la scène qu’il vient de raconter. Si il est d’accord on lui
demande de reraconter la scène avec tout les détails nécessaire pour que les gens
s’imprègnent des personnages de son histoire, ensuite il va proposer les rôles
aux gens qu’il a envie de désigner dans le groupe (les gens pouvant accepter ou
refuser). Les personnes nommés ont le droit de demander tout les détails sur leur
personnage. Ensuite on joue. Il peut dans le jeu y avoir inversion de rôle (le
protagoniste qui va jouer le rôle de quelqu’un d’autre). Quand le jeu est terminé,
soit du fait du protagoniste ou des thérapeutes, tout le monde se rassoit, les
spectateurs sont les premiers à faire des remarques sur ce qu’ils viennent de voir,
ensuite les acteurs disent ce qu’ils ont ressentis dans la peau de leur personnage,
puis ensuite chacun du groupe est amené a associé en quoi l’histoire évoquée
peut rappelé des choses personnelles. Il arrive que dans ce troisième temps
amène à jouer une autre scène.
Le psychodrame a d’abord été conçu comme une thérapie qui peut se suffire à
elle même ou être complémentaire.
Il a été importé en France par Anne Ancelin Schutzenberge.
IX – Thérapie et famille
1) Famille et parentalité
a) Définition
Le familia latin signifiait dans un premier sens l’ensemble des personnes vivant
sous le même toit.
Familia définissait aussi l’homme, chef de famille d’un côté, puis la femme, les
enfants et les esclaves d’un autre.
b) paramètre de la parentalité
Il y a 3 manière d’être en parenté avec quelqu’un :
- la conjugalité/l’alliance
- par filiation (on descend de quelqu’un d’autre)
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- par consanguinité (issue du même sang)
Ces 3 possibilités pour qu’il y est parentalité nécessite une clarté parmi les
paramètres (on ne peut être du côté de l’alliance et de la filiation en même
temps), et pour cela il y a 2 modalités d’alliance qui permette de définir cela :
- la loi de l’exogamie (chercher quelqu’un d’une autre famille avec qui
être en alliance) qui essaie de pérenniser la loi de l’interdit de l’inceste
- l’endogamie commande au contraire qu’on soit du même pour qu’on
se mette en alliance (le cousin germain épousant un neveu d’un parent
éloigné)
Les règles de conjugalité dans les 2 cas met en place des obligations et des
interdits, l’inceste y jouant un rôle.
A partir de là on a l’incestuel qui ressemble à l’inceste sans l’être.
c) la famille comme réalité et fantasme
Pour être famille il faut être au moins 3 et de 2 générations différentes (un
couple + un autre d’une autre génération avec filiation) minimums.
Par alliance la belle-famille vient faire partie de la famille.
Les termes concernant la famille servent à dire d’autres réalités sociales (être
apparenté à en politique, comme si on était de la même famille,…).
On peut s’interroger alors de la particularité de la famille comme structure
sociale à part ou non ?
d) évolution de la famille
Comment la famille traditionnelle (patriarcale) c’est toujours imposé comme le
modèle de LA bonne famille et comment aujourd’hui les autres types de familles
sont acceptées et légalisés aujourd’hui ?
Il y a dans la famille traditionnelle deux possibilités en fonction du chef de
famille : patrilinéaire (système patriarcale) et matrilinéaire (système
matriarcale).
La question est vers quoi va-t-on quand la société évolue ?
Rapport homme/femme touche rapport parents/enfants.
Le premier élément c’est la contraception, dans le mariage traditionnelle on se
marie pour faire des enfants, la femme étant là pour faire des enfants à son mari
Après vint le droit d’utiliser son rôle comme elle le souhaite via les moyens
contraceptifs. Faire un enfant dans le contexte de la famille traditionnelle ne va
pas causer de problème de désir d’enfant vu que ça va de soi. Alors que si on fait
sa vie d’abord et un enfant ensuite, il ne vient pas comme si ça allait de soi.
Un autre élément de changement est le travail de la femme qui va interagir dans
le liens de conjugalité, de famille, etc…
Troisième élément fondamental est le droit au divorce. On ne divorçait pas dans
la famille traditionnelle (religieusement et/ou administrativement). Cela change
les rapports au niveau de l’alliance, que les enfants comprennent que le couple
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ne va pas forcément les élever à vie,… On voit à partir de là la famille
recomposée, la monoparentalité, l’homoparentalité,…
2)Famille pathologique/Famille pathogène
Quand on reçoit un individu en clinique on fait l’anamnèse du patient pour
tenter de voir si il y a des éléments de son passé qui expliquerait son mal, c’est
le côté pathogène de la famille (des facteurs familiaux susceptibles de favoriser
une pathologie chez quelqu’un).
La question est de savoir si dans une famille les liens entretenus peut être
pathologique.
Il arrive qu’un couple fasse tout pour avoir un enfant mais qu’il ne vienne pas
alors qu’il n’y a aucun soucis biologiquement parlant. Psychologiquement on
peut s’apercevoir que dans certains cas c’est la problématique de filiation qui
pose problème, être le parent de quelqu’un d’autre ne passe pas, après que se
soit l’affaire que de un ou des deux, il existe des thérapies de couple. Et si la
thérapie individuel va bien, le couple se met à aller bien. Dans le cas de thérapie
de couple, c’est en s’interrogeant sur leur couple que quelque chose va se mettre
à changer.
L’enfant vient toujours s’inscrire dans une histoire conjugale. Si un enfant va
mal et qu’en se soignant le couple va mal, c’est qu’il y a une interaction entre sa
pathologie et l’équilibre du couple. C’est par ce biais qu’on est arrivé à la
thérapie familiale.
Historiquement en France est arrivé le systémique avant le psychanalytique.
a) Les thérapies familiales systémiques
Le systémique se posa les questions de la communication pour désigner les
relations inter humaines, les modalités de communication qui existent entre eux.
Ce qui importe dans les communications est le statut des interlocuteurs avant le
contenu de ce qu’ils échangent.
Un autre élément dans la communication est la dimension orale de la
communication qui n’est qu’une infime partie de la communication, la partie
non-verbale (manière d’être, de se vêtir,…) occupe + de place et d’importance.
Un autre élément dans la systémique est que la famille est un système. Le
système étant l’interaction entre les éléments constitutifs. Cette interaction est
telle qu’il doit toujours y avoir équilibre dans un système, on appelle cela
l’homéostasie du système. Le système fonctionne toujours pour trouvé un
équilibre.
Pour que ce système familiale ne marche pas, c’est la communication dans ce
système, et l’une des modalités particulière pour laquelle ça peut ne pas marcher
est la double contrainte, la situation paradoxale.
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On parle d’un paradoxe quand on propose à quelqu’un des choses impossibles à
choisir (ex : le parent qui dit à son enfant de venir l’embrasser en mettant ses
bras en avant comme pour le repousser).
C’est la double contrainte qui rend fou. Mais comme elle sert aussi l’équilibre de
la famille, donc la folie sert l’équilibre du système et c’est pour ça que dans le
jargon systémique on va appeler le fou de la famille « le patient désigné ».
Elément séance : Pièce séparée, une centrale avec l’ensemble de la famille + 2
thérapeutes / une deuxième pièce qui est en communication avec la première via
une glance sans teint où un superviseur observe la première pièce (ou via une
caméra). Ces 2 thérapeutes et ce superviseur font partis du cadre (la famille sait
qu’ils sont là, les deux thérapeutes peuvent aller le consulter, il peut venir dans
la première pièce).
La durée des séances est généralement de 2h à intervalle de 3 à 4 semaines.
Fonctionnement : Alliance thérapeutique, il est important que le patient désigné
se sente soutenu par les thérapeutes. L’alliance peut ne pas se faire avec le
patient désigné qui peut venir en place de quelqu’un d’autre qui lui alors peut se
positionner en patient normal (un enfant malade à la place d’un parent déprimé
par exemple), l’alliance se faisant alors par exemple avec ce patient normal (le
parent déprimé).
Un autre élément qui permet de comprendre l’alliance thérapeutique : les
systémiciens cherchent à respecter l’équilibre de la famille, les choix fait pour
fonctionner comme ils fonctionnent. C’est la thérapie elle même qui doit
fonctionner sur le mode de la paradoxalité. Un des modèle pour fonctionner la
dessus est de donner des tâches à la famille à faire entre 2 séances, l’autre
modèle est basé sur les symptômes (fonctionner sur la paradoxalité) où les
tâches rejoignent les symptômes du patient désigné (ex : un patient ayant un
TOC de la maniaquerie aura sa famille qui aura des tâches allant dans ce sens
là).
Un autre élément est l’observation de la communication verbale et non-verbale
suivit d’une analyse avec eux des choses observées.
La thérapie familiale fonctionne en générale sur une dizaine de séance et réglera
les problèmes du patient et de la famille qui est pathologique.
b) Les thérapies familiales psychanalytiques
Dans le système psychanalytique on va revenir à des concepts propres.
Le premier est la relation d’objet, et on va se rendre compte si on met à côté le
complexe d’Œdipe que nous choisissons un conjoint en fonction des
représentations et du vécu que nous avons eu en tant qu’enfant du couple
parental. Ce mettre en conjugalité est de mettre en question le couple des
parents, de faire le même ou un différent, le psychanalyste va faire attention à
cela. Etre en parentalité dans le lien de filiation avec quelqu’un d’autre revient à
27
voir comment on a résolu les problèmes oedipien pour s’autoriser à être parent
soi même.
Un autre élément est le désir d’enfant. Il y a toujours un décalage entre l’enfant
idéalisé et l’enfant réel. La psychanalyse prend en compte cette problématique.
La pathologie de l’enfant va interroger ces problématiques la.
Du coup dans cette conception des choses, la symptomatologie de quelqu’un
dans une famille sera le révélateurs des problématiques inconscientes qui
renvoient cette famille à l’intergénérationnelle (problématique oedipienne des
parents eux-mêmes). On parlera de patient symptôme (au lieu de patient
désigné), symptôme désignant le compromis fait par le sujet, ici la famille, pour
résoudre un conflit (ex : un enfant voyant ses parents aller mal, si sa pathologie
leur permet d’aller mieux, il ne demande que ça).
Au niveau du fonctionnement : une seule salle avec deux thérapeutes où est
réuni jusqu’à 3 générations et où on travaillera sur le groupal, familial,… On va
analyser au sens psychanalytique ce qui s’échange entre eux et on va utiliser
notamment le transfert (transfert familial) pour observer ce qui s’échange dans
la famille. Et c’est particulièrement dans cette situation qu’être un couple de
thérapeute est une manière de faire transférer les problématiques familiales sur
le couple de thérapeute, étant un peu les parents de ce groupe familial, servant
aux un et aux autres soit aux parents les faisant revenir à des périodes de leur
enfant, soit en se mettant en position de parents ne sachant pas occuper leur rôle
de parent.
Une séance dure environ 2 heures toutes les 3 semaines à peu près. La
spécificité est qu’elle peut se conjuguer parallèlement avec des thérapies
individuelles.
3) L’histoire transgénérationnelle
Le premier mot est d’interroger le socioculturel. Dans notre société on dénote
une préoccupation de l’arbre généalogique alors qu’il y a un accroissement de
l’individualisme. Une quête des origines.
Deuxième élément : cette quête, sans pour autant de thérapie familiale, sont pour
beaucoup l’occasion de régler beaucoup de conflits familiaux.
Troisième élément : la famille a toujours affaire avec le secret de famille.
Contrairement à ce que la famille croit,+ le secret est gardé, + les choses sont
normalisés, ça entraîne du pathogène qui se transmet de génération en
génération alors que personne n’a percé le secret en question. On verra les
histoires se répéter inconsciemment alors que personne n’en est au fait.
On va retrouver dans les histoires familiales des familles symptômes qui vont se
charger de porter les symptômes collectifs.
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X – Thérapies et culture
La problématique de l’Autre ne peut en aucun cas être comprise à partir de la
sienne propre, non plu qu’à partir d’un savoir savant. L’interrogation
psychologique commence par un acte de reconnaissance de l’existence d’autrui
et le refus de faire entrer celle-ci dans le savoir des concepts.
L’Autre est celui que rencontre le clinicien et qu’il soit malade ou non c’est un
être humain à part entière.
1) La culture : entre identités et identifications
Devereux donne comme définition de La culture : « l’être humain est un être de
culture, comme on dit qu’il est un être de social. La culture c’est ce qui rend
l’être humain, notamment ce bébé dans son lien de dépendance à l’adulte sans
lequel il ne pourrait satisfaire ces besoins vitaux. Le fait culturel, et donc La
culture, c’est ce qui vient suppléer à l’immaturité du bébé ».
Les cultures par contre prend plusieurs connotations. Tout environnement est
considéré comme le milieu culturel de chacun (nos familles ne sont pas toutes
les mêmes malgré qu’elles soient toutes dans la même société). La culture peut
aussi être le milieu culturel. Le milieu socio-économique est aussi un des angles
pour dénommer la culture. Il y a également la culture ethnique.
On considère que l’être humain est toujours un être dans un environnement, et
que les environnements ne sont pas tous les même ont doit prendre en
considération le milieu culturel dans lequel le sujet est.
Quelles sont les éléments d’emprunts pour construire son identité ?
Devereux disait que puisqu’un sujet humain a un inconscient, il va parler d’un
inconscient ethnique qu’il différencie :
- l’inconscient individuel nommé « idiosyncrasique »
- l’inconscient ethnique
En psychanalyse, nos psychisme dans la mesure où nous vivons dans un milieu
qui nous constitue, notre psychisme est La culture intériorisée.
2) « Malaise dans la civilisation », Freud
Il écrira par exemple « le destin de l’espèce humaine est de savoir si et dans
quelle mesure son développement culturel réussira à se rendre maître de la
perturbation apportée à la vie en commun par l’humaine pulsion d’agression et
d’auto-annéantissement (…). La vie telle qu’elle nous est imposée est trop dur
pour nous, elle nous apporte trop de douleurs, de déceptions, de tâches
insolubles pour la supporter, nous ne pouvons pas nous passer de remèdes
sédatifs (…). ».
Il trouve 3 tâches insolubles :
- le rapport au pouvoir  impossible de gouverner l’être humain
- impossible d’éduquer l’être humain
- l’impossibilité de le psychanalyser
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Cela introduit au fait que l’humain est fait d’un psychisme et de la culture. Ceci
amène à un débat en anthropologie et en psychanalyse qui est l’universalité du
psychisme humaine, des valeurs culturelles ou plutôt la spécificité du psychisme
humain et la spécificité des cultures. Cela touche donc les problématiques
inné/acquis, naturel/culturel, et dans les réponses possibles on peut prendre la
position « tout les êtres humains sont constitués à partir des mêmes
problématiques psychiques, sociales, culturelles, l’histoire et la géographie
donnant des connotations différentes à ces problématiques communes ».
Levistrauss va analyser les mythes et en dira que ce sont les fondations des
sociétés, chaque société a des mythes différents mais quand on fait une analyse
structural des mythes on retrouve les mêmes problématiques.
L’autre théorisation est de dire qu’on ne rencontre que des différences, et que se
sont donc les différences qui sont importantes dans la vie des individus et des
sociétés, les humains comme les sociétés sont donc incomparables les uns aux
autres.
Dans le champ de l’anthropologie, le terme de culturaliste est ce qui désigne les
spécificités.
3) Normalité et pathologie
Devereux a une formule percutante, il dit que « le rapport que nous avons avec
la maladie et notre environnement pourrait se formuler de la manière suivante :
si tu veux devenir fou, voilà le modèle sous lequel tu dois le devenir ». Ceci veut
dire que telle période historique a un ensemble de configuration qui permet de
définir qui est fou et qui ne l’est pas et de la manière dont on détermine la
pathologie, chaque période/milieu social/ethnie va donner les traitements pour
soigner ce qui aura été définit comme pathologique.
Un deuxième niveau est de demander si une organisation peut se comparer à
l’organisation de la personnalité humaine individuelle et de ce point de vue la on
pourrait définir une société comme normale ou pathologique.
Dans le livre de Ehrenberg « La fatigue d’être soi : dépression et société » dit
que « la dépression décline aujourd’hui les différentes facettes du malheur
intime, la dépression s’est transformée en outil pratique pour définir nombre de
nos malheurs et les alléger éventuellement par des moyens multiples. ».
Une autre manière d’en parler vient de Devereux dans le chapitre 9 de « Essai
d’éthno-psychanalyse générale » il dit que la culture occidentale est une culture
schizophrénique et donc ce n’est pas le schizophrène qui est incurable c’est la
société schizophrénique qui le fabrique et le reproduit, d’où sa non-guérison.
Les sociétés sub-saharienne sont décrites comme hystérique au vue de leurs
méthodes relationnelles et d’expression et donc dans une société comme celle là
les rituels thérapeutiques sont des rituels où on rentre souvent en transe
(communautaire, musique, danse et subitement des gens en transe avec
identification).
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Les patients peuvent avoir la même pathologie et ne pas avoir les mêmes
symptomatologies (les symptômes de la schizophrénie en France ne sont pas
exactement les mêmes aujourd’hui qu’il y a 20 ans).
A symptomatologie égale, l’interprétation de la pathologie n’est pas la même, le
clinicien peut être amener à ne pas donner le même nom. La symptomatologie
n’est pas caractéristique de la pathologie (par exemple deux patients délirants
tout les deux sur Jésus peuvent faire référence à des problématiques différentes,
ils peuvent avoir des thématiques communes sans que ça leur servent à parler de
la même chose).
Un autre aspect développé par Freud est que « ce dont les névrosés, tout humain
le souffre mais dépend de la propension quantitative des forces luttant entre elles
que le combat aboutissant à la santé, à la névrose ou à des productions
subnormales de compensation (sublimation) ».
Au niveau du traitement, quand la psychiatrie était assurée par des neurologues,
ils cherchaient dans notre système nerveux l’origine de la maladie mentale et
était soigné dans cette optique. Quand dans les années 50 ont découvris les
neuroleptiques, on pu déterminé quel médicament allait avec tel pathologie, avec
l’idée que le médicament peut soigner.
Alors que quand la psychanalyse dit que la parole peut soigner, alors la
définition de la maladie change du tout au tout, on a plu besoin de neuroleptique
pour soigner la maladie.
L’autre élément culturel est de dire que certaine société analyse la maladie
comme n’importe quel désordre qui se pose à la société et c’est interprétable
comme des transgressions par rapport aux règles que cette société devait
observer et à ce moment là la thérapie sera forcément collective y compris en
faisant des transferts de l’humain à l’animal.
4) Pathologie et migration
Zulniro De Almeida, psychiatre portugais, propose 3 axes pour aborder la
pathologie du migrant :
- pathologie d’apport (apporter de chez lui)
- pathologie de transplantation (dépaysement qui provoque un choc
suffisant pour tomber malade)
- pathologie d’acquisition (lié aux nouvelles conditions de vie)
Ce n’est pas la réalité qui rend malade, ce sont les représentations, c’est le vécu
de cette réalité qui rend malade.
Face au même événement, nos histoires individuelles et collectives font que
nous n’avons pas les mêmes réactions.
Est né en France l’ethno-psychiatrie et qui consiste à dire « et si on proposait à
chaque patient les modalités de soin qui sont utilisés dans son milieu culturel
pour soigner ? ».
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5) Médecine et spiritualité
Freud dans L’avenir d’une illusion dit que (parlant de la religion et nos attitudes
aux religieux) « à la vérité, la tâche principale de la civilisation, sa raison d’être
essentiel est de nous protéger contre la nature (…) pour l’individu comme pour
l’humanité en général, la vie est difficile à supporter, l’être humain à vis a vis de
la religion et des divinités l’attitude qu’a un enfant face aux adultes et donc aux
parents ». L’idée étant que parce que lui est immature/fragile/vulnérable,
l’adulte lui est forcément fort et éventuellement tout-puissant. On transposerait
donc aux divinités nos attitudes infantiles.
On va comparer la névrose obsessionnelle avec ses rituels avec nos rituels des
cultes où nous sommes.
La maladie n’est pas interprété de la même façon selon la culture.
La conception asiatique par exemple est que la conception de la vie elle même
est de prévenir la santé pour qu’il n’y est pas la maladie, et c’est donc toute une
philosophie de vie qui dirige les conduites.
Dans des cultures sub-saharienne il faut avoir été malade pour pouvoir devenir
guérisseur.
Chamanisme : relation avec les ancêtres
Vaudou : relation avec la situation d’esclave
Le psychologue clinicien est un devin
relation transférentielle
parole magique
XI – Thérapies corporelles et comportementales
1) Thérapies de relaxation
On trouve 3 écoles pour ce qui concerne la France :
- l’école de Schultz  vers les années 1920, il appelait ça le training
autogène. Il y a entraînement personnel. L’idée ici est de considérer un
corps en mal être notamment sur le plan musculaire, des articulations
et d’apprendre à décontracter ce corps membre après membre en
veillant à 3 aspects du ressentis de ce corps : le poids, la température et
le volume. Le sujet est couché, généralement sur le dos, les bras le
long du corps, généralement les mains ouvertes vers le haut, cela peut
se faire en individuel ou en groupe. Le thérapeute est là pour demander
au sujet de d’abord trouver sa respiration, d’inspirer par le nez et
d’expirer par la bouche. Deuxième temps, on demande au sujet de
penser à rien et de se recentrer sur son corps et là suivant ce que veut le
thérapeute on peut commencer soit par les pieds soit par les mains,
morceau par morceau, on va demander au sujet de se concentrer sur tel
ou tel partie du corps en veillant à repérer si cette partie est lourde ou
légère, chaude ou froide, grosse ou petite. De partie du corps en partie
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du corps on arrivera à la totalité, on lui demandera de ressentir tout son
corps et éventuellement de dire comment il se sent.
- L’école de Jackobson  dans les années 60, l’attention est attiré sur la
sensation de contraction musculaire elle-même. L’idée ici est de
ressentir là où s’est contracté et savoir ce qu’on y ressent (alors que
dans la première il s’agissait de tout le corps en entier). Cette idée va
amener soir à prendre conscience d’un groupe musculaire l’un après
l’autre jusqu’à la relaxation profonde. Le deuxième aspect ici est de
surtout pouvoir différencier les différents aspects du corps les unes des
autres. Cette différenciation étant en partie lié au fait que notre
corps, même si il nous appartient dans son intégrité, nous ne le faisons
pas fonctionner de la même manière dans toutes ses parties. Pour aider
à cette relaxation, là aussi le poids, la chaleur et le volume sont
présent, mais on aura aussi une insistance particulière sur le
dedans/dehors, l’idée que les organes a l’intérieur de notre corps ont
des fonctions différentes et savoir si notre mal-être est dû à tel organe
ou au corps, + anonyme. On peut aussi s’appuyer au jeu de lumière où
ça se passe, mais on peut aussi renvoyer le sujet à des couleurs.
- L’école de Ajuriaguerra  il fait un peu la jonction/transition avec
l’école de Jackobson pour constituer l’école de Salpire/de la
Salpetrière. L’élément nouveau est l’introduction du registre
psychanalytique. L’idée est que le but n’est pas d’obtenir une
hypotonie à tout prix comme dans les autres techniques, mais + d’aller
vers l’émotionnel et notamment vers une meilleure intégration du
schéma corporel (l’image du corps, les représentations du vécu du
corps,…) à partir de notion plaisir/déplaisir ainsi qu’également à partir
de la notion de pulsion et libido. Il s’agit davantage de parler du corps,
et en parlant du corps de laisser le corps s’exprimer et donc de
l’écouter. Et dans ce sens là on peut retrouver en relaxation la notion
de résistance dans la mesure où ce n’est pas nécessairement des
contractions musculaires réels qui sont à l’origines des contractions
dans tel partie mais plutôt le sens du plaisir/déplaisir qu’on donne à tel
ou tel partie du corps. Etant entendu que le socioculturel est là pour
nous imposer la manière dont notre corps doit fonctionner, laissant peu
de marge de manœuvre pour le laisser s’exprimer comme il le
souhaiterait. L’idée pour conclure est que le rôle de la fonction tonique
dans les intégrations psychophysiologique est important. Chaque
facteur psychologique ou somatique réagit sur les autres et peut aboutir
éventuellement à de véritables cercles vicieux morbides.
2) L’hypnose
L’hypnose à la Charcot : hypnose originel
33
Depuis d’autres écoles sont apparus dont une particulière qui est celle de Milton
Erickson (1901-1980). On nota dans sa vie un retard de langage ainsi que des
problèmes corporels a tel point qu’à 50 ans il est obligé d’être dans un fauteuil
roulant.
Un des points fondamentaux chez lui est la formulation « il existe en nous des
mécanismes inconscients thérapeutiques, la psychothérapie a pour but d’activer
ces ressources. » « Votre inconscient travaille pour vous et trouvera des
solutions toutes + intelligentes les unes que les autres ».
Il le fait par une démarche pragmatique dont voici quelques étapes :
- la focalisation et l’amplification d’un état de conscience spontané
- mise en suspend de la conscience permettant l’activation de fonctions
inconscientes qui vont œuvrer à trouver des solutions
- l’inconscient fonctionne comme réservoir de ressources qui fonctionne
en permanence et joue un rôle dans l’intégration psychologique
personnelle
- pour que cette intégration doit s’effectuer, le thérapeute doit utiliser le
langage du patient, entrer en résonance avec son univers psychique
profond et éventuellement contourner les résistances par l’humour, par
la métaphore, le paradoxe, ceci étant d’autant + possible qu’on a pas
besoin de sommeil hypnotique pour être hypnotiser
Relaxer le corps peut aider le corps malade à retrouver des sensations. Cela aide
le sujet à avoir d’autres représentations et être moins victimes de ce qui arrive
dans son propre corps.
Sur le plan + psychologique, l’hypnose correspond bien aux problèmes addictifs,
les troubles psychosomatiques,…
3) Thérapies émotionnelles
Elles sont venues des USA, la plupart en réponse avec le fait que dans la société
judéo-chrétienne beaucoup de chose du corps étaient tabou.
C’est venu d’un bonhomme autrichien Reich qui parlait de la cuirasse
musculaire. Il fait un lien entre ça et la cuirasse caractérielle, on est déjà dans
l’idée que nos muscles traduisent nos problématiques. Reich disait que
« l’inhibition de la respiration telle qu’on la trouve régulièrement chez les
névrosés a biologiquement parlant la fonction de réduire la production d’énergie
dans l’organisme et par tant la production de l’angoisse. L’inhibition
pulsionnelle ou affective s’accompagne d’une inhibition simultanée de la
motilité végétative et musculaire. » « toute rigidité musculaire contient l’histoire
et la signification de son origine » « la cuirasse elle-même est la forme sous
laquelle l’expérience infantile continue d’exister comme un agent nocif ».
L’idée est que les fixations et régressions envers tel ou tel partie du corps vont
donner une signification particulière à certaine partie du corps + qu’à d’autre y
34
compris en déplaçant sur certaines parties du corps ce qui s’adresse à d’autre
partie du corps.
L’idée de l’infantile est que l’enfant va voir comment les adultes se débrouillent
avec leur corps et les tabous allant avec, et va se servir de cela pour par exemple
choisir quelle modalité d’expression utilisé quand il est malade.
On a donc vu des thérapies comme le cri primal (dont l’un des initiateurs
français était Jainlinque) où il s’agit d’identifier des envies refoulés, d’en
revendiquer le droit et l’authenticité.
La thérapie primale de Janov où il dit que la souffrance physique est la manière
dont le corps réagit à la souffrance psychique, ou que la maladie est le reniement
des sentiments, le remède étant de les ressentir.
Otorank disait que « la naissance est son premier traumatisme ». L’idée à travers
le cri primal est d’aller le + loin possible retrouver ses premiers cris poussés lors
des naissances respectives.
Dans le rapport nature/culture auquel l’être humain est confronté, le social est là
pour réprimer les pulsions, or c’est dans cette répression des pulsions que se
trouve également nos névroses puisque se sont toujours les côtés interdits, donc
du coup les refoulements est ce qui fait qu’on ne peut pas exprimer comme on
veut nos émotions.
Techniquement, ce sont généralement des séances de groupes, basé sur la
respiration, on laisse venir les choses le + spontanément possible et de n’avoir
aucune censure par rapport aux émotions qui peuvent subvenir. Dans la mesure
où ça se passe en groupe on se sert de la dynamique groupal pour que chacun
repère grâce aux autres les aller-retour à l’intérieur de soi-même. Et également
ce sont généralement dans des sessions très concentrés, tout un week-end par
exemple, avec l’idée de vivre ensemble dans la durée oblige + à libérer les
ressentis.
4) Thérapies comportementales
On met ici en rapport les théories cognitivistes avec les thérapies
comportementales. Ici on va s’intéresser à l’intellectuel, le cognitif.
Le premier aspect est que tout comportement est le résultat d’un apprentissage.
On ne peut comprendre un comportement qu’en allant chercher qu’elles
apprentissages le sujet a eu. Or du côté des apprentissages on sait que Pavlov est
passé par là en faisant le lien stimulus/réponse. A force de fonctionner sur ce
modèle là, la réponse est acquis comme un nouvel apprentissage. Si ça
s’apprend par l’apprentissage on peut donc le changer, déconditionner.
Le deuxième aspect est que la communication est une des conduites les +
significative et les + décisives sur la plupart des phénomènes psychiques et
comme tout est communication, le comportement est un message ou une réponse
aux comportements des personnes avec lesquelles on est dans un système
d’interaction. L’idée a tirer ici est que l’interrelationnel prime sur l’individualité
de chacun, le fonctionnement psychique de chacun, l’intrapsychique.
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Du côté des lois de l’apprentissage, le conditionnement répondant (Pavlov), le
renforcement est aussi une autre modalité d’apprentissage.
Contre balancer conditionnement par apprentissage d’un autre comportement
inhibant le premier.
Skinner : conditionnement opérant : élément concernant les effets positifs ou
négatifs qu’entraîne le comportement appris.
Face aux symptômes, en individuel et parfois en groupe, les techniques qu’on va
mettre en groupe sont :
- d’abord analyser le comportement du sujet pour repérer quand,
comment, les circonstances dans lesquelles le comportement est
apparus et voir avec le sujet dans l’observation clinique si c’est en
moins ou en excès
- définir les symptômes cibles et lesquels attaqués en premier et faire un
contrat avec le sujet
- faire un programme, qui a donc rapport avec le déconditionnement du
sujet l’idée est de le faire confronter à son symptôme
- immerger le sujet dans son symptôme, cela peut se faire par aversion
ou par attirance, on établit une liste de stimulus générateurs d’angoisse,
on établit des échelles de stimuli centré sur un même thème (violence,
mort, souffrance,…), on se sert également de relaxation. Il s’agit de
désensibilisation.
- La 4ème phase consiste à évaluer les résultats et les valider
Wolpe disait que « il s’agit de méthode de traitement prenant appuie sur les lois
du conditionnement et de l’apprentissage et on pour objectif de modifier les
comportements inadaptés de l’individu, les habitudes inadaptés sont affaiblies et
éliminées tandis que les attitudes adaptés sont mis en place et renforcées.». Il
souligne le pouvoir d’action de thérapeute qui est là pour servir de modèle au
sujet pour ses apprentissages. C’est à travers cela qu’on voit une des sources de
conflit avec la psychanalyse qui elle va chercher du sens, de l’inconscient, alors
que ici on note et relève de l’ordre du conscient du sujet en abordant ce qui est
conscient et qu’il réussira de nouveau apprentissages. La guérison consiste en
une transformation de comportement, en une acquisition de nouveaux
comportements.
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