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Forum Med Suisse 2009;9(49):890 890
curriculum
l’ECA, les antagonistes de l’AII et les diurétiques la
stimulent. Il faut absolument tenir compte de cette
influence dans l’interprétation des paramètres biochi-
miques. En règle générale, dans une telle situation, il
est recommandé de faire appel à un centre spécialisé
qui pourra effectuer correctementledia-
gnostic biochimique et par imagerie
(scanner,IRM, scintigraphies, dosage
séparé de la rénine et de l’aldostérone).
Il faut également rechercher les médi-
caments et toxiques (tab. 3 p) suscep-
tibles de faire monter la tension arté-
rielle [6, 7].
En plus de ces formes «classiques» d’hy-
pertension secondaire, il y a différents tableaux cli-
niques ayant eux aussi une influence sur la tension ar-
térielle. Comme le mécanisme physiopathologique de
l’ascension de la tension artérielle est plus complexe
dans ces pathologies, et surtout comme leur traitement
n’en améliore que rarement le contrôle, elles seront trai-
tées sous «comorbidités» ci-après.
Comorbidités
Il y a toute une série de pathologies concomitantes pou-
vant avoir une influence négative sur un bon contrôle
de la tension artérielle, notamment l’obésité, le syn-
drome des apnées obstructives du sommeil (SAOS) et un
volume extracellulaire augmenté [8], pouvant résulter
d’une rétention de sodium sous traitement par un vaso-
dilatateur ou d’une importante consommation de sel.
Cette dernière aune grande importance en pratique car
le contrôle de la tension artérielle peut souvent être
amélioré par modification de l’emploi des diurétiques
(voir «traitement médicamenteux»).
Il est actuellement incontesté que le SAOS, surtout sa
forme grave, s’accompagne d’une hypertension souvent
difficile à contrôler [9]. Une anamnèse fouillée (de pré-
férence en utilisant la «Epworth Sleepiness Scale») per-
met de suspecter ce diagnostic qui devra ensuite être
confirmé par polysomnographie. Il faut cependant bien
préciser que, dans les grandes études d’intervention, la
baisse tensionnelle des hypertendus ayant un SAOS
confirmé et traité par CPAP n’est que de quelques mm
Hg. Mais il faut prêter une plus grande attention à l’as-
sociation hypertension et SAOS.
Enfin, rappelons ici qu’une consommation d’alcool
supérieure à la moyenne et régulière, une mauvaise
compliance au traitement et une prescription insuffi-
sante de médicaments sont des causes possibles d’une
résistance au traitement.
Tr aitement médicamenteux (tab. 4 p)
La première étape d’une adaptation médicamenteuse
est une anamnèse de tous les antihypertenseurs déjà
pris auparavant, pour leurs effets autant individuels
qu’indésirables, ce qui comprend l’inventaire de tous
les traitements actuels, ycompris homéopathie et phyto-
thérapie, de manière à documenter ou exclure toute
interaction. Il est parfois nécessaire de contrôler la
compliance, en comptant les médicaments ou en en do-
sant la concentration, même si une autre substance doit
être ajoutée quelque temps.
Il est important que le traitement médicamenteux soit
contrôlé par automesure et mesure de la
tension artérielle sur 24 heures.Ces me-
sures doivent contribuer à définir les dif-
férentes cinétiques d’effetetdonc la
prise des médicaments, à savoir lesquels
doivent être pris le matin et lesquels le
soir. Il peut parfois s’avérer nécessaire
de donner des doses supérieures les
jours de travail que les jours de congé.
Ceci permet en outre d’éviter des surdosages.
Il est parfois indiqué de diminuer nettement les médi-
caments pour en améliorer la compliance. Il nous semble
important de connaître l’efficacité et la réponse indivi-
duelle aux classes de substances de première intention
(inhibiteurs de l’ECA, sartans, inhibiteurs de la rénine,
antagonistes du calcium, bêtabloquants et diurétiques).
Tous les 1 à 2 mois de traitement, il est possible de
changer de classe pour avoir la base d’un futur traite-
ment combiné. L’ association des inhibiteurs de l’ECA à
des sartans et/ou inhibiteurs de la rénine devrait être
tout à fait exceptionnelle. Il semble que la tension sys-
tolique exprime mieux comment une hypertension est
réfractaireautraitement et quelle peut être la puissance
d’un antagonisteducalcium ou d’un diurétique. Mais il
faut bien préciser aussi qu’il faut mesurer la tension
artérielle en position assise et debout, pour prévenir
une hypotension orthostatique faisant souvent que le
Ta bleau 1. Critères d’une résistance au traitement.
Valeur cible prédéfinie non atteinte (en général <140/90 mm Hg;
évt plus basse chez patients à risque)
Confirmation de valeurs trop élevées à au moins deux moments
différents
Mesures techniquement correctes
Traitement par triple association y compris un diurétique
Ta bleau 2. Formes de résistance au traitement.
La résistance au traitement peut être en relation avec:
– la mesure de la tension artérielle: hypertension de la blouse blanche
pseudohypertension
– l’étiologie de l’hypertension: forme d’hypertension secondaire non diagnosti-
quée au départ
prise de substances hypertensives
– la présence de comorbidités
telles que:
syndrome des apnées obstructives du sommeil
volume extracellulaire augmenté
obésité
– le traitement médicamenteux: non-compliance
intolérance des médicaments
schéma thérapeutique insuffisant
L’ obésité, le syndrome
des apnées obstructives du
sommeil (SAOS) et un volume
extracellulaire augmenté
peuvent avoir une influence
négative sur un bon contrôle
de la tension artérielle