Examen MET Clinique – Entretien psychologique (Janvier 2015)

Telechargé par Soa-zia PAYET
Examexl du N{ET Cliraique Entretien psychologique
1è" session Janvier 201S
Justine a pris RDV au CMP par téléphorr.. p11. a eu RDV avec un psychologue homme car il
avait une place libre. Ce qui suit est la première rencoûtre, deux semalnes après la prise du
RDV. elle alieu à 15h.
. Alors qu'ils vont de la sal1e d'attente au bureau, le psychologue est frappé par le fait que
Justine, à laquelle il donne autour de trente ans, semble reuoqueviliée sur elie-même, il
ressent d'emblée quelque chose de souffrant
Après qu'ils se soient assis, le psychologue (P) invite Justine (J) à dire ce qui i'amène.
Suit un long silence, Justine semble à la fois concentrée et en retrait, el1e regarde beaucoup
par terte, sursaute aux bruits venant du couloir (les cloisons ne sont pas 1rès épaisses, i1 y a du
passage dans les couloirs).
Le psychologue manifeste son attention pour des « oui. ..??? ».
Justine commence à parler sans lever la tête :
Vous êtes un homme, j'avais pas compris 1e prénom au téléphone... J'aurais préféré une
fernme... Ça aurait été plus facile... en{in, c'est comme ça. Et puis, de toute façon, j'ai jamais
de chance dans ma vie.
P : Dans votre vie ... ?
J: Oui, jamais eu de chance... (Justine semble lutter pour ne pas pleurer, tout le reste d.e
l'entretien des larmes couleront sur ses joues ; après un moment, comme eile renifle, le
psychologue lui.propose un mouchoir en papier, Justine le remercie et sort les siens de son sac
à main). Je sais pas pourquoi j'ai pris rendez-vous, j'en avais trop marre. (Eile sursaute
comme on entend rin peu deux personnes parler dans le couloir). J'habite toute seule. Avec
ma sæur on a essayé d'habiter ensemble, c'était pire. Au lieu de s'aider on se cléprimait
mutuellement, on parlait du passé, de notre enfance. (long silence)
P : Votre enfance ?
J : Ben, vous savez, on vivait à la campagne, mes parents, ma sceur et moi. Une petite ferme.
On n'était pas riche, J'avais six ans quand mon père est mort dans un accident de tracteur, il
s'est renversé dans un fossé, il a été écrasé à ce qu'on nous a dit. Ma mère, elle ne s'en est
jamais remise. Elie s'en sortait pas, elle ne s'occupait plus de nous, e11e s'est mise à boire.
Tous les trois, on s'est occupé d'elie. Quand on rentrait de l'école on avait pew, on savait
jamais comment on al1ait ia trouver. Des fois el1e étalt pas 1à, elle revenait tard, ou le
lendemain, elie disait rien. Des fois elle était bien, elle avait fait un gâteau. Des fois elle
rentrait totalement iwe. Alors soit elie allait se coucher colnme si on n'existait pas, soit elle
nous engueulait, des fois elle nous frappait. El1e s'est anêtée la foib où mon $and frère l'a
prise à bras le corps et l'a portée dans 1a chambre en lui disant « Fais plus jamais ça ». Elie
s'est rnise à pleurer, à pleurei, on savait plus quoi faire.. . (Justine, toujours tête baissée,
pleure un long moment silencieusement, ne parle plus).
Le psychologue n'intervient pas mais 1a soüient du regard, intérieurement il ressent un
senement gn écoutant cette patiente qui l'émeut profondérnent car i1 ressent chez elle une
profonde détresse, il aurait envie de la prendre dans ses btas pour la consoler comme un petit
enfant.
P : Cela a dû être bien difficile pour la petite fille que vous étiez.
J : C'était difficile pour nous trois. A un moment, je sais pas powquoi, i'assistante sociale est
venue. Je sais pas qui nous a dénoncés (1e psychologue est surpris par ce mot mais il ne 1e
relève pas), elie est venue et la semaine d'après on était tous les trois dans un foyer, je sais pas
si vous cemaissez, le foyer de l'enfance, à M.,. (e11e ne semble pas attendre de réponse, elle a
toujours la tête baissée, de temps en temps jette un petit coup d'æi1 en direction du
psychologue qui sent son dos se contracter et qui a dans 1a tôte des images de ce foyer qu'i1
connait et se représente comme un lieu claii, modeme), 0n y a passé toute notre jeunesse, on
est restés tous les trois, puis mon frère a eu 18 ans, il estparti travailler. Au début i1 venait,
maintenant on ne sait pius où il est, on n'a plus de nouve1les... J'ai w rure psychologue 1à-
bas, e11e comprenait rien.,. Heureusement, il y avait la cuisinière, j'allais 1a voir, j'avais le
droit de lui donner un coup de main, on discutait bien toutes les deux. J'ai voulu lui dire
bonjotn, il y a deux mois, on m'a dit qu'elie avait pris sa retraite, rl y avaitplein d'éduc que je
ne connaissais pas, j'en suis partie depuis 10 ans...
P : Bien, il va être l'heure que nous nous arrêtions pour aujourd'hui, les entretiens sont de
trois quarts d'heure. Je vous propose que nous nous revoyions 1a semaine prochaine.
Temps de silence. Justine relève un peu la tête.
J : Non, c'est trop près, j'aimerais mieux dans 15 jours. (silence). C'est toujours aussi bruyant.
Questions (le bul des questions est de vous guider dans votre réflexion sw cette situation
clinique). Vous êtes invité(e) à bien expliquer vos réponses ei à les étayer sur l'entretien.
1) Quels sont pour vous les éléments centraux de cet entretien ?
2) Que retenez-vous d'important porir la problématique de cette patiente ?
3) Comment comprenez ce qui se passe pour le psychologue, son mode f intervention ?
4) Si vous étiezàlaplace dupsyohologue, de répondriez-vous aux remarques finales de la
patiente ?
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