CM De sociologie 2 : Introduction

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Prof : Ruffier : [email protected]
CM De sociologie 2 : Introduction
La sociologie : La science de la société (et non du social).
Attention, il existe plusieurs sciences du social :
Sciences de la psyché :
-
psychologie sociale : travaille sur le psychisme (Structure mentale de l'homme;
ensemble de ses caractères psychiques). Elle s’intéresse aux rapports de l’individu
avec les autres (son positionnement). En psychologie sociale, l’expérimentation est
possible, il s’agit donc d’une science classique.
-
Psychosociologie : On s’intéresse aux individus en interaction. On étudie beaucoup la
psychosociologie des « petits groupes » de façon expérimentale (essayer de trouver
des lois comportementales des petits groupes). On étudie également la « psychologie
des foules ». On s’intéresse alors à des comportements qui semblent échapper au
contrôle des individus et semble échapper également au contrôle de tout le monde. La
foule, par sa masse provoque des comportements particuliers sur les individus.
Sciences de sociétés :
-
Ethologie : (Konrad Lorenz : éthologiste autrichien (Vienne, 1903 — Altenberg, Basse
Autriche, 1989) : science des comportements et des sociétés animales. Etude des
groupes d’animaux qui sont supposés vivre en société (abeilles, fourmis). En regardant
ces « sociétés » animales, on peut comprendre comment fonctionne la société
humaine. L’Ethologie est une science avec des expérimentations.
-
Ethnologie : Étude de la division de l'humanité en différentes ethnies, de leurs
origines, de leurs caractéristiques, de leurs relations et de leur distribution.
L’ethnologue est un « observateur participant ». En effet, pour réduire son
extériorité, il cherche à s’intégrer dans le groupe étudié. Dans une situation
d’incompréhension réciproque avec le groupe qu’il observe peut se constituer comme
élément de connaissance. Sa volonté est de ne changer en rien le groupe dans lequel il
est.
-
Anthropologie : Étude des caractéristiques somatiques de l'homme (anatomie,
physiologie, pathologie, hérédité, évolution, etc.); l'anthropologie est une science
naturelle, au même titre que la zoologie. En Europe, on distingue anthropologie et
anthropologie
sociale.
Au départ, Idée de faire de la sociologie avec les moyens de l’ethnologie : analyser le
groupe dans lequel on vit comme si il nous était totalement inconnu (usages,
langages…).
Défaut de l’anthropologie : « point aveugle » : on ne peut regarder TOUTE la société
puisqu’ils en font partie. Il y a donc un morceau de la société que l’on ne peut voir.
Exemple : Dans les 70’s : question des OS (ouvriers spécialisés). Mystère pour les sociologues
(Ruffier + Philippe Bernoux) : ils faisaient le décollage de l’économie française. Qui étaient
ils ? Des gens qui avaient échappé à l’école + OS immigrés. Quelle était la vision de l’usine
selon qu’on l’était OS ou cadre ?Les cadres avaient suivi jusqu’au bac la même formation que
les sociologues donc leur vision était compréhensible alors que la vision des OS n’était pas
forcément compréhensible (pas le même point de vue). Bureaucratique n’avait pas le même
sens pour les cadres et pour les OS. Des sociologues se sont alors engagés en tant qu’OS pour
étudier le milieu en s’y intégrant ( méthode anthropologique).
La sociologie est la science de la société mais es ce que la société existe en tant que telle ?
(Exemple de Descartes qui a commencé par tout nier : « Cogito ergo sum »).
Si une société existe, elle a des limites.
Elle n’est en réalité qu’un projet. Elle n’a donc aucune consistance physique, elle n’existe
qu’en tant que concept (projet et effets).
La description du contour d’une société n’est pas l’affaire du sociologue mais celle du
politique.
Il n’existe pas de savoir « dur » sur la société.
Si on ne peut pas dire quelles sont les lois de fonctionnement de la société, on peut changer la
société et « prédire » les comportements humains.
Cela s’exprime à travers le concept de réflexivité (Giddens) : capacité de l’analyseur à saisir
l’analyse et à transformer soi-même son analyse. Mécanisme qui justifie toute description de
la société.
Aucune description de la réalité sociale n’est neutre il appartient au sociologue de contrôler
les effets de sa description.
La société est elle de l’ordre de la réalité ? Oui, il y a les « FAITS SOCIAUX ».
 Emile Durkheim. Définition des faits sociaux : (Règle de la méthode sociologique pp.3-5)
Proposer de «considérer les faits sociaux comme des choses» n'est pas les identifier à l'univers
physique, mais invite à garder l'esprit de l'expérimentation rationnelle. Or la «familiarité» que
chacun entretient avec sa société grâce à ces formulations «spontanées», les prénotions, en
chaque société disponibles et aménageables au gré de rationalisations frustes ou
sophistiquées, est, pour Durkheim, «le premier et le plus grand obstacle» à l'appréhension
scientifique des phénomènes sociaux, car elle est elle-même un phénomène social.
De plus, représentations et pratiques collectives débordent l'individu par leur nombre, parce
qu'elles lui préexistent, mais aussi par leur ascendant, leur autorité morale.
On ne peut donc généraliser, sans risque de finalisme et de volontarisme arbitraire, des
données individuelles psychobiologiques, ou user d'un modèle qui atomise le réel.
Durkheim s'oppose ainsi à Gabriel de Tarde, qui «psychologise» le social, et à l'économie
libérale classique, qui fait résulter la valeur de l'interaction généralisée d'intérêts individuels
rationnels. Puisque l'introspection conduit à rationaliser des a priori, il faut aborder les
phénomènes sociaux «détachés des sujets conscients qui se les représentent», «isolés des
manifestations individuelles», c’est à dire «étudier le fait social par le fait social». Dans De la
division du travail social, Durkheim va dégager les formes de la solidarité sociale en leur
substituant celles du droit, repérables et analysables par le biais des sanctions qui y
prédominent.
La généralité ou la fréquence d'un ordre de phénomènes, la contrainte qu'ils exercent peuvent
servir d'indicateurs mais n'en donnent ni définition ni explication. Un fait n'est général et
contraignant que parce que social, et non l'inverse. Par «contrainte», Durkheim renvoie au
caractère «spontané» de la pression sociale, à la résistance des phénomènes sociaux à ceux qui
s'y opposent, et non à l'emploi de la répression par un pouvoir.
Le fait social est :
- indépendant de l’individu.
- Contraignant pour l’individu.
La société contraint à travers les faits sociaux (manière de faire, de juger et d’agir des
individus).
La société paraît naturelle à tout le monde. Au 19éme siècle, la société paraît sortir des
sciences de la vie (quelle est la fonction ?)  la fonction créée l’organe  fonctionnalisme.
Durkheim dit que la fonctionnalité de la société n’a pas été prouvée.
La société n’existe pas. Elle n’est pas palpable, il ne s’agit que d’un concept, un projet.
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